De l'Îlet Cambour à l'Îlet Flamand depuis Sans Souci

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 7h
Distance 17 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 794 - 138 m
Dénivelé positif 700 m
Dernière mise à jour 06/09/2019

Un îlet donc un sentier pour y parvenir

Chaque fois que l'on remarque la mention d'un îlet sur une carte, on peut se dire que quelqu'un, un jour, a vécu en ce lieu et qu'un sentier existe forcément pour le rejoindre. Les cours, jardins ou minuscules champs sont envahis par la végétation et seules les murettes permettent de repérer les ruines des habitations et enclos pour les bêtes. Il demeure parfois aussi des arbres fruitiers comme les manguiers et letchis qui poursuivent seuls leur croissance. Lorsqu'on n'en connaît pas l'emplacement, c'est souvent la logique qui permet de retrouver la trace du sentier. Il suffit d'étudier le terrain, les ravines, les falaises ou comme ici, attendre qu'un fidèle randopitonneur envoie la trace GPS en suggérant de publier une fiche afin que le sentier ne tombe pas dans l'oubli. Pour que ce sentier qui descend de l'Îlet Cambour à l'Îlet Flamand ne tombe pas dans l'oubli, de nombreux randonneurs devront l'emprunter pour le retracer et lui redonner vie. Ce parcours, très difficile et dangereux par endroits n'attirera pas les randonneurs du dimanche qui se contenteront de repérer le début du sentier en effectuant une incursion dans Mafate par la canalisation des Orangers. Avant 1965, date de la mise en place de la canalisation, l'Îlet Cambour était habité. Une petite trace existait depuis Sans Souci mais il fallait bien aller à Dos d'Ane ou vendre quelques fruits ou volailles aux habitantes des îlets près de la Rivière des Galets. C'est toujours avec une pensée émue qu'on emprunte ces sentiers lontan, seule voie de communication pour revenir à la civilisation. Les deux seules montées de la journée s'effectueront pour rejoindre la Canalisation des Orangers depuis Sans Souci et revenir au village en quittant la Rivière des Galets.

La randonnée débute ici à l'école de Sans Souci, un endroit plus sûr pour le stationnement depuis que les dégradations se multiplient à la citerne rouge (qui tire d'ailleurs lentement vers le rouille). Le début de la canalisation se rejoint par la piste qui commence à la citerne ou par ses raccourcis qu'on emprunte au prochain virage. La montée est raide par ces raccourcis terreux mais évitent de longs lacets de la piste, bien rafraîchie, qui ne comporte plus ces profondes et vilaines ornières (Photo 1). Compter une trentaine de minutes entre la citerne et le début du sentier (Photo 2). Le sentier de la canalisation ne se décrit plus. Il est large, totalement plat et permet de marcher relativement vite (Photo 3). Ne pas manquer cependant les magnifiques paysages sur l'entrée dans le cirque de Mafate (Photo 4). Autant les paysages sont merveilleux, parmi les plus beaux de l'île, autant les abords sont souillés par des dizaines de mouchoirs, jetés négligemment après usage, servant de balises très disgracieuses. Il faut compter plusieurs mois pour la dégradation totale d'un mouchoir papier : pourquoi ne pas le mettre dans la poche pour le jeter plus tard ? Avec les arrêts panoramas et photos, il faut compter une heure pour rejoindre l'Îlet Cambour, bien noté sur la carte IGN. Inutile de préciser où se situe le petit sentier qui rejoint l'îlet abandonné car le papier toilette a remplacé les mouchoirs pour trois nouveaux mois de balisage sauvage !! Une courte visite des lieux permet de remarquer les murettes, les fondations, les arbres fruitiers et les ananas abandonnés dans la jungle qui a recouvert les cultures de l'époque (Photo 5). Après ce repos de quelques minutes qui peuvent également servir de préparation psychologique, on peut se lancer dans la descente qui rejoint la Rivière des Galets aperçue dans le bas. Le sentier, difficile à repérer par manque de passage s'élargira peut être si de nouveaux aventuriers entraînés et motivés veulent bien se lancer pour l'élargir. Si le sentier est difficile à repérer, ce n'est pas le cas du point de départ situé dans un virage à l'endroit où la canalisation surgit de terre en formant un coude (Photo 6). Noter que le départ est manqué si l'on poursuit 25 mètres et que l'on passe sous l'arche végétale formée par un des manguiers de l'îlet Cambour (Photo 7). La plongée peut commencer en débutant dans les fougères et en se poursuivant parmi quelques bois de couleurs et chocas (Photo 8). Pas d'inquiétude pour suivre la trace car elle reste toujours visible même pour les non initiés. Le sentier longe la ligne de crête du rein qui descend vers l'Îlet Flamand. Beaucoup de passages sont rocheux et comportent quelques portions à très forte pente où des branches salutaires ralentissent la plongée (Photo 9). Des rochers forment des promontoires permettant de s'arrêter et de profiter de belles vues sur la vallée de la Rivière des Galets (Photo 10). La pente est forte et la vitesse de marche a bien changé depuis la canalisation. Attention aux petites pierres posées sur les grosses qui peuvent dévaler ou aux amoncellements de pierres qui s'écrasent sous le pied (Photo 13). Par endroits, le sentier est bien marqué et comporte même d'anciennes marches creusées dans le sol, preuve que ce sentier était plus qu'une trace à l'époque (Photo 14). Des pieds de vétiver plantés en bord de sentier attestent également d'un itinéraire fréquenté à l'époque. Ailleurs, les chocas n'ont pas encore recouvert le passage (Photo 15). Les premiers vrais pierriers font leur apparition et demandent un peu plus d'attention pour ne pas faire rouler les roches (Photo 16). Plus bas, la végétation s'intensifie mais sur une courte distance (Photo 17). On arrive, à un moment, à un rocher recouvert des premières lianes papillon qu'on retrouvera de plus en plus. Le passage semble difficile et l'on cherche des yeux le sentier avant de se décider à descendre cette barre rocheuse en s'aidant des longues tiges de la liane (Photo 18). Plus loin, une tuyauterie de plastique noir transporte l'eau d'une source vers l'Îlet Flamand (Photo 19). Les lianes papillon sont de plus en plus touffues et imposent de se baisser et ramper sur les fesses pour suivre la trace. Les tuyaux se poursuivent vers l'aval mais il faut les laisser pour partir sur la droite, grimper une forte pente en direction d'un énorme tamarin et rejoindre une bambouseraie. Ils sont impossibles à manquer tant les touffes sont nombreuses. On voit que les cyclones ont détruit une grande partie des tiges qui grincent avec le vent (Photo 20). Partir vers la droite jusqu'aux bambous rassemblés en clôtures près de grillages qui indiquent les propriétés privées de l'Îlet Flamand. Délaisser les clôtures et repérer sur la gauche, en bordure de ravine, le début d'un tunnel végétal constitué de grosses tiges de liane papillon (Photo 21). Il faut de la souplesse pour les passer sans ramper et l'on rejoint assez rapidement un important pierrier en forte pente. Quelques hésitations sont à prévoir pour retrouver le sentier mais en regardant les coups de sabres sur des lianes, chocas ou branches, on se retrouve au fond de la ravine rocheuse. Garder à l'esprit que c'est le meilleur endroit pour retrouver la Rivière des Galets, même si certains passages semblent difficiles (Photo 23). L'arrivée à la rivière s'effectue par un confluent encombré d'une montagne de galets en forte pente instable où il est préférable de ne pas courir (Photo 24). Le plus difficile de la boucle se termine après 2h30 de descente, pauses comprises. Choisir parmi plusieurs options pour rejoindre la piste, soit en descendant le long de la rivière ou en la remontant vers Deux Bras. Nous avons choisi une traversée plein nord à travers une savane d'épineux avec lesquels il vaut mieux éviter de se frotter. On retrouve le plat sur une piste de 6 km, poussiéreuse et sableuse mais totalement plate excepté quelques gués (Photo 27). On peut sauter de roche en roche pour passer les gués mais marcher dans l'eau permet d'éliminer la poussière qui s'est accumulée. En fin de piste, on longe l'ancien canal qui a souffert des années avant d'emprunter sur la gauche le sentier qui remonte vers le village de Sans Souci (Photo 28).

