Du Morne Langevin au Puy du Pas des Sables par la Caverne de Cotte

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 4h30
Distance 13.8 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2437 - 2261 m
Dénivelé positif 280 m
Dernière mise à jour 15/04/2020

Trois grottes, une arche et un dolmen

Voici un nouveau hors sentier pour visiter les alentours du Morne Langevin jusqu'au Piton Rouge des Remparts. La sortie du Morne Langevin permet de suivre un agréable sentier au nord pour rejoindre le point de Vue sur le Sud et la vallée de Grand Pays. Un autre sentier traverse le morne du Sud au Nord pour rejoindre la Caverne de Cotte. Mais ce sentier est fermé officiellement par arrêté et n'est plus emprunté depuis longtemps. C'est dommage car les paysages traversés sont très agréables ; l'éboulis de Mahavel a laissé de grosses séquelles et le sentier qui borde la falaise emportée passe près de fissures importantes donnant à penser que des roches continueront à tomber 1300 mètres plus bas. Comme il a déjà été maintes fois écrit sur ces pages, cette fiche n'est en rien une incitation à parcourir l'itinéraire proposé et chacun prendra ses responsabilités. L'ancien sentier est encore bien visible, le hors sentier est sans danger et les paysages traversés comportent peu de végétation. La meilleure solution pour éviter tout danger près de l'éboulis est d'en contourner les bords en s'éloignant d'une cinquantaine de mètres dans les terres. Passé cet écueil, ce sera un vrai plaisir de fouler des terres où même les braconniers ne viennent pas puisque aucun gibier ne vit à ces altitudes, excepté quelques lièvres. Il faut s'abstenir de grimper le Piton Rouge des Remparts en venant de cette direction en raison des grandes plaques tombées au sol qui rendraient l'escalade dangereuse. Le Puy du Pas des Sables n'a pas toujours de l'eau sinon les photos prises du haut du petit piton seraient plus attrayantes.

