Une boucle au Bassin du Diable depuis Bellepierre

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 4h30
Distance 9.4 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 697 - 398 m
Dénivelé positif 550 m
Dernière mise à jour 13/06/2018

Un sine die qui aurait pu se terminer en ad vitam eternam

Une fiche de 2009 parlait de cette randonnée très difficile à l'époque car le sentier, comportant un éboulis, était mal entretenu. Reprogrammée depuis cette date mais jamais effectuée, il a fallu l'insistance de Martial pour y remettre les pieds. Et quelle surprise ! le sentier est tellement praticable qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour classer cette sortie en familiale.
Attention tout de même car plusieurs embranchements, un éboulis, une descente assez raide ainsi qu'un cheminement dans le lit de la rivière doivent inciter à la prudence.

Cette randonnée sauvage à quelques encablures de Saint-Denis permet de rejoindre la magnifique rivière du Grand Bras qui se jette dans la Rivière Saint-Denis après une série de chutes toutes aussi spectaculaires les unes que les autres. Si les canyoneurs descendent ces chutes en rappel, les randonneurs devront se contenter de faire trempette dans le Bassin du Diable (voir légende ci-dessous) ou d'admirer la haute chute de 144 mètres qui se précipite dans le canyon du Grand Bras en prenant garde si les rochers sont humides. La marche est aisée sur les trois premiers kilomètres malgré l'étroitesse du sentier et la présence de profonds ravins très bien protégés par la végétation. Le dernier kilomètre vers la rivière en descendant le rempart est plus difficile et comporte quelques passages plus techniques. Le spectacle est au rendez-vous même s'il y a peu d'eau et le côté sauvage du lieu permet de mieux comprendre comment des légendes ont pu naître dans de tels endroits isolés. Le bassin d'eau claire et le chant des oiseaux invitent au repos. Une grotte toute proche permet même de méditer à l'ombre. Il faut tenter d'imaginer une fleur rouge poussant sur ces falaises verticales avant de descendre vers la prochaine cascade pour un spectacle aquatique beaucoup plus impressionnant. La remontée vers Bellepierre peut s'effectuer par le même sentier mais la variante proposée permet de rejoindre le Brûlé et profiter de beaux raccourcis entre les nombreux lacets de la route. Les chiens et les coqs, aussi bruyants les uns que les autres, irritent un peu les oreilles.

