De Dos d'Ane au Piton Cabris par la Crête d'Aurère

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 12h
Distance 16.4 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1299 - 250 m
Dénivelé positif 1850 m
Dernière mise à jour 28/02/2021

Parfois limite, mais c'est encore de la randonnée !

Lorsqu'on descend le Sentier Scout ou qu'on longe la Canalisation des Orangers, on aperçoit la Crête d'Aurère et le très pointu et étroit Piton Cabris qui ne manque pas d'être impressionnant. Il est possible d'y monter à partir de Deux Bras. La sortie est un véritable bonheur à condition tout de même d'avoir un excellent entraînement. Le sentier n'est pas officiel, n'est pas balisé, est bien visible tout le long du parcours et comporte des portions extrêmement abruptes où les mains sont indispensables. Le passage est peu fréquenté mais régulièrement débarrassé de ses fougères par des passionnés de randonnées extrêmes. Hélas, l'effort intense demandé, surtout avec un départ à Dos d'Ane élimine beaucoup de volontaires, même en partant de Deux Bras qu'on aura rejoint en 4x4. Il est déconseillé de prendre des bâtons de randonnée car ils gêneraient au moment des franchissements à quatre pattes. Des arbustes judicieusement laissés sur le bord du sentier sont efficaces pour éviter la chute. Ils sont plus qu'indispensables à la descente. Attention de toujours repérer l'arbuste des yeux avant de le saisir car de nombreux épineux s'avèrent très douloureux pour les paumes, même protégées de gants. La pente est certes très forte par endroits mais les paysages de toutes parts font oublier les efforts. On domine vers le Nord le Bras des Merles, la Crête de la Marianne, l'Îlet à Déjeuner et la Canalisation des Orangers de l'autre côté. Du sommet, on a une vue générale sur le cirque et on peut y deviner la quasi totalité des îlets. Le sol est aride et la température souvent chaude. Un minimum de quatre litres est indispensable si on ne veut pas souffrir de déshydratation durant l'ascension. Bien se couvrir également car seul un bois rouge dans la montée procure de l'ombre durant cette aventure. Si la crête paraît étroite vue de loin, une fois sur place, on se rend compte qu'elle est beaucoup plus large que les deux autres randonnées au Cimendef ou au Piton des Calumets. Ce n'est pas une raison pour s'y précipiter et il est fortement recommandé d'utiliser les services d'un accompagnateur professionnel.

La randonnée débute à Dos d'Ane par la classique descente vers Deux Bras sur un sentier caillouteux, étroit et parfois glissant. Des lacets, une échelle, des portions rocheuses ou vertigineuses secourues par des câbles permettent d'atteindre l'Îlet Armand après une grosse heure de descente (Photo 2 et 3). On atteint ainsi le Bras de Sainte-Suzanne qui se passe sans problème à gué si l'eau n'est pas trop haute (Photo 4). Il vaut mieux alors se déchausser car la montée d'anthologie qui suit s'effectue plus facilement les pieds secs. En face, la piste utilisée par les 4x4 file droit vers la Rivière des Galets. Il faut la laisser pour prendre à gauche l'autre piste qui remonte vers le barrage du Bras de Sainte-Suzanne et le Bras des Merles. Une centaine de mètres après le croisement, ralentir le pas en arrivant à un élargissement de la piste car c'est là qu'il faut repérer le sentier qui remonte les premiers mètres des 1000 qu'il va falloir avaler sous un soleil de plomb. Après une courte montée, éviter de marcher vers la case et viser le manguier puis la première arête rocheuse de la montée (voir § "pour ne pas manquer le départ"). Après avoir trouvé le manguier puis contourné l'arête par la gauche, on ne se posera plus de question car le sentier est toujours sur la crête (Photo 1). Le sentier passe tout d'abord sous des tunnels de lianes papillon (Hyptage Benghalensis), une peste qui envahit de plus en plus l'entrée de Mafate comme on le voit en arrivant de la Rivière des Galets. On les remarque sur les flancs du rempart où elles recouvrent de plus en plus la végétation (Photo 3 - en bas). Le sentier est tout d'abord facile avec des montées faibles (Photo 5). D'anciens éboulis remis en état se passent aisément surtout que les plantes empêchant le vertige (Photo 6). Les lianes sont remplacées par des chocas, des épineux, quelques manguiers, vestiges d'anciennes cultures puis la végétation s'amoindrit au fur et à mesure de la montée. Certains passages sont à la limite de l'acrobatie mais se classent encore en randonnée technique. C'est le cas d'une barre rocheuse qui peut inquiéter mais se passe en se penchant au maximum vers l'avant, quitte à ramper en s'agrippant aux roches qui dépassent. Les vues sur la région s'élargissent rapidement. On repère facilement le chemin parcouru depuis Dos d'Ane pour rejoindre Deux Bras et on pourrait presque voir les touristes au kiosque de Cap Noir (Photo 8). De l'autre côté c'est le piton vers l'Îlet Alcide et la canalisation des Orangers qu'on ne domine pas encore (Photo 7). En se retournant, on remarque aussi le sentier qui se dessine dans la végétation, surtout les fougères trépignées pour élargir le passage (Photo 9). Plus on monte et plus le sol se recouvre de cailloux dont certains sont instables et peuvent s'avérer très dangereux en cas de petit glissement de terrain. Le sentier passe parfois en corniche étroite et sans végétation où il faut redoubler de prudence (Photo 11). On ne compte plus les marches dépassant un mètre ou les passages sur les rochers empilés en bordure de falaise (Photo 13). Inutile de préciser que cette sortie ne s'adresse pas aux randonneurs sujets au vertige même si les à-pics sont rares. Impossible de trouver des zones d'ombre de plus de 2m² et les roches surchauffées ont vite fait de rajouter des couleurs aux visages qui souffrent déjà. Pourtant on trouve à mi-pente un vieux bois rouge qui force le respect car, pour vivre sur une roche aussi pauvre et autant exposé aux vents, il doit être fort bien enraciné (Photo 14). Un petit coup d'œil sur les vestiges de l'Îlet à Déjeuner décourage d'y monter car on voit bien que les champs ont depuis longtemps été remplacés par les galaberts et autres invasives (Photo 17). De la crête, on aperçoit très bien le Sentier du Bras des Merles et encore mieux la Canalisation des Orangers (Photo 18) sur laquelle on voit distinctement les randonneurs ayant choisi de marcher plus à plat ! On a l'impression de les survoler en hélicoptère. Les cailloux et les rochers ne cessent presque jamais mais les fougères et la végétation freinent moins la progression (Photo 19). Même si le sentier est étroit, on ne peut s'égarer car l'arête, elle, est également étroite. Plus on monte et plus on se rend compte qu'il faudra monter ! Cette pente n'en finit jamais (Photo 21). Plus on avance vers le sommet et plus l'horizon sur le cirque s'agrandit. Le Piton des Calumets paraît également impressionnant au cœur du cirque (Photo 22). Après une longue et forte pente caillouteuse, on croit arriver au sommet du Piton Cabris (Photo 26) mais une descente un peu plus longue que les précédentes sépare encore de l'ultime montée. La dernière partie qui rejoint le sommet, beaucoup plus technique, n'est pas traitée ici et laissée à l'initiative des randonneurs qui verront en fonction de la météo, de l'heure, de la forme physique et du matériel dans le sac à dos s'ils entreprennent cette pente de 400 m pour bénéficier de panoramas encore plus impressionnants que ceux déjà admirés. Il est préférable d'être harnaché en cas de chute de pierre et chacun prend ses responsabilités.

