De l'Eden au Coteau Monique par la Forêt des Lianes

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 7h
Distance 14.2 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1579 - 748 m
Dénivelé positif 1200 m
Dernière mise à jour 08/01/2021

Les paysages feront oublier la boue

Ce circuit fait l'objet, à quelques variantes près, d'une fiche qui décrit l'aller retour entre la Cascade du Chien et le Gîte de Bélouve. La longue randonnée pouvait s'effectuer en marche sportive en 12 heures il y a encore 5 ans malgré les 11 heures prévues par l'ONF pour l'aller simple. Le circuit était différent, surtout de l'Eden au Captage du Bras Piton (Photo 6) sur un sentier qui passait plus au nord de celui-ci. La végétation, la boue et de nombreuses difficultés supplémentaires ralentissent désormais la marche et rendent impossible l'aller-retour aux randonneurs mal entraînés. La fiche reste sur le site pour renseigner les grands sportifs qui tenteraient néanmoins l'aventure.

Effectuée en aller simple, quel que soit le sens, cette randonnée difficile mais surmontable, laissera de très bons souvenirs, tant pour la végétation rencontrée que pour les points de vue sur le Trou de Fer et sur le Cirque de Salazie parmi les plus beaux de l'île (Voir § ci-dessous) ainsi que d'autres curiosités dont la remontée d'une ravine qui sert de sentier. Il faut s'attendre à rencontrer de très longues portions de boue même en saison sèche car cette région ignore simplement ce qu'est une saison sèche ! La mousse est omniprésente tout au long du trajet et peut donner l'occasion de superbes clichés naturalistes. Les branles verts ont atteint ici des records de taille et leurs racines enchevêtrées et couvertes de mousse peuvent représenter des pièges pour les chevilles par manque d'attention. La descente du rempart est également une des plus pentues de la région (Voir graphique au km 8). Cette courte mais très raide descente est facilités par de longues échelles très pratiques. Des échelles à la Ravine Mazerin, le sentier emprunte le fond d'une ravine à sec qui se jette plus bas dans le Trou de Fer. Enfin, la dernière portion sera presque une partie de plaisir sur des planches de tamarins et des sentiers rectilignes bordés par la forêt primaire de Bélouve qui souffre de plus en plus de l'envahissement de pestes végétales.
Une randonnée qui ne s'adresse pas à tous les randonneurs mais qui peut encourager certains à se lancer dans un semblant d'aventure avec la garantie de beaux paysages à la clé. Le plus difficile à organiser sera de prévoir deux véhicules aux deux extrémités. Une astuce : prévoir une bonne heure de plus et descendre à Hell Bourg en arrivant au Gîte de Bélouve ; il est aussi facile d'y dormir mais surtout d'y déposer un véhicule sans avoir à effectuer ce long détour par la Plaine des Palmistes.

