De Cilaos à l'Îlet Furcy par le Bras Rouge et le Grand Bras de Cilaos

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 10h30
Distance 21.1 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1198 - 223 m
Dénivelé positif 250 m
Dernière mise à jour 25/02/2019

Aquarunning, hydrospeed et nage au programme

Cette longue descente du Bras Rouge et du Grand Bras de Cilaos a déjà été présentée sur trois fiches : Du Ouaki au Pavillon, en montée ; de la Roche Pendue à Cilaos, également en montée et de le Chapelle au sentier de l'Îlet à Cordes dans le même sens.
Les raisons de ne pas y aller : il faut prendre le bus puis marcher longuement sans ombre le long de la rivière qui emplit les chaussures de sable. La journée est très longue sur les gros rochers où il n'y a pas de sentier et l'on doit même nager. D'importants éboulis montrent que l'endroit peut être dangereux.
Les raison d'y aller
: une rando hors du commun. Lieux magiques et sauvages, canyons peu connus avec petites cascades et bassins d'eau claire.

La randonnée nautique a toujours plus d'adeptes tout comme l'aquarunning. Ces activités sportives s'effectuent le long des rivières calmes, des lacs ou en bordure de plage. Le Bras Rouge et le Grand Bras de Cilaos sont très loin des critères qui définissent une rivière calme. La beauté des sites, les bassins, les cascades et magnifiques petits canyons rencontrés tout au long de la descente ne doivent cependant pas inciter tout un chacun à s'y rendre pour de magnifiques photos. Pour entreprendre cette sortie et en garder l'excellent souvenir que nous en avons rapporté, il faut avoir un excellent entraînement, une motivation plus que certaine, ne craindre ni de se mouiller, ni d'escalader, ni de sauter ou nager lorsque cela s'avère nécessaire. Fort heureusement, en cas de fatigue ou de doute il est possible de quitter la rivière pour les nombreuses destinations que l'on croise (Îlet à Cordes, Trois Bras, Pavillon, Petit Serré, etc.). Inversement, les grands sportifs peuvent poursuivre vers le Ouaki et pourquoi pas vers l'océan en bivouaquant sur les berges pour scinder la longue descente en deux étapes.
Pas de conseils précis pour la descente car les berges et le fond rocheux changent à chaque cyclone. La bonne solution consiste à repérer toujours le meilleur passage, parfois même à chercher des tunnels naturels créés par des amoncellements sous peine de renoncer. On longe le plus souvent l'eau en sautant de galet en galet, plus rarement sur le sable. Si le passage est délicat sur la berge, ne pas hésiter à marcher dans le lit de la rivière. Au Petit Serré, un passage, chamboulé par un cyclone, impose de nager près de 10 mètres. C'est très court mais avec des chaussures de randonnée et un sac à dos, l'effort n'est pas négligeable. Inutile de préciser qu'on prévoit ce jour là les sacs plastique ou la boite hermétique pour abriter Smartphone, GPS et appareil photos. Ne pas se fier aux cailloux posés sur les rochers ; ce ne sont pas des cairns de repérage mais le moyen de bloquer le fil de pêche à l'anguille. En arrivant au Bras Rouge par le sentier de La Chapelle songer à renoncer si le niveau de l'eau est trop important. Enfin, dernier conseil : ne JAMAIS partir seul et prendre si possible un casque (genre casque VTT) car les éboulis sont fréquents mais également les chutes de petites pierres tombant des plafonds rocheux lorsque l'on chemine dans des goulets en surplomb.
Un petit brin de folie, du courage et une bonne condition physique sont nécessaires pour se lancer dans cette randonnée qui est exigeante, mais tous ceux qui auront franchi le pas en garderont d’inoubliables souvenirs. Partir très tôt car cette randonnée dure longtemps, surtout si l'on désire faire trempette au moins une fois.
D'autres explications et images sur la page de Martial.