La randonnée débute au Pas des Sables où un parking attend les visiteurs qui s'empressent de monter au petit belvédère afin de photographier la Plaine des Sables sous toutes ses coutures. Ne pas hésiter à s'y rendre, mieux, emprunter sur moins de 100 m le sentier de l'Oratoire Ste-Thérèse pour une vue d'ensemble beaucoup plus profonde. Partir calmement sur les plaques de lave puis sur le sentier de bord qui chemine, tantôt sur des petits lapillis glissants ou sur des cailloux de lave (Photo 1). Certains arbres morts créent déjà de belles natures mortes (Photo 2). On domine la Plaine des Sables pour une bonne heure et on se régale déjà de la vue du Chisny qui cache à peine le Piton de la Fournaise (Photo 3). Le sentier ne s'éloigne jamais de plus de 30 mètres du bord. Dans l'ensemble, les obstacles et les hautes marches sont rares et la randonnée est agréable, surtout que la pente est insignifiante. La végétation est la plus haute de toute celle qu'on traversera au long de la matinée. Elle est constituée presque exclusivement de branles, petits tamarins des hauts, ambavilles et fleurs jaunes (Photo 4). Au pied du morne, commence le grand cassé minéral créé par une coulée spectaculaire qui s'est figée jusqu'à la prochaine éruption (Photo 5). En cherchant bien, on devine le sentier qui redescend vers Grand Pays et Grand Galet. Ne pas manquer l'arche naturelle et la première grotte à gauche du sentier avant d'arriver à la grande grotte, marquée sur la carte d'un point noir, pouvant abriter plusieurs personnes (Photo 7). Plus loin, le sentier commence à descendre en direction des antennes qu'on aperçoit au loin. Au point de vue, les paysages sont impressionnants vers Grand Pays, Grand Coude, Grand Galet et la côte (Photo 9). La première partie, la plus facile est terminée.
Commence alors une traversée du Morne du sud au nord sur un ancien sentier assez facile à suivre (voir § ci-dessous). La descente débute au poteau de l'ONF à 50 mètres du point de vue. Le sentier, un peu abrupt est encore en très bon état (Photo 10). Profiter des magnifiques nouveaux points de vue sur le Piton des Neiges à l'horizon (Photo 11) ou vers le Sud et la Rivière des Remparts qu'on domine (Photo 12). Attention, à mi-parcours, il faut obliquer à droite alors que des traces et des vieilles rubalises indiquent des passages pour se rendre à Grand Coude. Le terrain, peu végétalisé par endroits est très rocheux (Photo 13). Débuter sur l'ancien sentier repérable aux premières taches grises (Photo 14). Revenir sur ses pas si, au bout de 20 mètres, on n'a pas vu de balise au sol pour reprendre à la dernière trace de peinture. Au grand éboulis, entouré de failles et dangereux, s'éloigner du bord en traversant la végétation sur 2 ou 300 mètres afin de gagner en sécurité et en sérénité. Pour une fois, en voyant les dégâts (Photo 15), on comprend la raison de la fermeture du sentier. On est tellement habitué à marcher sur des sentiers fermés officiellement et sur lesquels on ne repère rien le justifiant, qu'on est un peu honteux d'enfreindre la règle. Plus loin, le sentier devient moins dangereux quoique proche du vide. On peut ainsi jeter un coup d'œil sur le fond de la vallée jusqu'à la cascade de Mahavel et tenter d'imaginer un pan de falaise de plusieurs millions de tonnes descendre ces centaines de mètres. Poursuivre sur le sentier qui fait un virage à angle droit vers la droite et rejoint, 250 mètres plus loin, le sentier vers la Caverne de Cotte. Peu de difficulté pour trouver cette grande cavité ombragée qui peut contenir une dizaine de personnes sans problème (Photo 16). La deuxième partie de la boucle, sur sentier oublié prend fin à la caverne. Il est temps de rentrer pour ceux qui n'aiment pas le hors sentier, même sans danger.
C'est le début du hors sentier, qui, paradoxalement, va s'avérer le plus agréable de la boucle. La végétation est parfois rabougrie (Photo 18), parfois inexistante et rarement touffue (Photo 19). Comme toujours dans ce type de marche, prendre au hasard du sol en se fixant des objectifs visuels. Ici, c'est le Piton Rouge des Remparts qui sert de repère et de cible. La trace ci-dessous semble zigzaguer dans plusieurs directions. Elle reflète simplement les dizaines de petits détours pour éviter des plantes. En suivant à la lettre cette trace, testée pour l'occasion, on est certain de revenir au véhicule sans une égratignure, donc en préservant les plantes. Le rempart qui domine le Piton de Colignet et le Bras Caron n'est pas dangereux et offre de magnifiques points de vue sur la vallée (Photo 17). On peut donc le frôler sans danger. Prendre son temps à la traversée de la Ravine Germeuil pour la visiter et dénicher des petites merveilles de la nature rarement observées ailleurs comme ce dolmen naturel (Photo 20) ou ces plaques empilées dans le fond. Il faut faire un détour par la droite pour descendre dans le lit mais il permet de se balader dans des zones totalement vierges (Photo 21). A partir du dolmen, filer tout droit vers le Piton Rouge des Remparts (Photo 22). La végétation grandit un peu mais les espaces vides sont toujours là. Au pied du piton, remarquer cet empilement de larges plaques tombées au cours des siècles (Photo 23) et ne pas chercher à remonter vers le sommet. On serait de toute façon bloqué au rempart infranchissable. Contourner le piton et viser désormais le Puy du Pas des Sables qui sert de nouvelle cible même s'il dépasse peu de la végétation (Photo 24). On peut passer n'importe où en évitant les branches. Des vieilles bombes volcaniques gisent parfois au sol (Photo 25). L'escalade s'effectue en deux étapes et on arrive au sommet en moins de 20 minutes pour apercevoir la route forestière et les véhicules allant au Pas de Bellecombe. S'il y a de l'eau dans le cratère, c'est mieux mais en son absence, le spectacle est aussi agréable (Photo 27). Faire le tour par la droite et rejoindre le Pas des sables en cherchant le meilleur passage dans le même type de végétation que précédemment.

Profil

Plan de l'itinéraire

Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Bourg Murat et rouler jusqu'au Pas des Sables par la Route Forestière du Volcan - Se garer au Pas des Sables et utiliser la totalité du sentier du Morne Langevin - Au point de vue, descendre par l'ancien sentier et obliquer à droite pour rejoindre la Caverne de Cotte - A la caverne, partir en suivant le rempart jusqu'au Piton Rouge des Remparts - Obliquer en direction du Puy du Pas des Sables et grimper au sommet pour observer le cratère - Redescendre plein sud et rejoindre le parking du Pas des Sables.

Suivre le sentier oublié du Morne

Ce sentier, encore marqué sur la carte d'un très discret trait noir, se suit sans problème si on en trouve le départ et qu'on repère les balises régulièrement espacées. A l'époque, ce magnifique sentier comportait des centaines de tâches de peinture blanche pour éviter de s'égarer par temps de brouillard. Recouvertes de peinture noire à l'édition du premier arrêté de fermeture, les balises étaient censées avoir disparu. Seulement, la peinture noire employée, de moins bonne qualité que la blanche, a été détruite par les UV et les balises grises qui demeurent sont presque aussi faciles à suivre que sur n'importe quel sentier officiel. Le plus délicat est donc de trouver la première tâche grise à mi-parcours de la descente. Une fois cette vieille balise repérée, il suffit de marcher les yeux au sol et on arrive à l'éboulis sans hésitation. Plus loin, après l'éboulis, elles sont plus rares mais des cairns ont été régulièrement élevés, même si certains sont discrets.