Les Coulées de Takamaka et brûlé des Citrons Galets

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 5h30
Distance 14.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1227 - 85 m
Dénivelé positif 1300 m
Dernière mise à jour 18/04/2020

Au pays des lichens et fougères

Cette boucle dans la région du Tremblet permet de suivre les coulée de 1986, dites Coulée de Takamaka au Sud et Coulée des Citrons Galets au Nord ; de contourner les cratères surgis à la même date, d'étudier au passage le lent travail de la nature qui cherche à se réinstaller surtout quand elle est en forte concurrence avec les pestes végétales. On profite, tout au long de la randonnée de belles vues sur l'océan et quelques bourgades de la côte sauvage. Les pierres coupantes et instables de la montée à Takamaka obligent le randonneur à rester scrupuleusement sur le sentier balisé. Les deux abris encore marqués sur certaines cartes ont été démontés et il ne subsiste que quelques vestiges rouillés ou de rares trochées d'hortensias qui donnaient tant de charme à l'endroit. Comme pour la montée au Nez Coupé du Tremblet, le sentier qui revient vers l'océan est assez abrupt, boueux et glissant au départ mais se calme par la suite tout en restant fatiguant à cause des racines. Les trois kilomètres de route, inévitables, permettent de voir de belles cases typiques entourées de jardins beaucoup plus fleuris que dans le reste de l'île. Ne pas manquer également une halte à la profonde grotte de Takamaka, dédiée à la Vierge et pourquoi ne pas profiter d'un bon cari dans un petit restaurant en bord de route ; pour cela, se garer au départ de la Coulée de 1986 et garder la portion de route pour la fin de la boucle.

La randonnée débute au Tremblet, au départ du sentier du Nez Coupé du Tremblet mais peut commencer n'importe où sur la RN2 puisque cette courte portion est incontournable à moins de prévoir deux véhicules ou de prendre le bus. On chemine tout d'abord durant 3 km sur la route jusqu'à la Ravine Takamaka en passant devant l'entrée du tunnel de lave de Citron Galet. Le Tremblet, tout en longueur est agréable à traverser puisqu'on se croit dans un petit village malgré l'étalement des habitations le long de la nationale. On passe, plus loin, près de la fin d'un tunnel de lave qui a été utilisé comme grotte dédiée à la Vierge. 500 m après la grotte, juste avant le radier de la Ravine Takamaka, à l'oratoire vieillissant situé à droite, commence le sentier qui longe ou traverse la coulée de 1986 jusqu'au Piton de Takamaka (Photo 1). Le départ est bien visible même si le circuit est de moins en moins pratiqué (Photo 2). Les 500 premiers mètres alternent champs de canne, sentier, piste ou route et ne sont pas toujours évidents à suivre en raison d'anciens travaux ayant détourné des portions de l'itinéraire. Des poteaux indiquent déjà des zones attribuées au parc national (Photo 3). En arrivant au Chemin de Takamaka, les choses sérieuses débutent (Photo 4). Les rares panneaux qui restent encore debout ont mal vieilli et gagneraient à être remplacés (Photo 5). Mais plusieurs indices montrent que ce circuit a été déclassé en fin de liste par l'ONF et qu'il faudra patienter pour y voir des travaux de remise en état. Bien repérer le départ près d'un rocher arrondi au milieu des fougères (Photo 6). Le cheminement n'est jamais difficile hormis quelques zones recouvertes de lantanas griffus et malodorants en début de montée. Les lichens recouvrent tout mais sont déjà submergés par les fougères et autres plantes colonisatrices (Photo 7). Le sentier, inculte et un peu fréquenté, reste visible une bonne partie du temps (Photo 8). La végétation s'étoffe un peu et comporte ambavilles et fausses osmondes, ces magnifiques fougères en forme de palmiers (Photo 9). Après mille mètres de dénivelé depuis la RN2, on parvient au Piton de Takamaka qui dépasse largement de la végétation (Photo 10). Il reste encore des arbres brûlés qui semblent ne pas être attaqués par les xylophages (Photo 11). Le sentier qui passe au plus près du piton est de bonne qualité (Photo 12). Le sol est sableux et les portions plates permettent de souffler un peu (Photo 13). Depuis la gueule de l'ancien cratère, on domine toute la région et le regard porte jusqu'à l'océan (Photo 14). Un peu plus haut, la végétation reprend un peu de hauteur (Photo 15) et on se retrouve à l'emplacement de l'ancien abri du cratère de Takamaka (Photo 16). De ce petit coin calme comportant une cabane au début du siècle, il ne reste rien que les hortensias et les fougères de l'époque. A partir de cet emplacement, le sentier va remonter encore de 150 mètres. Il oblique sur la droite et le cheminement s'effectue en suivant presque la courbe de niveau dans la végétation habituelle de ces lieux (sabres, vacoas, branles verts ou canne marronne – Photo 17). Le sentier devient boueux car moins pentu et traverse des ravines en empruntant de petits ponts étroits et instables constitués de troncs de fanjans. La traversée de la belle ravine des Citrons Galets est un plaisir pour les yeux mais gare à la glissade sur la mousse (Photo 18). On arrive, un plus loin à l'emplacement de l'ancien abri et au Sentier du Tremblet qui arrive du Volcan et redescend vers l'océan (Photo 19). On bifurque à droite pour entamer une longue descente vers la RN2 sur un terrain parfois difficile en raison des racines, des cailloux de lave glissants, des hautes marches ou des plaques de boue assez fréquentes (Photo 20). On retrouve un peu de la végétation aperçue en montant mais plus touffue (Photo 21). Une dizaine de passerelles en aluminium permettent de franchir aisément les ravines étroites (Photo 22). La végétation d'altitude, plus rase, est petit à petit remplacée par les bois de couleurs qui envahissent le sentier de racines (Photo 23). Quelques trouées permettent des points de vue sur l'Océan. L'apparition des premiers goyaviers signifie une arrivée proche du Tremblet. Il reste encore quelques gros arbres mais les goyaviers ont entrepris leur lente et destructrice invasion (Photo 24). Il reste encore quelques portions couvertes de cailloux de très anciennes coulées mais on sait que c'est bientôt terminé (Photo 27). Faire une petite halte pour descendre à gauche dans le lit de la Ravine de Pont Rouge pour repérer des grottes ou des roches couvertes de mousses du plus bel effet quand le soleil traverse la végétation (Photo 28). C'est sous le kiosque en fin de sentier qu'on pourra bénéficier d'un repos bien mérité.
Voir la page de Sophie pour d'autres photos de fin 2016.

