Le tour du Grand Eboulis de l'Îlet Quinquina jusqu'à la Ravine du Grand Bénoune

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 8h30
Distance 17.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 630 - 140 m
Dénivelé positif 550 m
Dernière mise à jour 11/03/2020

Pour du zébouli, c'est du zébouli !

Le cheminement s'effectuant en fond de vallée, les traces du GPS sont inexploitables. La carte ci-dessous est au plus juste mais ne reflète pas l'exact trajet effectué réellement, notamment les petits raccourcis qui s'éloignent parfois de la rivière d'un trentaine mètres au maximum.

Longtemps fermé durant les travaux de construction des tunnels de transport de l'eau vers l'Ouest, le circuit de la remontée de la Rivière des Pluies à partir de l'Îlet Quinquina a été rouvert aux randonneurs en 2016. La piste qui permettait de rejoindre le barrage a été lamentablement saccagée à coup de bulldozer comme pour punir les habitants des îlets perdus de les avoir empruntées gratuitement durant des années. Ils doivent désormais prendre leurs colis sur la tête et marcher tantôt dans l'eau, tantôt sur le minuscule sentier laissé en bordure pour rejoindre en deux fois plus de temps leur minuscule case perdue dans les champs de bananiers et de taros. Détruire une piste après des travaux, c'est rendre à la nature son aspect originel sans imaginer un seul instant que seules les invasives tireront leur épingle du jeu.
Cette longue remontée de la Rivière des Pluies se décompose en deux circuits : la balade familiale jusqu'à la première cascade qui surgit d'une magnifique petite gorge et la randonnée aquatique et sportive qui monte vers les sources et contourne le Grand Eboulis. Il est conseillé aux sportifs entraînés de bivouaquer après le Grand Eboulis, de remonter plus haut que le point de retour décrit ci-dessous et d'effectuer la descente de retour le lendemain. Ce ne sont pas les emplacements qui manquent comme le prouvent ces camps de braconniers rencontrés durant la montée où des foyers encore fumants n'ont même pas été éteints après la pêche miraculeuse.

Randonnée familiale : facile, 12 km, 3h30, 300 m D+. Elle débute le long de la Rivière des Pluies au grand îlet Quinquina où des emplacements de parking se trouvent près de la belle cascade qui finit sa course dans la rivière. On longe tout d'abord la petite route puis la piste en rive gauche en longeant les cases souvent isolées du monde en cas d'inondations. Le premier passage dans l'eau se situe au cul de sac, à la fin de la petite route. Inutile d'imaginer qu'on pourra effectuer la balade familiale tout comme la randonnée les pieds au sec (Photo 1). A partir de ce premier point, la remontée s'effectue à l'instinct, tantôt dans la rivière où aucun gué ne facilite le passage, tantôt sur les gros cailloux qui la bordent, tantôt sur les bribes de sentiers longeant les vestiges de l'ancienne piste ou sur les sentiers desservant les habitations (Photo 2). Pour trouver ces vestiges, rien de plus simple : Les coupures de piste ont été consolidées par de gros rochers empilés qu'il faut parfois escalader mais sans grand danger. Quand la piste finit, longer la rivière jusqu'au prochain mur de rochers. Pour les enfants, le cheminement sur les roches de la rive sera sans doute plus ludique. On passe ainsi un nombre important de plantations de bananiers, de taros arrosés en permanence par l'eau récupérée plus haut dans la rivière, de vergers entourant de modestes cases, habitées ou non. La vallée se rétrécit au fur et à mesure de la montée (Photo 3). Une grande grotte dans la falaise a été en partie obstruée par un important éboulis. Tout près coule la Cascade la Pluie, pas toujours en eau. Les restes de piste se font de plus en plus rares et permettent un cheminement facile (Photo 4). Plus haut, c'est une petite colline à la terre soutenue de fascines de goyaviers (Photo 5) qui annonce l'arrivée proche de la bouche du tunnel (Photo 6) qui a fait l'objet de si longs et si couteux travaux. Le tunnel venant de Bois de Pomme dans le Cirque de Salazie passe par ici, récupère de l'eau de la Rivière des pluies et file vers l'Îlet Natte dans Mafate puis à la Plaine avant distribution dans l'ouest. On passe au plus près de la grille qui le ferme pour prendre un escalier puis un sentier étroit qui traverse une grande étendue de "zerbe vache" dont les tiges et feuilles restent collés au habits. Nouvelle série de roches bétonnées, nouvelle case avec grands avertissements dissuasifs peints en rouge sur les galets et la randonnée prend fin à la cascade qui coule sur la gauche (Photo 7). La baignade a peu d'attraits et le retour s'effectue par le même itinéraire.

