La montée au Piton des Calumets depuis l'école de Grand Place

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Danger
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h30
Distance 9.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1606 - 665 m
Dénivelé positif 1050 m
Dernière mise à jour 01/06/2021

Du haut de cette pyramide ...

La pyramide du Piton des Calumets est vraiment impressionnante vue de Grand Place ou de la Canalisation des Orangers. Il ressemble à un triangle isocèle parfait mais très pointu. On se demande comment on peut bien faire pour en atteindre le sommet sans être un alpiniste chevronné mais seulement un randonneur. La réponse est simple : il y a une face qui est moins abrupte que les autres et il suffit de l'escalader pour arriver au sommet. ATTENTION : ce n'est pas parce que cette face est moins abrupte qu'il faut se précipiter pour la grimper. Cette sortie sort un peu du cadre de la randonnée sans pour cela atteindre celui de l'escalade. Il n'est pas seulement recommandé d'effectuer la sortie avec un guide mais cela est en plus vivement conseillé. Le guide ne pourra rien pour la montée tellement étroite qu'on ne peut marcher de front. En revanche il pourra sécuriser certains passages étroits ou trop près du vide. Son rôle sera également de trouver le bon sentier d'approche car les sentiers de récolte des goyaviers ou les grillages installés partout pour canaliser les animaux à l'époque de l'élevage de cerfs de Java, on a vite fait de se perdre dans la végétation très dense du Plateau des Calumets. Une fois franchis quelques passages avec cordes et trouvé le bon sentier qui monte, on se retrouve au col avant d'effectuer une montée hors du commun donnant des panoramas à couper le souffle. Ne pas hésiter à se saouler de ces paysages car l'effort ne pourra pas être reproduit chaque week-end sans fatigue.

