Le Col Choupette par le Taibit, Marla et le Plateau du Kerval

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 9h
Distance 12.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2064 - 1265 m
Dénivelé positif 1400 m
Dernière mise à jour 18/06/2022

Il est préférable d'être accompagné d'un guide

Merci à Fanch de nous avoir guidés sur ce parcours d'exception après l'avoir reconnu seul sur des précisions apportées par Martial qui avait étudié le parcours ouvert par Pascal Colas pour rejoindre le col Choupette. Bravo pour l'exploit sportif en solitaire et pour avoir découvert les quelques cm les plus importants de la boucle ; ceux qui permettent d'emprunter le dernier rempart vers le Col Choupette.
RAPPEL : Une fiche de Randopitons n'est en aucun cas une incitation à parcourir le trajet proposé. Cette boucle très difficile ne s'adresse qu'à une minorité de randonneurs, ceux habitués aux hors sentiers, très fortes pentes, câbles verticaux et précipices. Il est préférable d'avoir parcouru la centaine de propositions "aventure" de ce site avant de se lancer ou préférer l'accompagnement d'un guide habitué à ce genre d'exercice. Les explications ci-dessous manqueront volontairement de détails afin de n'inciter personne à tenter l'aventure sans un entraînement conséquent.

La montée à la Crête des Salazes à partir du sentier de Cap Bouteille est presque devenue un classique demandant cependant un bon entraînement pour affronter la rude montée technique ainsi qu'une absence totale de vertige pour atteindre le pied des Trois Salazes. Un passage reconnu sur l'autre versant par Pascal Colas débute au Kerval (souvent appelé Kelval) et rejoint le Col Choupette après la traversée d'une magnifique forêt totalement envahie par les barbes de Jupiter. Quelques câbles et cordes sécurisent les passages les plus délicats. La boucle est courte mais comporte deux fortes montées qui portent à 9 heures sa réalisation. C'est tout d'abord la montée tout en lacets vers le Col du Taïbit puis celle plus chaotique vers le Plateau du Kerval avant d'entamer celle, plus aléatoire, vers le Col Choupette. Ne pas hésiter à rebrousser chemin à la mare du Kerval si la pente paraît trop forte ou si la météo se gâte. La boucle est même envisageable en deux jours avec un bivouac parmi les vachettes du plateau qui viendront renifler bruyamment en pleine nuit en effrayant peut être les dormeurs. Ne pas oublier une quantité importante de boisson même si des sources ou points d'eau sont répartis tout au long du parcours.

