Le Piton de l'Eau par le Piton des Cabris depuis la Plaine des Palmistes

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 7h30
Distance 16.6 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1906 - 1205 m
Dénivelé positif 1000 m
Dernière mise à jour 04/06/2020

Attention, journée TRES boueuse

Cette randonnée, longue, humide et en forte pente permet de relier la Plaine des Palmistes à la région des pâturages du Piton de l'Eau. L'accès est facile à repérer à la fin de la Rue Saint-Ange Vélia qui se transforme en piste. Un emplacement en fin de piste peut accueillir quelques véhicules. La montée est immédiate, longue, difficile jusqu'au Piton des Cabris sur un sentier boueux et glissant, encombré de racines, troncs et marches parfois très hautes. Certaines courtes portions ont été aménagées avec des planches de tamarin qui ont bien vieilli depuis leur installation. D'autres sont presque invisibles dans les joncs et les herbes hautes. La boue est omniprésente et nécessite de bien se chausser. Un bâton de marche s'avère salutaire quand le pied commence à partir dans la gadoue. La forêt primaire de bois de couleurs est magnifique, presque aussi touffue et moussue qu'à Bélouve. Une fois le piton atteint, les difficultés diminuent mais pas la boue. On peut apercevoir, si l'on cherche bien, les deux gouffres indiqués sur la carte mais ils sont de plus en plus recouverts de végétation et leur accès ne peut se faire qu'avec des cordes. Des barbelés et quelques vieilles échelles confirment qu'il y avait des prairies à la place des hectares de branles actuels. On ne traverse heureusement plus les derniers pâturages où il était fréquent de faire de mauvaises rencontres beuglantes et cornues. Il n'y a pas de kiosque près du petit lac situé au sommet du Piton de l'Eau mais on ne peut s'empêcher d'y prendre un casse-croûte avant de redescendre ou filer dans une autre direction.

