La descente du Grand Bras Piton depuis sa source

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 5h30
Distance 8.8 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2356 - 1994 m
Dénivelé positif 400 m
Dernière mise à jour 10/03/2026

Plusieurs possibilités de retour

Ce n'est pas parce que l'on peut effectuer des dizaines de hors sentiers dans la région du volcan qu'on ne peut pas proposer une balade entre les branles verts pour suivre une ravine. Cette sortie s'adresse donc aux marcheurs habitués à sillonner des terrains inconnus où aucune balise ne vient rassurer sur la bonne direction. Plus on descend et plus la Grand Bras Piton se découpe dans les basaltes, mais le suivre depuis sa source est plus difficile car il est très peu marqué. Sur le terrain, souvent très plat, seuls quelques creux permettent d'imaginer le début d'une ravine. Il n'y a pas de véritable source. Ce sont les eaux d'écoulement qui se rassemblent et forment cette belle petite ravine. Le trait bleu de la carte permet de savoir que l'on est au bon endroit. Plus bas, la carte devient inutile puisque le lit s'est creusé. Il suffit de le suivre en empruntant, soit le fond, soit les rives lorsque le sol est encombré ou trop tourmenté. On rencontre plusieurs cassés se franchissant facilement. A partir de 2000 m, l'exercice est possible, mais les cassés sont infranchissables sans matériel. Le contournement passe dans des sous-bois serrés où il est désagréable de se faire griffer. Voilà pourquoi la trace ci-dessous s'arrête une centaine de mètres avant le grand cassé. De ce cassé jusqu'au confluent avec la Ravine Sèche, seuls les canyonistes peuvent s'y promener. Mais comme la ravine est rarement en eau, elle ne fait pas partie de leurs favoris.

La randonnée débute entre Bois Ozoux et le cratère Commerson, au commencement de la piste DFCI de l'oratoire Ste-Thérèse. Avant de débuter la boucle, se régaler du spectacle sur la Plaine des Cafres, la vallée de la Rivière des Remparts ou le Piton des Neiges (Photo 1). Franchir la barrière et remonter la piste qui a subi des travaux la rendant très carrossable aux camions de pompiers. Le sol est souvent pavé de pierres de lave pour une marche assez agréable (Photo 2). Plus loin, on rencontre le sentier venant du Textor en direction du Piton de la Fournaise. Le suivre quelques mètres avant de se lancer pour près de 4 heures dans un agréable hors sentier. On peut filer directement vers la source officielle présentée sur la carte IGN mais les branles y poussent dru. Effectuer un court détour par de larges clairières couvertes d'herbe et de faux thym (Photo 3). Marcher ainsi et obliquer régulièrement vers le nord pour se rapprocher au plus vite du Grand Bras Piton (Photo 4). Il faut pour cela traverser quelques bosquets de branles verts ou d'ambavilles jusqu'à rencontrer les premières flaques indiquant que l'on est sur le bras (Photo 5). Un rocher solitaire au milieu de la verdure confirme qu'il s'agit bien de la bonne ravine (Photo 6). Très vite, la ravine qu'on avait encore du mal à identifier se creuse et présente même de petits canyons faciles à suivre (Photo 7). Après une vingtaine de minutes, un premier petit cassé impose de le contourner en rive gauche (Photo 8). Le passage est très facile sur les rives basaltiques avec le Piton des Treize Cantons à l'horizon (Photo 9). A partir de là, les contournements ne poseront pas de difficultés car il y a toujours des zones dégagées et sableuses pour ne pas gêner les plantes endémiques (Photo 10). Des écarts sont même possibles pour s'éloigner de la berge et se rapprocher par exemple d'un arbre caractéristique (vignette 3). La pente s'accentue et par là même les nouvelles cassures. Dans la descente, on voit très bien la rive droite très boisée et la gauche plus facile d'accès (Photo 11). Lorsque le sol basaltique est trop découpé, il peut ralentir la marche. Préférer alors les berges sableuses (Photo 12). On peut être tenté de rester sur le sable quand le fond est envahi de tamarins tortueux. Pourtant ces passages plus sportifs mais ludiques permettent de côtoyer des arbres qui ont souffert à tenter de survivre sur ce sol inculte (Photo 13). Tout aussi agréables sont les mini canyons ou les petits cassés bordés d'arbres ou de vieux branles (Photo 14). Les pluies laissent quelques petits bassins d'eau froide très aisés à longer en choisissant la bonne rive (Photo 15). D'autres portions plus chaotiques ralentissent mais se descendent en prenant garde aux roches instables (Photo 16). Mais ces zones sont assez rares. La plupart du trajet emprunte de belles parties de la ravine (Photo 17). Les amateurs de nature sauvage, où le minéral empêche le végétal de s'installer, apprécieront de nombreux points charmants (Photo 18). Pourtant, les deux coexistent pour le plus grand plaisir des yeux (Photo 19). Attention cependant à l'approche des profondes cassures de la croûte qui ont créé cavités et grottes (Photo 20). Il est possible à mi-parcours, de remonter le lit d'un affluent en rive droite, tout aussi rocheux et découpé que le bras. Après 90 minutes à flâner où à chercher le meilleur passage depuis la source, on franchit le sentier du Piton de l'Eau puis la RF44 allant dans la même direction. Après le large radier de la RF, le lit du Grand Bras Piton se diversifie. Il passe de très larges zones plates et empierrées à d'autres plus étroites envahies de végétation (Photo 21). On rencontre même de très larges coulées de lave très anciennes, extrêmement dures, que les crues n'ont même pas entamées (Photo 22). Les bassins sont toujours aussi rares et ne donnent aucune envie de se baigner (Photo 23). Le lit forme plus loin un Y. Prendre vers la gauche à partir d'un petit gouffre bordé de grosses flaques (Photo 24). Le premier cassé d'importance se présente plus bas. Descendre devient trop dangereux (Photo 25). Il vaut mieux contourner l'obstacle par un long détour empruntant tout d'abord le fond d'un affluent puis en cherchant le meilleur passage sur les parties rocheuses ou sableuses de la rive. On se rend compte plus loin qu'il en sera de même jusqu'au grand cassé. Faire demi-tour et entamer le chemin du retour qui pourra se faire en coupant difficilement les étendues touffues de branles en direction du sentier du Piton Textor. Nous avons choisi de filer plein sud en contournant le Piton de Caille par l'est. En prenant son temps et avec le souci de ne pas abîmer les plantes on effectue une trace sinueuse entre les touffes, sur les parties sableuses et en traversant parfois quelques mètres de végétation plus touffue (Photo 26). Compter une bonne heure de remontée jamais abrupte, parfois glissante et toujours aléatoire, à ne jamais pratiquer par temps de brouillard sans GPS au risque important d'égarements. A partir des flancs du Piton de Caille, il est facile de suivre des pseudos ravines ou trouver des sentiers créés par les bovins à l'époque où ils étaient nombreux à parcourir ces vastes zones (Photo 27). Terminer par un court tronçon de ravine menant à la RF 44. Prendre la piste vers la droite et marcher jusqu'à la route du volcan. Bifurquer à gauche sur le GRR2 et entamer la dernière montée vers l'Oratoire Ste Thérèse. La pente est plus forte que la remontée en hors sentier mais on a l'assurance de ne plus avoir à contourner les plantes afin de ne pas les piétiner (Photo 28). Après avoir coupé par 4 fois la route du Volcan, la rejoindre par un petit sentier de moins de 50 m et marcher vers le véhicule stationné au début de la piste DFCI.