La randonnée débute ici à Grand Place sans prévoir de moyen d'y arriver. Le mieux est d'y venir la veille en partant du Maïdo, de Deux Bras ou du Col des Bœufs par le sentier Scout et de profiter d'un des gîtes, car effectuer la distance jusqu'à Grand Place ainsi que la montée au Calumet serait trop difficile dans une journée. Quel que soit le gîte choisi à Grand Place, le trajet tout en montée jusqu'au départ du sentier situé à deux pas du col et du point de vue vers la Roche Ancrée est assez facile et permet de bien s'échauffer. La montée est agréable et jamais difficile au milieu des habitations clairsemées et des petits champs. On a sous les yeux le piton qui semble une véritable pointe (Photo 1). En se retournant, c'est tout Grand Place et les pitons qui l'entourent qui s'offrent en paysage. C'est déjà impressionnant mais rien comparé à ce qu'on aura au sommet, 800 m plus haut. En fin de montée, on s'approche d'un grand bois de filaos qui occupe le sommet de la colline (Photo 2). A l'approche du col, repérer le sentier qui part à gauche. Avant de l'emprunter, on peut poursuivre sur 50 mètres pour aller profiter du paysage vers le Bronchard et Roche Plate. Mais là aussi, il sera plus impressionnant depuis là-haut. Partir sur le sentier déjà repéré et marcher en direction de la barre rocheuse qu'on a devant soi à 500 mètres (Photo 3). Le sentier d'approche de cette barre comporte surtout des parties plates dans les fougères, les galaberts ou les filaos (Photo 4). Plus loin, on longe un tuyau qui serpente sous les filaos (Photo 5). A l'approche de ce passage rocheux qui va demander un peu d'efforts, on se régale déjà à l'idée de marcher sur cette crête qu'on aperçoit sur la gauche du piton (Photo 6). Le Piton Cabris qui domine Aurère et le Piton Carré au-dessus de Grand Place commencent à rapetisser à la vue (Photo 7). On repère très bien le passage entre les pitons Papangues et Canal pour rejoindre l'îlet Moutou (Photo 8). Mais la montée se poursuit car il reste peu de distance mais encore beaucoup de temps de marche. C'en est bientôt fini du sentier dans les fougères et sous les filaos (Photo 9). Le tuyau commence à faire un angle de plus de 45° sous les roches de plus en plus présentes (Photo 10). A certains endroits, il est presque vertical et des sangles fixées aux arbres sont fort utiles pour s'aider avec les mains (Photo 11).  Choisir son itinéraire avec soin. On se retrouve sur les rochers pour entamer une partie assez pentue en longeant la Ravine des Calumets qu'on domine sur la gauche. La pente est assez sérieuse sur un sentier étroit mais assez facile à suivre (Photo 12). Les goyaviers se font de plus en plus nombreux mais on ne cherche toujours pas le sentier des yeux (Photo 13). Plus loin, on coupe la ravine avant d'entamer une nouvelle montée qui mènera au plateau. On chemine ensuite dans les goyaviers puis en sous-bois entre le rempart, les grillages ou les ravines. Plusieurs sentiers permettent de s'égarer facilement, d'où l'utilité du guide habitué à ce circuit. Quelques cairns rassurent en cas de doute. On traverse ainsi une bonne partie du plateau et on semble s'éloigner du Piton des Calumets. A l'aplomb du col, avant d'arriver à la Ravine Chouchou, le sentier oblique sur la droite. Une courte montée dans les fougères, branles verts et arbustes amène au rempart au-dessus duquel il vaut mieux ne pas se pencher. De ce balcon naturel, Grand Place paraît très lointaine entourée de ses pitons (Photo 14). De l'autre côté, on domine Roche Plate et le Maïdo (Photo 15). Au pied, on distingue les prairies entourées de filaos mais il n'y a plus les cerfs et biches qui y paissaient (Photo 16). Vers le Bronchard, on aperçoit la grande cascade de la Ravine Cimandal et la Rivière des Galets (Photo 18). Pour plus de liberté de mouvement, il est conseillé de se munir de boisson et de laisser le sac à dos au col. A partir de ce col, le sentier est toujours bien visible dans les branles, souvent très proche du précipice vers le sud. Il se met à grimper de plus en plus et devient si étroit sur l'arête coupante qu'on avance à l'instinct (Photo 19). Plus on s'élève et plus le Morne de Fourche dévoile tous ses pitons laissés aux alpinistes (Photo 20). On n'est pas encore au sommet mais le panorama à 360° vaut largement tous ceux observés dans Mafate (Photo 22). La montée est une suite de paliers jusqu'au sommet (Photo 23). L'arête semble plus étroite qu'il n'y parait mais certains passage ne sont guère plus larges que les semelles (Photo 24). L'attention doit toujours se porter sur le cheminement qui s'effectue souvent à "quatre pattes" avec le souci constant d'avoir toujours trois points au sol (Photo 26). C'est en s'arrêtant sur les parties plus larges qu'on profite des panoramas sublimes sur le cirque ; jamais en se déplaçant. Après un bon kilomètre de montée, on arrive enfin au sommet de cette pyramide où les rochers sont suffisants pour supporter deux ou trois randonneurs (Photo 27). On se retrouve enfin sur l'un des plus beaux observatoires des cirques, moins haut que le Cimendef, plus étroit que le Piton d'Anchaing mais aussi dangereux que certains passages des Trois Salazes. Il ne faut pas hésiter à prendre tout son temps pour admirer le paysage sur cette portion plus large que dans la montée. Si un ami est resté à Grand Place et possède un appareil avec téléobjectif, on peut faire une photo originale en souvenir de cette montée d'anthologie (Photo 28). La descente, sans doute plus dangereuse que la montée doit s'effectuer avec les mêmes règles de sécurité et le retour à Grand Place s'effectue par le même itinéraire.

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Se rendre à l'école de Grand Place dans le Cirque de Mafate, début de cette randonnée - Traverser Grand Place vers le Sud et emprunter le sentier qui se dirige vers la Roche Ancrée puis Roche Plate - Juste avant le col et le point de vue sur Mafate, obliquer à gauche sur un sentier assez facile à trouver - Poursuivre dans cette direction et choisir entre les deux sentiers qui montent vers le Plateau des Calumets - Passer la barre rocheuse sur un sentier très à pic puis poursuivre dans les goyaviers le long du bord du plateau - Prendre à droite et trouver le sentier qui traverse le plateau et rejoint plus haut le Col sur l'arête des Calumets - Poursuivre à droite et monter par la crête étroite jusqu'au sommet du Calumet pour profiter du spectacle grandiose à 360° - Faire demi-tour et regagner l'école par le même itinéraire.


