Du Volcan aux citernes de Sainte-Rose par le Cassé de la Rivière de l'Est

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h
Distance 15.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2246 - 836 m
Dénivelé positif 100 m
Dernière mise à jour 08/10/2017

Une personne avertie en vaut deux : il y a beaucoup de boue !

Fermé depuis plusieurs années, le Sentier des Citernes a subi un ravalement qui lui a fait beaucoup de bien et permet désormais d'envisager de partir de Sainte-Rose ou de Piton Sainte-Rose pour remonter au Gîte du Volcan en une seule étape, sportive et toute en montée. Mais les 2400 mètres de cette grimpette, remplie de gadoue sur la majeure partie de son tracé ne s'adresse qu'à un public supportant les cures thermales gratuites. La boue peut décourager (voir § ci-dessous) mais le trajet vaut vraiment le déplacement pour plusieurs raisons : panoramas splendides sur la Plaine du Fond de la Rivière de l'Est, traversée de la Savane Biberon, impressionnant cassé de la Rivière, curiosité de la zone marécageuse des Mares, forêts de tamarins et de branles mélangés, forêt de bois de couleurs, vues sur le fond de la vallée de la Rivière de l'Est et les installations du barrage de récupération des eaux. Le sentier étroit comporte désormais des centaines de marches rapprochées facilitant grandement le cheminement. L'avertissement précisant qu'il faut prendre garde au passage des ravines est souvent justifié. Quand on n'est pas dans la boue jusqu'aux chevilles, on marche sur d'anciennes laves très glissantes par temps humide. L'humidité est omniprésente dans cette région de l'Est continuellement arrosée tout au long de l'année. Si on pense que la boue mettra 3 mois à sécher, autant ne jamais y aller car il ne se passage jamais 3 mois sans pluie. Une chose est également certaine ici, c'est de rencontrer du brouillard qui remonte la rivière de l'Est et bouche très vite les impressionnants panoramas de la Rivière de l'Est.

La randonnée débute à l'arrière du parking du Gîte du Volcan et emprunte les rampes Liot pour rattraper le sentier, plus bas. Profiter du panorama au cas où le brouillard arriverait plus vite que souhaité. La piste caillouteuse ou bétonnée par endroits descend par de longs lacets bordés de brandes, d'ambavilles et de fleurs jaunes. Cette piste, peu utilisée par les véhicules, se couvre par endroits d'une fine couche d'herbe (Photo 1). Certains raccourcis évitent de prendre les lacets (voir cette randonnée pour les explications). C'est à la fin de la descente de la Rampe Liot que l'on rencontre des tamarins parmi les plus beaux de l'île. La forêt a remplacé les brandes et on marche à l'ombre des tamarins, bois de couleurs ou grandes fougères arborescentes. Après une série de ravines, de lacets, de longs détours, de petites montées ou descentes, de zones boueuses, de troncs demi-couchés créant des arches, d'une passerelle en bois, d'une échelle pour passer une clôture, on arrive dans la zone d'élevage de la Savane Cimetière en longeant la Ravine éponyme. Le fond est creusé de toute part, couvert par endroits d'herbe courte du plus bel effet. Le sol est presque plat dans les prairies bordées de clôtures. On passe au plus près du Camp Marcelin, une bâtisse en pierre et tôle qui ne sert plus beaucoup. Une pancarte sur la façade explique la vie de Marcelin Payet qui fut le premier à vivre dans cette plaine oubliée en 1940 avec quelques centaines de moutons. Dans les prés, quelques tamarins de bonne taille poussent un peu partout. Le sentier est agréable, couvert d'herbe excepté quelques courtes portions très humides ou boueuses où il faut chercher le caillou pour poser le pied. Dans d'autres secteurs ce sont des plaques de lave moussues sur lesquelles il faut marcher. Des piquets plantés au sol indiquent le meilleur passage dans ces zones marécageuses. Plus loin on s'approche de la Ravine Savane Cimetière au sol constitué de larges plaques de lave trouées, glissantes, couvertes de gros cailloux que le courant n'a pas expédié dans la vallée de la Rivière de l'Est. Quand il y a de l'eau, elle se jette dans le précipice, change de nom et devient le temps d'un plongée de 500 m la Rivière de l'Est. Ce cassé est un des plus vertigineux de la Réunion (Photo 6) et il vaut mieux ne pas glisser ou tenter de passer la barrière de protection en bois au belvédère. C'est pourtant de l'endroit ou l'eau se jette dans le vide qu'on peut admirer les plus beaux panoramas sur la Rivière mais les roches glissantes rendent l'exercice périlleux. Un abri, vandalisé comme tant d'autres, donne la possibilité de se sécher ou se restaurer avant d'attaquer la deuxième partie qu'on n'est pas prêt d'oublier. Une pancarte prévoit de retrouver les citernes dans 4h30 mais il en faudra beaucoup moins. On franchit donc la Ravine Savane Cimetière pour se retrouver en sous-bois de branles ou tamarins sur un sentier raviné et bordé de joncs qui se termine à une échelle de franchissement de clôture (Photo 7). On est aussitôt averti qu'on pénètre dans les marécages de Mares où les sphaignes sont protégées. De loin, le sentier semble splendide car les petits joncs cachent la boue. Dès les premiers pas, on commence à s'enfoncer dans un sol spongieux gorgé d'eau et de boue. Inutile de chercher à l'éviter, c'est impossible. De hauts piquets marqués de blanc évitent de se perdre en cas de brouillard. La végétation dépasse très rarement le mètre de hauteur. L'excès d'eau et la pauvreté du sol y sont pour beaucoup. La deuxième pancarte marque la fin du marécage mais pas de la boue. Le sentier descend de plus en plus dans une belle forêt de bois de couleurs. Il passe parfois entre de vieux arbres, des rochers, des tunnels de végétation. De nombreuses espèces d'orchidées envahissent le sol ou les arbres. Les pinpins des Hauts (pandanus) sont innombrables. La descente est très rapide car le sol, fort pentu, est constitué de marches qui permettent de vertigineuses plongées dans les sous-bois et vers les ravines. Avant de bifurquer sur la droite et quitter le rempart, ne pas manquer le splendide point de vue sur le fond de vallée où coulent une dizaine de belles cascades. On remarque les installations de pompage de l'usine électrique et plus bas une haute grue, à la fin des tunnels souterrains. Inutile de chercher dans le rempart opposé les traces d'un sentier car la pente ne le permettrait pas. On poursuit sur les hautes marches avant d'arriver à une ravine dangereuse qu'on traverse en suivant les balises blanches en en marchant sur les emplacements taillés dans le basalte à la meuleuse d'angle. La végétation, très vite, est essentiellement constituée de brandes et millions de tiges de sabres. Le sentier est large et les traces bétonnées laissent à penser qu'on chemine sur une ancienne piste. On passe d'ailleurs au plus près d'une bâtisse en ruine ; même la porte ouverte ne permet pas de visiter le bâtiment à cause de l'envahissement des sabres. Quand cette piste de lave se transforme petit à petit en sentier herbeux, on sait que les difficultés vont définitivement prendre fin. Une belle pancarte de l'ONF indique en effet le début du sentier qui se trouve à moins de 10 mètres de la route des citernes. C'est ici qu'il a fallu penser à mettre un véhicule car la descente vers Sainte-Rose est facile mais encore assez longue et aucun bus ne passe par la route des Radiers, plus bas.