La randonnée débute à la route de l'Îlet à Cordes par la très classique montée du GRR1/2 vers le Col du Taïbit. Sans échauffement, inutile de partir trop vite pour cette longue ascension parfois technique. Les marches succèdent aux marches tout comme les lacets aux lacets avec deux seuls endroits plus plats vers l'Îlet des Salazes et la Plaine aux Fraises (Photo 1). Ce sentier très fréquenté est une entrée prisée pour pénétrer dans Mafate par le Sud. En garder dans les jambes pour la descente vers Marla et la remontée au Kerval. Deux heures après le départ, on s'approche du col pour bénéficier des premiers panoramas sur Mafate à partir du promontoire (Photo 2). Peu de changements pour la descente qui emprunte également de nombreux lacets et quelques belles pentes (Photo 3). Des portions glissantes et un peu vertigineuses se passent avec précautions et l'on parvient en 45 minutes aux premières cases de Marla à plus de 1600 m d'altitude. La traversée de l'îlet verdoyant s'effectue en légère descente facile en passant près de quelques vaches, de chèvres attachées, de gîtes et d'épiceries où il est possible de se ravitailler. Ne pas manquer le troupeau de biches aux alentours de la chapelle avant de parvenir à la Ravine Kerval (Photo 4). Le sentier débute en rive droite dans le sous-bois, quelques mètres après la ravine. Très vite, la pente s'accentue et les roches encombrant le fond de la ravine servent de hautes marches (Photo 5). Pas de sentier officiel mais des traces de passage et des petits cairns permettent de rassurer sur l'itinéraire. Après le franchissement d'une vieille porte en bois délabrée empêchant le bétail de s'échapper, poursuivre vers le plateau dans la ravine ou sur ses berges (Photo 6). Ne pas chercher à quitter le lit tant que les cairns ou la disposition du terrain facilitent la montée (Photo 7). Les 200 m de montée se terminent sur un sol plus dénudé où bouses et empreintes de sabots confirment que le plateau est habité par les bovins (Photo 8). On bénéficie de quelques panoramas en direction du cirque pour apprécier le chemin parcouru (Photo 9). Le paysage de cette zone de pâturages d'altitude est magnifique avec les trois Salazes qui dominent toute la région (Photo 10). Marcher dans la prairie caillouteuse en direction du rempart. Le Gros Morne domine également tout le plateau recouvert par endroits de magnifiques tamarins des hauts (Photo 11). Le sol est un peu vallonné, couvert par endroits de roches ou de tamarins (Photo 12). On atteint très facilement la mare abritant quelques petits poissons et servant d'abreuvoir au troupeau de vachettes vivant dans ces lieux (Photo 13). L'endroit est charmant sous le soleil (Photo 14). Il attire fréquemment les campeurs venant y passer une nuit. Les vachettes vivent ici paisiblement en profitant de l'herbe rase. On peut les approcher sans grand danger à condition de ne pas les effrayer par des gestes brusques (Photo 15). Un rocher isolé permet de profiter de ce coin bucolique en reprenant des forces avant d'entamer la montée au rempart (Photo 16). C'est de ce rocher que l'on a le meilleur angle pour apprécier la suite du trajet qui débutera près de la petite cascade alimentant le lac (Photo 17). Se diriger vers la fine chute puis obliquer à gauche vers la ravine presque à sec venant du rempart. Pas de sentier à cet endroit. Il faut choisir le meilleur passage entre les roches et surtout les jouvences qui recouvrent le sous-bois, cachant quelques pièges entre les pierres (Photo 18). La solution la plus facile consiste à suivre cette ravine au plus près, soit le long des rives soit en empruntant le fond moussu et glissant (Photo 19). En marchant plein est pour se rapprocher du rempart, on parvient facilement sur de vastes pierriers moussus où poussent de magnifiques bois de couleurs dont mahots, mapous et bois de nèfles (Photo 20). Les jouvences sont petit à petit remplacées par le persil et pourpier marrons, fraises d'lo ou des bois, oseilles sauvages ou chasse vieillesse (Faujasia salicifolia). Les barbes de Jupiter ont envahi toutes les branches (Photo 21). Le sol se dénude graduellement à l'approche des falaises constituées d'orgues basaltiques (Photo 22). Il est surtout constitué d'un immense pierrier moussu assez stable. Suivre longuement la falaise entre hautes roches et bois de couleurs (Photo 23). Si jusque là la montée était un hors sentier technique, la suite est autrement plus sportive, tant pour les bras que pour les jambes. Ne pas manquer l'étroit passage à la fin de la falaise verticale pour s'en échapper. La rude grimpette sur un sol recouvert de jouvence doit se pratiquer avec beaucoup de prudence jusqu'à une première corde vieillissante (Photo 24). Plus haut un câble en acier rassure pour franchir un passage vertical barré par un énorme arbre mort. L'effort est intense pour y parvenir et le passage étroit entre tronc et roche pour passer corps et sac à dos. Une corde apportée pour l'occasion peut aider à monter le sac une fois l'écueil franchi. L'arête approche et les panoramas sur le plateau du Kerval se multiplient (Photo 25). Ne jamais baisser la garde pour les derniers franchissements parfois étroits et dominant le vide. L'effort est récompensé en franchissant les branles moussus bordant l'étroite arête des Salazes (Photo 26). La montée prend fin à quelques mètres d'une dent rocheuse repérée depuis le rocher dans la prairie des bovins 300 m plus bas (Photo 27). Les difficultés ne sont pourtant pas encore terminées car il faut affronter la rude descente vers le sentier de Cap Bouteille. La pente y est très forte, les roches glissantes mais quelques cordes facilitent des passages (Photo 28). Après tous ces efforts, la pente paraît interminable mais on parvient enfin au sentier de Cap Bouteille qui semble une autoroute après ces trois heures plus aventureuses. Partir sur la droite puis poursuivre sur les roches glissantes jusqu'à un bois d'eucalyptus juste avant de rencontrer le GRR1. Le large sentier caillouteux tout en lacets pris le matin paraît une balade pour rejoindre la route de l'Îlet à Cordes.

