Cinq cascades de la Rivière des Marsouins depuis le belvédère de Takamaka

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h30
Distance 9 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 929 - 589 m
Dénivelé positif 950 m
Dernière mise à jour 20/07/2026

Se préparer à une journée sportive

Lorsque l'on marche sur le sentier de Takamaka en direction des 26 échelles du rempart de Bébour, on devine ça et là des sentiers étroits débutant sur la gauche en direction de la rivière. On repère très vite qu'ils descendent de manière abrupte, il faudra se méfier de la descente glissante et être en bonne forme physique pour remonter la pente au retour. Ces passages étroits sont empruntés par les pêcheurs et les canyonistes pour s'approcher des cascades ou s'en échapper. La première partie est un classique qui débute au belvédère proche des installations EDF. Ne pas manquer le coup d’œil sur les vallées du Bras Cabot et de la Rivière des Marsouins séparées par le Piton Dorseuil, avant de s'élancer dans la descente menant au barrage. Le franchissement de la passerelle surplombant le Bras Patience est également un moment agréable pour admirer la première cascade de la journée. La remontée vers l'Îlet à Bananes est régulière et à la portée de tous. Une fois le sentier de descente repéré, il faudra s'aider des mains pour freiner et éviter les glissades ou utiliser les cordes en place. Arrivé sur les berges basaltiques de la Rivière des Marsouins, on se régale du spectacle des cascades, des bassins d'eau claire, des toboggans avant de remonter un peu jusqu'à la haute Cascade Citron et son vaste bassin. Impossible de poursuivre en raison de la très haute falaise le long de laquelle les canyonistes se laissent glisser avant de plonger dans les eaux profondes du bassin. La remontée de 200 m laisse de bons souvenirs aux cuisses autant qu'aux bras souvent sollicités. Les nombreux citronniers rencontrés dans la zone sont sans doute à l'origine du nom donné à la cascade. Ne jamais partir seul sur de telles randonnées avoisinant 1 km/h.

La randonnée débute au parking situé à la fin de la route de Takamaka. Quitter le parking et suivre la petite route se terminant aux installations qui surplombent l'usine de Takamaka (Photo 1). Désormais entouré de hauts grillages, le lieu ne peut plus être visité. Un petit écart vers le belvédère avant de partir permet de se cultiver en lisant les panneaux et de profiter d'un des plus beaux points de vue de l'île. Commencer par un sentier plat bordé de barrières avant d'entamer une portion plus pentue (Photo 2). Laisser le sentier du Bras patience et poursuivre par une série de lacets. Le parcours devient plus plat en longeant le rempart pour de belles vues sur des cascades et sur les montagnes environnantes (Photo 3). Des passerelles ont été aménagées au-dessus des petites ravines tombant parfois en fines cascades. La plupart d'entre elles sont cependant à sec et on profite de l'avantage de marcher à plat (Photo 4). 30 minutes après le départ, on parvient au Bras Patience qu'on traverse sur une passerelle qui surplombe le cours d'eau. Sur la droite, la cascade et son bassin de barrage créent le spectacle, tout comme les canyonistes poursuivant leur descente sur la gauche (Photo 5). 100 m plus loin, le sentier se divise. Celui de gauche descend au Bassin Gingembre, celui de droite vers Bébour. Guère de difficultés pour ce sentier remis en état fin 2025. On retrouve toutes les caractéristiques des sentiers en forêt avec feuilles au sol, racines ou quelques roches lors des franchissements de ravines (Photo 6). Les grimpettes sont rares mais le large sentier est propre (Photo 7). La proximité du rempart permet de beaux points de vue sur l'Îlet Patience de l'autre côté de la rivière (Photo 8). On voit bientôt le fond de la vallée où l'on distingue la zone basaltique bordant la rivière près de laquelle on va bientôt descendre. Le sentier, parfois creusé dans le sol, se poursuit dans les goyaviers (Photo 9). Quelques minutes plus haut, repérer sur la gauche une canalisation en plastique noir derrière laquelle on devine un passage. Rien à voir avec le sentier de Takamaka. Se lancer pour 200 m de descente abrupte et glissante dans les pailles sabres, jouvences et palmistes piquants (Photo 10). Compter 40 minutes pour cette courte distance où le temps se passe à chercher le goyavier, la racine, la corde qui permettront de freiner les chutes ou passer les obstacles (Photo 11). Les parties plates n'existent pas. La trace est toujours visible malgré son étroitesse (Photo 12). On traverse également des parties où les bois de couleurs résistent encore à l'invasion des goyaviers (Photo 13). Heureusement, les longoses ne sont pas encore en travers du chemin. Une très discrète bifurcation se présente. Si l'on parvient aux deux plus gros arbres de la descente, c'est que cette bifurcation a été manquée (Photo 14). Le sentier, bien marqué au sol et balisé de coups de serpes sur les écorces est pourtant bien tentant. Il sert à visiter la rivière plus en aval. Une fois sur le bon tracé, on arrive à une première petite ravine se jetant dans la Rivière des Marsouins 30 m plus bas. On aperçoit d'ailleurs une des chutes prévues au programme de la journée (Photo 15). Pourtant, si proche soit-elle, il faudra obliquer sur la droite et entreprendre un long détour franchissant deux nouvelles ravines, dont une avec une belle cascade, avant d'atteindre la rive de la rivière. Le spectacle est au rendez-vous. De hautes falaises boisées dominent la rivière coulant en multiples toboggans qu'on gardera pour la fin (Photo 16). Remonter la rivière en évitant de glisser sur les larges bandes de basalte humide (Photo 17). Pas de difficulté pour cette courte remontée de 300 m menant à un vaste bassin d'eau calme (Photo 18). Passer par la rive gauche pour le contourner. Un câble accroché à un arbre sécurise le passage et empêche de glisser dans le bassin (Photo 19). Quelques rochers plus haut, on parvient au grand bassin de la Cascade Citron se jetant de la falaise (Photo 20). Avec de la chance, on peut tomber sur une équipe de canyonistes descendant de la falaise au bout de leur longue corde (Photo 21). L'endroit est idéal pour le repos, le casse-croûte ou la baignade. La poursuite de l'exploration étant impossible, entreprendre la descente en suivant bassins et petits rapides (Photos 22 & 23). Avant de reprendre le sentier de contournement, descendre le long des rochers s'ils sont secs (Photo 24). De ce promontoire qui domine un grand bassin, on peut se régaler du spectacle de 5 cascades surgissant de la forêt (Photos 25, 26 & 27). Là également, l'exploration est impossible en randonnée. Reprendre le chemin inverse pour affronter la montée vers le sentier de Takamaka. Un détour de 2 minutes permet de compléter la collection de cascades en remontant la deuxième petite ravine à traverser (Photo 28). Après la troisième, on retrouve le sentier, les cordes ou câbles, les racines, les goyaviers. Les efforts sont intenses mais la visite "en valait la chandelle". Le tuyau noir marque la fin de l'ascension. Prendre à droite le sentier pris à l'aller et rejoindre le point de départ, d'abord en descente puis par la remontée passant par les lacets qui finissent de couper les jambes déjà bien mises à l'épreuve.