Profil

Plan de l'itinéraire

Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Takamaka vers Saint Philippe puis au Tremblet - Se garer au kiosque situé un peu après la route de la Pointe du Tremblet - Suivre la route en direction de Saint-Philippe et traverser Takamaka - Tourner à droite après la petite chapelle (oratoire de la ravine Takamaka) - Remonter la coulée de 1986 - Contourner le Piton de Takamaka - Passer le cratère de Takamaka - A l'ancien abri du Tremblet, prendre à droite la variante du GRR2 et suivre la Ravine Pont Rouge - Traverser le brûlé des Citrons Galets - Rejoindre la Nationale 2 et le véhicule.

L'éruption de mars 1986

Le 19 mars 1986, une faille s'ouvre au pied du Nez coupé du Tremblet mais s'arrête presque aussitôt. On croit à l’accalmie mais le lendemain, une autre faille s'ouvre hors enclos au dessus du Piton Takamaka. Puis c'est le déluge de lave issu de sept cratères qu'on remarque encore très bien lors de la randonnée. Le Piton Takamaka fait rempart et sépare la coulée en deux autres. L'une suit la ravine Citrons-Galets tandis que l'autre se précipite dans la ravine Takamaka. Les habitants continuent leur occupations habituelles sans trop s'émouvoir des fumées aperçues au dessus. Les gendarmes, alertés refusent tout d'abord de croire à une éruption hors enclos mais un survol en hélicoptère oblige le préfet à faire évacuer toute la zone menacée par ces deux coulées. En fin d'après midi la lave a rejoint la nationale et se dirige vers la mer. Le 23 mars, des fissures s'ouvrent au niveau de la nationale sur le plateau de la Pointe de la Table. C'est l'éruption la plus basse connue qui agrandira la Réunion de 25 hectares qui se visitent actuellement par le sentier de la Pointe de la Table. Aucune victime pour cette éruption hors normes et seulement huit cases englouties par le feu de la terre.