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Cilaos et poursuivre vers l'Îlet à Cordes jusqu'au départ du sentier du Taïbit - Entamer la montée au col puis redescendre vers Marla - Traverser l'îlet et poursuivre vers Maison Laclos - Suivre la Ravine Kerval pour atteindre le plateau - Trouver le bon passage pour attaquer le rempart des Salazes afin d'atteindre la crête au Col Choupette - Redescendre vers le Cap Bouteille puis bifurquer à droite plus bas vers le GRR1 - Partir à gauche sur le GR et revenir au point de départ.


Commentaires sur cette randonnée (5)

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Christian L, 17/06/2022 15:12
Randonnée complétée le 28/05/2022 en 9h20

J'adore les récits des conquêtes, surtout celles des sommets des hautes montagnes du monde et hier je tombe sur l'exploit de Hillary et Tensing qui se lancèrent victorieusement à l'assaut du toit du monde, l'Everest, qui culmine à 8848m. C'était le 28 mai 1953.
Juste un modeste petit clin d'oeil, quand, le 28 mai 2022, 69 ans plus tard, jour pour jour, notre super guide François, nous tire à 2000m sur la crête des 3 Salazes à l'assaut du rempart qui domine le Kelval.

D'abord mieux que des écrits, une carte et des dessins. La carte IGN c'est la trace de notre périple grâce à une première reconnaissance de François et le croquis est celui de Pascal Colas, un grand guide qui a ouvert le premier ce passage il y a 11 ans...et qui précise bien que ce n'est pas un chemin de randonnée (!) et qu'un équipement avec du matériel d'alpinisme est nécessaire.

La carte qui permet de suivre est celle de l'itinéraire randopitons et le croquis de Pascal Thomas est ajouté dans la partie photo à la suite de mon commentaire. Toutes les photos sur mes pages FB.

Alors permettez-moi de comparer, toujours bien modestement le grand exploit de Hillary et Tensing à celui aujourd'hui de Jean-Paul, Matis, Nicolas,... et Christian !

Pour nous tous, pas de camp de base mais un bon lit douillet.La nuit est courte mais le sommeil profond car notre guide me rassure. Le commentaire d'une photo est celui-ci : "j'ai vu 10 fois pire"...mais cela concernait effectivement la photo...et non pas l'escalade du rempart. Donc je dors sur mes 2 oreilles même si, en calculant bien, je me dis que 10 heures seront nécessaires ? Lever 4h 00 pour une mémorable expédition.
Suivez -moi d'abord avec la carte:

Etape 1 : depuis la D 242 et le parking à 1251m (voir en bas de la carte) la première difficulté de la journée est l'ascension du col du Taîbit à 2081 m, d'autant plus que le temps n'annonce rien de bon. Petite pluie fine et brouillard. Taîbit est un mot malgache qui signifie "pet de lapins". A l'unanimité nous nous sommes dit que nous monterons tranquillement à notre rythme; le sommet est atteint en 2h15. Correct. A l'arrivée au col, les nuages se déchirent et des points de vue époustouflants s'ouvrent sur le cirque de Mafate sur un ciel bleu azur. A nos pieds, Marla et de grandes prairies vertes, où nous passerons tout à l'heure pour même découvrir des troupeaux de cerfs. Mais notre attention est plutôt tournée vers un beau plateau d'altitude sur notre droite, le Kelval, camp de base avant le rempart.

Etape 2: descente sous le soleil vers l'adorable ilet de Marla-environ 1600m- puis sur des portions presque plates jusqu'à la Maison Laclos. On déroule tranquillement . 1 heure environ.

Etape 3: Escalade de la ravine du Kelval,raide, bien encombrée, un véritable pierrier mais en levant la tête on voit devant nous le soleil. Le plateau n'est pas loin! 30 à 40 minutes suffisent pour découvrir le Kelval enchanteur.

Etape 4 : camp de base dans le cadre bucolique du plateau du Kelval. Kelval est un mot malgache qui signifie "petit enclos". Les anciennes cartes ign notaient Kerval mais l'institut de cartographie a reconnu son erreur!.Une mare entourée de vertes prairies et plein de vaches qui résident ici paisiblement toute l'année. On se demande presque comment elles ont pu gravir la ravine ! Nous casse-croûtons au bord du "lac" à 1768m, point coté sur la carte, avant d'attaquer le rempart, direction la crête des 3 Salazes à 2070m. La longueur du rempart et le dénivelé ne me semblent pas tant terrifiants que cela. Et je continue de me dire "que j'ai vu 10 fois pire". Pause de 30 mn. Une sieste serait presque la bienvenue.Mais les yeux tournés vers les Salazes, nous reprenons nos sacs à dos.

