La Source et le barrage du Bras Cabot depuis la Forêt de Bébour

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Faible
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 7h30
Distance 10.4 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1341 - 666 m
Dénivelé positif 720 m
Dernière mise à jour 07/11/2018

La Source du Bras Cabot est très loin des sources du Bras Cabot

Nous avons attendu, Philippe et moi, la 390ème sortie du site avant d'effectuer cet aller-retour et nous conseillons aux randonneurs d'attendre d'en avoir parcouru au moins 200 avant de se lancer sur ce périple de près de 8 heures pour à peine 10 kilomètres. Ce circuit qui apparaît encore sur les cartes IGN des années 90 a depuis longtemps été effacé et n'est employé que par les canyoneurs qui reviennent de quelques journées passées dans les magnifiques cascades qui entourent les lieux. Le Bras Chansons, le Bras Tabac et le Bras Cabot se jettent dans le vide à quelques pas du belvédère mais impossible de les apercevoir, surtout qu'il vaut mieux ne pas se pencher au-dessus de la balustrade. Avec cette descente vertigineuse vers la jonction des trois torrents, c'est l'assurance de les voir dans leur ensemble, depuis le haut de la chute jusqu'aux bassins 200 m plus bas. Le spectacle doit y être grandiose après un épisode pluvieux mais les dangers rencontrés sur l'arête seront multipliés à cause de l'humidité. Une fois le gué atteint, ce sont d'autres cascades qui permettront de beaux clichés ou de bonnes éclaboussures (Photo 23). Ne pas hésiter à poursuivre vers l'aval en sautant de rocher en rocher pour atteindre le captage qui récupère l'eau pour l'envoyer par un long tunnel qui finit 1000 mètres plus loin à la Rivière des Marsouins. Inutile de penser remonter vers la Plaine des Palmistes par la continuité du sentier qui franchissait le Coteau Sec car la végétation est tellement dense qu'on a même du mal à deviner les premiers mètres. Une fois rassasié de ce spectacle de l'eau que peu de gens ont la chance de contempler il faut s'attendre à un effort sérieux pour refaire le chemin à l'envers. Mais quels souvenirs !!

