De Champ Borne à Saint-Benoit par le littoral et les 3 rivières

Difficulté
Très facile
Indice de confiance Excellent
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 3h30
Distance 10 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 15 - 1 m
Dénivelé positif 30 m
Dernière mise à jour 29/08/2019

Balade au pays des bichiques

On ne peut pas, chaque semaine, escalader les pitons sans avoir un jour envie de se reposer tout en continuant à visiter cette belle île de la Réunion. Cette sortie pratiquement plate puisque située en bord de littoral, permettra d'allier ces deux activités. Elle traverse une zone relativement habitée et sauvage à la fois. La mer y est souvent déchaînée même par beau temps et roule inlassablement les galets gris qu'on devra parfois enjamber si on ne veut pas trop marcher sur les pistes. On peut se créer un itinéraire à la carte sans crainte de s'égarer puisqu'on a toujours la mer comme point de repère ; c'est ainsi qu'on peut utiliser la route, les pistes, les sentiers officiels, l'ancienne voie de chemins de fer réunionnais, les plages de galets ou de sable gris. En saison de basses eaux il est possible de relier Saint-Benoît sans se mouiller les pieds. Il en va tout autrement lorsque l'eau coule à flot, aussi faut-il dès le départ opter pour des chaussures qui ne craignent pas les bains. Préférer de juin à septembre si on ne veut pas trop se mouiller les pieds. Attention, en période de remontée des bichiques, il est préférable d'éviter de marcher sur au près des pièges afin de garder de bonne relations avec les pêcheurs. Des contournements sont possibles en empruntant de courts tronçons de la route.

