De Dos d'Ane à l'ïlet à Patates le long du Bras de Sainte-Suzanne

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 12h
Distance 22 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 926 - 250 m
Dénivelé positif 1400 m
Dernière mise à jour 03/08/2018

Aventure aquatique vers d'anciens lieux habités

Entre de hautes falaises et dans d'étroits canyons, le téléphone n'a aucune chance d'émettre ou de recevoir. En cas de problème durant cette très longue sortie, il faut retenir que le réseau se récupère pour quelques dizaines de mètres seulement au confluent du Bras Détour et du Bras de Sainte-Suzanne. C'est un détail qui peut avoir beaucoup d'importance.

Ce long et difficile aller-retour ne s'adresse pas à tous les randonneurs. Il nécessite un entraînement sérieux, ne serait-ce que pour remonter à Dos d'Ane après plus de 8 heures à crapahuter le long du Bras de Sainte-Suzanne. Il faut également cet instinct indispensable à la découverte du sentier lorsqu'il est perdu pendant quelques dizaines de mètres lors des descentes vers la rivière.

Cette sortie emprunte à nouveau le sentier qui relie la Fenêtre de Grand Îlet à Deux Bras. Si la fiche concernée propose une interminable descente qui permet de découvrir une douzaine de magnifiques cascades, celle-ci décrit une remontée de la rivière en direction de l'abri de l'ONF. Le sentier est soit discret, soit envahi de végétation, soit parfois inexistant. Dans les deux premier cas, il suffit d'ouvrir les yeux, repérer la végétation piétinée ou les rares traces visibles comme les coups de lame sur les écorces ou petites tâches de peinture laissées par des randonneurs. Dans le dernier cas, il faut garder à l'esprit qu'on ne s'éloigne jamais de plus de 50 mètres de la rivière, qu'on en longe des portions, le plus souvent en rive droiteIl faut parfoit repréciser que la rive droite est celle qu'on voit à sa droite quand on se place dos vers la source et face vers l'aval. et qu'on ne chemine jamais en rive gauche. En cas de doute, ces indications suffisent à se resituer, par exemple en remontant perpendiculairement le rempart s'il est en pente raisonnable pour retrouver la trace. Dernier conseil d'importance : si un doute subsiste, il est préférable de revenir sur ses pas et renoncer plutôt que de vouloir s'entêter et le regretter une fois la nuit tombée. Inutile de chercher ou de poser des rubalises qui sont automatiquement détruites par les braconniers qui viennent ici nombreux comme en témoignent certains camps bracos ou des restants de lignes à anguilles retrouvées accrochées à une branche.