Commentaires sur cette randonnée (8)

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Francois André, 30/05/2021 21:56

Randonnée faite hier en partant à vélo de la pointe des galets jusqu'au 2 bras.
A mettre dans la catégorie "super difficile" pour des raisons physiques et psychologiques. Une vraie « maha faty » (qui peut donner la mort) pour les amateurs d’adrénaline.
Jusqu’à Grand Place les hauts, sur des sentiers connus, pas de problème.
La montée au plateau est une bonne mise en condition, avec l'épreuve de l'escalade mais là il y a une corde.
La traversée du plateau constitue un vrai test nerveux : la trace GPS de Jean-Paul est une aide toute relative car il n'y a plus de trace ou plutôt il y en a mille : celles des malheureux qui ont tourné en rond dans cette forêt enchantée.
Sans compter les clôtures de l'ancien élevage de cerf.
Après l'enfer du plateau, la montée vers la crête n'est qu'un purgatoire. En gros il faut longer la ravine chouchou par l'ouest pendant la première moitié puis s'en éloigner subtilement. La trace est nettement meilleure sur cette portion.
A partir de la crête, le paradis commence, avec des vues fantastiques, mais sujets au vertige, s'abstenir.
La dernière épreuve, peu avant le sommet, consiste à chevaucher la crête à 2 reprises sur 7m avec une jambe côté Cimendal et l'autre côté plateau.
Arrivé au sommet, il faut redescendre un peu pour arriver à la pointe. C'est l'Olympe !
Pour le retour, on se dit qu'on connaît mais on se reperdra quand même sur le plateau, dans la forêt.
Ah oui, attention 300m après la ravine des calumets à ne pas rater la corde sur la droite car l'ancien sentier qui va tout droit est plus marqué (là aussi par les errances des égarés) et il mène droit dans le précipice.
Randonnée commencée à l’aube, terminée au crépuscule, 2/3 du trajet en vélo à la frontale.

Diane Rainard, 08/05/2021 17:10
Randonnée complétée le 01/05/2021 en 8h00

SENTIER À RÉHABILITER (?)

Tentative effectuée sur 2 jours, le 30 avril et 1er mai 2021. Après les pluies diluviennes de mai, le sentier s'est fortement dégradé, et il a même disparu totalement sur le plateau.

Au programme dans la partie basse : galaberts et fougères aigle par milliers. Le passage redevient très bon une fois qu'on entre dans la montée forestière juste avant le plateau de l'élevage. Et une fois sur le plateau, c'est l'apocalypse verte. Étant pourtant aguerrie à trouver mon chemin dans la pire végétation à la boussole et au GPS, et disposant de la trace de JPG, il m'a quand même fallu 2 heures pour réussir à traverser ce plateau maudit. Les goyaviers et la vigne marron ont quasiment tout effacé.

J'ai fini par retrouver les traces de l'ancien sentier lorsqu'il monte vers la crête, dans les brandes. À partir de là, il semble redevenir praticable. Mais c'était trop tard pour moi : je n'ai pas pu continuer car j'avais épuisé toutes mes réserves d'eau dans ma tentative. J'ai survécu en filtrant et buvant l'eau d'une flaque dans une ravine. C'est la raison pour laquelle j'ai conseillé à JPG de passer l'indice de confiance au minimum.

À n'envisager qu'en étant extrêmement bien préparé·e, équipé·e d'un sabre, et sur plusieurs jours.

Beslack, 07/01/2021 12:50
Randonnée complétée le 03/01/2021 en 6h00

Fait le 3 janvier, en dormant chez Bilin.
Orientation difficile sur le plateau, globalement : suivre la ravine parallèle à la crête jusqu'à atteindre la ravine chouchou, et alors bifurquer à droite sans la traverser. (Le tracé sur gmaps en IGN aide sur cette portion.)
La crête est une sente correct par endroit, et devient une arrête de montage vertigineuse à d'autres, globalement horizontale.
Peu de difficulté mais exposition mortelle. Nous étions deux, sans encordement (choix personnel selon expérience).
3h15 de montée depuis le gîte, 2h15 de redescente à bon rythme sans se perdre sur le plateau.
Indispensable d'avoir la trace gpx + être à l'aise dans d'autres courses telles que piton cabris, Cimendef, trois Salazes, en autonomie avant de s'y lancer.

thiblauvergnat, 20/08/2020 20:06
Randonnée complétée le 21/06/2020

fais avec @ArthurC974, rien de plus à ajouter si ce n'est que le cousin de marcel nous a indiqué qu'il n'élevait plus de cerf là haut.
en complement pour ceux que ca interesse, un lien video notre sortie qui peut donner une idée de l'engagement.
https://www.youtube.com/watch?v=0PVfAtyTVLY&t=1s