La randonnée débute à la fin de la piste qui a remplacé la Rue Saint-Ange Vélia après avoir traversé le Grand Bras Piton (Photo 1). Le début du sentier est proche du parking, sur la droite. Pénétrer dans la forêt de cryptomerias sur un sentier de terre rouge, large et en assez bon état, qui monte de plus en plus par de longs lacets (Photo 2). On ne quitte pas les grands conifères jusqu'au poteau en bois du Parc National. A partir de ce point de repère, la végétation change, devient plus sauvage et le sentier se rétrécit (Photo 3). Les arbres se couvrent d'épiphytes et de grosses touffes de fougères. On aperçoit ça et là quelques orchidées. Le sentier se borde souvent de califons (Strobilanthes hamiltonianus), une plante devenue invasive mais qui heureusement ne pique pas (Photo 4). La montée s'intensifie et impose de se pencher un peu vers l'avant pour doser l'effort. On rencontre quelques planchers et passerelles, franchissant des rigoles, qui ont mal vieilli (Photo 5). Certaines, plus longues, imposent toute l'attention car il manque des planches ou, pire, certaines vermoulues peuvent céder sous le poids du marcheur. Il vaut mieux chuter dans la boue que se coincer une jambe entre deux planches. Pour chuter dans la boue, rien de plus facile, il suffit de lever le nez moins de deux secondes (Photo 6). Entre les trous remplis d'eau, les anciennes marches retenant la boue ou le sentier creusé par les milliers de passages, toutes les occasions sont offertes de goûter à la gadoue. La couleur des vêtements au retour en dit long sur ce genre de traversée qui n'a rien à envier au circuit vers le Trou de Fer. Heureusement, il reste des planchers encore solides et même recouverts de grillage (Photo 7). Malgré la forte montée, on n'hésite pas à ralentir pour admirer la forêt primaire, domaine des mousses, des fougères et ananas marrons (Photo 8). Les marches encore en bon état sont rares et très pratiques pour reprendre pied (Photo 9). On atteint en moins de 90 minutes le sommet du Piton des Cabris mais bien malin qui saura le voir. Le terrain y est plat et on ne voit rien de ce qui caractérise habituellement un piton, hormis une belle brousse couverte de verdure (Photo 11). Une zone peuplée de pimpins (pandanus des hauts) et de calumets offre des panoramas sur la région de la Plaine des Palmistes et du Morne Saint-François. Sur 500 mètres, le sentier descend presque aussi fortement qu'il montait de l'autre côté puis s'assagit. La végétation commence à changer et les branles deviennent plus nombreux (Photo 12). On est accueilli en fin de descente par la magnifique Ravine Saint-François au fond comportant bassins, grottes et surtout beaucoup de mousse glissante (Photo 13). Les branles sont de plus en plus nombreux dans l'herbe qui recouvre désormais le sol. La boue n'a pas disparu, loin de là (Photo 14). Comme le sentier est étroit, certaines plaques sont inévitables et les chaussures sont vite remplies de gadoue nauséabonde (Photo 14). La mousse recouvre tous les arbres et arbustes et les sphaignes atteignent souvent plus de 30 cm d'épaisseur. Là où il y en a le plus il faut guetter les deux gouffres qui sont hélas trop recouverts de végétation pour pouvoir en profiter. Celui de gauche se devine à la noirceur de la cavité. Celui de droite s'atteint par 10 mètres de hors sentier (Photo 15). Attention au sol meuble en bordure du trou. Le sentier, herbeux, plus propre, se dirige vers le Piton de Chat qu'on ne peut apercevoir à travers les futaies (Photo 16). Les tamarins, qu'on a peu vus depuis le début, apparaissent mais restent rares. Certains spécimens trônent là depuis des décennies (Photo 17). Le sentier oblique à nouveau sur la droite et commence alors une longue portion suivant un affluent de la Ravine St-François. La ravine est profonde, étroite, proche du sentier et offre de belles occasions de prendre des clichés naturalistes. Une fois la ravine disparue, le sentier peut reprendre sa trajectoire en obliquant vers la gauche. On se retrouve très vite à traverser la Ravine Plate qui file en droite ligne vers le Piton de Chat (Photo 18). Il faut souligner le remarquable balisage de l'ONF qui a apposé au sol des plaques émaillées impossibles à détruire par les crues, rendant plus aisée la traversée qui n'est pas toujours juste en face. On frôle à nouveau de magnifiques spécimens moussus qui gagneraient leur entrée au Piton Tortue (Photo 19). Le sol devient plus souvent herbeux et propre (Photo 20). La progression est deux fois plus rapide qu'ailleurs. On se trouve en face de barbelés couchés au sol et de vieilles échelles, signe que ces sous-bois impénétrables étaient encore récemment des pâturages (Photo 21). Attention : après avoir franchi une échelle verte en bon état surmontant une clôture de qualité, on atterrit dans une prairie encombrée de souches, de branches et de quelques arbres. Partir sur la gauche et rejoindre au plus vite la clôture située devant à gauche. Une nouvelle échelle sans couleur permet de retrouver le sentier sous les branles. La marche est rapide sur ce terrain en pente légère sur un sentier étroit mais bien visible (Photo 21). La traversée est longue et paraît interminable. La fin est proche lorsqu'on franchit une dernière clôture par une échelle en bois qui amène à longer une prairie envahie petit à petit d'ajoncs d'Europe (Photo 22). Le sentier, le long du barbelé, se termine à la piste venant des prairies du Piton des Cochons (Photo 23). Rejoindre très vite la piste du Piton de l'Eau et descendre vers le lac de cratère. Grimper le petit sentier qui s'approche de l'étendue d'eau (Photo 24) et en faire le tour pour apprécier la sérénité du lieu (Photo 25). Les arums, à la saison, en font un endroit idyllique très recherché des photographes (Photo 26). Cette fiche prévoit de revenir à la Plaine des Palmistes mais on peut très bien remonter vers l'Oratoire Sainte-Thérèse puis au volcan ou filer vers le Piton Textor. Le retour sera moins difficile, un peu plus court en temps mais toujours aussi boueux.

Balises


Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre à la Plaine des Palmistes, plus précisément à Premier Village les Bas - Tourner à droite en venant de Saint-Pierre sur le Chemin Frémicourt - Poursuivre sur la Rue Saint-Ange Vélia jusqu'au départ du sentier qui grimpe dans la forêt de cryptomerias - Le sentier débute à droite en arrivant au parking - Traverser la forêt de cryptomérias, puis celle de bois de couleurs avant d'arriver au Piton des Cabris - Entamer la descente puis la remontée vers le Piton de l'Eau - Poursuivre jusqu'aux anciennes prairies et jusqu'au Piton de l'Eau - Le retour s'effectue par le même itinéraire.


Commentaires sur cette randonnée (16)

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Gregos97470, 22/07/2024 18:39
Randonnée complétée le 21/07/2024 en 5h00

Parcours effectué dans la nuit pour voir le levé du soleil là-haut. Première partie boueuse, le sentier est bien balisé, l'ONF a fait un excellent travail. La végétation change au fil de la montée. La vue sur les sommets de l'île est grandiose et que dire du piton de l'eau !

cboy, 18/06/2023 08:52

Sentier fermé.