Etape 5: le rempart !! (voir à présent le croquis de Pascal Colas) C'est d'abord s'enfoncer dans un océan de jouvences que masquent là encore des pierriers moussus et pentus avant que nous longions vers l'ouest la base de la redoutable falaise que nous allons franchir par un "point de faiblesse" (si on peut ainsi dire!!, car des faiblesses, cette muraille ne semble pas trop en avoir). Une corde, assez vieille d'ailleurs, est en place. Un câble comme neuf, aussi. Mais ce qui fait peur, c'est d'abord la verticalité du passage, c'est la longueur à négocier (10 m? difficile à dire) et pour corser le tout, un gros arbre en travers, victime des cyclones, qui oblige à presque ramper pour pouvoir passer. Le guide hisse nos sacs à dos au bout d'une corde pour que nous puissions, libres de ce poids bien encombrant, en tenant la corde et (ou) le câble, progresser sous ce tamarin ? Pas eu le loisir de déterminer de quel arbre il s'agissait. Première tentative, premier échec pour un peu me hisser plus haut. Il y avait un semblant d'appui quelques centimètres plus haut. Deuxième tentative, deuxième échec. Le constat est vite fait, pas assez de forces dans les bras. Je repose mes pieds bien correctement sur une petite surface plane, je tiens bien la corde, je ne regarde pas trop en dessous, je sais que la moindre erreur serait fatale. Les deux premières tentatives m'ont fatiguées et je sais que la troisième DEVRA être la bonne, car si j'échoue je n'aurais définitivement pas assez d'énergie pour recommencer. Pas droit à l'erreur! Je regroupe toutes mes forces pendant environ une minute, et miracle je réussis à coincer mon corps, mon dos, mes pieds...qui s'enchevêtrent délicieusement dans les branches ou les racines (que sais-je) de mon sauveur, le gros arbre.
La suite semble presque facile. Et pourtant c'est toujours la corde et c'est toujours vertical mais sur cette corde, ceux qui l'ont installée (Pascal Colas et son équipe?) ont eu la riche idée de faire des noeuds tous les 80 cm, ce qui facilite grandement les prises. Ensuite, je cours, je vole ou presque lorsque nous apercevons à porter de main le col Choupette à 2070m. Choupette fut en 2011 la mascotte de l'expédition de Pascal Colas, une petite chienne de 4 mois, qu'il a fallu porter, du moins je le suppose.
Ce fut si intense que je ne sais pas combien de temps cette étape a duré. Une éternité ?J'ai en tout cas eu la sensation que ma vie ne tenait qu'à un fil ou plutôt qu'à une corde...dont je me demandais d'ailleurs si elle allait tenir.

Etape 6: Le retour : dans la pluie froide, le brouillard et le vent nous descendons, dans des pierriers "casse-gueule" très glissants, le versant cilaosien. Une longue, une interminable étape frigorifiante d'environ 2 heures.
Lorsque nous arrivons à la voiture la pluie redouble d'intensité...

Etape 7 (épilogue): j'ai gravi mon modeste Everest le 28 mai 2022 lors d'une extraordinaire aventure mais j'ose espérer, ne plus être confronté un jour à une autre immense muraille à franchir. Soit je renoncerai la mort dans l'âme soit j'irai une fois encore au bout mais mes forces seront-elles alors encore assez grandes pour toujours réussir et ne jamais tomber ? J'ai des frissons.

Walking Dog 974, 02/06/2022 17:00
Randonnée complétée le 28/05/2022 en 9h00

Bonjour Steph GO. Notre super petit groupe était parti se mesurer à un défi un peu particulier en effet. Les vues qui s'offraient à nous au fur et à mesure de notre avancée étaient magnifiquement vertigineuses...et comme vous le dites, c'est une performance à ne pas tenter seul. D'ailleurs , je dis Bravo à Fanch qui , lui, est justement parvenu à réaliser ce périple en solo !

