Le tunnel de lave de Citrons Galets au Tremblet

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 2h
Distance 1.2 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 160 - 48 m
Dénivelé positif 140 m
Dernière mise à jour 19/03/2020

La rando souterraine pour changer un peu

L'éruption hors enclos de septembre 1800 à laissé près de la ravine de Citrons Galets un tunnel de lave dont la longueur varie en fonction des ouvrages ou sites consultés. La lave qui coule à grande vitesse vers la mer voit sa surface durcir avec l'air ou la pluie et la lave arrivant en fin d'éruption file vers la mer en laissant derrière elle un immense tunnel dans lequel il est possible de marcher sans difficulté, après refroidissement évidemment. De très nombreux tunnels sont ainsi présents dans l'île et des professionnels servent de guide pour leur visite. On peut y admirer toutes les teintes connues de la lave allant des couleurs chaudes aux noirs les plus sombres. De fines stalactites pendent au plafond et les racines des arbres courent dans tous les sens pour se nourrir des moisissures et chercher l'humidité ; on en voit souvent au sol qui tournent sur elles-mêmes.
Cette exploration souterraine n'est pas une randonnée à proprement parler mais elle y ressemble car la longueur du tunnel est suffisante pour justifier une sortie spécifique. Son classement comme lieu à visiter officiellement est remis chaque année depuis près de 20 ans aux différents conseils municipaux sans qu'un texte officiel n'en soit jamais sorti. Elle ne présente aucun danger particulier à condition d'y aller par temps sec car on voit bien par-ci par-là que le débit de l'eau peut parfois y être important. Enfin, on peut y cheminer constamment debout hormis quelques passages courts où il faut bien se baisser sans jamais ramper. Les parties étroites qui arrivent ou partent de ce boyau doivent être laissées aux professionnels.

La sortie débute sur la route du Tremblet, 100 mètres avant de partir à droite vers le Quai de Sel. Des emplacements de stationnement existent près du croisement et on peut facilement laisser un véhicule sur l'accotement herbeux (Photo 1). Se rapprocher du muret qui protège de la cavité pour y repérer l'ouverture cachée en partie par les bois de chapelet et fougères (Photo 2). L'entrée, mise à jour lors de la construction de la RN2 n'est guère impressionnante (Photo 3). Passer par dessus le mur et descendre au plus facile dans le fossé. Rejoindre ensuite vers le tunnel par une marche de moins d'un mètre de hauteur. C'est la seule opération périlleuse de cette sortie en raison des pierres moussues et glissantes. Commencer par l'amont qui est le boyau le plus court et qui permet de s'habituer à cette exploration particulière. Le sol est soit couvert de gratons anciens très humides ou de plaques de lave solidifiée (Photo 4). Plusieurs effondrements d'une partie du plafond procurent par endroits un peu de lumière (Photo 5). D'autres, plus importants, ont permis l'invasion par les arbres (Photo 6). Il est même possible de sortir mais la végétation touffue n'incite guère à un nouveau genre d'exploration (Photo 7). On rencontre d'autres fenêtres sur le plafond, également envahies par les racines (Photo 8). Le boyau se divise parfois sans qu'il soit possible de passer partout sans ramper. Quand le passage devient désagréable, faire demi-tour et regagner la bouche d'entrée qui sert de repère lumineux (Photo 11). A partir de la route, c'est un véritable plaisir de descendre à l'Est vers la mer sur un sol presque plat et parfois un peu glissant (Photo 10). On rencontre des larges galeries ou des boyaux étroits (Photo 12), de petites ouvertures laissant passer la lumière ou des racines (Photo 13), des surfaces couvertes de mousses (Photo 14), d'autres de graffitis pariétaux très récents (Photo 15). Espérons que ce ne sera pas une habitude de toujours inscrire les dates des explorations et noms de ces courageux aventuriers qui ont su braver 400 mètres de tunnel et l'inscrivent sur les parois pour l'éternité ! Le plus impressionnant est la rencontre à chaque virage du tunnel de traces de vie végétale surtout représentées par les racines orangées (Photo 16). De celles qui recouvrent entièrement le plafond (Photo 17), qui pendent dans le vide pour y puiser l'humidité (Photo 18) ou qui ont tant rampé au sol qu'elles en ont fait des nœuds (Photo 19), c'est à chaque instant le plaisir pour les yeux. Le plafond est bas par moment et il vaut mieux avoir prévu la coiffure adaptée pour cette visite (Photo 22). Ne pas manquer également les coulures de lave, rapidement solidifiées, qui ont créé ça et là de multiples stalactites grises (Photo 26). On trouve enfin des tunnels de laves un peu partout dont certains n'atteignent pas 40 cm de large et bien sûr les inévitables détritus laissés là par d'autres "passants" ou apportés par des crues. Le circuit se termine hélas par une grosse quantité de terre apportée par les crues et laisse comme un goût d'inachevé car il faut rebrousser chemin. Le trou lumineux au-dessus peut s'atteindre mais c'est beaucoup trop dangereux et sans intérêt car on arrive dans la forêt.
CONSEILS : cette nouvelle manière de randonner doit se préparer bien mieux qu'une autre et il est impératif de tout prévoir avant le départ : une tenue la plus adaptée à ce genre d'aventure (pas de manches courtes ou shorts), bonnes chaussures, réserve d'eau, coiffure solide ou casque de VTT. LE PLUS IMPORTANT est de toujours partir avec une quantité de lumière largement suffisante (prévoir piles de rechange, lampe supplémentaire, voire bougies en cas d'ultime dépannage). Le manque de panoramas est largement compensé par tous les détails que la lampe frontale fait apparaître aux murs et plafonds. Une rando inoubliable, hors des sentiers battus. RAPPEL : Tous les autres tunnels de l'île, et ils sont nombreux, doivent être parcourus avec un guide professionnel qui connaît les entrées, les sorties et fournit en plus toutes les explications passionnantes sur la géologie des lieux.