Balises

Pas de balisage hors GRR2

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Depuis Bourg-Murat, emprunter la route forestière du Volcan - Rouler jusqu'au Piton Textor puis poursuivre par Bois Ozoux et stationner au parking situé au début de la Piste DFCI de l'Oratoire Ste-Thérèse - Longer la piste jusqu'à rencontrer le sentier - Entamer un court hors sentier jusqu'à la source - Longer la ravine jusqu'aux grands cassés puis rejoindre la RF44 par un hors sentier sinueux pour éviter la végétation - Suivre la RF jusqu'à la route du Volcan et terminer la boucle en remontant au véhicule par le GRR2.


Commentaires sur cette randonnée (8)

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Suepairpiénu, 15/03/2026 09:53

@ Ousarsiph2 : Merci pour l'info. J'enlève donc ce que je n'aurai pas dû mettre entre parenthèses !

Ousarsiph2, 14/03/2026 23:09

@supairpiénu, les barbelés ne délimitent pas une propriété privée. Nous sommes en effet en zone domaniale (publique) avec sans doute un droit de paturage pour les bovins. Les barbelés empêchent surtout ces derniers de tomber ou de se coincer dans la ravine rocheuse.

Suepairpiénu, 14/03/2026 18:05

14 MARS 2026
Aller de la fin de la trace jusqu'à l'ultime cassé est effectivement possible sans matériel. Cela rallonge d'une trentaine de minutes A/R.
Photos 1 : deux des cassés peu avant la fin de la trace.
Photo 2 : le contournement du cassé de la fin de la trace. Revenir par le même "chemin" !!!
Photos 3 : l'accès à l'avant dernier cassé
Photos 4 : avant/après la barre précédent l'ultime cassé
Photo 5 : vue finale depuis l'ultime cassé par temps de brouillard GRR !!!

@Christian L : il y a effectivement un accès très facile en rive droite qui conduit au cassé de ma photo 2 mais il emprunte un sentier bovin qui passe effectivement derrière les barbelés.