La distance entre la Rivière des Galets et Deux Bras est importante et monotone. Celle entre Dos d'Ane et Deux Bras est technique avec un fort dénivelé qui impose un excellent entraînement. La solution consiste à prendre le taxi 4x4 dans l'un ou l'autre sens. Le temps ainsi gagné permet de marcher plus longtemps dans le cirque ou de rentrer plus tard. Téléphoner assez tôt à Loïc Kondoki au 06 93 20 57 20. Site Internet.

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Rouler entre Saint-Paul et le Port sur la RN1 et quitter à la bretelle en direction de Sans Souci - Monter et stationner de préférence aux alentours de l'école - Débuter la randonnée par quelques rues jusqu'à la citerne puis entamer les raccourcis et la piste jusqu'au début du sentier de la canalisation des Orangers - Marcher à plat jusqu'à l'Îlet Cambour - Visiter l'îlet abandonné puis entamer la vertigineuse descente vers la Rivière des Galets - A la fin de la descente, rejoindre la piste puis revenir vers Sans Souci en suivant la rivière - Prendre le premier sentier à gauche après un gué puis retrouver le véhicule à l'école de Sans Souci.

Le film de la descente

Deux heures trente de descente résumées en 5 minutes. Suffisant pour repérer quelques passages particuliers. Peu de film sur la Canalisation des Orangers et rien sur le retour par la piste.


Commentaire sur cette randonnée (1)

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Christian Léautier, 23/07/2019 15:30
Randonnée complétée le 11/07/2019 en 8h00

Curieuse randonnée très difficile où les 2/3 du trajet sont plats ! (canalisation des Orangers et rivière des Galets). Oui, mais entre les 2, la descente de l'ilet Cambour (qui vaut une visite nostalgique: tiens, des vestiges rouillés bien sûr , d'un vélo!!) à l'ilet Flamand donne bien du fil à retordre, à cause d'une pente très raide, à cause d'un sentier que l'on peut perdre de vue facilement (pas souvent mais suffisamment pour se poser des questions qui commencent à trotter dans la tête telles: est ce que je ne serai pas obligé de remonter ? car de tous côtés une végétation inextricable ou des falaises ..et pourtant en cherchant bien ça passe pour tomber ensuite sur des lianes papillon tellement denses qu'il faudra ramper quelques minutes et alors je me crois à l'armée lors d'un stage commando), à cause aussi de grosses pierres à pic qu'il faut négocier en descente et d'autres qu'il faut éviter dans leur chute....et enfin (ouf) une ravine à parcourir surplombée de falaises inquiétantes....Bref, prendre 5mn pour visionner le petit film du site afin de prendre la décision d'effectuer ou non cette vraiment belle rando qui nécessite quand même un peu de "culot" car parfois s'ajoutent des passages assez vertigineux qui distillent une bonne dose d'adrénaline... "Nou la fé" -Ludovic et moi- mieux vaut évidemment ne pas être seul mais bien accompagné- mais je ne la referai plus.....par prudence et sagesse? ou par manque de courage maintenant que je sais ce qui m'attend ?

Randonnée ajoutée le : 20/07/2019