La randonnée débute à Bébour sur le parking très connu du Sentier Botanique ou du Sentier de Bras Cabot, souvent fermé à cause de la végétation ou de la boue. Quelle que soit la saison, on est assuré d'en rencontrer des portions plus ou moins longues. Mais avec la boue, ce n'est pas la longueur du bourbier qui compte mais la façon qu'on a de le contourner. Les marches sont parfois extrêmement hautes et glissantes et ce circuit presque plat s'avère sportif. Au début du parcours, des planches vermoulues font penser qu'on cheminera à sec mais cela ne dure pas. Les innombrables arums fleuris n'arrivent pas à faire oublier les glissades et les contournements. Certaines rigoles sont profondes et étroites (Photo 6). Heureusement la forêt de bois de couleurs moussus qui borde le sentier est très agréable et on peut y découvrir de beaux spécimens couverts d'épiphytes ou d'orchidées (Photo 8). On arrive après une bonne heure de glissades au belvédère du Cassé de Takamaka qui permet de se régaler des paysages sur les vallées qui se rejoignent 600 mètres plus bas. On aperçoit sur la gauche le barrage qu'on atteindra dans quelques heures pour un kilomètre de descente. Le sentier est facile à trouver sur la gauche du belvédère. Il débute à plat dans les sabres mais pour moins de 10 mètres. Les 10 mètres qui suivent donnent le ton avec une descente vertigineuse qui ne cessera qu'un kilomètre plus loin. La végétation est dense, un peu envahie de goyaviers. On rencontre rapidement la première échelle qui permet de franchir une arête rocheuse. Attention, elle est rouillée et brisée en plusieurs endroits et reste donc très symbolique. Elle doit se franchir avec le maximum d'attention. On se retrouve alors au sommet de l'arête qui sépare les vallées du Bras Chansons et Bras Tabac. Certaines portions font une vingtaine de centimètres et il ne faut pas regarder le paysage mais ses pieds. D'autres tronçons ont carrément disparu et c'est sur les troncs d'arbustes couchés qu'il faut poser le pied tout en se maintenant à la végétation constituée essentiellement de sabres et de brandes. Pour admirer les cascades du Bras Tabac (Photo 11 & 7), il faut s'arrêter, bien positionner les pieds, s'assurer d'une prise puis seulement regarder ou photographier car un faux pas de 10 cm peut se terminer 200 m plus bas. La descente est souvent acrobatique (Photo 18) et s'effectue très lentement. Le sentier est si bien marqué par endroits qu'on le devine facilement sur la photo satellite étudiée pour l'occasion avant le départ. On le suit simplement jusqu'à la dernière échelle, difficile à repérer sur la droite du passage puis il devient invisible en quittant les branles verts du sommet et en pénétrant dans la forêt de bois de couleurs. Le sous-bois est agréable car on peut y cheminer sans risque d'être ralenti par une peste végétale comme c'est le cas sur l'autre versant par le sentier venant de la Plaine des Palmistes. Comme les passages de randonneurs ou canyoneurs sont rares, la trace est alors très difficile à suivre des yeux et on peut très vite la perdre. Une astuce pour ne pas s'égarer : après la dernière échelle le sentier est presque rectiligne (voir carte) aussi, dès qu'on le perd des yeux, il faut continuer vers l'aval et ne jamais chercher à le retrouver en partant vers la droite ou la gauche car même si on peut marcher dans le sous bois, il sera indispensable de l'avoir retrouvé aux deux cascades sur la Bras Chansons pour rejoindre le gué car les falaises sont tellement à pic qu'elles forment presque une voûte et marcher trop au bord s'avère très dangereux. Le GPS ne perd pas encore trop le Nord à ce moment et on peut encore se fier à lui pour se rapprocher au plus près du triangle que forment les deux rivières qui se rejoignent au gué. Plus tard, les traces sur l'écran rebondiront sur les falaises avoisinantes et on ne pourra plus lui faire confiance. Si on a bien cherché à marcher le plus droit possible, on finit la descente sur un sentier abrupt qui arrive sur les basaltes, exactement entre les deux rivières (Flèches de la photo 24). Avant de poursuivre vers le barrage, profiter de la belle chute et du grand bassin sur le Bras Cabot mais surtout de la haute chute du Bras Chansons qui tombe d'une vingtaine de mètres (Photo 23). Un coup d'œil sur les falaises qui l'entourent confirme ce qui a été dit plus haut sur la nécessité de suivre le sentier pour rejoindre le gué. Après un bon casse-croûte à l'ombre des falaises et sous les embruns on peut s'apprêter à repartir vers le Bras Cabot. La progression est facile car les roches sont larges et stables et on atteint rapidement le barrage de recueil des eaux. L'ouvrage cache un beau bassin (Photo 25) et il est dominé d'une entrée de tunnel qui permet de mieux comprendre les imposants travaux entrepris pour acheminer l'eau d'une vallée à l'autre. L'eau du barrage part en partie dans un aqueduc abrité par le tunnel qui se dirige vers la Rivière des Marsouins par une pente faible (pointillés bleus sur la carte IGN). Le tunnel est assez large pour faire passer l'aqueduc et une équipe d'entretien. Poursuivre vers le bas est laissé aux canyonneurs car une corde est obligatoire à moins de traverser le bassin à la nage ; il faut donc se préparer à remonter ce qu'on vient de descendre et quel soulagement de retrouver la boue à partir du belvédère alors qu'on la maudissait en partant le matin.

10 raisons de ne pas y aller
: Le sentier est officiellement fermé. Il y a de la boue sur les 4 premiers km. Le sentier est difficile à suivre. Il est très vertigineux par moments. La place pour les pieds est parfois inférieure à 10 cm sur des vides de plus de 100 m. Les échelles sont rouillées, cassées, voire totalement détruites. La trace en sous bois est plus instinctive que visible. L'endroit est interdit aux personnes sujettes au vertige. La moyenne horaire est parmi les plus faibles.