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Entre Saint-Benoît et Bras Panon, se rendre à la Pointe du Bourbier puis prendre la direction de l’Abondance et de l'usine de Takamaka - Rouler jusqu'au bout de la longue route et stationner sur l'un des deux parkings - Rejoindre à pied le belvédère puis entamer la descente en direction du barrage - Après le Bras Patience, bifurquer à droite vers l'Îlet à Bananes - Remonter et chercher le début du sentier menant à la Rivière des Marsouins - Visiter les cascades de la zone puis remonter par le même sentier avant de revenir au point de départ.


Commentaires sur cette randonnée (8)

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R_Run, 21/07/2026 09:50

Laurent, il me semble qu'il y a une différence entre des informations circulant dans un cercle restreint de pratiquants et la publication d'une trace GPS accompagnée d'une description détaillée sur un site grand public. Les deux n'ont pas le même impact en termes de visibilité et de fréquentation. Au-delà de ce cas particulier, je me pose simplement une question, n'existe-t-il pas des lieux qu'il serait souhaitable de préserver de cette mise en lumière systématique ? Des endroits que l'on apprécie pour leur caractère sauvage, leur tranquillité et leur confidentialité, sans forcément chercher à les rendre accessibles au plus grand nombre. Une fois qu'un site devient connu, il est très difficile de revenir en arrière. Nous avons encore la chance de disposer de ce genreLa discrétion fait parfois partie des meilleurs moyens de préserver nos derniers coins de paradis. Salutations à vous tous
RP

Francois André, 20/07/2026 22:23

Voilà un débat qui resurgit à chaque fois que l’on publie des indications sur la façon de se rendre dans un site « secret » un peu « sacré », en tout cas peu connu, magnifique, et magique. Ce débat nous l’avons entre nous mais nous l’avons aussi dans notre for intérieur : vais-je préserver cet endroit du vulgum pecus ou vais-je le révéler pour permettre à tous ceux qui le peuvent, d’en profiter ?
1- D’un côté, je me sens comme la vestale, veillant sur la préservation de la flamme sacrée, gardant le lieu contre les intrus, les moldus, ceux qui ne connaissent pas. Je me sens un peu comme un aristocrate, fier de son privilège de « sachant », regardant de haut la plèbe. Parfois peut-être à la limite de l’ayatollah psychorigide et intolérant.
2- D’un autre côté, je me dis « mais de quel droit garderais-je ce privilège pour moi ? » ; « les autres n’ont-ils pas eux aussi envie d’en jouir ? pourquoi leur en défendrais-je l’accès ? ». Quand je vois le bien fou que cela me fait, je me dis que ce serait une manière de rendre la vie plus riche pour les autres, le monde meilleur. Peut-être même qu’il y a un côté pédagogique et psychologique bénéfique à la fréquentation de la nature. Une étude japonaise a même montré que passer du temps dans la nature était plus efficace que les médicaments pour le traitement de la dépression …
Entre ces deux positions mon cœur balance…
Nous sommes par contre tous d’accord sur un point : la nature doit être respectée ! Notre passage ne doit pas laisser (ou alors le minimum) de traces visibles, et pour avoir vu l’évolution de mon île sur près de 7 décennies, je suis plutôt optimiste sur l’évolution de la conscience écologique chez les jeunes générations.
François

