De la Vierge au Parasol à la coulée de 2007 par le sentier des Laves

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 5h
Distance 10.2 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 152 - 7 m
Dénivelé positif 220 m
Dernière mise à jour 11/03/2020

Etape d'un tour de l'île au plus près des flots

Dix ans que l'on attendait d'entendre un jour une bonne nouvelle concernant le sentier des Laves. Le commentaire de Philippe Pascal posté le 23/2/2020 a déclenché les préparatifs pour y retourner au plus vite avec quelques dalons. On est encore très loin de la création du GGR4 mais on peut rêver un jour de le voir disparaître de la liste des sentiers fermés de l'ONF.

Le sentier des Laves qui traversait le Grand Brûlé du Tremblet à Bois Blanc souffrait déjà de manque d'entretien à la fin du siècle dernier mais restait praticable pour les inconditionnels des sentiers étroits et difficiles. La coulée de 2007, qui en a absorbé 1700 mètres a sonné la mort de ce parcours. Certaines parties restaient encore praticables comme celle employée pour effectuer une boucle entre le Grand Cap et les Brisants. D'autres, très étroites, étaient connues et fréquentées par les pêcheurs. Des milliers de points rouges ou orangés sur les arbres, des centaines de mètres de fil d’Ariane et quelques coups de sabres ont, sinon redonné vie à ce sentier, au moins permis de retrouver le parcours originel. Il suffirait de 50 randonneurs par semaine pour lui redonner vie naturellement mais il ne doit pas y avoir grand monde pour s'y précipiter. La végétation, souvent arrosée dans cette région, s'en est donnée à cœur joie et il reste du travail pour lui donner l'aspect de celui longeant la mer entre le Tremblet et Saint-Philippe. Si les deux pistes utilisées au début et à la fin se parcourent facilement ; si la route inévitable est un moyen de se reposer, l'ancien sentier des Laves reste difficile pour la majorité des randonneurs peu entraînés. Une certitude : même peu entraîné, difficile de s'égarer tant il y a de balises marronnes (ou officielles si c'est l'ONF qui est à l'origine de ces prémices de remise en état). Les sources étant recouvertes de lave depuis un million d'années, ne pas oublier de se munir d'au moins 4 litres d'eau et d'un peu de nourriture car les délicieux goyaviers ne se trouvent pas toute l'année.
Cette sortie n'est pas une randonnée familiale ; on laisse les enfants de moins de 10 ans à l'école et les plus jeunes à la nounou !

