La remontée du Voile de la Mariée depuis l'Îlet Bananiers

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 3h30
Distance 3.7 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 867 - 440 m
Dénivelé positif 480 m
Dernière mise à jour 08/08/2019

A la recherche de lîlet oublié

L'office du tourisme de Hell Bourg me demande d'insister sur l'arrêté n° 174/SR-2014 du 10 octobre 2014 qui stipule que l'accès au sentier qui mène au pied de la cascade du Voile de la Mariée est interdit à la circulation des personnes, excepté pour les exploitants de cresson. Chacun prendra donc ses responsabilités.

Avec Niagara et Grand Galet, le Voile de la Mariée fait partie du top 3 des cascades les plus photographiées. On le doit, comme pour les deux autres, à la proximité de la route permettant à tout un chacun de s'en approcher sans risque ni entraînement. 90% des clichés sont pris depuis le parking à la sortie de Salazie. Moins de 10% le sont depuis le pied de la chute après avoir traversé les plantations de chouchous et cresson. L'infime pourcentage restant provient de photos prises par les canyonistes lors de la descente des quelques paliers qu'on aperçoit depuis la route. Cette très courte sortie en aller-retour se propose de suivre les professionnels sur le sentier fréquenté qui les mène au point de départ, où ils fixent leur première corde. La montée est supportable et assez courte, aussi la randonnée proposée ici se poursuit-elle vers le haut du rempart jusqu'au bois de filaos abritant des vestiges de murettes, signe que l'endroit fut un jour habité ou cultivé comme le montrent les hectares de chouchous livrés à eux-mêmes depuis des décennies. On bénéficie, au point culminant atteint par le discret sentier, d'un impressionnant point de vue sur ces champs de chouchous parcourus par le ruissellement d'une dizaine de cascades. La randonnée n'est pas dangereuse si l'on ne s'approche pas trop du torrent en empruntant les échappatoires rencontrées lors de la montée. La grimpée est tout de même sportive et les goyaviers s'avèrent très utiles pour se hisser dans les portions à fort pourcentage ou se ralentir au retour.