La randonnée débute à Champ Borne près d'une église en ruines et d'un restaurant avec des places de stationnement (Photo 1). Partir vers le sud en s'approchant d'un petit cimetière un peu délaissé (Photo 2). Certaines tombes sont très anciennes, d'autres sont parties à la mer durant le cyclone Jenny en 1962, détruites en même temps que l'église et d'autres bâtiments de la ville. La mer est toute proche mais on peut suivre un peu de la D47 avant de se rapprocher de la plage de galets (Photo 3). On rencontre un peu plus loin un autre minuscule cimetière. Poursuivre soit sous les vacoas qui ont plus de mal à s'installer que dans le Sud Sauvage (Photo 4). Les tables de pique-nique bordent le sentier à de nombreux endroits et facilitent les haltes boisson ou casse-croûte. Suivre ensuite une piste sableuse, bordée de vacoas, agréable malgré la poussière soulevée par quelques véhicules (Photo 5). Plus loin, la canne est de plus en plus présente sur la droite. On passe près d'un petit village au nom original de "Coeur Saignant" puis on ne tarde pas à arriver à la Rivière du Mât, déjà longée ou traversée lors de randonnées dans le Cirque de Salazie. Le cours d'eau a pris de l'importance durant la traversée du cirque et son estuaire est très large et caillouteux (Photo 7). Pas de sentier pour franchir cet estuaire : il faut marcher au gré du sol ou du cheminement de l'eau surtout si on a décidé de traverser sans mouiller les pieds. La meilleure solution consiste à passer par les zones sableuses en recherchant le parcours le plus stable. On a l'avantage de marcher plus vite que sur les galets qui roulent sous le pied mais l'inconvénient de remplir parfois les chaussures de sable. Les amateurs de sculpture sur bois ralentiront le pas pour récolter la racine de bois flotté qui viendra orner la bibliothèque après quelques heures de ponçage et une bonne couche de vernis. Après la traversée de cette première rivière, on poursuit sur un sentier large bordé de cannes, d'arbres fruitiers et bien sûr les inévitables vacoas (Photo 9). Plus près de la mer, ce sont les lianes des patates à Durand qui constituent la végétation de bord de mer. Ce cheminement, toujours à plat, permet d'atteindre de nouveaux kiosques de pique-nique sur les berges de la Rivière des Roches (Photo 10). La rivière est beaucoup moins large que la précédente et se passe aisément à gué en période de sécheresse. Les galets en ferment une grande partie, formant un barrage naturel coupé par le petit fleuve et exploité par les pêcheurs (Photo 11). Qu'on traverse là ou par le pont, un petit détour permet en quelques minutes d'en apprendre beaucoup sur cette pêche particulière où les alevins sont piégés dans des nasses et vendus rapidement aux amateurs de cari (Photo 12). Si l'eau est trop haute ou que des pêches sont en cours, il faut alors marcher vers la RN2 dans les cannes et emprunter le pont qu'on voit depuis l'estuaire. En face, on trouve un chemin très propre qui s'élargit petit à petit mais on peut également emprunter le bord de mer (Photo 13). Plus loin, on arrive sans effort sur l'ancienne voie de chemin de fer très encaissée par moments, donc à l'ombre. On croise ci et là quelques traces des traverses encore en place et qui confirment qu'on est bien à l'endroit où roulaient les trains de canne à sucre ou de voyageurs jusque dans les années 60 (Photo 14). Par endroits la terre a été creusée pour laisser passer le train et des ponts permettent de franchir la tranchée (Photo 15). On profite des explications sur cette activité ferroviaire en effectuant une petite halte à Bourbier les Rails sur une butte de terre recouvrant des rochers qui avancent sur la mer (Photo 17). De là, on aperçoit une longue plage de galets et les toitures de Saint-Benoît (Photo 18). Aucun obstacle n'empêche de marcher au plus près des vagues mais il est plus facile d'employer la piste toute proche (Photo 19). A la fin de la plage, on peut effectuer un court détour par le cimetière de la ville. Très ancien, il comporte des tombes monumentales dans sa partie sud. Il frappe surtout par les niches qui le caractérisent contrairement à d'autres ne comportant que des croix (Photo 20). L'estuaire de la Rivière des Marouins, fin symbolique de cette balade littorale, se rejoint en deux minutes. Ce cours d'eau fougueux depuis sa source, devient ici une rivière ressemblant plus à un étang (Photo 21). Comme partout, les sacs de sable et de gravier érigés pour la pêche à la bichique canalisent les derniers mètres. Si on a pris le bus pour rejoindre Champ Borne, le véhicule est tout proche vers la gare routière. Ne pas manquer un nouveau détour pour terminer la marche par un peu de tourisme. La vieille gare, totalement abandonnée et envahie par les arbres ne sera certainement jamais réhabilitée (Photo 22). Vers le centre ville, une grande place arborée abrite l'église (Photo 23). Devant, une belle fontaine, souvent à sec comporte deux étages d'angelots. Tout près, le monument à la gloire de Louis Brunet comporte également la statue de ses deux femmes symbolisant la Réunion et la France (Photo 24). Hormis son arbre du voyageur et son bassin surmonté d'une statue, l'hôtel de ville n'est pas un monument d'architecture (Photo 25) contrairement à la mosquée, toute proche qui mérite un dernier détour.
On peut poursuivre vers le sud sans discontinuer si on veut prolonger cette sortie aquatique bercée par le bruit des vagues de la Côte Est. Les paysages, tout au long du parcours sont très changeants et toujours beaux mais bien moins sauvages que ceux de Sainte Rose ou de la Pointe de la Table

Balises

Pas de balise

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Se rendre à Saint André puis à Champ Borne et garer le véhicule au restaurant situé près de l'église en ruines - Emprunter la route (ou la plage) jusqu'au petit cimetière - Près de là, une aire de pique-nique marque le début d'une piste - Suivre la piste, fermée le week-end, jusqu'à la Rivière du Mât - Traverser le petit delta en sautant de cailloux en cailloux - De l'autre côté, emprunter le sentier sous les vacoas et bordé de cannes jusqu'à l'aire de pique-nique - Retrouver une petite route qui mène directement à la Rivière des Roches - A la Rivière des Roches, remonter par la piste dans les cannes pour passer le pont 300 m plus haut - Rejoindre l'aire de pique-nique de la rive droite puis la piste qui continue vers Saint Benoît - Sur la piste qui a remplacé la voie de chemin de fer, obliquer à gauche pour profiter du panorama sur la côte à partir de la Pointe du Bourbier - Poursuivre en traversant une nouvelle aire de pique-nique, puis un pont métallique - Tourner à gauche après le pont et poursuivre sur l'ancienne voie ferrée jusqu'au cimetière de Saint Benoît, la piscine et la gare en ruines - L'arrivée se situe à l'embouchure de la Rivière des Marsouins où l'on reconnaîtra les sacs de la poste remplis de sable pour créer de nouveaux pièges à bichiques.
Le centre ville n'est qu'à une centaine de mètres.

