De St-Leu au Plate sur les traces d'Elie et des Révoltés

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 8h
Distance 27.4 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 761 - 1 m
Dénivelé positif 850 m
Dernière mise à jour 07/07/2019

Les plantations de café et de coton ont disparu depuis Elie

Ludovic (Orando974), jeune passionné d'histoire de La Réunion, a initié cette longue boucle et m'a guidé pour me faire découvrir les traces d'Elie (voir § ci-dessous). Le cheminement n'est jamais difficile sur routes, pistes et sentiers de raccourcis cependant il est fortement conseillé de télécharger la trace pour s'en sortir sans hésitations. Le nombre de bifurcations est incalculable et de nombreuses pistes terminent en plein champ de canne ou sont tellement envahies de grandes herbes qu'elles découragent de poursuivre. Voilà pourquoi cet itinéraire a été reconnu et se rapproche au plus près de celui organisé par une association à l'occasion d'une fête de l’abolition à Saint-Leu. On monte 14 km sous le soleil avant de redescendre 14 km, aussi est-il conseillé d'emporter une grande réserve d'eau sous la chaleur de l'Ouest.
Voir la page de SophieM qui a effectué cette sortie en décembre 2018 en empruntant un peu les mêmes sentiers et pistes.

La randonnée débute à Saint-Leu si l'on désire rester au plus près du circuit d'Elie mais cette boucle en ville rajoute deux kilomètres à celle, plus courte, partant du cimetière ou du Four à Chaux. Aucun circuit conseillé en ville qu'on peut même garder à la fin pour se rafraîchir près de la plage en sirotant une boisson ! Le but consiste à passer au plus près du monument près de la mairie. Après la boucle urbaine, prendre la Ruelle des Attes, les escaliers puis le sentier caillouteux qui monte, rectiligne sous les tamarins en direction de la route des Tamarins (Photo 1). On rencontre, près du sentier, de nombreux pieds de pommiers cannelles (attiers), appelées zattes à La Réunion. Les fruits qui souffrent du manque d'eau sont si petits qu'ils ne sont même pas ramassés par les riverains. Certains tamarins sont énormes et doivent accuser un âge certain. Plus haut, le sentier part sur la gauche et effectue une longue boucle à plat pour aller passer sous le pont de la Ravine des Poux (Photo 3). Le sentier longe au plus près la bruyante RN1, passe le long de modestes cases occupées par des poules et poulets en liberté puis bifurque sur la gauche pour traverser une zone d'épineux où l'on remarque quelques pieds de coton, vestiges des cultures déjà en déclin à l'époque d'Elie. Les épineux cessent et sont remplacés par une immense savane d'herbes sèches d'où émergent quelques bois noirs ou tamarins (Photo 5). La montée est faible mais régulière et on prend rapidement de l’altitude en évitant la route de Cap Lelièvre. Après un bon kilomètre de montée, le sentier, bordé de poivriers devient plus herbu mais se suit toujours sans hésitation (Photo 6). Il effectue une longue boucle vers la droite en se transformant en piste avant de rejoindre la RD13 (Photo 7). Prendre à droite sur la route et marcher jusqu'à la Ravine du Cap puis la Petite Ravine. Laisser à droite la route de Grand Fond et marcher jusqu'à un monument sur la gauche de la route (Photo 8). Cinquante mètres plus loin, abandonner la route puis partir vers la gauche juste après le panneau de l'agglomération de Grand Fond les Hauts (Photo 8). Marcher dans les cannes jusqu'à la ligne haute tension puis tourner à droite pour se lancer dans la traversée des cannes de Montausé (Photo 9). Les paysages vers l'Est sont magnifiques. Ils englobent des milliers d'hectares de canne à sucre mais également les prairies qui dominent le Piton la Boue (Photo 10). Suivre la trace GPS pour être certain de trouver une piste correcte au milieu des cannes qui cachent parfois le paysage alentour. On profite pourtant de magnifiques panoramas sur le lagon vers la Saline et l'Ermitage (Photo 11) ou le Portail (Photo 12). Il