La randonnée débute après une heure de bus à admirer la vallée qu'on descendra plusieurs heures plus tard si on a un siège à droite du véhicule. La descente sur route jusqu'au début du sentier de la Chapelle est une balade, surtout à la fraîcheur du petit matin (Photo 1). Descente classique par quelques lacets sableux ou caillouteux puis sous la forêt de filaos en longeant la Ravine Dujoux avant de rejoindre le sentier de la Chapelle. La montée est rude mais courte (Photo 2). On bénéficie de superbes panoramas sur la Chapelle, le Pain de Sucre, le Grand Bénare jusqu'au Piton des Neiges. La descente est tout aussi caillouteuse. On parvient au Bras Rouge après une bonne heure de marche à partir de l'arrêt de bus. C'est parti pour 9 heures de descente à constamment chercher les meilleurs passages. Ils se trouvent pour un tiers au plus près du torrent (Photo 3), un autre tiers dans les rochers à se faufiler au mieux (Photo 5), le dernier tiers dans la rivière à se mouiller des chevilles au nombril (Photo 13). Impossible de détailler tout sur une seule fiche : retenir qu'on rencontrera une quinzaine de bassins de toutes tailles et de toutes profondeurs (Photo 6) , des petites chutes d'eau aussi jolies les unes que les autres (Photo 7) , des gorges partout dont certaines très étroites (Photo 8). Quand les blocs sont trop hauts ou les falaises de la rive trop glissantes, chercher dans les rochers le tunnel naturel qui permettra de poursuivre en frottant un peu le sac à dos (Photo 9). On rencontre sur la droite la magnifique cascade la Rouille (Photo 14). On peut s'en approcher facilement en rive droite, plus sportivement en rive gauche. Après deux heures de descente, on coupe le sentier de l'Îlet à Cordes qui escalade la falaise friable en repartant vers la droite, reconnaissable à ses taches de peinture blanche. On poursuit vers Trois Bras en traversant des zones tourmentées (Photo 16) mais d'autres heureusement beaucoup plus calmes (Photo 20). Trois heures plus tard, après plusieurs canyons et de nombreux méandres, on se retrouve à Trois Bras qui semble une vaste plaine après avoir franchi les falaises à l'aplomb du sentier du Reposoir. Les roches ne disparaissent pas pour autant quand on longe le Grand Bras de Cilaos en rive gauche. Ceux que la fatigue gagne peuvent emprunter le sentier en rive droite. On parvient à la cascade située au début du sentier Burel. Les rives se sont érodées et il devient dangereux de vouloir contourner le bassin, à moins de sauter à l'eau. Emprunter le sentier Burel et grimper quelques lacets, passer le rein et chercher des yeux le sentier discret qui débute dans les chocas, sur la droite. Il rejoint la rive après une très forte descente où les arbustes aident au maintien (Photo 23). Il se termine en face d'un mamelon rocheux qui sert de point de repère en cas de remontée de la rivière. La vallée est le plus souvent large mais comporte un très haut canyon où il faudra tâtonner pour trouver un passage entre les rochers afin de pouvoir continuer. Il faut, malgré ces écueils, moins d'une heure pour arriver au pont du Pavillon. Suivre la rive droite sur les basaltes étroits, sableux, couverts d'aiguilles de filaos et glissants (Photo 24). En cas de doute, préférer l'escalier officiel qu'on trouve sur le bord de la route près du pont métallique du Pavillon. Déjà 5h30 que l'on suit la rivière et l'Ilet Furcy est encore loin. Le reste de la descente est une succession de portions plates caillouteuses et de canyons plus ou moins impressionnants (Photo 25). On voit très bien les falaises des deux rives se rapprocher davantage à chaque pas. La rivière est calme et tous ces passages étroits se franchissent facilement au niveau des îlets Ti Sel et Augustin. (Photo 27). Les choses se corsent à l'aplomb du Petit Serré dont on aperçoit les cases et la passerelle. Il faut se mouiller toujours plus en prenant garde à la glissade sur le fond basaltique lisse et recouvert d'algues (Photo 28). Un goulet, si étroit qu'on peut presque en toucher les deux rives avec les mains, se présente. Le fond de la rivière dépasse les deux mètres et la natation s'impose. C'est de courte durée (moins de 10 mètres) mais avec le sac, les vêtements, les chaussures et même le bâton, la traversée n'est pas à prendre à la légère. C'est la seule grosse difficulté de la journée mais il faut savoir que ce sera inévitable, afin que les non nageurs puissent décider de renoncer au Pavillon. C'est complètement trempé qu'on poursuit la descente vers l'Îlet Furcy. Les passages sont plus aisés, les rives larges, les méandres longs et la rivière plate. Il faut pourtant encore une heure pour arriver au pont Bailey à partir de la "piscine".

