La montée au Piton des Neiges depuis le Bloc à Cilaos

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Excellent
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 8h
Distance 15.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 3070 - 1380 m
Dénivelé positif 1730 m
Dernière mise à jour 07/08/2020

Plus court mais plus raide

Le Piton des Neiges est le point culminant de l'Océan Indien avec ses 3070 m d'altitude. Voilà sans doute pourquoi il est autant visité ; ce n'est pas tous les jours qu'on peut avoir les yeux à 3071,78 m pour un randonneur de taille normale. Le nombre de personnes qui dorment chaque soir au Gîte de la Caverne Dufour, celles que l'on croise dans la montée ou dans la descente ou le nombre de connexions sur cette page montrent bien l'engouement des marcheurs pour ce piton légendaire qui a perdu 1000 mètres lors de l'effondrement de son cratère et la formation des cirques alentour. Mais la raison principale est son accessibilité qui met cette sortie d'altitude au même niveau que de nombreux autres parcours de l'île. Le sommet s'atteint en 4 heures (pour les marcheurs entraînés) et la randonnée peut sans problème se dérouler en une journée si l'on part assez tôt du Bloc situé à 1380 m. L'ascension est sérieuse dans les lacets de la Découverte, difficile du refuge au Gîte de la Caverne Dufour mais le plus fatigant est la marche sur les énormes blocs de lave situés après le gîte avant d'affronter les lapillis menant au sommet : gare aux glissades en arrière par temps sec. Privilégier les jours de beau temps prévus par la météo car on ne fait pas mieux comme point de vue à plusieurs milliers de km à la ronde et on regrette amèrement l'arrivée des nuages si l'on a traîné au lit avant de partir. Ce point de vue de 360° mériterait d'ailleurs une discrète table d'orientation pour au moins désigner les principaux pitons visibles à l'horizon. Si tout le monde peut reconnaître au premier coup d’œil la Fournaise à l'Est ou le Grand Bénare à quelques encablures, peu peuvent désigner avec certitude le Sommet de l'Entre Deux, le Mazerin ou le Bé Massoune. Ceux qui n'aiment pas courir dès le soleil levé, partiront la veille, dormiront au Gîte de la Caverne Dufour pour être à l'aube au sommet et admirer le lever du soleil.
Le Piton des Neiges n'est pas l'Everest qui nécessite de l'oxygène pour la dernière ascension mais, en cas de gros effort dans les dernières centaines de mètres, certains randonneurs un peu fatigués pourront sentir tout de même les effets d'un début minime de raréfaction de l'oxygène.