JP Tang-Taye, 13/12/2021 15:45
Randonnée complétée le 11/12/2021 en 7h20

Rando réalisée le 11/12/2021 dans le sens montée Plaine des Palmistes, Piton Cabris, Piton de l'eau, puis Textor, descente Piton Caille et Doré (on a fait la boucle en fait).
Une première précision : attention au départ du sentier depuis le parking pour monter vers le Piton Cabris, il y a 2 sentiers et il faut bien prendre celui qui est le plus à droite quand on arrive au parking. La montée du Piton des Cabris est très technique, extrêmement glissante et à déconseiller totalement en temps de pluie (la descente serait même périlleuse à mon avis). Il faut effectivement bien faire attention à ne pas perdre le sentier surtout dans les ravines à traverser et les balises de l'ONF sont effectivement salutaires (il y a même des départs de sentier qui mènent nulle part en sortie de ravine). Pour ne pas s'égarer dans le pâturage, le commentaire de JPG du 4/8/2020 est totalement clair, si on se loupe là, c'est mal barré. Il n'y a plus d'échelle en bois à la fin du sentier avant de rejoindre le dernier pâturage, il ne faut donc plus la chercher mais bien enjamber la dernière échelle métallique, marcher quelque peu dans les hautes herbes et suivre les barbelés où on retrouve des balises pour rejoindre ensuite la piste des cochons.
C'est une très belle sortie que je déconseille fortement en solitaire. Aussi, je pense que finir par la remontée vers le Textor est très, très difficile donc préférer dans l'autre sens.
Le Piton de l'eau est magique (même sans les arums fleuris)

JulieCt, 27/10/2021 14:13

Randonnée faite le 24/10/2021 en 7h30 (sans les longues pauses). Super rando, technique surtout la première partie avec beaucoup de marches et racines mais après Piton Cabris le chemin est plus facile, plat. Quelques passages avec planche en bois viennent d'être refaits aussi. Très peu de boue comme il n'avait pas plu dans les jours précédents. Le temps était super donc bien dégagé pour les quelques très beaux points de vue. À faire mais pour randonneurs aguerris.

Chrysdu44, 18/03/2021 16:26

Si vous aimez la boue, les racines, marcher sans avoir de point de vue, randonner en forêt pendant 4-5h juste en aller simple ... Alors cette randonnée est faite pour vous ! Sinon passez votre chemin ! Aucun intérêt à part si on veut se blesser, et dire "oui je l'ai fait mais... J'ai rien vu a part mes pieds !"
Il y a bien d'autres sentiers sur l'île qui valent le détour, ne vous attardez pas ! La fin du sentier vers le piton de l'eau est agréable mais au bout de 5h difficile de s'en réjouir...

Jack974123, 14/02/2021 17:20
Randonnée complétée le 13/02/2021 en 6h20

Je ne suis pas arrivé jusqu au piton de l'eau, arrêté 1km avant. Le GPS m'a bien aidé car a des moments il est difficile de récupérer le sentier après les ravines...super gadoue, après une nuit de pluie.jai passé beaucoup de temps à éviter la boue ,au retour je n'y fesais plus attention

Zorghk, 18/10/2020 20:11
Randonnée complétée le 16/10/2020 en 3h00

Faite le 16/10/20 sens montée uniquement. Très belle rando sauvage. Ca monte assez raide jusqu'au piton Cabri. Un peu de boue mais évitable (à peu près) ; je suis parvenu au bout en ayant mis uniquement le pied droit entier dans la boue. Trace assez facilement suivable ; un gps peut néanmoins éviter de possibles erreurs.

Ninne, 27/01/2020 11:00

(Presque) faite hier.
Superbe ! Entre les cryptomérias, la forêt de bois de couleurs, les ravines, le paysage du volcan, c'est magique ! Par contre, sentier sauvage (quelques planches subsistent mais attention, très glissant), balisage peu marqué. Pas vu de gouffre. Et en arrivant dans les paturâges du volcan nous avons perdu le chemin pour aller jusqu'au piton de l'eau. On a donc fait demi-tour sans l'avoir vu. 7h aller-retour, pour marcheurs confirmés, n'ayant pas peur de se salir ;) et de marcher hors des sentiers battus

Martial, 17/08/2019 18:18

enki, si je comprends bien, vous étiez partis assez tard, ce qui à mon sens est une erreur sur un parcours de ce type, car même si vous étiez arrivé au piton de l'eau, vous auriez eu toutes les chances, où malchances de vous retrouver de nuit dans le sentier. J'ose penser que vous étiez équipé de vos lampes frontales. C'est effectivement une sortie difficile qui peut causer des soucis en raison de l'humidité toujours présente dans cette région.
Mon conseil si vous la retentez, partez au lever du jour, 7h00 max, vous mettrez ainsi toute les chances de votre côté d'arriver au piton de l'eau par temps dégagé et surtout de faire le retour avant la nuit.

enki, 17/08/2019 15:15

Fait hier le 16 août 2019, parti du parking de la route forestière, obligé d'abandonner au bout de 4H00 de montée, avant la dernière crête et les prairies à vaches. Rentré à 17H30 sans voir le piton de l'eau.
Très physique car beaucoup de boue et surtout des marches avec des fondrières énormes sur la descente de piton des cabris, un passage en goulet de la première ravine délicat (la ligne de vie en fil électrique noir est indispensable pour passer)
A réserver aux bons marcheurs, après au moins une semaine sans pluie, sur cette rando les bâtons ne sont pas un luxe !

Randonnée ajoutée le : 28/04/2020