La Roche Ecrite depuis Mamode Camp

Difficulté
Moyen
Indice de confiance Excellent
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h30
Distance 18.6 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2276 - 1100 m
Dénivelé positif 1100 m
Dernière mise à jour 17/04/2020

Verra-t-on des tuit tuit ?

Parmi les sept itinéraires présentés ici pour rejoindre la Roche Ecrite, celui-ci est sans conteste le plus facile, surtout si l'on débute à Mamode Camp dans les hauts de Saint-François (Les choses se corsent si on commence à Saint Denis pour passer à pied le Brûlé) ; De nombreux touristes commencent d'ailleurs leurs périples dans les cirques par cette première étape. C'est également la voie empruntée par les familles désirant voir la Roche Ecrite accompagnés de leurs enfants. Le sentier est tellement fréquenté qu'il est de très bonne qualité, bien entretenu par l'ONF et les centaines de marcheurs qui empêchent les plantes d'envahir. La pente n'est jamais forte et le dénivelé est le plus faible de tous ces itinéraires. Les panoramas sont rares durant la traversée de la forêt de bois de couleurs mais comme à l'accoutumée, on se rattrape en arrivant à la Roche Ecrite. Salazie sur la gauche, le Piton des Neiges au milieu et Mafate à Droite ; des panoramas magnifiques qui incitent à poser le sac et le bâton pour s'asseoir sur les roches peintes et admirer longuement le paysage. Cette sortie peut facilement s'effectuer dans la journée en raison de son faible dénivelé et de la distance parcourue. On traverse le lieu de vie du tuit tuit, cet oiseau endémique en voie de disparition dont il ne subsiste que quelques couples. Prendre son appareil le matin et un peu de temps au retour pour tenter de l'immortaliser sur la pellicule. Les plus chanceux, souvent les solitaires marchant les yeux fixés sur la nature qui les entoure, pourront apercevoir un cerf en train de paître au petit matin (voir § ci-dessous).

La randonnée débute à la fin de la route du Brûlé, à Mamode Camp, où il est possible de se garer près de l'aire de repos. Pour rallonger cette sortie pour les sportifs à l'entraînement, on peut stationner un peu partout, vers le croisement de la Cascade Maniquet ou près du parcours sportif. Emprunter les quelques marches qui finissent à un très grand kiosque pour famille nombreuse avec barbecue géant et grandes tables. Le poteau de l'ONF prévoit 2 heures pour atteindre le gite et 90 minutes supplémentaires pour gagner le sommet. Il faut savoir avant de partir que ces 3h30 s'effectueront principalement en montée. Plus de 1000 mètres sans échauffement peut rebuter les marcheurs peu entraînés. Le sentier monte effectivement 95% du temps mais la pente n'est jamais forte. Les quelques replats rencontrés sont trop courts pour reprendre son souffle et la meilleure solution consiste à prendre un rythme de croisière dès le départ. On débute sur des marches bien aménagées, qui, à voir les raccourcis créés par les gens pressés, servent de moins en moins. Les cryptomerias procurent de l'ombre mais le bois n'est pas très vaste (Photo 1). Après le panneau de l'ONF, on pénètre dans la forêt de bois de couleurs mais on voit surtout des fougères arborescentes, des longoses et de plus en plus de sabres marrons (Photo 2). Dans les trouées vers la droite apparaissent de temps en temps des pitons aux pentes douces recouvertes d'une belle forêt qui sépare de la vallée de la Rivière Saint-Denis (Photo 3). On profite également des vallées encaissées du Bras Sec. Les longoses deviennent de plus en plus fréquentes mais n'envahissent pas le sentier (Photo 4). Tous les types de sentiers sont représentés : portions boueuses, empierrées, avec marches ou sur planches pour isoler des parties les plus humides. Plus on s'élève et plus les paysages grandissent. On peut même voir au loin la canalisation de l'Îlet à Guillaume (Photo 7). Un peu plus haut, le sentier a été creusé profondément dans la terre, créant, avec la végétation des espèces de courts tunnels (Photo 8). Les premiers tamarins des Hauts font aussi leur apparition et certains rivalisent de beauté (Photo 9). Le sous-bois devient plus clair et les envahissantes ou fougères sont remplacées par de hauts calumets qui recouvrent ici de très grandes surfaces (Photo 11). On pourrait même penser qu'ils constituent l'essentiel du sous-bois aux alentours du sentier menant à Bois de Nèfles. Puis ils diminuent rapidement à partir de 1800 m pour laisser la place a de plus en plus de tamarins (Photo 13). Aux alentours du gîte, de nombreux abattages ont privé la forêt de ces tamarins ou eucalyptus tombés lors de cyclones. Après deux heures de montée régulière, on peut effectuer une courte pause si le bâtiment est ouvert (Photo 15), sinon, suivre les panneaux indiquant la Roche Ecrite. Le sentier débute sous les tamarins, passe près des réserves d'eau puis traverse des landes plus ou moins touffues traversées par un sentier recouvert d'herbe courte (Photo 16). D'anciens branles verts détruits par des incendies, rongés doucement par les lichens, sont désormais remplacés par de plus jeunes (Photo 17). Il faut ensuite passer une portion où le sentier monte un peu plus sur un sol assez caillouteux. Les clairières se multiplient et le sentier s'élargit sur des plaques de lave (Photo 18). On frôle la Caverne Dufour dont la visite ne prend que quelques minutes. La végétation se rabougrit de plus en plus à l'approche des 2000 m d'altitude. Les plaques de lave sont très larges et le hors sentier est tentant s'il fait beau. On peut ainsi suivre une canalisation chargée de récupérer de l'eau a quelque source cachée dans la roche (Photo 21). Comme le brouillard est souvent présent à cette hauteur, le sol est recouvert de marquages blancs de grande taille, impossibles à perdre des yeux. Il faut traverser des ravines à sec (Photo 23), de nouvelles plaques (Photo 24), des clairières qui attirent les cerfs (Photo 25) et une assez fastidieuse portion qui grimpe dans les roches et petits cailloux (Photo 26) avant d'arriver à la bifurcation vers la Caverne Soldats. Partir sur la droite et suivre les traces ininterrompues de peinture blanche jusqu'au sommet pour profiter du spectacle sur les deux cirques 1000 m plus bas. On ne décrit plus ce lieu unique de roches peintes de toutes sortes de graffitis ou bas reliefs, souvent naïfs et toujours sans aucun goût (Photo 28). Aucun intérêt donc de monter plus de 1000 m pour rechercher de l'art qui n'existe pas. En revanche, les paysages peuvent donner lieu à des photographies de concours si les nuages sont restés sagement cachés et que le soleil n'est pas trop mal aligné (Photo 27). C'en est fini des efforts et après une longue pause à profiter du spectacle, la descente peut commencer. Elle s'effectuera sur le même itinéraire mais les curieux qui en ont encore dans les jambes pourront tester d'autres sentiers et profiter de nouveaux panoramas en étudiant la fiche sur les autres traces traversant la planèze de la Roche Ecrite et de la Plaine des Chicots.

