Du Piton de Bert au Pas de Bellecombre par l'Enclos Fouqué

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Faible
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h18
Distance 18.1 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2368 - 2078 m
Dénivelé positif 400 m
Dernière mise à jour 17/09/2018

Du froid dans le dos aux semelles chauffées

Attention : Je rappelle que le site est un recueil des randonnées effectuées un peu partout mais qu'en aucun cas il ne constitue une incitation à les parcourir systématiquement. Il faut pour cette boucle une excellente condition physique et surtout prendre toutes ses responsabilités. En effet, la sortie est assez longue, comporte une descente extrêmement dangereuse mais aussi une traversée de laves récentes dont celle de 2015 non encore refroidies et une plus ancienne constituée essentiellement de gratons acérés. Les explications pour trouver le sentier sont volontairement minimalistes et la trace GPS fournie n'intègre pas le début de cette descente.

Cette boucle de moins de 20 kilomètres demande plus de 6 heures de marche ; c'est donc qu'elle comporte de nombreuses difficultés qui ralentissent substantiellement la progression. Elle ne s'adresse qu'à une infime catégorie de randonneurs. On débute par une véritable promenade sur le sentier du Piton de Bert, devenu un des grands classiques de l'île en raison des nombreuses éruptions provenant du flanc sud de la Fournaise. Il est possible d'employer le GRR2, la piste ou les deux quand ils ont des tronçons communs. On poursuit par une descente dangereuse vers les laves récentes de la coulée de 2015 en longeant une bonne partie du rein du Piton de Bert où la végétation reprend doucement possession des falaises à travers les arbustes carbonisés. Même si le sol est aride par endroits, il faut faire attention où poser les pieds et ne pas handicaper ces jeunes plants qui auront déjà beaucoup de mal à survivre en raison du froid, de l'altitude, du manque de nutriments et accessoirement du piétinement. La suite peut paraître facile vue depuis le haut du rempart, mais à plus de 200 mètres, la lave grise ou noire ne montre pas tous ses pièges. Certaines plaques sont fragiles et peuvent céder sous le pied, d'autres sont acérées et il vaut mieux ne pas chuter. Certains endroits reconnaissables à la couleur plus jaune du sol sont encore très chaudes et dégagent même de la vapeur en cas d'humidité extérieure. Plus loin, c'est une coulée de gratons toujours instables qu'il faut traverser en prenant garde à l'équilibre. Après 6 heures de ces paysages et efforts très variés, la remontée des marches vers le Pas de Bellecombe peut être considérée comme une promenade.