Comment réussir cette sortie : Partir extrêmement tôt de Dos d'Ane (avant 4 heures) ou plus tard au premier voyage du taxi en partant de Deux Bras - Partir à trois personnes au minimum - Etre très bien entraîné - Ne pas emporter de bâton qui s'avérerait gênant - Prendre au minimum 4 litres de boisson et de la nourriture car l'effort est sérieux - Prévoir une petite corde au cas où le sol serait glissant ou pour les passages très techniques (facultatif) - Ne pas oublier l'écran total - Ne pas poursuivre si le brouillard arrive - Porter si possible des gants qui isolent des roches brûlantes et des épines.

La distance entre la Rivière des Galets et Deux Bras est importante et monotone. Celle entre Dos d'Ane et Deux Bras est technique avec un fort dénivelé qui impose également un excellent entraînement. La solution consiste à prendre le taxi 4x4 dans l'un ou l'autre sens. Le temps ainsi gagné permet de marcher plus longtemps dans le cirque ou de rentrer plus tard. Téléphoner assez tôt à Loïc Kondoki au 06 93 20 57 20. Site Internet.

Balises


Aucun balisage sur la Crête d'Aurère

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à la Rivière des Galets et rouler en direction de Dos d'Ane - A l'entrée du village, se garer au plus près de l'église - Débuter la randonnée en descendant la route en direction du Sentier du Bras de Sainte-Suzanne - Bifurquer à gauche et suivre le sentier jusqu'à l'Îlet Albert et à la Rivière qu'on franchit à gué - De l'autre côté, tourner à gauche en direction du Bras des Merles par la piste - Quand la piste s'élargit, chercher sur la droite le départ du sentier - Monter jusqu'à la petite ravine et ne pas la franchir - Prendre la direction d'un manguier sur la gauche et trouver le sentier qui file sans jamais disparaître jusqu'à la dernière descente avant le Piton Cabris - Le retour emprunte le même itinéraire à moins de rentrer par la rivière en direction de la Rivière des Galets.
Les plus courageux ou les mieux équipés termineront les 400 mètres qui séparent du sommet avant de faire demi-tour.

Pour ne pas manquer le départ

Pas de difficultés particulières pour suivre le sentier à partir de deux Bras. La seule hésitation jusqu'au Piton Cabris se situe au début du sentier.
En partant vers le Bras des Merles à partir du croisement des pistes, marcher jusqu'à la case qui se trouve sur la droite, entourée de tôles ondulées et de grillage. Plus loin, la piste s'élargit comme si une autre piste voulait partir sur la droite. C'est à cet élargissement qu'il faut chercher le départ discret du sentier (Photo). L'entrée se remarque facilement mais le passage semble fermé. On passe pourtant en frottant un peu le sac à dos. On se retrouve près de la case et on oblique à gauche en direction d'un manguier. Le sentier se repère facilement et se suit jusqu'au sommet.

Le film de Martial

Pris lors de la création de la fiche, ce film donne quelques bonnes idées du circuit sportif.

Un autre film de Adrien Lauziard, de très bonne qualité, complète de manière plus professionnelle le premier film.

Avec le visionnage des deux, on a tous les éléments pour se lancer dans l'aventure.

Randonnée ajoutée le : 01/12/2014