Balises

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Saint-Denis et prendre la direction du Brûlé en passant par Bellepierre – Passer le Brûlé et stationner à la fin de la route à Mamode Camp – Débuter la randonnée par la  grande aire de pique nique d'où part le sentier (panneau) – Le suivre à travers la réserve naturelle de la Roche Ecrite, laisser le sentier de gauche qui descend vers Bois de Nèfles – Poursuivre jusqu'au Gîte de la Plaine des Chicots et continuer jusqu'à la Roche Ecrite – Le retour s'effectue par le même itinéraire.

Le cerf de Java à la Roche Ecrite

Ils sont une bonne centaine à parcourir la planèze de la Roche Ecrite mais, même en y passant souvent, on a peu de chances d'en rencontrer, à moins de marcher tôt (ou tard), seul et sans faire de bruit. En revanche, en sortant un peu du trajet officiel comme ici pour parcourir des sentiers officieux, on tombe souvent sur des fumées, nom donné à leurs crottes. Chaque année, des chasseurs viennent dans une zone règlementée pour abattre une quinzaine de ces animaux afin de réguler leur population qui comptait plusieurs centaines de têtes dans les années 70. On demande au randonneur de ne pas quitter le sentier afin de ne pas déranger le tuit-tuit mais on tolère facilement une dizaine de rabatteurs et autant de chasseurs sur le même territoire ! Le lobby des uns serait-il plus puissant que celui des autres ? Attention entre début juin et novembre de ne pas tomber dans la ligne de mire d'un de ces "Régulateurs de la nature". On rapporte même la présence de chasseurs à l'arc.

Le film d'Olivier Hoarau

Olivier Hoarau propose en 3 minutes une montée à la Roche Ecrite à partir de Mamode Camp. Beau temps pour la montée et brouillard au sommet donc sans point de vue sur les cirques.
Olivier, natif de l'île, vit en Bretagne mais aime tellement son île qu'il vient dès qu'il peut pour augmenter le contenu de son site.

Randonnée ajoutée le : 16/04/2019