La randonnée débute au panneau indiquant le sentier du Bassin du Diable (Photo 1). La zone, assez fortement urbanisée, est traversée par une allée bétonnée bordée par endroits de touffes de bambous. Plus on chemine et plus cette voie se rétrécit avant de pénétrer sans grande transition dans les sous-bois sans pour cela quitter les cases modestes et les aboiements de chiens hargneux. La montée est très douce sur un sentier qui reste agréable tant que des cases bordent le parcours (Photo 2). Plus loin, il devient étroit mais toujours visible et sans danger (Photo 4). La végétation est extrêmement diversifiée, passant en quelques mètres des bambous aux goyaviers, des chocas aux fougères ou des poivriers aux lianes papillon. Cette dernière, comme partout dans le Nord ou l'Ouest aura très vite fait de recouvrir les remparts et d'étouffer toute autre espèce. Son éradication est hélas devenue impossible (Photo 7). On profite, dans les trouées de cette végétation, des points de vue sur le rempart de la Rivière Saint-Denis en direction du Colorado (Photo 5). Les ravines à traverser sont nombreuses mais toujours étroites. Ne pas manquer un arrêt au captage de la Source Rubinais (Photo 9). Le sentier se poursuit, toujours à flanc de falaise, à ras le vide comblé par la végétation, rendant toute chute sans grand danger. On rencontre une dernière bifurcation. Le sentier se poursuit tout droit avec moins de traces visibles de passage. Prendre à droite et poursuivre en descente puis de nouveau au plus près de la courbe de niveau. Après un grand virage du sentier vers la gauche, on bénéficie de points de vue sur la vallée du Grand Bras et sur le Bassin du Diable au loin (Photo 10) qui permet déjà d'en remarquer la caractère sauvage. La descente s'effectue par paliers successifs et de difficultés différentes. Le passage d'un éboulis est sécurisé par une corde (Photo 11) mais pourrait se franchir sans elle. Merci tout de même aux canyoneurs qui ont pris soin d'assurer leurs clients pour notre plus grande sécurité. Le bruit de l'eau s'intensifie au fur et à mesure de la descente et l'arrivée à la rivière s'effectue par un dernier raidillon. En arrivant dans la rivière, repérer le gros filao qui pousse au milieu du lit et qui sert de repère pour retrouver facilement le sentier de retour (Photo 16). Par temps sec, la remontée du Grand Bras est aisée de rocher en rocher (Photo 13). Le niveau de l'eau, assez bas, (Photo 12) ne présage pas du débit de la grande cascade en aval. On atteint ce grand bassin en une dizaine de minutes. L'eau y est transparente mais la baignade sans doute difficile en raison de la présence de cailloux dans le fond (Photo 15). La falaise qui entoure la haute chute d'eau est verticale (Photo 14), humide et recouverte de végétation. Après le repos reprendre le cours d'eau en descente puis rejoindre le haut de la cascade suivante (Photo 17). Haute de 144 mètres, elle est bordée de nombreux pitons et cordes servant d'encrage aux canyoneurs. On peut, depuis les rochers qui surplombent le vide, admirer la haute chute d'eau et la vallée encaissée du Grand Bras qui se jette dans la Rivière Saint-Denis, 700 mètres plus loin (Photo 20). Le retour peut commencer.  La remontée est raide par endroits mais ne comporte que de très rares difficultés. On arrive, 30 minutes plus tard, à la Ravine Jamrose reconnaissable au tuyau qui traverse le talweg en enjambant les roches (Photo 21). Le discret sentier de retour débute à droite sur des racines et peut être difficile à repérer. Cette trace est de meilleure qualité que le sentier venant de Bellepierre  (Photo 22). Après avoir effectué deux lacets pour éviter des ravines, la marche est facile jusqu'à la piste qu'on rencontre un peu plus haut (Photo 23). Un petit raccourci facultatif amène au dernier kiosque de la vaste zone de loisirs comportant même un boulodrome (Photo 24). A la fin de l'aire, partir sur la gauche en direction d'un kiosque et emprunter aussitôt à droite le sentier qui descend vers des touffes de bambous (Photo 25). Cet agréable cheminement qui coupe la Ravine Bambous permet d'éviter les premiers lacets de la route (voir carte). Plus loin, la descente se poursuit, toujours en dehors de la route principale sur l'agréable Chemin des Vétivers (Photo 27). Le passage paraît très étroit pour les seuls véhicules autorisés et la verdure l'emporte souvent sur le béton. Les chiens, comme au début donnent de la voix et un bâton de marche disuasif n'est pas du luxe en cas de trop grande excitation. C'est sur un vrai sentier bétonné que se termine le Chemin des Vétivers (Photo 28) qui permet de rejoindre le parking avec de belles vues sur le chef-lieu.

Balises

Pas de balises

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Se rendre à Saint-Denis puis emprunter la D42 qui passe devant l'hôpital de Bellepierre et remonte au Brûlé - Suivre les interminables lacets de l'Allée des Topazes jusqu'à l'arrêt de bus du Bassin Couderc - Emprunter à droite l'Allée des Fluorines et se garer au premier parking à  gauche - Marcher quelques mètres en revenant sur l'Allée des Fluorines et repérer le panneau du Bassin du Diable - Suivre tout d'abord une piste bétonnée  transformée rapidement en sentier bétonné passant entre les cases - Plus loin, le sentier bétonné disparaît pour entrer dans la zone boisée - Suivre le sentier le plus naturel car de nombreux embranchements se terminent dans des propriétés privées - Franchir plusieurs petites ravines avant de passer près du captage de la Ravine Rubinais - Plus loin, bifurquer sur la droite et poursuivre jusqu'au rempart qu'on descend jusqu'au Grand Bras - Remonter la rivière jusqu'au Bassin du Diable puis redescendre jusqu'à la grande cascade - Reprendre le chemin inverse jusqu'à la Ravine Jamrose - Bifurquer à droite au tuyau et rejoindre les kiosques de l'aire de repos du Brûlé - Traverser la zone de loisirs puis bifurquer à gauche pour emprunter un sentier permettant d'éviter les lacets - Poursuivre sur le Chemin des Vétivers avant de rejoindre l'allée des Fluorines et le parking.
Au départ : Il est beaucoup plus facile de se garer si on prend l'Allée des Hématites, à droite de la route en face de l'église, en montant vers la Brûlé. Se garer au début de la rue sur un parking à droite puis marcher sur le route jusqu'à la jonction du sentier décrit ci-dessus.