JP Goursaud, 20/07/2026 20:47

Les statistiques sont là pour rappeler qu'une fiche comportant la mention "Très difficile" avec une icône "Tête de mort" est rarement lue ou téléchargée et encore moins pratiquée comme l'indiquent les rares commentaires qui s'y affichent, souvent sur plusieurs années. Les fiches de la Fournaise ou du Piton des Neiges dépassent fréquemment 1000 chargements quotidiens alors que les randonnées de Bélouve ou autres aventures ont du mal à dépasser la dizaine mensuellement.
Le sentier, équipé de nombreuses cordes, pourtant bien visible en montant à l'Îlet à Bananes montre par son état que personne ne s'y rend jamais hormis les pêcheurs ; les canyonistes, eux, venant par la descente des cascades. Nous avons croisé ce jour-là une équipe au parking qui n'a fait aucune réflexion après leur avoir donné notre point de chute. L'autre équipe rencontrée le long de la cascade (photo 21) a été charmante avec nous.
Il y a une grande différence entre le Piton Tortue pouvant être pratiqué par des enfants et une sortie comme celle-ci demandant un très bon entraînement et de la résistance pour supporter les fortes pentes. Donc deux populations très différentes la plupart du temps.
Je vais supprimer cette fiche comme je le fais régulièrement sur demande de l'ONF, des mairies, du Parc National ou des clubs de VTT. Ma page "A oublier" sera bientôt à 100 fiches. Les randonnées supprimées définitivement dépassent les 20.
C'est bien de savoir que les joyaux du Piton des Neiges et de la Fournaise continueront d'être pratiqués lorsqu'il ne restera rien d'autre à voir, suite à l'abandon des itinéraires par l'administration.
Un jour peut-être, au siècle prochain, les joyaux de l'île finiront comme en Australie où chaque lieu caractéristique, fléché parfois 500 km avant, est équipé d'un grand parking avec barbecue au gaz, piste pour handicapés menant à un belvédère doté de poubelles.
Personnellement, je pense que ce sera plutôt comme à Mayotte où il est encore possible de randonner en suivant les plages !

Martial, 20/07/2026 19:16

@ousarsiph2, sur ma page j'ai déjà publié des photos de ce bassin, sans jamais en expliquer l'accès, comme ces soi disantes pages.
Avec la fiche détaillée, ce ne sera qu'une formalité pour y aller.
Mais, au moins, tous nos commentaires permettent à la fiche d'être rapidement connu, le lieu peut maintenant être dégradé tranquillement.

Ousarsiph2, 20/07/2026 18:51
Randonnée complétée le 14/11/2025 en 7h00

@R_run bonjour, j'ai vu ce mois-ci ce même bassin sur les reseaux sociaux, notamment des pages de canyonistes pratiquant ouvertement le parcours Taka2 (interdit en principe car entre deux barrages EDF), sans y lire la moindre critique de votre part. Ce deux poids deux mesures déçoit et pose question, une sortie "très difficile" sur randopitons ayant une audience plutôt très limitée. Amicalement.

Martial, 20/07/2026 18:16

Entièrement d'accord avec Rémi Paul, ce genre d'endroit ne doit pas être livré en pâture aux influenceurs et autres chercheurs de "like"
À moins qu'on est envie que l'endroit devienne à l'image du piton tortue.

R_Run, 20/07/2026 17:47

Pitié, laissez au moins quelques joyaux à l'abri... ​Je réagis rarement, mais là, c'est désolant... Vous venez d'ouvrir la porte aux influenceurs. Ce bassin, appelé cascade Citron, était l'un des rares endroits où l'on pouvait encore pêcher la truite tranquillement et profiter de la rivière au calme, loin des flux incessants constaté maintenant dans la plupart des bassins en aval. Ces petits coins préservés sont devenus rarissimes à La Réunion. Quel dommage de ne pas savoir garder certains lieux secrets pour protéger ce qu'il reste de notre nature...
Rémi-Paul

Suepairpiénu, 20/07/2026 14:12

JUILLET 2026
Les cascades et bassins (photos 1) méritent à eux seuls tous les efforts fournis mais c'est le bassin C. (photo 2) le véritable trésor de cette magnifique rando !
Un seul point noir pour y parvenir : un indice de glissitude particulièrement élevé qu'aucune crème ne pourra atténuer :-) Prendre particulièrement garde aux câbles en caoutchouc attachés dans la descente et aux roches en bord de rivière (mais pas que...) !
Le bord du bassin précédent la cascade est également très glissant (photo 3).
C'est la saison des citrons ... et ils sont vraiment bons (photo 4) !

Randonnée ajoutée le : 20/07/2026