De l'Îlet habité de Quinquina les Bas à l'Îlet oublié de Quinquina les Hauts

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h30
Distance 16.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 859 - 148 m
Dénivelé positif 1100 m
Dernière mise à jour 05/08/2021

Plus de goyaviers que de quinquinas sur le plateau

Merci à Laurent qui a fouillé, trouvé et reconnu deux fois cet itinéraire avant de nous proposer de l'accompagner en pèlerinage sur cet îlet oublié et éloigné de tout.

Une longue randonnée aquatique assez difficile, remonte la Rivière des Pluies en direction du Grand Eboulis de Quinquina. Elle privilégie les pieds mouillés en longeant le fleuve toujours au plus près. Cette sortie, tout aussi difficile sinon plus, propose tous les raccourcis connus afin de marcher le moins possible dans la rivière. C'est pourtant avec les chaussures détrempées, remplies de sable, que l'on atteindra le pied du plateau de l'Îlet Quinquina avant d'en entamer la très rude montée. Si cette montée est d'exception, la descente empruntant le même itinéraire est d'anthologie. Les mains sont très utiles pour affronter la pente dépassant souvent les 50°. Au retour, ce sont les fesses qui seront mises à l'épreuve pour ralentir la descente vertigineuse. Si l'on trouve trop difficile montée ou descente, penser à l'habitant du plateau descendant vendre en 1950 un régime de bananes et des légumes pour en tirer 500 F CFA plusieurs heures plus tard à la Bretagne ou à Sainte-Marie. Le sentier, encore bien marqué par de fréquents passages ne se perd jamais des yeux. En revanche, le plus difficile consiste à trouver le départ. Quarante minutes plus tard, le pèlerinage peut débuter en poursuivant la montée d'une bonne centaine de mètres tout en recherchant vestiges et traces de vie désormais recouvertes par les goyaviers. Une sortie émotion, à ne pas mettre entre toutes les jambes, qui laissera pour longtemps de magnifiques souvenirs.

La randonnée débute dans le long village d'Îlet Quinquina où de nombreuses places de stationnement s'étalent le long de la rivière. On peut commencer à la cascade puis rejoindre le premier gué par le sentier en rive gauche. Cette trace propose de suivre la piste avant de franchir le premier gué les pieds au sec. Cinq minutes après le gué, on emprunte déjà le premier sentier de contournement en rive droite. Il se finit à une piste et a permis d'éviter le lit de la rivière. La piste est bordée de quelques cultures de tarosColocasia esculenta. Songes à la Réunion. Toute la plante est comestible à l'exception du fruit. baignant dans l'eau détournée à cet usage et surtout de centaines de bananiers (Photo 1). Ces raccourcis seront nombreux sur une très grande partie de la remontée. Le plus difficile sera de les repérer tous. Certains s'éloignent de la rivière qu'on entend toujours couler. D'autres s'effectuent sur des petits plateaux à quelques dizaines de mètres de l'eau. Enfin, quand il n'y en a pas, on longe la rivière au plus près lorsqu'il ne faut pas la traverser à gué les pieds dans l'eau (Photo 2). Les zones assez plates abritant un manguier ou quelques bananiers cachent souvent une case en plus ou moins bon état (Photo 3). La plus typique est certainement celle rencontrée en rive gauche 20 minutes après le début de la marche. C'est un mur de pierres sèches couvert de quelques tôles comme on pouvait en trouver des dizaines sur l'île il y a moins de 100 ans ; la plupart d'entre elles étaient recouvertes de vétiver à l'époque (Photo 4). La marche est toujours facile sur des sentiers verdoyants donnant souvent sur la pyramide du Piton Tatane (Photo 5). Après 90 minutes de montée, on arrive à une case sur la droite par un accès avec de hautes échelles. Elle est très proche d'une petite cascade qu'on rejoint par un sentier étroit longeant la falaise. Prendre quelques minutes pour apprécier le beau canyon qui domine la chute d'eau (Photo 6). Cette superbe gorge se remonte sans difficulté mais le parcours proposé emprunte le sentier qui les évite en cas de courant violent. il débute juste avant les mains courantes sécurisant le passage vers le canyon. Entamer une montée raide près d'un rocher dépassant des fougères (Photo 7). La montée est très sérieuse sur une bonne soixantaine de mètres puis le sentier se met à descendre calmement au milieu de fougères en direction de la rive gauche en amont des gorges (Photo 9). On évalue très bien la hauteur lorsque l'on profite des trouées dans la végétation pour admirer la vallée (Photo 8). Ce long détour au plus loin des berges amène au confluent de la Ravine la Nage. Un sentier en rive gauche, difficile à repérer près d'un rocher, grimpe en 5 minutes à un ancien îlet abandonné, habité il y a quelques décennies encore par deux sœurs. On reconnait la touche féminine aux nombreuses fleurs plantées le long du sentier avant d'arriver à une case encore en bon état proche d'un boucan sentant toujours la fumée (Photo 10). Poursuivre vers l'amont et prendre garde à tous les détails facilitant la recherche du sentier de l'îlet Quinquina. C'est tout d'abord une aire de repos installée sous les filaos d'un petit plateau dominant la rivière où l'on peut prendre des forces avant d'entamer la montée (Photo 11). Après la pause, marcher moins d'une centaine de mètres sous les filaos sur un sol très plat (Photo 12). Repérer la seule touffe importante de bambous balais de la zone ; le sentier et la grimpée débutent ici (Photo 13). Abandonner si l'on ne repère pas, moins de 10 mètres après les bambous, un muret de soutènement et une magnifique racine entourant un rocher (Photo 14). Une fois passés ces trois points de repère, il n'y a plus à réfléchir car le sentier, abandonné depuis un demi-siècle est encore bien marqué (Photo 15). On remarque des traces de passage de braconniers ou chasseurs de guêpes (Photo 16). S'il est facile à suivre, il n'en comporte pas moins des passages délicats où la terre et les pierres fuient sous la semelle, quand il ne borde pas des à-pics dangereux (Photo 17). Les mains sont indispensables sur une bonne partie de la montée (Photo 18). C'est penché vers l'avant que s'effectue la grimpée dépassant souvent les 45° (Photo 19). La forêt de bois de couleurs est encore préservée des goyaviers même si l'on en rencontre parfois (Photo 20). Durant 45 minutes on ne voit que les fesses du marcheur qui précède ou le crâne de celui qui suit (Photo 21). Le bord du rempart s'atteint par une dizaine de mètres très raides puis on parvient en une minute à un camp déjà tout prêt pour recevoir la bâche bleue en cas de pluie (Photo 22). Fini les bois de couleurs. On se retrouve sur le plateau qui était encore cultivé dans les années 50 (voir § ci-dessous), désormais envahi par les goyaviers (Photo 23). Des murets apparaissent un peu partout à l'emplacement des cultures de l'époque (Photo 24). Poursuivre vers le sud en longeant le sentier toujours visible (Photo 25). Il s'approche et domine la Ravine la Nage où l'on trouve le départ du sentier officiel repéré sur les cartes IGN des années 60 mais mais devenu depuis impraticable. Les jamrosats tentent tant bien que mal de résister à l'attaque des goyaviers (Photo 26). Puis le sentier s'éloigne de la ravine pour se diriger vers le Grand Eboulis. Du bord du rempart, on le domine ainsi que toute la vallée qu'on va bientôt rejoindre (Photo 28). Le retour vers l'Îlet Quinquina les Bas emprunte le même itinéraire à moins de délaisser les sentiers pour longer la rivière. Durant la traversée du plateau, tenter de repérer quelques signes prouvant la présence de l'homme au siècle précédent (Photo 27).