La randonnée débute ici à l'ancien emplacement de la Vierge au Parasol. Cette statue de la Vierge munie d'un grand parasol, vandalisée et déplacée maintes fois, a quitté depuis longtemps son piédestal du Grand Brûlé mais le lieu demeure ainsi qu'un arrêt de bus jamais supprimé. C'est la solution choisie pour refaire cette fiche afin d'éviter un aller-retour sur le difficile sentier et pour ne pas emprunter la trop longue route des Laves. Près d'un oratoire rouge dédié à Saint-Expedit débute une piste forestière qui se dirige vers la mer (Photo 1). Elle ondule entre filaos et bois de chapelets en pente douce sur un terrain de gratons tassés (Photo 2). Bien profiter de cette balade car les efforts seront plus denses à l'approche de l'océan ! Lorsque l'on entend les vagues battre les falaises basaltiques, ne pas hésiter à s'en approcher par la piste transformée en sentier escarpé pour apprécier le côté sauvage de l'endroit prisé par les pêcheurs (Photo 3). Remonter à la fin de la piste et trouver sur la gauche le départ très discret du sentier dans les fougères, uniquement repérable à un poteau en bois tagué de taches rouges (Photo 4). La trace est discrète mais visible. Elle frôle l'ancien panneau de l'ONF qui tient toujours malgré ses 20 ans (Photo 5). Il faut pour le moment (mars 2020) rajouter au moins trente minutes pour parvenir à la fin de la piste qui ramène à la RN2. Quant à respecter les balises, rien de plus facile car elles sont nombreuses, indispensables par endroits mais surtout parce que le sentier est impossible à quitter sans se griffer ou s'égarer. C'est parti pour trois heures à marcher en regardant les pieds pour éviter trous, roches, racines et branches coupées en biseau à 30 cm du sol qui pourraient éventrer en cas de chute (Photo 6). Le paysage est surtout constitué de végétation avec peu d'horizon (Photo 7). Le sentier s'approche parfois plus près des falaises et on distingue même de petites sentes de pêcheurs (Photo 8). Certaines zones sont recouvertes de galaberts odorants mais piquants qui suppriment tranquillement les pauvres maniocs marrons aux feuilles douces (Photo 9). Ce nettoyage en a éliminé mais on connaît sa vitesse de propagation. Plus loin, le sentier s'approche de la falaise du côté du Quai Neuf. On se situe à la fin de la piste venant de la route. Le sentier est plus difficile à repérer car il faut chercher en remontant un peu cette piste. En cas de doute, descendre sur la large surface créée par la coulée de 2004 et remonter au bout de 100 mètres dans les filaos où on retrouvera très vite les taches rouges sur les arbres. Cela permet de se changer un peu du sentier étroit et de la difficulté d'y marcher tout en étudiant les formidables changements provoqués par une seule coulée de lave. Attention cependant de ne pas s'approcher trop près des basaltes instables qui tombent année après année dans la mer souvent forte (Photo 10). On devine au loin une partie de la coulée de 2007 mais on sait d'avance qu'il faudra du temps pour s'en approcher. La progression reprend sous les filaos envahis de fougères et de longues lianes qui prennent parfois le pied et résistent à la traction (Photo 11). Les premiers goyaviers font leur apparition. Ils ont un peu grandi depuis dix ans mais n'ont ni augmenté ni diminué en nombre (Photo 12). S'il est parfois difficile de marcher sur les gratons, ici, c'est l'inverse. Après une heure dans la brousse, c'est une balade que de traverser la coulée de 2002 dont l'ancien sentier n'a pas changé d'un caillou (Photo 13) . Elle forme un Y en arrivant vers la mer. On retrouve un sentier identique après quelques filaos (Photo 14). On revient très vite dans les sous-bois encombrés de verdure (Photo 15). Plus on avance vers le sud et meilleur est le sentier qui se suit beaucoup plus facilement (Photo 17). Les fougères sont inévitables mais sont plus agréables que les galaberts (Photo 18). On parvient un peu plus loin à une grande forêt de filaos qui a été incendiée en janvier 2019. 2500 hectares sont partis en fumée. Les arbres sont morts mais la verdure est omniprésente, représentée par des lianes genre misère qui couvrent le sol et rendent la marche dangereuse car on ne voit pas où poser le pied (Photo 19). Quand on les traverse, 2500 hectares représentent une grande surface ! On arrive à la partie de la forêt non brûlée et l'on est heureux de se rapprocher de la mer qui vient remplacer le noir et le vert par du bleu (Photo 20). On y distingue mieux la coulée de 2007 (Photo 21). La nouvelle traversée d'une ancienne coulée pour reposer les jambes permet de voir qu'elles atteignent régulièrement la mer (Photo 22). La vie y reprend doucement ses droits et l'on retrouvera la verdure dans quelques années (Photo 23). Les goyaviers reviennent pour la troisième fois sur une assez longue distance (Photo 24). Attention aux bouches de petits tunnels et trouées sur le bord du sentier où il vaut mieux ne pas chuter. Le sentier oblique vers la droite et remonte la pente en direction de la route. On se retrouve à la fin d'une piste qui n'a pas été entretenue depuis longtemps (Photo 25) . On distingue le départ du sentier qui file vers la coulée de 2007, délaissée dans cette randonnée. La piste, sur gravier et parfois sur béton, monte doucement avec de nombreux virages et le bruit des véhicules annonce l'arrivée à la RN2. Prendre à gauche et marcher sur le bord de la route. On quitte très vite la verdure pour débuter la traversée de la coulée de 2007 (Photo 27). On a enfin des paysages sur les Grandes Pentes striées de noir des dernières éruptions. La route est souvent surchauffée (Photo 28) mais la distance est courte jusqu'au village du Tremblet, fin de cette aventure qui espérons-le deviendra un classique si le nettoyage se poursuit.

