Du Piton Chisny aux Puys Ramond par le Piton de l'Eau

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 8h30
Distance 22 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2350 - 1978 m
Dénivelé positif 540 m
Dernière mise à jour 19/12/2017

Les Puys Ramond autrement et le gruyère qui les entoure

Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, grand découvreur du Piton de la Fournaise, à baptisé les puys de Foc Foc du nom d'un grand spécialiste des Pyrénées, Louis Ramond de Carbonnières (1757-1825) qui n'a sans doute jamais mis les pieds sur l'Île de Bourbon. On ne compte plus les randonneurs qui traversent les Puys Ramond pour rejoindre le Gîte de Basse Vallée ou ceux qui sont partis de la mer et vont dormir au gîte du Volcan. La route est longue dans les deux sens lorsqu'on arrive aux puys. On les admire en passant mais on n'a souvent pas assez de temps pour y faire une longue halte et les visiter comme ils le méritent. Ce sont des jeunes pitons qui dénotent avec les paysages habituels des pentes de la Fournaise du côté de Foc Foc. Cette sortie a été organisée uniquement pour aller sur place tenter de les gravir tous. La végétation entre les Puys Ramond et d'autres petits cratères plus au nord a empêché de rajouter des courtes ascensions à la liste déjà longue des quinze effectuées pour l'occasion. Si l'on prend son temps et que l'on veut atteindre chaque cône et chaque cratère, la journée passe très vite d'autant plus qu'il faut marcher plus de huit kilomètres pour atteindre le premier. Les chanceux (ou mieux renseignés !) auront dans le sac un casque léger et de la lumière frontale pour visiter les galeries omniprésentes dans la zone. Attention tout de même : le sol est friable par endroits et il faut faire attention et ne pas se précipiter au risque de voir des plaques se détacher pour des découvertes de galeries trop fortuites. Attention également à la montée de certains puys qui sont friables et dont les lèvres constituées de gratons peuvent être instables.
Cette fiche comporte la visite de 15 puys et d'une douzaine de grottes et tunnels. Chacun peut passer où il veut mais la trace fournie présente l'avantage d'avoir été testée. Consulter la photo 1 pour connaître à tout moment l'emplacement du dôme décrit ou évoqué. C'est l'ensemble de la chaîne des puys qui a été nommé du nom de ce Louis Ramond de Carbonnières ; aucun des cratères de la chaîne ne porte de nom. Les numéros sur la photo 1 sont donc là pour mieux les situer.