Randonnée sportive : A une dizaine mètres de la cascade, en rive gauche et en aval, débute un très discret sentier qui permet d'atteindre en quelques enjambées le haut de la cascade et le début d'une adorable gorge de quelques dizaines de mètres. Un câble facilite un passage en corniche étroite et glissante. La remontée reprend le long de la rivière (Photo 8). Les falaises de toutes les couleurs entourent le torrent qui a un plus fort courant qu'en aval (Photo 9). Le cheminement, là aussi, alterne les gués, passages dans l'eau jusqu'aux genoux (Photo 10) et escalades de roches (surchauffées au retour car le soleil est à la verticale). La vallée est magnifique, verdoyante et étroite (Photos 11 et 12). Quelques petites chutes viennent des falaises environnantes mais ce n'est rien par rapport à celles qu'on rencontrera plus haut (Photo 13). Le fond de la rivière s'élargit à nouveau sur un fond très rocheux et rocailleux qui met à mal les chevilles (Photo 14). On arrive en 1 heure 30 au début du grand éboulis qui laisse imaginer le bruit et la poussière le jour de l'accident (Photo 16). La mousse et quelques plantes tentent la colonisation mais ont du mal en raison d'une érosion permanente (Photo 17). Une petite cascade coule de ses flancs et un magnifique bassin la borde (Photo 18). Les bassins de baignade, d'ailleurs, vont se multiplier à partir de ce point ainsi que les longues et fines cascades tombant du flanc vertical du rempart de la Plaine des Fougères (Photo 19). La progression reprend pour longer le long éboulis (voir panoramas ci-dessous) qui continue à s'effriter jusqu'à disparition complète dans quelques siècles. Il est possible, à la fin de l'éboulis, de poursuivre par la rivière ou emprunter l'ancien sentier qui démarre très discrètement sous les filaos. Envahi de quelques fougères ou petits galaberts, son parcours est aisé malgré quelques disparitions dues aux écoulements de l'eau (Photo 20). Sécurisé par endroits, il permet de gagner du temps en cas de fortes eaux. Des traces de coupe-coupe sur les troncs ou des branches coupées confirment le bon itinéraire. Plusieurs raccourcis de ce type se rencontrent dans la montée, principalement en rive gauche. On rencontre de beaux bassins d'eau claire à réserver pour la baignade au retour (Photo 21). Le cheminement est de plus en plus sportif à sauter de roche en roche si on ne veut pas trop mouiller les pieds (Photo 22). Certains énormes blocs tombés des falaises bouchent en partie le torrent (Photo 23). Toutes les cascades qu'on apercevra sur la gauche depuis ce point peuvent s'approcher sans danger (Photo 24). Elles n'ont pas des débits extraordinaires mais elles dépassent toutes les 200 mètres de chutes en escaliers successifs et donnent l'occasion de beaux clichés. Quelques poissons habitent les lieux mais difficile d'y voir de grosses truites. Les cabots sont plus faciles à repérer et on aperçoit parfois des anguilles qui fuient la semelle lorsqu'on marche dans l'eau. En revanche, plusieurs emplacements de bivouacs sommaires ou de feux mal éteints, ne laissent aucun doute quand à leur présence, les randonneurs préférant les tentes légères et les réchauds (Photo 25). Il faut dire que l'endroit est assez facilement accessible mais nécessite un garde pêche sportif !! Plus on monte et plus le lit de la rivière se rétrécit, plus les rochers grossissent et plus le cheminement devient sportifs (Photo 26). Ce circuit, arrêté volontairement à la Ravine du Grand Bénoune après 4 heures 30 de montée, peut se poursuivre dans les mêmes conditions, d'autant plus si un coin de bivouac déniché en bordure permet de passer une agréable nuit bercée par le bruit des cascades ou la limpidité des bassins (Photo 28). L'ancien sentier qui rejoignait celui de la Roche Ecrite et l'Îlet Ronde a souffert d'un gros éboulis et demande une expédition spéciale. Le retour, en descente constante, s'effectue beaucoup plus vite que la montée. Une occasion de longer la rivière au lieu d'emprunter les sentiers de contournement de la montée. Pas de problème de ravitaillement en eau car de petites sources coulent souvent de la falaise.

Balises

Pas de balises

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

En venant de Saint-Denis, prendre la direction de la Bretagne et obliquer à gauche vers Domenjod puis l'Ilet Quinquina. En venant de la Rivière des pluies, franchir le Pont Desbassyns et prendre immédiatement à gauche vers l'Ilet Quinquina – Se garer au parking en face de la cascade et débuter la sortie sur la route puis la piste – Longer la rivière durant 6 kilomètres et retourner par le même itinéraire en profitant des beaux paysages de la vallée pour la sortie familiale.
Pour les autres, poursuivre la montée en contournant la cascade et en prolongeant jusqu'au Grand Eboulis - Contourner l'immense éboulis et poursuivre vers le Sud, au moins jusqu'à la cascade de la Ravine Entre Deux ou plus loin avant de faire demi-tour par le même itinéraire.

Le film de Martial

Réalisé le jour de la création de cette fiche, il donne une bonne idée du parcours en complétant les explications.

Randonnée ajoutée le : 06/01/2016