Balises

Pas de balises sauf sentier Chapelle

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Quitter Saint-Louis puis la Rivière Saint-Louis en direction de Cilaos - Rouler jusqu'à la nouvelle route aménagée dans le fond de la rivière et rejoindre l'arrêt de bus "Îlet Furcy" à 50 mètres du nouveau pont Bailey - Prendre le bus vers Cilaos (5h55 conseillé) - Descendre à l'arrêt "Père Boiteau" après le cimetière - Rejoindre le départ du sentier de la Chapelle par les Chemins des Filaos et du Bras des Etangs - Commencer la descente vers le sentier de l'Îlet à Cordes et remonter vers la Chapelle - Rejoindre le Bras Rouge - Remonter ou non vers la Chapelle (déconseillé car la journée est longue et difficile) - Entamer une très longue descente le long du Bras Rouge jusqu'à Trois Bras - Poursuivre par le Grand Bras de Cilaos et franchir le pont du Pavillon - Continuer par une série de canyons dont un qui imposera de nager environ 10 m - Terminer au pont Bailey et au parking de l'Îlet Furcy.


Commentaires sur cette randonnée (3)

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Mathieu Buenafuente, 10/06/2019 17:42

Rando effectuée le 09/06/19 en 8h.
Ma plus grosse frayeur de la journée fût de réussir à prendre le bus. Malgré mes appels de lumière avec mon téléphone le chauffeur a eu beaucoup de mal à me voir. Je le remercie d'ailleurs de s'être arrêté au milieu de la route pour me faire monter.
Début de rando à 7h00, arrivée à Bras-Rouge 7h40, comme j'avais un peu d'avance sur le timing décrit dans la fiche je n'ai pas résisté à faire un petit tour à la Chapelle, tellement magique...
La descente fût un véritable plaisir, Je suis resté pour ma part constamment dans le lit de la rivière, Je n'ai pas empreinté le sentier Burel. Par chance l'eau était assez claire pour que je puisse m'en approcher et sauter sans risque de percuter un rocher, non sans avoir dû au préalable traverser 2 retenues d'eau stagnante/vaseuse peu engageantes dont l'une d'entre elle a faillit garder un souvenir de mon passage, ma chaussure gauche , mais après une lutte acharnée j'ai eu gain de cause. Il m'a fallu nager à 4 reprises, que du plaisir. Arrivé à la voiture un peu avant 15h.
Pour ma part je conseillerais de prendre le bus de 5h58 à l'aire de repos, il y a possibilité de ressortir, les 2 derniers kilomètres étant assez rébarbatifs jusqu'à l'îlet Furcy.
Très belle aventure.

Christian Léautier, 04/03/2019 18:09
Randonnée complétée le 22/02/2019 en 8h00

Chevauchée fantastique de 11h pour des kilomètres et des kilomètres de descente de rivière! Un régal car le niveau de l'eau a permis d'avancer, parfois mouillés presque jusqu'aux épaules mais ça passe malgré les chamboulements des énormes galets par les cyclones. Ce qui n'est pas si mal, c'est qu'on peut abandonner avant la fin-en cas de pluie, en cas de fatigue, ou en cas d'allergie à la nage sur la fin. Pour les bretelles de sortie voir le site; Pour moi, l'attraction du sentier Burel m'a poussé vers la sortie un peu plus tôt .Pas le "mental d'acier" suffisant...trop tentant de bifurquer. Pas loin de 8h quand même pour retrouver le bus Alternéo 60 "arrêt Burel" .J'avais entrepris cette longue aventure par petits segments mais jamais en une seule étape. Quand on met le casque de chantier sur la tête ça rajoute un peu d'adrénaline mais ,ouf, ce jour rien n'est tombé des falaises. Paysages grandioses, sauvages .Randonnée à classer dans ma rubrique "Favoris" . A qui le tour ?

Martial, 25/02/2019 11:51
Randonnée complétée le 21/02/2019 en 10h30

De la randonnée Aventure avec un grand A, des bassins, des cascades, des gorges étroites, tout est réuni pour ce must du hors sentiers.
Bien suivre les conseils de la fiche et partir avec un mental d’acier pour pouvoir atteindre sereinement l’ilet Furcy ; la descente depuis Cilaos par les bras de ravines est très difficile et peut user les plus vaillants.
Mais quel bonheur d’arriver au bout et de découvrir toutes ces merveilles.
Photos Jointes

Randonnée ajoutée le : 24/02/2019