La randonnée débute au grand parking utilisé souvent pour les observations d'éruptions depuis le Piton de Bert. Le matin, en hiver, le froid peut être vif et la Plaine des Sables givrée du plus bel effet (Photo 2). Deux itinéraires mènent au Piton de Bert : la piste et le GRR2. Il est donc possible d'utiliser l'un pour l'aller et l'autre pour le retour. La piste est plus longue mais beaucoup plus agréable sous les pieds (Photo 4). Le sentier jusqu'au Piton de Bert est décrit sur cette fiche. A partir du Piton de Bert, le premier point visité sera le Piton de l'Eau. Il a moins d'eau que son cousin au nord et peut même parfois être à sec mais son cadre est tout aussi idyllique (Photo 5). Pour le trouver, poursuivre par la piste en direction du Nez Coupé du Tremblet et repérer le premier petit piton plat sur la droite. Un sentier discret permet de le rejoindre sans effort. Outre le petit lac de retenue d'eau de pluie dans ce cratère d'une trentaine de mètres de diamètre, on aperçoit déjà les Puys Ramond et la végétation qui les entoure. Le sentier de Basse Vallée est à moins de 150 mètres de distance mais la végétation est assez touffue dans cette zone. Il faut donc quitter le Piton de l'Eau et viser les petites clairières et les endroits où les branles sont plus rabougris qu'ailleurs. C'est la partie la plus délicate de la boucle, surtout si on veut respecter la végétation et ne casser aucune branche. Une fois sur le sentier tantôt rocailleux (Photo 7), tantôt taillé dans la terre rouge (Photo 6), on marche facilement jusqu'au pied du Puy n°1. Ce petit dôme, le bébé esseulé des Puys Ramond, se grimpe en quelques secondes même si les scories glissent un peu sous les pieds. Sa cheminée est bouchée et un peu envahie de branles. Plus loin, on rencontre une zone marécageuse sur le sentier et aux alentours mais qui se passe sans encombre (Photo 9). A partir de ce point, la visite des 14 autres cratères s'organise en fonction de l'humeur ou de la forme physique.
Nous avons atteint le sommet des 14 suivants avec beaucoup de plaisir. Quelques explications sommaires permettent de s'en sortir sans problème. Il faut retenir qu'on peut marcher presque partout sans détruire une branchette de branle vert ou piétiner un jeune plant de petit bois de rempart. Chaque puy comporte un sentier discret créé par les visites successives. Certains comportent des cheminées sombres et insondables dans lesquelles il vaut mieux éviter de glisser. Même quand la végétation a envahi le fond du cratère, on devine parfois ces puys profonds à travers.
N°2 : c'est le plus difficile à atteindre en raison des petites ravines et de la haute végétation. Préférer des détours par les marécages. Sa cheminée est la plus dangereuse de tous les dômes rencontrés en raison de sa profondeur, son étroitesse et le friabilité de ses lèvres (vignette 2 ci-dessous).
N° 3, 4, 5 et 6 : pas de difficulté, ni pour les rejoindre, ni pour les gravir.
N° 7 à 11 : On monte de plus en plus et on voit de plus en plus loin mais guère de problème inquiétant.
N° 12 : De cette boucle, c'est Le plus impressionnant. Un immense cratère de plusieurs dizaines de mètres de profondeur est entouré d'une très haute muraille verticale et étroite. On peut faire le tour en prenant garde à marcher côté extérieur. Les premiers mètres de la montée sont abrupts (Photo 16) et les 300 m de pourtour doivent d'effectuer avec prudence. On a de belles vues vers les autres puys en raison de la hauteur (Photo 17). A la descente, se méfier des larges fissures qui menacent de tomber un jour au fond du cratère (Photo 18). Avant de rejoindre le suivant, se rapprocher du bord inférieur pour en apprécier la profondeur.
Le cône n° 13, le plus haut et le plus remarquable, est le plus facile à atteindre car le sentier qui atteint le sommet est très bien marqué. Il débute près d'une cheminée profonde envahie de plantes. Son énorme cheminée est totalement obstruée. On peut passer plein sud sur d'autres traces pour redescendre. C'est de là qu'on a les meilleurs vues sur Foc Foc, l'océan, les villes littorales et les Pitons de Fourche et de Gueule Rouge.
Le dôme 14 est sauvage et son cratère se descend en prenant garde (Photo 19).
Le tour du cratère 15 est le plus sportif et peut être délaissé en cas de manque d'entraînement. Après avoir effectué la recherche des grottes et rejoint le dispositif de surveillance sismique du volcan puis atteint le sentier de Basse Vallée, partir en direction du nord de la falaise afin d'en rejoindre le bord abrupt. Attention de ne pas aller jusqu'au bout en raison des fissures pour admirer le très profond cratère envahi de branles verts, 50 m plus bas (Photo 25). Les plus courageux descendront la forte pente (voir profil) parmi les branles verts de 30 cm de haut, et atteindront le dôme pointu (vignette 15 ci-dessous). Après avoir terminé le tour de ce vaste cratère, rejoindre le sentier officiel en utilisant de préférence les coulées de lave ou gratons (Photo 26). Partir sur la droite et retrouver, 8 km plus loin, la Piste Forestière du Volcan en passant par le Piton de Bert.
Les tunnels : Un moment très agréable à passer entre le Puy 14 et le 15 consiste à marcher dans le chaos qui les sépare et d'utiliser les hauts de tunnels de lave comme sentier (Photo 20). On passe ainsi près de nombreuses grottes plus ou moins profondes dans lesquelles on peut descendre sans danger. Certaines ne font que 3 ou 4 mètres de long, d'autres sont plus longues mais sans lumière n'ont pu être explorées. Avec deux heures de plus, consacrées uniquement à ces recherches de grottes, on doit facilement en trouver une vingtaine sans difficulté. Les randonneurs intéressés auront pris la peine de transporter coiffure et lumière. Voir toutes les photos prises ce jour là dans la rubrique ci-dessous "Points d'intérêt".