faut près de 90 minutes pour traverser ces immensités de verdure avant de parvenir à la Route Hubert Delisle au village du Plate. Marcher jusqu'au village et grimper ou non le Piton Calvaire (Photo 13). La grimpette, en empruntant le sentier couvert de pneus du chemin de croix, sera la plus forte pente de la journée. De là haut, on a une vue imprenable sur la région du Plate et les prairies qui dominent le village plus grand qu'il n'y paraît lorsqu'on le traverse à vélo ou en voiture. (Photo 14). Après un coup d’œil vers le sud pour repérer l'Etang Salé et son petit lagon (Photo 15), reprendre la rue qui redescend vers le village. Repérer, près de la route, l'hommage à Maxime Laope, musicien prolifique né au Plate ainsi que le panneau sur la route Hubert Delisle (Photo 16). Un sentier descend du Piton Calvaire vers le Chemin Quatre Sous mais il est préférable d'emprunter la route si l'on veut se rapprocher du bassin Missouk. Passer sept ou huit virages à partir de la D3 puis repérer, sur la gauche, une haie de ficus et une clôture en tôle ondulée en face d'une case entourée d'un jardin très verdoyant. Si l'on part à gauche sur la petite piste on se retrouve le long d'un champ de canne. Eviter de traverser si la canne est haute mais, une fois coupée entre juillet et décembre, traverser les 12 mètres de largeur du champ pour atteindre le bord du rempart de la Ravine du Trou. Un sentier discret descend le long de la pente en traversant des longoses (Photo 17). Le sentier est mal entretenu et des poivriers sont tombés suite aux derniers coups de vent. On parvient tout de même au bassin Missouk où les esclaves venaient chercher l'eau et profitaient de leur isolement pour se rassembler et former autour d'Elie et ses frères le premier groupe de révolte d'esclaves de La Réunion. Le bassin d'eau trouble n'incite guère à y tremper la gourde pour refaire le plein de boisson et seuls des canards de barbarie semblent apprécier le calme des lieux (Photo 18). Une fois remonté à la route, ne pas manquer, deux virages plus bas, la piste partant sur la gauche et évitant une dizaine de virages de la D15 (Photo 19). Emprunter un court tronçon de la D15 avant de tourner à droite sur le Chemin Quatre Sous. Il commence sous les poivriers et au milieu d'inévitables détritus jusqu'à la Ravine des Sables. Puis ce sont les cannes qui reprennent le dessus pour plusieurs kilomètres (Photo 20). On coupe plus loin le Chemin Pierre Roger et ses quelques cases avant de reprendre la descente. Le chemin, large et carrossable il y a quelques années, devient de plus en plus étroit et envahi (Photo 22). Heureusement les campagnes sucrières viennent redonner un peu de largeur à la bande de roulement. Ne pas manquer, en presque fin de descente, une longue portion ombragée par de grands bois rouges aux troncs noueux et troués (Photo 23). Couper la D13 puis prendre plus loin le Chemin Renaud qui mène aux premières maisons de Grand Fond. L'urbanisation est en train de transformer ce village en ville et il faut traverser de grands lotissements. Suivre la trace au plus près car les routes et rues en place n'ont plus rien à voir avec la carte IGN. Il faut, une fois passé sous la Route des Tamarins, retrouver le Chemin Lancastel en suivant de nouvelles pistes dans les savanes de la région de Saint-Leu (Photo 24). On approche de la mer en arrivant aux Quatre Robinets. Frôler la zone de pique-nique (Photo 25) et partir à droite. Ne pas manquer sur la droite le sentier dans les épineux et les herbes jaunes qui mène, en se transformant en piste, du côté de la station d'épuration et de ses étangs envahis de poules d'eau (Photo 26). Le cimetière de Saint-Leu mérite une halte ou une traversée  (Photo 27). Les tombes de toutes formes et de toutes couleurs sont à l'ombre de dizaines de frangipaniers. Rejoindre la route et le bord de mer et revenir au point de départ en longeant la plage de sable gris où les filaos peinent à rester debout. (Photo 28).