La randonnée débute au lieu-dit Le Bloc qui comporte un arrêt de bus et plusieurs places de parking sous les grand bois de cryptomerias. La solution des transports en commun est souvent la meilleure option en cas de "visite" des véhicules durant la nuit lorsque les randonneurs partent pour plusieurs jours. La montée au Gîte de la Caverne Dufour est immédiate et ne cessera qu'au sommet du rempart. On rencontre tous les types de sentiers de la région avec la terre, la boue, les marches en pierre ou en bois ou quelques échelles. Les faux-plats sont très rares et ne permettent pas de se reposer (Photo 2). Les points de vue sur le cirque sont également assez rares (Photo 5) mais un belvédère en bois aménagé spécialement permet de voir la ville si le brouillard n'est pas de la partie. Sachant que la montée est longue et pénible, chacun prend le rythme qui lui convient. A mi-parcours, le sol est moins pentu car on se retrouve sur le Plateau du Petit Matarum. Une halte est possible sous un abri situé près d'une source rafraîchissante, de quelques tamarins ou cryptomerias (Photo 10). Si on avait bien monté jusqu'alors et que les jambes chauffaient avant le plateau, il faut se préparer à une pente beaucoup plus forte à partir de la Ravine des Prunes. Repérer, en début de grimpée, près de cette petite ravine, les nombreux pieds de noisetiers, un arbuste très rare à la Réunion, sans doute importé à l'époque de la plantation des chênes qu'on retrouve autour du Bloc et de la Roche Merveilleuse. La deuxième partie peut débuter. Elle est constituée de dizaines de lacets courts et abrupt très souvent recouverts de cailloux (Photo 11). Heureusement, des portions très bien aménagées par des marches en planches ou des échelles permettent de franchir certains obstacles plus facilement. Cette zone est le domaine des grands branles verts, recouverts de barbes de Jupiter (Usnea barbata), dans lesquels chantent les merles pays (Photo 13). Après une interminable série de lacets et un grand oratoire sur la droite annonçant la proximité du col, on rencontre au sommet le sentier de droite qui vient de Bourg Murat. Une petite halte au sommet permet de voir le chemin parcouru en jetant un regard vers Cilaos (Photo 15). On voit également très bien le gîte qui peut constituer une agréable étape rafraichissante s'il est ouvert. Mais le clou du spectacle se situe sur la gauche. Le Piton des Neiges qui semble encore assez loin donne une bonne idée de la pente qu'il faudra encore grimper pour l'atteindre (Photo 11). Après cette longue montée, le sentier qui permet de rejoindre le gîte donne l'impression d'une promenade sur de gros cailloux. Ne pas manquer une petite visite à la caverne Dufour qui a donné son nom au gîte (Photo 17). C'est la fin d'un tunnel de lave bouché qui n'offre que quelques mètres abrités. Attention de ne pas se cogner au plafond en relief très dur. Après avoir passé les bâtiments au toit vert clair, c'est une montée régulière qui amène en une heure au sommet dans une végétation de plus en plus clairsemée et de plus en plus rabougrie en raison des climats frais qui règnent ici une bonne partie de l'année (Photo 18). La première moitié est assez désagréable car il faut sauter de bloc en bloc en suivant les traces de peinture blanche disposées régulièrement pour guider en cas de brouillard. Après le passage d'un talweg qui n'est autre que le début de la Rivière du Mât (Photo 19), les cailloux disparaissent et font place à des gravillons ou de la terre moins stable. La végétation disparaît presque totalement et la dernière partie s'effectue avec, en ligne de mire, le sommet ou la station météo. Une fois au sommet de la Réunion, le panorama depuis ce point (Photo 20) ne se décrit pas, il se mérite et il faut absolument aller le voir de plus près. L'oxyde de fer dans les laves anciennes a donné au sol une teinte tirant sur le rouge abrupts (Photo 21). Certains endroits déchiquetés et très sauvages donnent envie de descendre pour s'en approcher. Attention cependant aux glissades qui pourraient se finir inévitablement dans des précipices de plusieurs centaines de mètres de profondeur abrupts (Photo 22). Le sommet se remarque plus facilement si l'on s'en éloigne abrupts (Photo 23). C'est principalement à cet endroit que les lève-tôt se précipitent pour arriver avant le lever du soleil, une attraction incontournable très prisée des randonneurs ayant tout de même un bon entraînement. On peut même y passer la nuit dans de minuscules enclos à taille humaine destinés à couper des vents froids (Photo 24). Quand le vent est violent et froid, il semble être encore plus froid et violent une fois comprimé entre les pierres nues. Pour un bivouac, ne pas oublier une toile ou mieux, la tente individuelle. C'est tout de même le gîte qui doit être privilégié, ne serait-ce que pour le lit bien chaud et le cari. Une fois l'ascension terminée, il faut penser à la descente vers Cilaos qui représente pour beaucoup une nouvelle difficulté qui met à mal les genoux.
Cette montée est privilégiée pour une étape d'un grand tour dans les cirques. Elle s'effectue aussi très souvent en deux jours. Le premier permet de rejoindre plus calmement le gîte pour la nuit. Le lendemain, après s'être levé deux heures avant le soleil, c'est la ruée de tous les randonneurs qui vont assister au lever de l'astre en direction du Piton de la Fournaise par un spectacle original et inoubliable. Quelle que soit la saison, il faut bien se couvrir en raison de la fraîcheur toute l'année ou du froid durant l'hiver.

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre dans le Cirque de Cilaos - Traverser Cilaos et prendre la direction de Bras Sec - Stationner au parking du Bloc - Attaquer pour près de 3 heures la montée vers le Gîte de la Caverne Dufour - A la crête, laisser à droite le sentier du Dimitile et de la Plaine des Cafres - Au gîte, prendre à gauche vers le sommet - Redescendre au Bloc par le même itinéraire.

Le lever de soleil depuis le sommet

C'est un incontournable que même les marcheurs occasionnels veulent faire. Les plus sportifs s'élancent du Bloc vers minuit et arrivent au sommet de nuit. Les autres partent la veille et se contentent de rejoindre le gîte de la Caverne Dufour. Après un bon repas du soir et une nuit en dortoir, c'est le branlebas de combat deux heures avant l'heure officielle de lever de l'astre qui varie beaucoup durant l'année. Regarder le bulletin météo de la veille qui donne l'horaire exact. Tout le monde se lève, s'habille chaudement même en été et grimpe au sommet à son rythme. Il est fréquent de rencontrer 50 personnes au sommet qui piétinent d’impatience. Les premières lueurs apparaissent vers la Fournaise. Puis le noir est petit à petit remplacé par du rouge puis du jaune jusqu'à ne plus pouvoir regarder le soleil en face. De l'autre côté, ce sont les crêtes qui se couvrent de couleurs jaunes qui, très vite, sont remplacées par le vert des forêts. Une fois le spectacle terminé, tout le monde descend au gîte où un petit déjeuner attend ceux qui repartiront vers plusieurs destinations.