Profil

Plan de l'itinéraire

Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Bourg-Murat par la RN 3 et tourner à la Maison du Volcan en direction du Piton de la Fournaise - Rouler jusqu'au Pas des Sables puis jusqu'au parking du GRR2 en direction de Basse Vallée ou du Tremblet - Marcher jusqu'au Piton de Bert en longeant la piste puis se diriger vers le Piton de l'Eau - Retrouver le sentier vers Basse Vallée et le suivre jusqu'au premier puy - Visiter les autres puis faire demi-tour par le même itinéraire en utilisant cette fois le sentier.
Si le chrono et le matériel dans le sac le permettent, tenter de trouver une douzaine de grottes ou de tunnels pour compléter le tableau de la journée.

Les principaux cratères

Sur 15 cratères visités, voici neuf d'entre eux parmi les plus beaux ou les plus remarquables. Ils s'atteignent tous sans trop de difficultés même s'il faut se pencher vers l'avant et glisser un peu parfois. Les dangers sont importants au 2, 12 et 15 en raison de la profondeur des cheminées dépassant pour certaines les 50 mètres. Ne pas grimper si on a le vertige ou le pied moins sûr. Ne pas se pencher sans s'être assuré d'une bonne prise et surtout de la stabilité des roches.

Tunnels de lave et grottes

La zone située entre les puys 14 et 15 est un véritable gruyère devant comporter des dizaines de cavités. Un observatoire du volcan est d'ailleurs situé en plein milieu et sert de repère pour ne pas s'égarer. Espérons que les batteries usagées laissées à l'abandon seront un jour rapatriées ! Avant de s'aventurer dans les cavités, s'assurer que les bords sont solides en frappant du pied. Une fois descendu suivre quelques galeries pour repérer les stalactites de lave encore présentes des millénaires après leur formation. Les fougères poussant près de la lumière de quelques bouches peuvent donner des photos de concours. Ne pas oublier de la lumière.


Commentaires sur cette randonnée (8)

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lNath6, 15/04/2019 19:46
Randonnée complétée

Christian Léautier, nous avons bien trouvé le piton de l’Eau (je vous met une photo), mais là où nous avons eu du mal, c’est pour rejoindre le sentier de Basse Vallée à partir du piton de l’Eau. Nous n’avons pas trouvé le sentier, et avons donc traversé les branles verts (qui dépassaient nos tailles) avec des petites éraflures à la clef. Mais c’était très sympa et sportif ! Cette randonnée nous a fait penser à une autre planète, c’était super ! Nous appréhendions un petit peu car cette randonnée n’avait pas été faite depuis 2 ans, mais elle valait vachement le coup ! Merci de votre réponse Ps: le piton de l’Eau n’est pas à sec !

Christian Léautier, 15/04/2019 16:38
Randonnée complétée le 15/06/2017 en 8h30

Pour INath6, dommage que vous n'ayez pas trouvé le piton de l'Eau, encore que....le merveilleux petit lac qui se trouve au centre est peut être à sec en ce moment. J'avais plusieurs fois "galéré "pour le trouver. Donc (comme d'ailleurs dit dans la fiche) au niveau du piton de Bert, poursuivre en direction du nez coupé du Tremblet et être attentif pour découvrir quelques centaines de mètres plus loin un sentier, pas très net sur la droite pour bifurquer vers le lac. Nous avions mis des cairns (y sont ils encore?) et très vite on arrive sur le petit mamelon ,cette petite bosse surnommée le "piton de l'Eau" qui doit retenir également votre l'attention. Magnifiques photos en perspective.Voir la photo 5 de la fiche et le panorama 1 pour en "avoir l'eau à la bouche". L'occasion d'inciter de nouveau les "randopitonneurs" à faire cette superbe balade: panoramas à couper le souffle, tunnels de lave,du hors sentier facile et dépaysant. Une de mes randos favorites!