La randonnée débute à l'immense parking qui peut contenir des centaines de véhicules lors des éruptions volcaniques du flanc sud du Piton de la Fournaise. Choisir entre la longue piste refaite à neuf pour rejoindre les grosses citernes (qui sont loin d'être un modèle d'intégration à la nature sauvage du piton) et le GRR2. Ce dernier, plus court, est très bien balisé et plus agréable (Photo 3). La végétation qui le borde est assez rabougrie (Photo 2). Comme aucun obstacle ne vient ralentir la marche ou qu'on utilise parfois obligatoirement la piste, on arrive en moins de 90 minutes à la citerne du Piton de Bert, éloignée mais déjà taguée. Il faut désormais se préparer psychologiquement à la descente car un simple coup d’œil vers le bas (s'il n'y a pas de brouillard) peut procurer des frissons. Inutile de préciser qu'on abandonne ici s'il y a un brouillard important ou si on a le vertige. Après avoir déniché le passage qui rejoint la première corde, rien de plus facile que de longer le rein, seul passage possible vers l'enclos (Photo 5). La partie la plus dangereuse consiste à rejoindre la première corde qui a, pour des raisons de sécurité, été installée bien plus bas que la cassure du rempart. De corde en corde, on descend des parties rocheuses quasi verticales (Photo 7) ou d'autres plus végétalisées d'où on a de magnifiques vues sur l'Enclos Fouqué (Photo 9). Il faut prendre garde où poser les pieds quand la pente est plus forte qu'ailleurs et qu'elle est constituée de pierres pouvant être instables (Photo 11). Après 90 minutes pour effectuer les 300 mètres du rein pour 200 mètres de dénivelé, on arrive au plus près de la lave récente (Photo 12). On distingue très bien la haute cascade de lave de près de 20 m de hauteur créée par l'arête qui a servi de barrage (Photo 13). La lave qui paraissait lisse vue du haut révèle immédiatement son véritable relief. Une nouvelle préparation psychologique est nécessaire pour se lancer sur près de 1500 mètres de ce sol chaotique (Photo 18). La meilleure manière d'éviter le danger créé par d'éventuels tunnels de lave fragile est de longer le rempart au plus près (Photo 19). Ne pas se précipiter, chercher toujours le meilleur endroit où poser les semelles et rechercher les plus belles concrétions ou sculptures de lave (Photo 20). Par moment, de la vapeur sort de certaines anfractuosités du sol, venant de bouches sans doute jaunies par les vapeurs soufrées. En marchant prudemment, on parvient en moins de 45 minutes aux très anciennes coulées où la végétation a encore beaucoup de mal à s'installer (Photo 23). La progression qui avait débuté par des zigzags entre les plaques de lave continue de la même manière entre les branles verts et les fissures. On passe près d'un magnifique bois de tamarins qui a colonisé un énorme éboulis contre le rempart (Photo 24) avant d'approcher d'une nouvelle coulée de gratons. Pour diminuer la longueur de cette traversée, chercher une longue "clairière" qui a été épargnée par la coulée brûlante. Après une escalade de 5 mètres on rencontre au sol un fil d'Ariane en nylon (Photo 25) qu'il suffit de suivre en ne pensant qu'à une chose : où poser le pied pour de pas basculer ou glisser ? La délivrance arrive assez vite et l'on se retrouve pour très longtemps sur un sol constitué de larges plaques, soulevées dans tous les sens, fendues ou fissurées et couvertes d'une maigre végétation (Photo 26). En regardant bien le rempart devant soi, on peut deviner le sentier de descente du Pas de Bellebombe à gauche du Piton de Partage. Il semble proche mais il faudra beaucoup marcher pour le rejoindre. On rencontre un peu partout de profondes grottes aux bords effondrés rendant l'ensemble assez fragile ou de véritables petites collines créées par la poussée des laves en fusion (Photo 27). Les zigzags continuent jusqu'au Formica Léo où on retrouve la civilisation avec de très nombreux marcheurs qui escaladent le pauvre petit piton qui s'use doucement à cause des centaines de passages quotidiens. On atteint la grille du Pas de Bellecombe par un dernier effort de très courte durée. Le reste de la boucle redevient une véritable balade comme en début de boucle.

Balises


Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Bourg Murat par la RN3 et bifurquer à la Maison du Volcan pour se diriger vers le Piton de la Fournaise - Franchir le Pas des Sables et débuter sur la piste - Stationner après le Piton Chisny sur le Parking du Piton de Bert et du Nez Coupé du Tremblet - Rejoindre le Piton de Bert - Descendre le Piton jusqu'à l'Enclos Fouqué - Longer le rempart jusqu'au Formica Leo - Remonter jusqu'au Pas de Bellecombe puis à son parking avant de poursuivre vers le Piton Chisny pour retrouver le véhicule.