JP Goursaud, 12/03/2026 17:52

@Alonbatcare : Aller jusqu'au cassé est effectivement possible au prix de quelques efforts ou acrobaties. Vu le brouillard et les brandes à traverser, nous sortions de la randonnée publiable sur le site. Par beau temps, nous aurions continué mais je n'aurais certainement pas publié ces derniers 200 m trop aventureux qui pourraient m'attirer les foudres du PGHM. Nous tenterons cependant cette partie pour le plaisir et la "culture générale". Merci pour vos conseils.

Christian L, 12/03/2026 17:26

@Alonbatcare et Walking Dog 974, La rando « Du piton de Sable au Piton des 13 Cantons… » permet d’arriver au cassé par un « Affluent » du Grand Bras Piton un peu plus à l’ouest. Si ma mémoire est bonne j’étais parvenu au cassé en restant en rive droite du Grand Bras Piton mais en restant au-dessus de la ravine, le long de barbelés.

Walking Dog 974, 12/03/2026 09:04
Randonnée complétée le 05/03/2026 en 5h00

@Alonbatcare : je précise bien que le dernier cassé, le grand cassé final donc, est apparemment inapprochable sans matériel adéquat, ce qui sous-entend qu'il y a un doute.
Peut-être aurait-il fallu changer notre approche, voire changer de rive (dans la mesure du possible).
En tout cas en rive gauche nous étions bien freinés par la végétation, et le fond du canyon était bien haut, les parois verticales; nous avons aperçu le cassé sans y arriver.
Mais merci pour vos informations et vos photos qui montrent que c'était possible et que peut-être on peut encore atteindre ce point de vue.

Alonbatcare, 12/03/2026 07:52

Superbe sortie ! Êtes vous sûr qu’il n’est plus possible d’accéder au cassé? J’y suis parvenu en 2021 après avoir vu une photo de @dolococo à cet endroit. Il est vrai qu’une des descentes était assez périlleuse (quelques écorchures) mais nous étions sans équipements et ça passait.
Edit: Voici mon tracé https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/le-casse-du-grand-piton-67883286

Walking Dog 974, 08/03/2026 08:19
Randonnée complétée le 05/03/2026 en 5h00

Bonjour, voici une sortie originale dont Jean-Paul a eu l’idée.

C’est effectivement une randonnée différente de celles que j’ai pu faire jusqu’à maintenant, puisqu’il s’agit de partir du point de naissance d’une ravine et de suivre cette ravine le long d’une descente (plutôt douce et facile dans cette sortie).

Belle randonnée qui comporte donc du hors sentier, avec tout de même le gros avantage de ne jamais se sentir perdu les trois quarts du temps puisque l’on suit le Grand Bras Piton ; c’est presque un « sentier balisé » qui demandera au marcheur de vérifier parfois sa position sur la carte.

Sinon, le chemin se suit avec évidence.

De plus, quand on se trouve en hors sentier véritable, par exemple lorsqu’on a quitté le Grand Bras Piton, ce n’est pas insurmontable car la végétation est souvent basse (branles) et espacée (les passages sont faciles) et la route repérée assez vite.

J’ai apprécié cette randonnée originale par son tracé mais aussi par sa structure et tout ce qu’y on rencontre.

PHOTO 1 : au début, ce sont les grands espaces ; on se sent libre d’aller où on veut

PHOTO 2 : puis ce sont les marches dans la ravine (ou le long de celle-ci) qui permettent d’évoluer dans de petits canyons souvent remplis de minuscules bassins.
La végétation colonise certaines portions du bras.

PHOTO 3 : la Nature guide le marcheur : tantôt un arbre particulier, tantôt une roche « pointe du doigt » la direction à prendre😂😂 !

PHOTO 4 : de nombreux bassins attendent tranquillement, avec une profondeur maximale qui ne doit pas dépasser les 30 cm.
Pas de quoi piquer une tête, mais suffisants pour un brin de toilette….

PHOTO 5 : en plus des différents effondrements et cavernes rencontrées (voir photo 20 du site) , j’ai bien aimé les types de surface variés sur lesquels nous évoluions dans ce Grand Bras Piton.
La lave était parfois rugueuse, faite de blocs irréguliers, ou bien lisse,au point de ressembler parfois à une route bitumée équipée de ses accotements et rigoles !
Plus loin, la couche se trouvait aussi assemblée en petites plaques jointes, dressées comme des crêtes sur lesquelles il n’était pas facile de marcher..

Au niveau des cassés, on sent bien que la difficulté augmente et cela nécessite souvent de les contourner.. Mais la vue vaut le coup.

Le dernier cassé, bien protégé par une végétation touffue, est apparemment inapprochable sans matériel adéquat.

Une randonnée bien sympathique en somme, qui mérite bien 3 coeurs.

Merci Randopitons !

Randonnée ajoutée le : 07/03/2026