Steph GO, 02/06/2022 14:47

J'étais au plateau Kerval ce jour là et je vous ai vu partir dans le bois au pied du rempart. Je me demandais où est ce que votre petit groupe pouvait bien aller...
J'ai maintenant ma réponse. Vous avez du en prendre plein les yeux en haut du col. A ne pas tenter seul...

Fanch, 01/06/2022 19:13
Randonnée complétée il y a -331 jours en 9h00

Je ne peux que souscrire aux propos de Walking Dog et aux indications de la présente fiche.
Je confirme également que dès que l'on quitte le havre de paix qu'est le Kelval, la progression en ravine et sous bois demeure complexe et peut/doit rebuter le randonneur moyen.

Walking Dog 974, 01/06/2022 18:32
Randonnée complétée le 28/05/2022 en 9h00

Bonjour, j'ai accompli cette solide randonnée le 28/05/22 en compagnie de Jean-Paul, Fanch (que je rencontrai pour la première fois) , Christian L et Mathis : une belle équipe pour un périple bien coriace !
Il fallait au moins ça pour cette aventure !

Voilà une boucle durant laquelle j'ai éprouvé une large palette d'émotions : mes retrouvailles avec le Col du Taïbit ("perdu de vue" depuis le lycée !), la descente à Marla (bien développée depuis) et bien sûr la découverte du plateau de Kerval, véritable invitation au repos et à la méditation.
Quelle sympathique terrasse verdoyante ! Cet écrin nous incitait à rester et à nous immerger dans sa douceur, et ainsi achever une première partie encore familiale ...pourtant il nous fallait continuer !

Mais si je me suis remémoré avec joie mon premier passage au Taïbit et Marla (photo 2), si lKerval (photo 3) m'a enchanté, j'aurai cependant tremblé devant son rempart, (après avoir eu un peu de mal lors de la marche dans la ravine ) !
Au fur et à mesure de notre ascension, je ressentais le danger potentiel : non pas le vertige et son appel irrésistible, mais la conscience des conséquences d'une chute à partir de certaines hauteurs. Mais comme un étrange contre-pied à cette crainte, j'éprouvais de la gratitude et du plaisir pour le spectacle de la mare de Kerval vue de bien haut., et pour cette montée "hors norme" que nous réalisions...
Il y avait évidemment des attaches, mais nous devions garder notre vigilance.

Nous atteignîmes l'acmé avant l'acmé de cette grimpée : le franchissement de ce goulet formé par un arbre mort. (photo 4) ... heureusement le prévoyant Fanch avait emporté une belle corde pour monter nos sacs.... Sinon j'aurai eu des regrets de ne pas avoir insisté sur mon régime en me glissant sous le bois mort !
Je plaisante, mais ce moment était "chaud", j'ai eu la même mésaventure que notre ami Christian : après deux tentatives stériles, j'étais un peu épuisé....
Dieu merci la 3ème fut la bonne, même si je ne sais pas encore comment j'ai fait ! Je l'ai fait c'est tout, avec les encouragements du surprenant Fanch, qui lui était comme un poisson dans l'eau sur ce rempart.....

Néanmoins , même après ce sérieux écueil nous devions rester concentrés, le sentier étant très étroit nous nous accrochions aux branles, aux touffes d'herbes, la sensation du vide était plus forte ( la fiche le dit bien d'ailleurs) avant d'atteindre l'arête des Salazes....Pour autant, la descente vers le GR1 reste technique et appelle la prudence, avec ses portions (photo 5) de sentier étroites, glissantes caillouteuses et abruptes parfois (présence de cordes bienvenue) .
Finir par le GR1 relève ici d'une petite marche de décrassage....

Sacrée randonnée dont une partie du nom, Choupette, évoquant la candeur et la fragilité d'un bambin est bien trompeuse lorsque l'on voit le défi qu'elle propose.

Jean Paul a réalisé une très bonne fiche sur cette sente , et comme lui, je n'encouragerai personne à se lancer dedans tête baissée et surtout pas seul et sans préparation.

Mieux vaut être accompagné, et encore, par un bon guide de préférence.

Merci donc à Martial, à Pascal Colas pour leur reconnaissance.

Gros merci à Fanch pour son guidage, son assurance, et son soutien caféino- viennois (lol) .

Merci à Jean Paul pour ses propositions originales

merci à tout le groupe pour sa bonne humeur et sa force !

Randonnée ajoutée le : 01/06/2022