Le chemin de fer réunionnais

Evoquée dès 1858, la création de la ligne, relancée par le sénateur et gouverneur Henri Hubert Delisle, les travaux débutent en 1878. Essentiellement empruntée par des trains de canne, sa vocation première consiste à desservir toutes les terres agricoles et grandes villes côtières.
Elle est le plus grand chantier du XIXème siècle, construit en seulement 4 ans par de nombreux ouvriers créoles, considérée comme la grande révolution technologique du XXème siècle. Sa ligne, longue de 126 km reliant Saint Benoît à Saint Pierre par le Nord est plus étroite (1m) que les lignes métropolitaines (1,4 m) pour répondre à un relief plus accidenté. Elle est inaugurée en 1882.
A la portée des classes modestes, elle rapproche les régions, rends les habitants plus mobiles et change les mentalités.
Entre Saint Benoît, au km 0 et Saint Denis, la ligne s'appelle Ligne au Vent. Les vestiges de ses rails témoignent de l'importante activité économique du quartier. Durant les campagnes sucrières, des convois transportent les productions des usines de Sainte Rose jusqu'à Saint Benoît pour les acheminer ensuite vers le port de la Pointe des Galets.
Largement concurrencée par le développement de l'automobile et l'arrivée de l'autocar en 1911 desservant les Hauts, on se moque de sa lenteur : la ligne au vent disparaît en 1962 et le reste en 1976.
Texte transcrit depuis la pancarte pédagogique de la Pointe du Bourbier.


Commentaires sur cette randonnée (3)

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Christian Léautier, 01/06/2019 17:02
Randonnée complétée le 01/06/2019 en 3h30

Juste pour préciser que des autochtones m'ont déconseillé de traverser l'embouchure de la rivière des Roches au niveau des canaux bichiques (ce que je m'apprêtais à faire!!) car des petits requins rodent dans les parages où un accident a même eu lieu il y a quelques temps, ce qui oblige donc à faire un détour par le pont de la RN2002...sauf bien sûr à marée très basse et avec un débit d'eau faible...."Prudence est mère de Sûreté"...

Martial, 19/04/2018 10:27
Randonnée complétée le 18/04/2018

Réalisée dans le cadre de ma 1ere étape du tour de l’île entre st benoit et st denis.
C’est une belle sortie ou on a la chance de voir plusieurs curiosités et de rentrer de plain-pied dans l’histoire du chemin de fer.
Nous avons effectué la traversée de l’embouchure de la rivière du mat sans problème malgré le débit d’eau assez fort, il y a toujours moyen de trouver un passage, par contre impossible de ne pas se mouiller les pieds.
Nous ne tenterons pas la traversée de la rivière des roches, courant fort et très profond, nous choisirons donc le contournement par le pont de la rn 2002, photos 1 et 2.
A la pointe du Bourbier, nous rejoindrons le sentier du chemin de fer et ne suivrons pas la trace du site qui contourne la pointe, propriété privée et éboulement de l’autre côté rendrait trop hasardeux ce passage pour rester en sécurité.
De plus pour accéder à la pointe du bourbier nous avons préféré suivre le sentier plutôt que de passer sur le pont qui l’enjambe, cela permet de voir le magnifique tunnel en dessous, photo 4.
Quelques dégâts sur le passage du aux dernières tempêtes mais rien de grave, photo 5.

Michel Re, 13/11/2017 12:17
Randonnée complétée le 11/11/2017

Parcours agréable à faire à VTT

Randonnée ajoutée le : 01/01/2009