Balises

Pas de balisage

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Se rendre à Saint-Denis et prendre la direction de la Rivière des Pluies ou de la Bretagne - Poursuivre vers Domenjod puis bifurquer vers l'Îlet Quinquina - Stationner à la fin, autorisée, de la route - Débuter par la piste puis remonter la Rivière des Pluies jusqu'à la Ravine la Nage - Effectuer ou non une courte visite à l'îlet abandonné en rive gauche de la Ravine la Nage - Poursuivre 300 mètres après la ravine et emprunter le départ discret du sentier de l'Îlet Quinquina - Rejoindre le plateau par une très forte pente puis poursuivre jusqu'au point de vue sur le Grand Eboulis - Le retour s'effectue par le même itinéraire.

L'îlet en 1950

Lorsque l'on arpente le seul sentier encore praticable traversant le plateau, on est frustré d'avoir étudié cette photo de 1950 avant de partir. La photo fait clairement ressortir les plantations, murets de délimitation des parcelles sur les 10 hectares exploités. Deux groupes d'habitations avec deux toitures laissent penser que deux familles se partageaient l'exploitation des champs situés entre 750 et 850 m d'altitude. Combien de citronniers, d'orangers et de restes de plantations de curcuma pourrait-on retrouver si le terrain était défriché ?

La culture du quinquina

C'est la culture du quinquina, arbre utilisé en pharmacie, qui donna son nom à l'îlet. En effet, vers 1865, on essaya de faire, dans l'île, des plantations de quinquina à partir de quelques graines obtenues par le Dr Vinson. Il y avait un manque de médicaments dans l'île et le paludisme faisait des ravages. En 1888, 31 plants mis par le service forestier avaient réussi. On cultiva ensuite le géranium. Extrait de La Réunion, du battant des lames au sommet des montagnes de Catherine Lavaux.
Le quinquina (Cinchona officinalis) est un arbuste ou un petit arbre à feuillage persistant de la famille des Rubiacées, originaire de l'Équateur. Il est exploité pour son écorce dont on tire la quinine, fébrifuge et antipaludéen naturel. Source Wikipedia.
Ce sont désormais des hectares de goyaviers et jamrosats qui ont recouvert le grand plateau et bien malin qui retrouvera une feuille de l'arbre pouvant atteindre 6 mètres.


Commentaires sur cette randonnée (2)

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Massari Cyril, 08/09/2021 09:40

Bonjour,
Cette rando a l’air géniale, je serai partant pour la faire avec qui voudrait bien et avec plus de sens de l’orientation que moi.😄
Cyril

Christian L, 13/08/2021 08:06

J'ai beaucoup aimé cette exploration de l'ilet Quinquina grâce aux précédentes investigations de Laurent et de ses amis, puis aujourd'hui grâce à l'expédition avec JPG. L'ilet se mérite car pour l'atteindre ce n'est pas une partie de rigolade et on reste pantois lorsqu'on se dit que là, au bout du monde, c'était habité ! A posteriori, j'aimerai bien y revenir 1/ pour trouver du quinquina mais en retrouvant auparavant les arbres et les feuilles de ces arbres vus au bord de route dans les bas avec des troncs tailladés par les couteaux par ceux qui récoltent l'écorce 2/ pour essayer (?) de retrouver les 2 kaz aperçues sur les cartes de 1950 -voir avec intérêt l'encart sur le site- et qui n'étaient pas loin de nous lors de notre visite...en sachant bien que "pas loin" ne veut pas dire qu'on va les trouver en 5 mn vu la végétation très très dense...si toutefois on les retrouve ! Rando magnifique pour les aventuriers du 21è siècle qui pourront en ces moments de confinement, s'éloigner de chez eux de moins de 10 kms !!!

Randonnée ajoutée le : 05/08/2021