5 raisons d'y aller
: Personne n'y va jamais. Les paysages sont superbes, surtout vers les cassés. Il y a des cascades partout. Le Bras Cabot est facilement praticable sur cette portion. On peut y étudier de plus près un système de récupération des eaux. Prendre ses responsabilités.

Pour les habitués des circuits oubliés de randopitons.re
: Bien réfléchir avant de partir. Partir à deux, mieux à trois personnes. Prendre son temps sur les passages dangereux. Il y a bien assez de circuits où on peut courir ; ici, on marche doucement. La corde ou le coupe-coupe ne sont pas indispensables.

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à la Plaine des Palmistes et gagner la Petite Plaine puis la route du Col de Bébour vers Bélouve - Rouler en direction de Bélouve - Passer le Col de Bébour puis le Piton Bébour et se garer à droite, un peu plus loin, au début du sentier botanique - Emprunter le Sentier de Bras Cabot en direction du Cassé de Takamaka et marcher jusqu'au cassé - Prendre à gauche du belvédère le petit sentier qui se dirige vers la cassé puis "plonger" le long de l'arête vers la jonction du Bras Chansons et du Bras Tabac - Traverser le gué puis descendre le long du Bras Cabot jusqu'au barrage de récupération des eaux vers l'usine de Takamaka - Faire demi-tour et visiter les cascades aux alentours de la jonction des rivières puis reprendre le sentier en sens inverse jusqu'au parking

Les échelles dans la descente

Sur les 6 échelles rencontrées dans la descente, trois sont encore praticables malgré leurs barreaux envahis de végétation ; une semble tenir encore mais elle est rouillée et cassée par endroits, c'est la plus dangereuse et il faut l'employer avec prudence ; les deux autres sont des squelettes qui ne peuvent même pas être utilisés. Celles qui sont encore "en forme" sont verticales et il faut escalader les roches ou arbres pour passer où étaient fixées celles qui ont rendu l'âme.


Commentaires sur cette randonnée (5)

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Jérôme Mourot, 07/11/2018 17:47

Il y a foule en ce moment au bras cabot ! J'y étais samedi 03, accompagné d'un ami randopitonneur, et l'on a même rencontré deux autres randonneurs dans la descente, effectivement à ne pas conseiller aux randonneurs sujets au vertige. Au bonheur d'être arrivé jusqu'au barrage s'est ajouté celui d'avoir poursuivi en aval, en contournant le barrage par la gauche tout d'abord, puis dans le bras Cabot (à la nage en l'occurrence mais ça passe en marchant avec de l'eau jusqu'à la taille) et d'avoir pu admirer le long de cette gorge des orgues basaltiques, des grottes avant de surplomber une cascade vertigineuse ( plus de 100 m de haut) d'où l'on a une vue exceptionnelle sur l'étroite vallée du bras cabot. Bref, une rando 4 coeurs pour moi (pas de photos , hélas, avis aux amateurs!)

JPG, 06/11/2018 00:38

Hello à vous trois. Merci pour tous ces commentaires. Je désespérais de voir un jour quelqu'un suivre nos traces. Voilà qui est fait et malgré la difficulté, je vois que cela vous a plu. Attention pour les autres, le circuit reste dangereux et je viens même de rajouter la tête de mort des sentiers dangereux.