La légende de Zoura et du diable

Dans les hauts du Brûlé, Combo et Nariana, après des années d'amour et de prières donnèrent enfin naissance à l'enfant tant attendu qu'ils nommèrent Zoura. Entourée d'un trop plein d'amour et de trop nombreuses gâteries pour satisfaire tous ses caprices, Zoura, de plus en plus belle, devenait également de plus en plus orgueilleuse et méprisante. Irrités de son exécrable caractère les villageois s'éloignèrent peu à peu d'elle, la laissant seule avec l'amour de sa mère. Mise ainsi à l'écart, elle intensifia sa méchanceté et sa cruauté, même envers ses parents. A 18 ans, toujours plus belle, Zoura n'aimait qu'elle et passait ses journées à se mirer dans l'eau. Un jour qu'elle passait près d'un précipice, elle aperçut sur son flanc une fleur rouge qu'elle décida immédiatement de posséder. Elle offrit donc son cœur à celui qui lui rapporterait la fleur. Un volontaire y laissa la vie en se précipitant dans l'abîme sans avoir cueilli la fleur. D'autre disparitions et la cruauté de Zourra poussèrent les villageois à se révolter et à la chasser hors du Village. Apparut alors un jeune et bel homme que personne ne connaissait. Il demanda à voir Zoura. Celle-ci, éblouie par sa beauté et son étrange regard, reçut enfin le coup de foudre qui aurait pu faire d'elle une jeune femme comme les autres. Quelques temps plus tard, devant le village rassemblé près du précipice, le jeune homme descendit cueillir la fleur sans effort et l'offrit à Zoura. Dès qu'elle l'eut prise avidement, des gouttes de sang perlèrent entre ses doigts.
L'étranger lui dit alors ; "Le village m'est témoin, j'ai cueilli la fleur pour vous, vous m'appartenez désormais, Il est temps de punir vos fautes. Le châtiment aura lieu à l'emplacement du mal qui a été fait."
Le jeune homme se transforma devant le village médusé en diable et dit : "Oui, pour vous, je suis le diable mais, pour l'humanité, je suis la justice". L'inconnu entraîna alors Zoura dans le gouffre qui se mit à bouillonner. Le gouffre se remplit alors d'eau et un bassin se forma qui porte désormais le nom de "Bassin du Diable".

Le Bassin du Diable

Deux minutes d'un film tremblotant pour donner une idée du bassin et de la cascade située en aval après 10 minutes de marche sur les rochers pour rejoindre le sommet de la haute chute de 144 mètres.


Commentaires sur cette randonnée (29)

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JPG, 13/06/2018 21:19

Lafleche974 : Classée moyenne le jour de la réalisation de la fiche car peu de difficultés si on ne descend pas trop vers les cascades en aval. Il semble que l'important éboulis donne un peu plus de vertige et de fil à retordre. Je remonte à Difficile. Merci.

lafleche974, 13/06/2018 20:28
Randonnée complétée le 13/06/2018

Si cette rando est classée moyenne j'ai hâte de voir une difficile. Car il y a beaucoup de passage technique progression laborieuse surtout dans les endroits humide et encombré. Avant les cordes un éboulis non sécurisé, j'ai également confié ma vie à une racine. La trace GPS au top, les derniers mètre sont sportif, mais quel soulagement quand on arrive au bassin. Seul bémol je sors mon téléphone est plus de batterie. Du coup aller retour depuis l'Air de loisirs 2h45 pour 5,84km. Eviter les enfants, sentier technique qui demande beaucoup d'attention sur l'ensemble du parcours.