ArthurC974, 02/07/2020 18:47

Faite le 21/06/2020.
Partis la veille du Maido pour dormir à Grand Place chez Marcel Bilin, en groupe de 5 bons marcheurs trailers.
Ascension + descente le dimanche en 7h pauses comprises, sans perdre trop de temps en orientation.
Les indics de cette fiche sont précieuses, mais l'aventure semble bien compliquée sur le plateau sans trace gps sous la main, sans quoi nous nous serions retrouvés à plusieurs reprises dans des impasses pleines de vignes marrones.
Une bâche posée par terre sert de point de repère avant d'atteindre la 2e clôture. Une fois celle-ci atteinte, ne pas se poser de question et la longer jusqu'à un endroit qui permet de la traverser et de se projeter plus loin sans avoir à ramper partout. Ensuite, viser le col et surveiller le gps si possible pour retrouver la trace, qui est tout de même assez nette une fois qu'on est dessus !
A partir du col, possible de continuer sans risque environ 10min. Prévoir le nécessaire pour s'encorder pour la dernière ligne de Crête (on se rapproche tout de même de l'alpinisme, restons humbles face à la montagne !). On a dénombré 3 spits pour s'assurer, mais de nombreux 0pieds de branles peuvent servir de prise via des longes ou dynema.
La vue de la Crete puis du sommet est grandiose, sans conteste l'une des plus belles sur Mafate, même comparée au Piton Cabri, au cimendef, voire aux Salazes.. Sensations et plaisir garanties!
Pour + de confort prévoir une 2e nuit dans le cirque, le retour par Roche ancrée Maido est sportif, et le timing pour attraper un 4x4 à 2 bras peut être serré ! ;)

JohnG, 25/09/2018 11:59
Randonnée complétée le 15/09/2018 en 8h40

Très belle arête mais impossible de ne pas se perdre pour y monter! A faire absolument avec la trace GPS, pantalon et manches longues!

Pour l'itinéraire, bien suivre la trace assez évidente qui longe la ravine des Calumets en rive gauche jusqu'à trouver le tuyau noir (un peu après un arbre où il y a écrit "chemin privé" en vertical) qu'il faut suivre jusqu'en dessous du plateau des Calumets. Sur le plateau, rester le plus proche possible de la trace avant d'arriver sur l'arête avec les premiers points de vue sur partie sud de Mafate, magnifique !

Pour l'arête prévoir baudriers, corde, casques et 4-5 dégaines, il y a quelques points et possibilité d'installer des sangles pour se rassurer!

Nous avons mis 8h40 en aller-retour depuis Grand Place les hauts en se perdant plusieurs fois, itinéraire largement faisable en 6-7h

L'Ursu, 03/11/2017 09:01
Randonnée complétée le 02/11/2017 en 4h30

Le Calumet de... l'happé!

Oui, happé, totalement conquis par cette ascension fabuleuse. Merci à vous!
Approche technique (pas de III), traversée du plateau teigneuse et arête douce (parfois exposée), pour finir sur un superbe belvédère!
Errances sur le plateau: à l'aller, j'ai perdu le cheminement vers une bâche bleue et trouvé des traces (cerfs, crottes blanches) dans une ravine qui m'a mené plus haut sur l'arête. Au retour, j'ai retrouvé le passage original, perdu à nouveau à 300m de ladite bâche... .
À mon avis, course à ignorer pour les non-grimpeurs et GPS obligatoire; pantalon vivement conseillé sous peine de revenir (comme moi), zébré.
Le retour à Bord Martin dans la même journée est assez physique (plus de 2000m).
Nuit passée au gîte d'Anita et Florent (Les Hauts); accueil, confort et repas excellents, vivement recommandé!

renaudmontagne, 19/12/2016 17:10

Ascension tentée le 10/12/16, avec l'autorisation de Marcel. La trace est bonne, raide mais sans difficultés jusqu'a la barre rocheuse, photo 10, alti 1200m. Après, ça se complique ! Aucune corde / sangle en place pour effecter un vrai pas d'escalade, sur une roche "lisse", sans droit à l'erreur ! Le temps étant pluvieux, (risque de chute de pierre important), la roche mouillée, et le plateau dans le brouillard, nous nous sommes contenté de ce déjà superbe panorama. Itinéraire à reserver absolument pour la saison sèche, pour personnes respectueuses, équipée (corde/sangle), et connaissant l'escalade. Renseignements pris à grand place: L'itinéraire coté Kichenin serait meilleur. A voir.

Randonnée ajoutée le : 01/08/2013