Martial, 05/11/2018 19:23
Randonnée complétée le 02/11/2018 en 10h30

Une sortie exceptionnelle, tout ce qu’on aime est réunie ; la boue sur le sentier d’approche, une arête vertigineuse à descendre équipée de vieilles échelles complètement inutilisables, des passages en arête ou on a moins de 5 centimètres pour poser le pied, une forêt dense ou le sentier est devenu invisible. Comme le précise le texte de début de la fiche, j’aurai attendu ma 373éme sortie randopitons avant d’effectuer celle-là qui va rejoindre mes favorites. Les efforts sont récompensés puisque l’arrivée se fait dans un monde aquatique de bassins et de cascades tous aussi beaux et belles les uns et les unes que les autres. Nous mettrons 3 heures de plus que sur la fiche, même si le temps mentionné est conforme, car nous remonterons également le bras cabot jusqu’à la confluence avec le bras tabac et remonter ce genre de bras de rivière prend du temps ; il faut dire aussi que le lieu est propice à la flânerie et à la découverte. Nous avions trouvé finalement 15 raisons d’y aller et ce fût inoubliable. Attention cependant, lisez bien la fiche avant d’entreprendre cette sortie, peser bien le pour et le contre et tentez là seulement si l’envie est trop forte ; bien sûr ne partez pas seul (e) et pensez que dans toute la zone, on ne capte aucun réseau de téléphone Photos jointes, nr1 le sentier défoncé et boueux qui mène au cassé de Takamaka, nr 2 le barrage du Bras Cabot, nr 3 des éléments du barrage ayant manifestement été fabriqué en Allemagne, nr 4 probablement un appareil de mesure, nr 5 une arche en formation sur le Bras Cabot.

Christian Léautier, 05/11/2018 15:30
Randonnée complétée le 02/11/2018 en 7h30

Nou la fé! Bonheur et Fierté! Le site comptabilise 10 raisons de ne pas y aller ! j'en enlève 2: la pancarte "danger , sentier fermé" située au cassé de Takamaka s'est envolée, donc on a la conscience un peu plus tranquille(?) puisqu'aucune trace de sentier officiellement fermé et les échelles rouillées sont devenues tellement impraticables qu'on ne se pose même plus de questions-les autres sont fiables; je rajoute 2 raisons ,mais personnelles, ne ne pas y aller: crampesssss pour la remontée vertigineuse de l'arête, autant vertigineuse que la descente mais ok c'est de ma faute car pas assez préparé physiquement et mon pantalon tout déchiré et maculé de haut en bas d'une boue glaiseuse presque indélébile est parti tout droit à la poubelle. Pour les 5 raisons d'y aller que décline le site: la première c'est: "personne n'y va" ; ne serait ce pas également une bonne raison de ne pas s'y aventurer? Et bien non. Moi, j'ai trouvé mille raisons-allez y , vous verrez!- d'avoir " fait les sources de Bras Cabot" et je remercie mes 3 merveilleux dalons -François, Martial et René-de s'être si bien préoccupés de moi en mettant des cordes aux endroits stratégiques-c'est vrai pas nécessairement obligatoires mais c'est plus confortable- et en me guidant sur une arête de 20 cm de large avec des précipices effroyables de chaque côté. Belle expérience qui laissera des souvenirs impérissables .J'ai personnellement négligé le bonus, en pensant à la remontée (!): la recherche de nouveaux bassins et cascades en amont du Bras Tabac et du Bras Cabot dans une végétation inextricable-coupe coupe ici nécessaire- qui n' a pas permis de retrouver les traces du sentier dit "de Bras Cabot" qui remontait naguère vers l'ilet Patience pour rejoindre la Plaine des Palmistes-voir sur le site randopitons- une autre approche que j'avais effectuée en partie il y a 3-4 ans et qui déjà avait donc avorté. 10h 30 tout compris avec la longue pause au captage agrémentée d'une fraiche baignade dans des eaux turquoises, presque une raison supplémentaire d'y aller faire un tour.....Ps: le temps de 7h30 pour la rando du site à l'identique est bien correct. Toutes les longues explications de JPG sont bien justifiées et à prendre littéralement en compte avant de se lancer dans l'aventure.

Fanch, 02/11/2018 18:19
Randonnée complétée le 02/11/2018 en 9h00

Une très belle sortie avec les dalons. La fiche nous renseigne très bien sur les difficultés nombreuses - et c'est pas du chiqué - mais les raisons de s'enthousiasmer les compensent allègrement. Le Bras Cabot se mérite très clairement.

Randonnée ajoutée le : 01/10/2014