Balises

Taches très récentes

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre au Tremblet et rouler jusqu'aux dernières habitations - Stationner avant le dernier virage et emprunter le bus pour se rendre à l'arrêt "Vierge au Parasol" vers Bois Blanc - Trouver et emprunter le chemin forestier qui se dirige vers l'océan - Presque à la fin de la piste, repérer sur la droite le début du sentier - Le suivre sur 6 kilomètres et terminer vers la RN2 par une piste qui remonte plein ouest - Prendre à gauche et marcher sur la RN2 jusqu'au Tremblet, fin de la sortie.
Si on laisse le véhicule à la Vierge au Parasol, il faudra emprunter la totalité de la route pour y revenir. Cela risque d'être long, monotone ou dangereux s'il y a de la circulation.

L'éruption d'avril 2007

Particulièrement spectaculaire et inhabituelle, cette éruption a été la plus forte des cent dernières années. Le 2 avril 2007, une éruption fissurale située le long du rempart du Tremblet, à 600 m d'altitude et à 4km de la RN2, a créé une coulée qui s'est précipitée dans l'océan en créant une plate-forme de 200 m. 100 millions de mètres cubes de lave auront ainsi été projetés, recouvrant la route de près de 40 m de lave solidifiée (le double par endroits), sur une longueur de près d'1,5 km. La lave en fusion en se jetant dans l'eau a provoqué d'énormes nuages de fumées acides qui ont contraint les habitants du Tremblet à évacuer la zone.

Photos : Nuage de fumée pris depuis la maison à Petite Île. Traversée de RN2 par la lave. Lave solidifiée à la fin de l'éruption. La coulée vue depuis le dernier virage au Tremblet avant la réfection de la route.

Echappatoires

En cas de fatigue, de pluie ou d'incident durant le parcours, il vaut mieux faire demi-tour si on est proche de la piste venant de la Vierge au Parasol. Dans le cas contraire, il y a possibilité de quitter le sentier et de remonter vers la route.
1 – Deux sentes de pêcheurs ont été créées à force de passages. Elles longent les filaos sur des gratons instables. En prenant son temps on arrive à la route après 350 mètres de remontée à effectuer calmement.
2 – Au Quai Neuf, il est possible de remonter par la piste encore de bonne qualité. Plus loin et plus aléatoire, marcher vers l'ouest sur les plaques utilisées par les guides de tunnels de laves. Pas de sentier mais de larges plaques de lave noire avec le parking en ligne de mire.
3 – Au Grand Cap, deux sentiers remontent vers la route. L'un est au nord du bosquet de filaos, l'autre au sud. Chacun longe la lisière et le sol est bien tassé, donc sans danger.
4 – Si le problème survient après le bois de goyavier proche des tunnels de laves et effondrements, poursuivre tout de même jusqu'à la fin par la piste présentée sur cette fiche.