Un time lapes de Guillaume Lescoute

Lente installation puis disparition des nuages sur le Piton des Neiges depuis la ville de Cilaos.

Le film d'Olivier Hoarau

Olivier Hoarau propose en 5 minutes une montée au piton depuis le Bloc. Bivouac au sommet avec coucher de soleil sur le Gros Morne et lever de soleil le lendemain sur la Fournaise. Olivier, natif de l'île, vit en Bretagne mais aime tellement son île qu'il vient dès qu'il peut pour augmenter le contenu de son site.


Commentaires sur cette randonnée (309)

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Les5paulois, 22/06/2022 16:50
Randonnée complétée le 22/06/2022 en 6h00

J'avais prévu de faire cette randonnée sur 2 jours mais la la météo n'était pas favorable... du coup un AR en mode rando light (sac 6kg) avant de prendre l'avion pour la métropole. Ce n'est vraiment pas facile (+1700, 16K) mais c'est tellement magnifique que c'est passé tranquillou !

Kapat, 22/06/2022 07:02
Randonnée complétée le 21/06/2022 en 7h00

Magnifique randonnée décrite deja plusieurs fois c est pourquoi je ne rajouterai aucun commentaires excepte une chose: bien souvent les gens postent des avis pas tres sympas au niveau du gite(sale,accueil qui laisse a desirer,bouffe degueu,etc...),
Et bien je peux affirmer pour ma part avoir ete agréablement surprise car le personnel est souriant,les sanitaires propres ,les couchages confortables avec couvertures a disposition et surtout le carry etait excellent et savoureux.Une petite bouteille est mise a disposition,grain et rougail resservis si pas assez,bref un dîner succulent apres un effort bien mérité. Je pouvais realiser cette rando en une seule traite mais je tenais a effectuer cette pose au gite pour m en faire une idée. un seul mot:ravie!!!N hesitez pas a y aller car vous n aurez pas a le regretter.

Smilax, 13/06/2022 09:18
Randonnée complétée le 12/06/2022 en 5h00

Quelques photo du réveil de mon bivouac au sommet le 11 juin superbe temps de belles rencontre comme toujours

Romain193, 12/06/2022 13:12

Bonjour,
Je suis seul et j'aimerais monter au pyton ce 13/06, sans halte au gîte. Comme je suis seul, je voulais savoir si je pourrais me joindre à d'autres personne qui souhaiterais aussi monter demain.
Merci.

Juliet, 02/06/2022 09:09

Montée du Bloc au Piton des Neiges le 31/05 en 4h45 (dont 1h de pause au total: picnic + pauses photos et eau...) sac de 11kg
Arrivée pour installer le bivouac et profiter du magique coucher de soleil et ciel etoilé somptueux.
Nuit la pluie froide jamais passée, vêtement de haute montagne, duvet, couverture polaire et de survie n'étaient pas de trop, glace devant la tente le matin.
Lever de soleil au dessus de la mer de nuage.
Descente en 3h15 avec 30 min de pause.

Exigente et merveilleuse deuxième expérience de cette rando.

le slip français, 02/06/2022 04:42
Randonnée complétée le 26/05/2022 en 5h50

Je recommande fortement de faire la montée de nuit afin de profiter du lever de soleil sur le piton. Ça vaut le détour !

sandrine&laetitia, 31/05/2022 14:01

Bonjour
Je suis également seule et compte faire la rando dans la journée du 1er juin avec un départ à 6h au bloc. @morganeP intéressée?
Je viens de St Gilles.

Wigmukey, 30/05/2022 21:36

Nous sommes deux personnes qui comptent faire l'ascension le 2 ou le 3, tout dépend de la météo en faite...

MorganeP, 30/05/2022 18:47

Bonjour,
Je souhaiterais faire l’ascension dans la nuit du 31 mai au 1 juin. Est-ce qu’il y aurai un petit groupe pour m’accueillir pour sa montée afin que je ne la fasse pas seule?

Esterel, 28/05/2022 22:33
Randonnée complétée le 28/05/2022 en 7h30

Depart du bloc 00h15
Montée au gite en 2h20 (avec pauses, on randonne 1x/sem en moyenne) puis pause de 1h et gite-sommet en 1h40 sous la PLUIE et brouillard… nos frontales nous ont lâché…
L’attente en haut était glaciale, couverture de survie de rigueur + gant bonnet echarpe / imperméable +++ ne pas lésiner sur les affaires chaudes, vraiment on caille et redémarrer après avoir patienté dans le froid c’est compliqué.
On a rien vu, purée de pois des plus opaques…, mais on est super fière de nous.
Descente en 1h30 vers le gite puis 2h10 vers le bloc = 7h30 AR
Prochaine fois: partir vers 1h30-2h, prevoir jne frontale en rab, affaires chaudes imperméables, météo

Randonnée ajoutée le : 01/02/2017