L'arc blanc ou arc-en-ciel blanc

Superbe phénomène aperçu un peu avant le Piton Rouge au lever du soleil. En montagne, il est possible de voir cet arc blanc. L'arc se forme de la même façon qu'un arc-en-ciel classique. La source de lumière derrière l'observateur éclaire la brume ou le brouillard et la lumière effectue une réfraction en passant de l'air dans les gouttes, suivi d'une diffraction partielle, puis une réflexion interne et une nouvelle réfraction en sortant des gouttes avant d'atteindre l'observateur. La lumière est très peu décomposée en différentes couleurs parce que les gouttelettes font moins de 0,05 mm de diamètre, ce qui donne cet aspect blanc.Un arc blanc est presque aussi grand qu'un arc-en-ciel et beaucoup plus large. Le Soleil ne doit pas être à plus de 30 - 40° de hauteur sur l'horizon à moins que son visionneur ne soit sur une colline et donc que la brume et l'arc puissent être vus d'en haut.
Source : Wikipedia


Commentaires sur cette randonnée (3)

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Martial, 17/09/2018 09:24
Randonnée complétée le 11/09/2018 en 7h00

Sortie que je vais classer parmi mes favorites, exceptionnelle et inattendue cette descente dans l'enclos par le rein du piton de Bois Vert (Bert). Une belle traversée des différentes coulées, dont celle de 2005 encore fumante. La boucle commence tranquille et se poursuit beaucoup plus sportivement. Nous avons bien trouvé le fil d'ariane de la photo 25, il nous permet de traverser la zone de grattons sans encombre. Photos jointes

Christian Léautier, 12/09/2018 14:32
Randonnée complétée le 11/09/2018 en 7h00

Nou la fé ! et fiers de l'avoir fait... D'abord une douce promenade-marmailles jusqu'au Piton de Bert (1h25) puis le plat de résistance où la préparation psychologique sur plusieurs jours a été essentielle ! un abrupt vertigineux qu'il va bien falloir descendre!! Je regarde en bas et je me dis qu'il n'est pourtant pas possible de reculer !!! (3 points d'exclamation) Les premiers de cordée (c'est bien le cas de le dire!!) sont Martial et François qui installent une première corde au tronc d'un branle calciné et rabougri) et en avant! puis plein de belles cordes déjà installées qui rassurent -eh oui!- pour terminer la descente en 1h30. Ensuite, l'Enclos Fouqué :plaques instables et fumantes des coulées de 2015, grattons acérés qu'il va falloir parcourir jusqu'au Pas de Bellecombe mais la fameuse préparation psychologique a de nouveau bien fonctionné :régal pour des photos inédites en restant bien prudent (2h50) La remontée au Pas de Bellecombe se fait presque en courant pour mes "dalons"...alors que j'accuse le coup et le retour par la piste est alors une aimable plaisanterie. 7h01 pour le total , et si on enlève les pauses photos et les pauses casse croûte au milieu de ces immensités de lave -40 mn, on atteint 6h18 d'efforts. Tiens, c'est pile poil ce qui est indiqué sur le site-bon, vous avez compris que je triche un tout petit peu, mais si peu- Rando inoubliable, pour moi et je crois que je ne suis pas le seul une des plus belles, du moins pour cette année 2018.Grand merci à Martial de son invitation quand il a su que j'en avais tant envie pour cette rando atypique, pas pour tout le monde, est ce besoin de le préciser. Oui, nou la fé....et quel bonheur pendant ...et après.

Christian Léautier, 07/09/2018 13:02
Randonnée complétée le 11/09/2018 en 7h00

Avant de tester cette nouvelle et belle aventure, questions! Les passages de cordes me posent toujours quelques soucis et c'est pas là où je suis le plus à l'aise-contrairement aux échelles-je suppose que ces cordes sont fiables (sinon vous l'auriez dit); à certains endroits est on suspendu dans le vide ou les pieds touchent-ils toujours à terre? longueur approximative des cordes? tout ça me fait hésiter, et ne vaut il pas mieux faire la rando dans l'autre sens pour monter l'arête au lieu de la descendre? Merci JPG :J'attends ton feu vert (ou rouge!) pour me lancer ou pas...et tes remarques qui pourraient servir à d'autres aventuriers un peu fous. Quoiqu'il en soit, étonnantes ces cordes et ce passage?

Randonnée ajoutée le : 31/08/2018