Ousarsiph2, 14/05/2018 17:40
Randonnée complétée

Boucle complète faite ce jour. Globalement ça passe mais il faut parfois se pencher , s'accroupir mais jamais ramper (c'etait le cas il y a 14 ans quand je l'avais tenté la première fois). Difficile de se perdre. Je confirme l'effondrement du chemin juste avant les cordes, au dessus du précipice ou l'on confie sa vie à quelques branches ou racines ...A bon entendeur. J'ai mis 6h pour la boucle pauses comprises , dont une tentative de baignade et un écart vers les vestiges de cases en aval de la Ravine Rubinais. Ça devrait ramener à 5h environ. Sentier aérien repéré !

dak1ne, 10/05/2018 17:22

pratiqué aujourd'hui...nous avons du faire demi-tour au bout d'un moment car l'heure tournait et nous avions perdu beaucoup de temps sur un sentier non entretenu et avec des passages un peu compliqués...dur de ne pas se perdre également. 4h30?? je ne vois pas trop comment on peut faire ce parcours en 4h30...en tout cas je le déconseille vivement!

lafleche974, 21/04/2018 23:27
Randonnée complétée le 13/06/2018

J'ai effectué les premiers kilomètre de cette rando, en effet beaucoup de sentier qui montent et qui descendent. Sentier par trop entretenu quelques éboulis. L'aboiement des chiens dans les cases isolés rend la sortie stressante et dangereuse. Eviter de faire cette sortie seul. Je vais essayer une approche par l'aire de loisirs à ma prochaine sortie

Delajungle, 09/04/2018 09:47
Randonnée complétée le 09/04/2018 en 2h00

Tenté ce matin même. J'étais seul et dans l'optique de faire une balade agréable en espérant que la route avait été "faite" depuis Berguitta.. Et bien non. Un joyeux bordel. J'ai rebroussé chemin à la moitié sur l'aller, 10min après avoir passé la Ravine des Bambous. Trop de chemin à faire en se baissant pour éviter la végétation abandonte. Des carrefours parfois compliqués à comprendre sous la masse des éboulis et des branchages. Des parties techniques rendant la balade plus stressante qu'imaginée. "Technique et laborieux" en effet. En conclusion, je pense, au vu des commentaires précédents, que c'est faisable à condition d'être préparé physiquement et mentalement à passer quelques heures à en découdre avec le monde végétal. Mais pour moi le sentier nécessite un entretien considérable et il est à certains moments devenu dangereux. Des volontaires ?

Cyrillou, 09/03/2018 16:54
Randonnée complétée le 08/03/2018 en 4h50

Sentier fait il y a 15 jours et surtout hier jeudi 8 mars. Effectivement officiellement fermé, le sentier est parcouru de nombreuses difficultés. Plusieurs zone d'éboulis plus ou moins importants après les fortes pluies de ces derniers jours, beaucoup d'arbres couchés imposant d'être parfois contorsionniste mais surtout Un passage difficile et extrêmement dangereux maintenant, juste avant le partie sécurisée par les canyonneurs. En effet un glissement de terrain a emporté le sentier sur quelques mètres et il faut passer légèrement au dessus, ce qui n'est pas sans risques, pour parvenir a franchir cette zone. La récompense est au bout de ces efforts car les cascades se jetant dans le bassin du diable et celle se jetant dans le grand bras sont de toutes beautés actuellement

June, 02/02/2018 09:41
Randonnée complétée le 01/02/2018 en 5h00

Sentier officiellement fermé, rendu très difficile après le passage de Berguitta. Des éboulements, glissements de terrain, arbres et bambous couchés sur le sentier etc. Progression donc très lente, laborieuse et dangereuse par endroits. Le sentier était difficile à suivre, heureusement que nous avions la trace GPS. On est évidemment récompensés par l'arrivée au bassin, mais il faut s'y engager vraiment prudemment et savoir que cela va être technique et laborieux !

Christian Léautier, 01/01/2018 08:53

RémyGPA: ok avec RPG :bien lire la fiche et mes commentaires du 30/10/2017 et bien sûr , ceux des autres randopitonneurs ; l'ensemble permet d'aller au but sans problème. A bientôt de lire que la rando aura été réussie en 2018! Un voeu de plus.....

Compte supprimé, 31/12/2017 23:46

Randonnée ajoutée le : 21/09/2017