lNath6, 13/04/2019 23:06
Randonnée complétée

Superbe randonnée permettant de découvrir les puys Ramond et certains tunnels de lave. C’est une randonnée presque « aventure » à ne pas manquer ! Randonnée effectuée ce jour, sans trop de difficultés mise à part au niveau du piton de l’eau où on s’est perdu, et donc avons erré dans les brandes (comme le dis Martial hehe). Je vous conseille donc de bien suivre la trace gps, et si vous ne la possédez pas, prenez directement le sentier de Basse Vallée au niveau du piton de Bert : même si vous ne visiterez pas le piton de l’eau, vous gagnerez beaucoup de temps pour les puys. Nous avons visité un peu plus de la moitié des cratères et sommes descendu dans 2 tunnels de lave, ce qui est largement suffisant si vous êtes « ric rac » niveau temps comme nous l’avons été. Comme le disaient Christian Léautier et Martial, cette randonnée est à effectuer sous beau temps, on profite plus et on évite les accidents... Superbe randonnée, merci d’avoir partagé cet itinéraire.

JPG, 19/12/2017 21:28

Théo, Il y a 22 km et si on ne fait qu'effectuer l'aller-retour, on peut y parvenir en 5 heures sans problème. En revanche, cette sortie prévoit la grimpette à 15 des pitons et une dizaine de grottes ou tunnels. Il faut bien 3 heures pour les dénicher, les escalader ou y pénétrer. A vous de voir l'objectif que vous vous êtes fixé.

Théo Robin, 19/12/2017 20:21

Bonjour, faut-il vraiment 8h30 pour un bon marcheur assez rapide ? Bonne soirée

Martial, 07/09/2017 20:59
Randonnée complétée le 06/09/2017 en 8h30

Cette sortie hors du commun permet de découvrir une zone que l'on traverse souvent mais sans jamais l'approfondir. Exceptionnelle par le nombre de cratères visités et la multitude de tunnel de lave et de grotte découverte. Pour la réussite de cette rando, il est d'accord impératif de bien la préparer, grâce à cette fiche et si on à pas de gps, en se faisant un plan des différents cratères à visiter afin d'être sûr de n'en rater aucun. Un pantalon s'avère nécessaire pour la traversée des zones de brandes, et une lampe indispensable, voir un casque pour pouvoir pénétrer sereinement dans les tunnels. Prendre son temps pour la visite et pensez que c'est tout de même une sortie difficile à ne pas tenter par temps de brouillard sous peine d'errer dans les brandes.

orando974, 17/06/2017 16:50
Randonnée complétée

Je confirme ce que dit Christian : les Puits Ramond valent vraiment le détour. Un site juste REMARQUABLE ET EXCEPTIONNEL ! I Les petits cratères sont tous aussi originaux les uns que les autres d'autant plus qu'il n'y à presque aucune difficultés particulière ! Et avec pour certains une très belle vue sur le Sud pour certains

Christian Léautier, 17/06/2017 16:31
Randonnée complétée le 15/06/2017 en 8h30

Pour avoir eu le bonheur de faire avec Jean Paul cette superbe rando, je ne peux ajouter qu'une chose: allez y vite !! -pas par temps de brouillard , bien sûr-vous ne le regretterez pas...Remarquable compte rendu très détaillé. Panoramas explicites....Et si j'osais dire? : "bravo l'artiste" ! C'est là où l'on voit que le site randopitons est Incontournable.100/100 fiable!! même si la modestie de JPG risque d'en souffrir...

Randonnée ajoutée le : 17/06/2017