Commentaires sur cette randonnée (6)

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Christian Léautier, 09/03/2020 17:05
Randonnée complétée le 04/03/2020 en 6h00

Fait agréablement avec mes "dalons" à l'occasion de cette fiche. Parti plus au nord, depuis Bois Blanc en longeant au maximum la côte jusqu'à la pointe du Grand Brulé puis ensuite j'ai pris "l'échappatoire" qui remonte vers la RN .Voir avec intérêt ces divers échappatoires bien décrits sur la fiche- Sentiers bien balisés -marques orange qui semblent assez récentes- rien de bien difficile mais très chaud. Retour par la RN interminable mais en définitive pas mécontent de ne pas avoir suivi mes collègues .La suite me le dira effectivement. Je renonce donc à poursuivre le sentier des Laves qui à partir de la pointe du Grand Brûlé devient bien beaucoup plus ardu ce qui explique le "très difficile" de randopitons. ! Est ce pourquoi à la date d'aujourd'hui ce sentier est toujours noté fermé par l'ONF malgré les efforts d'élagage et de balisage ? Est ce à dire que la réhabilitation n'est pas totalement terminée ? Donc prendre ses responsabilités ..., beaucoup d'eau et beaucoup de courage pour parcourir ces très beaux et très variés paysages du Sud Sauvage: goyaviers, pandanus, fougères, coulées minérales de lave, côte déchiquetée avec arches, promontoires rocheux......A faire en aller simple en profitant des bus Cars Jaunes S1 très pratiques: arrêt Vierge Parasol, Bois Blanc et pointe du Tremblet .

Martial, 06/03/2020 16:42
Randonnée complétée le 04/03/2020

Celle là, j'en rêvais depuis longtemps; réhabilitation en cours ? en tout cas bien balisé et permet de s'immerger dans un univers sauvage exceptionnel.
Je la place dans mes favorites.
Attention; lisez bien la fiche avant de l'entreprendre, ne négligez surtout pas la difficulté annoncé et prévoyez beaucoup d'eau.

Christian L, 25/02/2020 18:52
Randonnée complétée le 24/01/2018

Corrigez moi si je me trompe.La carte des sentiers ONF au 21 février 2020 donne le sentier fermé ?

Philippe Pascal, 23/02/2020 19:03
Randonnée complétée le 23/02/2020

Bonne nouvelle. Le sentier a été restauré et balisé sur sa totalité (travail de l'ONF ?). On peut donc l'emprunter en toute sécurité même s'il comporte des parties techniques. Quelques tronçons sont intéressants avec de beaux points de vue, surtout du côté de sainte rose mais d'autres un peu rébarbatifs en sous bois. A faire rapidement car, en l'absence d'entretien, il sera envahi par la végétation..... Compter un bonne journée pour un aller si vous voulez le faire en totalité ! Sinon, on peut aussi emprunter une partie du sentier en revenant sur la route nationale.

Christian L, 24/01/2018 18:40
Randonnée complétée le 24/01/2018

Rien à voir avec la rando « traversée du grand Brûlé « mais on démarre également de la vierge parasol ;on prend le sentier à dr du parking et là on monte pour approcher le plus près possible le piton de Crac.Sentier net sur500 m puis on le devine plus ou moins -souvent moins que plus!-puis c ‘est du hors sentier où l on navigue sur des laves pas toujours consolidées.Très chaud ce jour puis arrive « l’ennemi « le brouillard à hauteur du Trou Caron vers 800m d ‘altitude Progression pas spécialement difficile mais il faut rester très attentif.Un goût d inachevé car je pense qu en continuant à monter et en contournant par la dr le piton de Crac ça ne doit pas être si mal.Pour moi 5h ar.Bus car jaune S1 arrêt Vierge Parasol.

Christian Léautier, 30/03/2017 15:43
Randonnée complétée le 04/03/2020 en 6h00

Fait dans le cadre de mon tour de l'île (9è étape) : de la Vierge Parasol au Tremblet ; Effrayé par la grosse chaleur et la mention "très difficile" du site, j'ai souvent emprunté les pistes agréables qui mènent de la RN 2 à la mer et les parties des coulées récentes, délaissant souvent le sentier littoral que j'avais parcouru il y 4 ou 5 ans et qui était déjà bien envahi par la végétation. Très, très chaud!!! Car jaune S1 arrêt vierge Parasol pour débuter et arrêt Pointe du Tremblet pour finir.

Randonnée ajoutée le : 06/03/2020