La randonnée débute à l'Eden où se trouve un grand parking près des premiers kiosques en début de sentier. On rencontre tout d'abord cette pancarte de l'ONF qui prévoit 11 heures pour le trajet, sans doute pour décourager de partir trop tard, surtout que les deux abris ont totalement disparu (Photo 1). Même en marchant à reculons, on peut arriver à parcourir le trajet en moins de 11 heures ! Le chemin est tout d'abord très large et agréable mais cela ne dure pas. Il se rétrécit et devient encombré de goyaviers, de fougères et de sabres qui sont assez désagréables par temps de pluie. Les plaques de boue arrivent immédiatement et on se demande s'il est nécessaire de les éviter puisqu'il y en aura presque jusqu'à l'arrivée (Photo 2). Les vacoas des hauts (pimpins) sont de plus en plus nombreux et la mousse recouvre tout (Photo 3). Les gués sont plus ou moins faciles à passer sans se mouiller les pieds mais c'est un vrai plaisir de se mouiller d'eau claire après avoir marché de longues distances sur des zones boueuses (Photo 4), ne serait-ce que pour nettoyer les chaussures. Lorsque le sol est moins boueux, c'est que le sentier monte, glisse et se couvre de végétation (Photo 5). Le trajet alterne les petites montées et les courtes descentes pour passer des ravines plus ou moins importantes. La montée devient plus forte à partir du barrage sur le Bras Piton. Cette étendue d'eau, qui ne se prête pas à la baignade, est un captage dont on aperçoit les installations si on cherche l'ancien sentier qui arrivait à cet endroit. L'eau, pourtant très claire, apparaît noire en raison de la couleur sombre du fond (Photo 6). Plus loin, deux vieilles tôles recouvertes de végétation marquent l'emplacement de ce qui fut un modeste abri. 250 mètres après, le sentier fait un angle droit mais une large sente file tout droit vers le Pic des Lianes ; il ne faut pas la prendre pour éviter de perdre du temps à rebrousser chemin. La concentration de fougères arborescentes est importante, signe d'une région humide (Photo 7). La montée devient alors régulière et sans grandes difficultés vers le premier point de vue sur le Trou de Fer. Ces points de vue sont rares en raison de l'importance de la végétation (Photo 10). Toute la région est inextricable tant les arbres sont nombreux et serrés les uns aux autres (Photo 13). On remonte lentement mais sûrement vers le rempart du Trou de Fer en profitant de beaux points de vue sur le Morne et le Pic des Lianes (Photo 15). Les branles tortueux sont de plus en plus nombreux et on parvient enfin au bord du précipice. On est d'abord frappé par le paysage vers Salazie et le Gros Morne qui domine la forêt de Bélouve (Photo 16). Même si on est pressé de rejoindre le Coteau Monique, il faut absolument effectuer une longue halte pour admirer ce sublime panorama qui débute dans la Forêt de Bélouve et se termine vers le Petit et le Grand Plate en embrassant l'ensemble du Cirque de Salazie. On voit déjà très bien le Trou de Fer qu'on admirera plus en détail moins d'un km plus loin (Photo 17). Reprendre la direction de l'emplacement du deuxième abri qui a également totalement disparu. Le sol est plus qu'ailleurs recouvert de mousse qui cache les racines des gros branles verts (Photo 21). Le sentier est parfois très étroit, caché par les mousses et les sphaignes (Photo 22). On peut effectuer un court aller-retour vers l'ancien abri, ne serait-ce que pour trouver un coin plus plat pour se restaurer. Une vertigineuse descente débute alors et il ne faut pas hésiter à poser les mains sur les racines pour ralentir la progression. Les échelles facilitent grandement certains passages. Comme à Takamaka, certaines se touchent pour éviter de toucher aux rochers moussus (Photo 23). On peut également profiter des derniers panoramas sur la forêt de Bélouve ou le Trou de Fer (Photo 25). La descente se termine dans le lit d'une petite ravine très moussue (Photo 26). Cette partie peut dérouter car on cherche des yeux un véritable sentier qui n'existe pas. Il ne faut pas réfléchir et remonter cette ravine en prenant garde toutefois aux glissades possibles sur la mousse (Photo 27). On arrive plus loin à la Ravine Mazerin au fond encombré de roches aussi glissantes par temps humide. La traversée sur les gros blocs est aisée mais il faut marcher une cinquantaine de mètres pour retrouver à gauche le sentier qui rejoint celui de l'Ecole Normale en traversant quelques plantations de cryptomerias. Les ennuis sont terminés à partir du prochain croisement ; la boue, s'il y en a, est sous le long plancher grillagé qui serpente dans la forêt primaire de Bélouve (Photo 28). Certaines portions pourries demandent plus d'(attention mais on gagne du temps par rapport à la boue. Après quelques montées et descentes et un passage au plus près de la Grande Mare, le sentier de bois grillagé prend fin à la route de Bélouve, à deux pas du parking du Coteau Monique, fin de cette longue épopée qui peut prendre jusqu'à 9 heures pour les non initiés ou les randonneurs voulant à tout prix ne pas salir les chaussures.

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Saint-André puis à la Rivière du Mât et prendre la direction de l'Eden et de la Cascade du Chien - Passer la cascade et rouler jusqu'aux kiosques et au parking situés au début du sentier - Débuter la randonnée par le large chemin qui se rétrécit petit à petit - Rejoindre le barrage sur le Bras Piton et poursuivre en direction du Trou de Fer en longeant le Morne du Bras des Lianes puis le Pic des Lianes - Parvenir au point de vue et longer le rempart vers Bélouve - Descendre le rempart (nombreuses échelles) pour rejoindre un affluent de la Ravine Mazerin qui sert de sentier sur près d'un kilomètre - Traverser la Ravine Mazerin puis se diriger sous les cryptomerias en direction du Sentier de l'Ecole Normale - Obliquer à gauche sur le sentier de planches de tamarin en direction du Coteau Monique en passant au plus près de la Grande Mare - Terminer, toujours sur les planches en montant à la route de Bélouve puis au parking, situé peu après la barrière.

Randonnée ajoutée le : 01/07/2013