La randonnée débute à quelques pas d'un petit château d'eau à la sortie du village. Pour gagner en distance, on peut partir directement de la route de l'Îlet Bananiers qu'on emprunte à l'entrée de Salazie. Marcher quelques mètres sur la petite route qui descend vers la rivière puis bifurquer sur le sentier de l'Îlet Bananiers (Photo 1). Emprunter la passerelle qui enjambe la Rivière du Mât (Photo 2). On profite de beaux points de vue sur l'amont de la rivière et le canyon profond qui débute en-dessous de l'édifice. Entamer une courte montée comportant des lacets et des marches vers l'îlet (Photo 3). Poursuivre entre les cases et débuter la remontée de la route. Après un lacet vers la droite, bifurquer sur la piste en direction des plantations de cresson. La piste se transforme en sentier qui longe des murettes, réserves d'eau et tuyauteries. De gros cailloux encombrent le sentier. Le flanc gauche est couvert de chouchous à l'approche de la cascade (Photo 4). Inutile de partir sur la gauche pour monter au plus près du voile car il y aura bien d'autres occasions de contempler des cascades (Photo 5). Marcher presque à plat dans les chouchous qui cachent les trous entre les roches. Se diriger vers quelques bananiers et de grandes herbes (Photo 6). Les filaos sont de plus en plus nombreux. On aperçoit à quelques dizaines de mètres un autre voile de mariée moins connu (Photo 8). La montée débute dans des filaos plus grands que les autres et très vite les goyaviers deviennent les plus nombreux (Photo 9). On parvient à un petit torrent sans nom tombant en cascade (Photo 10). Les canyonistes nomment la descente "la Jarretière". Le sentier est facile à suivre même s'il n'est pas très large (Photo 11) car les passages fréquents l'entretiennent. On grimpe désormais entre les deux ravines et des bruits plus importants indiquent la présence de cascades. Que ce soit vers la droite ou vers la gauche, de minuscules traces permettent d'atteindre de nouvelles chutes (Photo 12). Certaines s'approchent au plus près tandis que d'autres demanderaient trop d'acrobaties entre les branches de goyaviers (Photo 14). La végétation touffue ne permet guère de panoramas sur le cirque, mais le Piton d'Anchaing et les falaises du Bé Massoune apparaissent vers la fin du premier circuit (Photo 15). Le bruit de l'eau s’intensifie sur la gauche et l'on remarque un étroit sentier qui se dirige vers le torrent. On se retrouve en quelques mètres près du plus bel endroit de la journée. L'eau se précipite vers la vallée par une belle chute en direction d'un étroit canyon (Photo 17). L'eau provient d'un bassin lui-même alimenté par une autre chute, tout aussi jolie (Photo 18). Il s'agit des deux premières chutes rencontrées par les professionnels qui doivent se régaler de les descendre en rappel. L'endroit est constamment éclaboussé et il faut en trouver d'autres pour la pause. Le sentier remonte encore un peu pour se terminer au point équipé le plus haut d'où l'on voit l'eau se précipiter vers les deux bassins précédents (Photo 19). On peut quitter la petite esplanade où les canyonistes s' harnachent avant leur descente et traverser le cours d'eau pour le remonter en rive droite. Après une courte escalade sur les roches mouillées, pénétrer dans le plus beau sous-bois de la région (Photo 20). L'endroit, très humide, favorise le développement de mousses sur les branches. Elles poussent en grappes qui peuvent atteindre un mètre de longueur, créant un paysage unique rarement observé par un randonneur (Photo 21). Tout près, une haute cascade tombe en large toboggan avant de plonger vers le Voile de la Mariée (Photo 22). Reprendre le chemin inverse en repartant vers l'aval par le "champ" de mousse. Passer l'esplanade et marcher quelques mètres pour repérer le sentier partant sur la gauche. On se retrouve dans les inévitables goyaviers sur une pente parfois très forte (Photo 24). Le sentier est très bien marqué pour un braconnier ou un habitué de ce type de cheminement mais mérite de l'attention pour le randonneur lambda. Au bout de 30 minutes de montée on parvient à de hauts filaos envahis de goyaviers (Photo 26). Sous les arbres, on remarque quelques vestiges de murettes édifiées à main d'homme sans que l'on trouve alentour de véritables traces de vie passée (Photo 27). Le sentier semble se terminer à un bois de rempart au bord du précipice qui sépare d'un nouveau torrent. Entre ses branches couvertes d'orchidées, on a une vue imprenable sur le plus grand champ de chouchous du cirque de Salazie. Le spectacle des cascades tombant de tous côtés est assez impressionnant (Photo 28). Tenter de poursuivre à partir de ce point devient de plus en plus aléatoire. La végétation étant trop dense, le plus raisonnable est de faire demi-tour. Le retour au point de départ emprunte le même itinéraire et les goyaviers sont souvent les bienvenus pour freiner la descente.

Balises

Pas de balise

Profil

Plan de l'itinéraire

Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre dans le cirque de Salazie à partir de Saint-André ou Saint-Benoît - Traverser le village de Salazie et se garer un peu avant la petite route qui descend vers le sentier de l'Îlet Bananiers - Partir sur le sentier, franchir la passerelle puis rejoindre le hameau des Bananiers - Longer la route jusqu'au départ de la piste vers les cressonnières - Traverser les cressonnières, passer auprès du Voile de la Mariée - Dépasser la cascade et rejoindre la prochaine ravine - Entamer la remontée jusqu'au début du spot de canyonisme - Remonter en rive droite vers la cascade en amont - Revenir au spot puis entamer la montée sportive vers les filaos qui dominent le petit plateau - Faire demi-tour par le même itinéraire.

Les vestiges de l'îlet

Le panorama ci-contre, photographié depuis le petit parking destiné aux touristes donne une idée du circuit emprunté. On aperçoit mieux d'ici les filaos au bord du petit plateau qui fut certainement occupé comme tous les endroits plats de l'île. Hélas, il est difficile de parcourir les lieux en raison d'une végétation touffue comportant tant de goyaviers que même un tangue aurait du mal à passer à certains endroits. Braconnage oblige, c'est à ces pauvres bêtes que nous devons cette sente qui monte le long du torrent et non aux fruits à ramasser à l'emplacement de l'îlet. Quant aux chouchous, pourquoi monter les chercher si haut puisque Salazie est le premier producteur de l'île ?


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Randonnée ajoutée le : 05/08/2019