Particularités

Balises

Pas de balises Quelques traces fluo laissées par des spéléologues

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Saint-Philippe dans le Sud Sauvage et rouler jusqu'au Tremblet - Traverser le village puis la coulée de 1986 - Passer le rond-point indiquant le début de l'enclos et rouler jusqu'à la route du Quai de Sel - Se garer moins de 100 m avant la route à l'entrée de la grotte (non visible de la route mais bien indiquée sur la carte 4406RT par un point noir) - Bien s'équiper et descendre à l'entrée en franchissant la murette en bordure de route - Commencer par la partie en amont, la plus courte et cheminer jusqu'au cul de sac - Rebrousser chemin jusqu'à la route et poursuivre dans le boyau jusqu'à la fin de celui-ci - Rebrousser chemin en empruntant le même itinéraire jusqu'au véhicule.


Commentaires sur cette randonnée (4)

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Christian Léautier, 20/02/2020 17:20
Randonnée complétée le 19/02/2020 en 2h00

J'ajoute au bon commentaire de Martial avec qui j'ai fait cette sortie , que nous pensons revenir explorer un peu plus en amont et avec les parties adjacentes: c'est vrai qu'il faudra un peu plus se baisser ou peut être ramper mais avec un casque, des genouillères et une lampe, il devrait y avoir de belle photos en perspectives. Oui facile pour un tunnel de lave,(pas toujours le cas) , pas long (et impossible de se perdre !) et gratuit (rare pour ce genre d'exploration) . Une belle rando super originale à vivement conseiller.

Martial, 19/02/2020 16:24
Randonnée complétée le 11/03/2016 en 2h30

Peu de commentaires sur cette fiche, est ce à dire que peu de randonneurs la pratique ? si cela est le cas, c'est bien dommage, c'est accessible à tous, à condition d'avoir un casque et une lampe, c'est facile, pas long et gratuit.
On y découvre un monde souterrain surprenant.
Photos Jointes

Endormotivé, 06/10/2019 11:26
Randonnée complétée

Possibilité de se garer en face de la sortie vers le "Vieux port". Apporter de bonnes lampes, plutôt deux qu'une !

Martial, 12/03/2016 08:39
Randonnée complétée le 11/03/2016 en 2h30

Cette sortie effectuée hier nous a ravi, nous avons commencé par la partie haute au dessus de la route et remontée jusqu’à la sortie du tunnel dans la végétation, nous sommes revenus vers la route par le même chemin et empruntés la partie qui va vers la mer.
Arrivé au passage bloqué nous avons tenté la sortie par le trou mais c'est très glissant et dangereux et avons renoncé.
Après avoir rejoint la route nous rejoindrons le sentier côtier par la ravine des citrons galets ce qui est beaucoup agréable que par la route et absolument sans danger.
Attention, le casque est obligatoire dans le tunnel.

Randonnée ajoutée le : 01/11/2016