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre au Gîte du Volcan - Laisser le véhicule et commencer la descente sur la Rampe Liot jusqu'à la forêt de bois de couleurs et de tamarins - Traverser les prairies puis la Savane Cimetière jusqu'au Cassé de la Rivière de l'Est - Remonter légèrement sur le sentier pour prendre le sentier vers les hauts de Sainte-Rose en direction des Citernes - Traverser une zone couvertes de tamarins et branles avant d'arriver dans les marécages des Mares - Poursuivre par une longue descente sur un sentier refait de hautes marches en bois et retrouver la route des Citernes, fin de la descente.

Les réservoirs

Afin d'alimenter l'usine hydroélectrique de Sainte Rose, quatre citernes d'une capacité 25 000 m3 chacune, ont été construites dans les hauts de la Ville, à 830 m d'altitude. Elles sont alimentées par l'eau de la Rivière de l'Est, captée depuis 1980 à 850 m d'altitude à la prise des orgues (8 m3/s). Une première galerie de 4500 m transporte cette eau jusqu'aux quatre réservoirs. Une fois stockée, l'eau est acheminée à l'usine par un tunnel de 4500 m de long pour un dénivelé de 800 m. C'est à près de 400 km/h que l'eau arrive sur les turbines chargées de fabriquer du courant électrique.

La boue

La boue est présente du gîte du Volcan jusqu'aux Réservoirs. On en trouve un peu dans la descente après avoir passé la Rampe Liot. Une partie de la Savane Cimetière est parfois humide, voire mouillée. Mais ces deux tronçons sont supportables. A partir de la Ravine de la Savane Cimetière qui se jette dans le vide, les choses deviennent sérieuses, ... très sérieuses. On ne doit pas quitter le sentier des Mares (interdit) mais ce ne serait que pour déplacer le problème car les marécages couvrent la presque totalité du plateau. On peut s'y enfoncer sans effort de 60 cm (vignette) et on guette les ravines comportant de l'eau pour rincer au mieux les chaussures remplies d'une horrible boue noire très collante. Ce n'est guère mieux dans la descente malgré les travaux, les marches et les planches installées pour dévier l'eau vers le ravin. Prévoir des chaussures de rechange dans le coffre de la voiture qui attend aux citernes.