Balises

Balises blanches sur quelques rares sentiers

Profil

Plan de l'itinéraire

Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Saint-Leu et stationner aux alentours de la mairie - Visiter le monument et partir vers Notre Dame de la Salette puis sur la Rue Haute - Rejoindre la ville puis bifurquer à gauche sur la Ruelle des Attes après la Ravine des Poux - Traverser Chemin Canal et passer sous la Route des Tamarins - Remonter vers Cap Lelièvre en évitant la route par un long raccourci - Longer à droite la D13 jusqu'à un monument sur la gauche - Remonter dans les cannes en traversant Montausé jusqu'à la Route Hubert Delisle - Marcher jusqu'au Piton Calvaire pour profiter des panoramas - Redescendre et prendre la D15 en direction du Plateau et du Piton Saint-Leu - Effectuer un aller-retour au bassin Missouk si la canne le permet - Suivre la Carionnette puis la totalité du Chemin Quatre Sous - Poursuivre par le Chemin Renaud jusqu'à Grand Fond qu'on traverse par une dizaine de rues dans de nouveaux lotissements - Rejoindre la D11 puis la traverser pour aller aux Quatre Robinets - Emprunter la piste vers le cimetière puis retrouver le centre ville de Saint-Leu en marchant au plus près de la mer.

Elie et les révoltes de 1811

En 1810, l'île Bourbon se retrouve sous domination de l'Angleterre, farouche opposante à l'esclavage. Les Anglais, malgré les demandes des colons en place, procèdent à quelques affranchissements, faisant naître de grands espoirs dans une population alors évaluée à 50 000 esclaves. Déçus, des esclaves non affranchis se réunissent autour du bassin Missouk sous l'autorité d'un certain Jean qui recrute alors des meneurs chargés de mener une révolte. L'esclave Figaro fait échouer cette tentative en dénonçant les 50 mutins qui sont capturés le 5 novembre 1811 et enfermés à Saint-Paul. Elie et ses frères Gilles et Prudent prennent le relais et lancent plusieurs attaques le 8 et 9 novembre. Paulin, un autre esclave d'un colon assassiné file vers Saint-Leu et ameute les colons qui s'organisent, traquent, tuent une vingtaine d'insurgés et capturent les autres. Le procès a lieu dans la cathédrale de Saint-Denis. 30 condamnés à mort seront exécutés aux 4 coins de l"île à titre d'exemple. Cette révolte est la seule véritable recensée à Bourbon durant la longue période esclavagiste. L'abolition de l'esclavage sera effective 37 ans plus tard avec l'arrivée de Sarda Garriga. En effectuant cette longue boucle vous avez de grandes chances de marcher sur les traces de la centaine d'esclaves (voire 200 pour certains historiens) descendant vers Saint-Leu pour lancer une révolte qui sera aussitôt stoppée nette. Des associations (Comité Elie, Rasine Kaf, Art Sénik, etc.) tentent sans grand succès d'obtenir des journées souvenir ou des plaques de rues.
Voir le mémorial construit sur la place de la mairie de Saint-Leu et les fresques de la Ravine du Trou.

Le film de Ludovic

Ce film d'une durée de 7 minutes résume les différents points de passages du circuit. Réalisé en février, soit 6 mois avant cette boucle, il comporte quelques explorations dont il ne faut pas tenir compte car nous avons évité les chemins envahis par la végétation. De même que l'arrivée au Piton Calvaire s'est faite par un autre itinéraire empruntant un escalier qu'on ne retrouve pas sur la fiche. La canne qui débute sa repousse en février est beaucoup plus haute en juillet mais ne cache pas les innombrables panoramas. Cette canne coupée est un véritable avantage pour traverser les 12 mètres du champ de canne menant au sentier du bassin Missouk.


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Randonnée ajoutée le : 07/07/2019