Le film de Martial

Film tourné par Martial Bertrix pour une boucle de 32 km intégrant, à l'aller, le Fond de la Rivière de l'Est regagné à partir du Nez Coupé de Ste-Rose. Toujours autant de boue sur le circuit.


Commentaires sur cette randonnée (4)

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Sophie M, 08/10/2017 01:37
Randonnée complétée

Nous avions fait ce parcours il y a deux ans, et avions trouvé un sentier relativement drainé par rapport à ce qui était annoncé (premières flaques au marécage, ravines sèches). Hier, ce fut une autre histoire ! La première partie jusqu’au Cassé est quand même bien sèche, mais dès qu’on passe la ravine, on patauge. Sous le soleil, ce n'est pas si terrible, c'est tellement beau autour qu'on oublie la galère. Dès qu'un nuage surgit, on sent la différence, il peut vite faire froid. La zone des Mares, ce n’est qu’une flaque géante, où il n’est pas rare de s’enfoncer jusqu’aux genoux ! Bien lacer ses chaussures sinon on risque de les laisser sur place ! Ensuite, le sentier est gorgé d’eau et suinte jusqu’à la fin, les ravines sont bien moussues et glissantes, la boue très liquide est omniprésente et traîtresse, et la végétation commence à reprendre le dessus. Mais tout cela n’est rien quand on découvre les fabuleux panoramas qui émaillent le parcours, depuis le Cassé jusqu’à la vue sur la côte, en passant par le rempart d’en face ou le fond de la rivière avec ses cascades. C’est à faire au moins une fois, voire deux !!

Mickaël Hoareau, 16/11/2016 10:40
Randonnée complétée le 13/11/2016 en 7h00

Sentier parcouru dans le sens descendant le 13/11/2016 après une nuit très humide sur la zone. Beaucoup d'hésitation avant de s'y lancer. Le cure de boue était de toute façon obligatoire (elle l'est même par temps sec, alors par temps humide ....). Nous nous sommes pris de nouvelles averses (faibles à modérées) pendant 1h à l'approche du Cassé de la Rivière de l'Est et sur la moitié de la zone des Mares. Je m'attendais donc à faire demi-tour lors du passage de certaines ravines. Il n'en a a rien été, mais la trentaine ou quarantaine de petites ravines traversée étaient toutes en eau (ruisseaux) mais jamais dangereuses. Je craignais pour la ravine dangereuse mais finalement, il n'y avait quasiment pas d'eau, juste de quoi rentre le paysage magnifique avec le retour du soleil. Mise en garde cependant : avec très peu de pluie et dans une période assez sèche (novembre), entre 20 et 30 mm de flotte ont suffit à faire couler toutes ces ravines, quelques mm de flotte en plus et c'est clairement infranchissable.

BOUYER Nelly, 22/03/2016 17:56
Randonnée complétée le 20/03/2016 en 8h00

Un aller/retour des 3 citernes au cassé de la rivière de l'Est. Montée tranquille en prenant des photos 4h30 et retour 3h30. Rien à rajouter, la description ci-dessous est identique à ce que nous avons rencontré. Et ... cure de boue ! une bonne partie de la randonnée. Magnifique du début à la fin.

Alizon, 01/02/2016 10:58
Randonnée complétée

Partis de Bourg Murat la veille, jusqu'au Gite du Volcan (6h de rando), et encore de l'énergie, nous sommes descendus jusqu'au Cassé de la Rivière de l'Est. La descente est agréable, très belle. Nous avons bivouaqué au Cassé. Le lendemain, c'est une autre affaire pour descendre jusqu'aux citernes ! Là, c'est de la boue et... de la boue ! Dans les marais c'est drôle (si on a de bonnes chaussures), puis quand on entame la descente à la fin des remparts, c'est assez interminable et très glissant ! Mais bon, c'est l'aventure ! La végétation est magnifique. Par contre l'arrivée aux Citernes, quand on n'a pas de voiture et qu'on a déjà 13h de rando dans les pattes, les virages sont longs longs longs et la descente fait mal aux cuisses ! Cependant, défis relevé ! Le sourire aux lèvres au top ! Je conseille aux courageux qui auraient 3 jours de rando à faire, de bonnes chaussures (et crème solaire) de faire ce qu'on a fait : Bourg Murat - Gite Volcan - Sainte Rose - Anse des Cascades (et vous pouvez encore continuer). Ça permet de voir un peu tout de la Réunion : Plaines avec ses vaches, laves et paysages désertiques, forêt de Tamarins, forêt vierge avec ses fougères arborescentes, puis le littoral magnifique avec ses vagues qui viennent claquer les anciennes laves et les vacoas partout.

Randonnée ajoutée le : 14/02/2015