La randonnée débute à Dos d'Ane où de nombreux stationnements sont disponibles à l'église, plus deux au départ du sentier. On ne décrit plus cette longue descente, ici effectuée de nuit, qui prend 1h30 à sauter de marche en marche ou de roche en roche quand il n'y a pas d'échelle ou de câbles pour aider au franchissement. Les parties plates sont plus nombreuses qu'au Maïdo par exemple et permettent de souffler un peu. On frise les 800 m de dénivelé et il faut, dès le départ, savoir qu'on devra remonter, comme ici à la lampe frontale. Une fois à l'Îlet Albert, l'aventure peut commencer ! Traverser le gué sur le Bras de Sainte-Suzanne et emprunter la piste qui part sur la gauche (Photo 2) et se termine en cul de sac au début de la montée vers le Piton Cabris. Il y a plusieurs manières de rejoindre le début du sentier du Bras des Merles : en suivant la trace de la carte dans de très hautes cannes fourragères (Photo 3), en marchant sur la trace en rive droite du bras, en sautant sur les cailloux dans le bras lui-même si le niveau est bas ou en rejoignant plus haut l'ancienne piste qu'on devine aux travaux effectués sur le flanc du rempart. Quelle que soit la méthode choisie, les difficultés se font très vite ressentir mais on arrive cependant au Bras des Merles en un bon quart d'heure. C'est le moment de mouiller les pieds s'ils ne l'ont pas été au premier gué (Photo 4). Si la piste créée pour les travaux est encore bien visible sur la carte, elle a beaucoup souffert sur le terrain (Photo 5). La végétation est haute ou touffue mais l'on passe sans hésitation pour arriver aux bouches de tunnels puis au barrage de récupération des eaux (Photo 6). Repérer sur la rambarde les débris de la dernière crue qui en disent long sur le niveau d'eau qui peut être atteint. Ce détail confirme qu'il ne faut pas entreprendre une telle sortie lorsqu'il a beaucoup plu. Le sentier vers Grand Îlet débute de l'autre côté de la rivière (Photo 7). Après avoir escaladé facilement la dizaine de mètres de roches bétonnées, le sentier est facile à deviner dans les langues de belle-mère (Sansevaria) et les chocas. Les chocas seront présents le long du sentier et en sous-bois du début à la fin de la sortie (Photo 9). La longue remontée ne peut se décrire en détail. Il faut suivre le sentier sans se poser de questions à partir du moment où l'on voit ou l'on entend la rivière. Certaines montées nécessitent les mains en raison de la forte pente (Photo 10). D'autres portions imposent de la prudence si de petits éboulis ont rendu le sentier étroit et glissant (Photo 13). S'il se dirige vers la rivière et semble se terminer, remonter le cours d'eau en cherchant toujours des yeux le nouveau départ en rive droite. Certains îlets sont marqués sur la carte, d'autres, plus insignifiants se remarquent au passage par la platitude du terrain, les arbres fruitiers qui subsistent, les murettes qui servaient d'enclos à l'époque et même à la tombe de Joseph, mort à 32 ans et enterré à deux pas du sentier (Photo 11). Il faut dire qu'à des kilomètres de la civilisation, beaucoup des habitants de ces microscopiques îlets naissaient, vivaient ou mouraient sans avoir mis un jour les pieds dans le chef-lieu. La végétation trop dense enlève à l'émotion que dégagent ces lieux. L'un d'entre eux, plus petit que les autres est en cours de nettoyage, sans doute par un vaillant descendant à qui l'on souhaite beaucoup de courage (Photo 19). Le bras Détour est un modeste affluent qui se reconnaît à son aiguille fragile de galets mêlés au sable (Photo 16). Reprendre le sentier 150 m en amont (voir § ci-dessous) et recommencer les montées, les descentes, les traversées d'îlets abandonnés ou les sentes discrètes le long de la rivière. Quelques traces de couleur aident les indécis mais il faut porter l’œil sur la tache de peinture qui n'est pas toujours bien placée.
Attention: un éboulis rendant très dangereux le passage impose un contournement par la rivière. Il se situe près d'une gorge étroite du bras. A l'éboulis, rejoindre la rive en descendant prudemment dans une faille entre deux rochers et remonter par la petite ravine caillouteuse située 15 mètres en amont.
Il faut près de trois heures à partir du Bras Détour pour arriver à la cascade qui vient d'un petit affluent en rive droite (Photo 28). A partir d'ici, il est possible de remonter un peu plus loin vers les magnifiques plaques basaltiques qui bordent un autre affluent et de rejoindre l'abri de l'ONF situé à quelques minutes de marche, assez haut pour ne pas être effleuré par les crues violentes durant les cyclones. Si aucun bivouac n'a été programmé sur les plaques basaltiques ou dans l'abri, le mieux et de faire demi-tour, de reprendre le chemin inverse en utilisant exactement le même itinéraire. Si l'arrivée à Deux Bras est un soulagement, la montée vers Dos d'Ane en dira long sur la condition physique.

Balises


Traces de peinture diverses

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à la Rivière des Galets et prendre la Direction de Dos d'Ane - Stationner près de l'église et descendre par la route jusqu'au départ du sentier vers Deux Bras - Entamer la longue descente jusqu'à Deux Bras - Traverser le gué et emprunter la piste de gauche vers le Bras des Merles - Utiliser le sentier, le fond de la ravine ou des portions encore en place de la piste vers le barrage - Au barrage, passer en rive droite et trouver le départ du sentier - Longer le Bras de Sainte-Suzanne sur le sentier qui le domine en passant près d'anciens îlets oubliés - Continuer en alternant rivière et sentier jusqu'au Bras Détour - Poursuivre par la rivière et reprendre le sentier jusqu'à l'Îlet à Patates - Rejoindre une dernière fois le torrent et remonter jusqu'à la cascade en rive droite puis faire demi-tour par le même itinéraire.

Le départ du sentier après le Bras Détour

Le sentier se poursuit après le Bras Détour, reconnaissable à sa pointe de terre et de galets mélangés. Pour être certain de trouver le nouveau départ du sentier sans hésitation, marcher sur la rive droite du Bras de Sainte-Suzanne et rejoindre les grands filaos qui le bordent. Après 150 mètres de cette remontée, repérer à gauche cet arbre caractéristique qui semble écarter les bras comme pour une invite à passer au plus près. Partir entre le grand choca et l'arbre dont une branche porte une balise orange. La balise est une sécurité mais ne restera pas des décennies. Il est donc préférable de mémoriser cet arbre tortueux aux branches écartées proche des filaos rectilignes.


Commentaire sur cette randonnée (1)

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Martial, 03/08/2018 08:12
Randonnée complétée le 01/08/2018 en 12h00

Un grand moment de bonheur et de partage dans ce coin oublié de Mafate, entre passionnés de sentiers perdus. Les paysages dans la gorge du bras sont exceptionnels et de toute beauté, cette beauté sauvage que seul quelques privilégiés peuvent savourer, à condition de s'en donner la peine. Les conseils d'usage étant donnés sur la fiche je conseillerai aux futurs amateurs de se munir d'au moins 2 morceaux de cordes de 5 à 10 mètres qui peuvent être très utile en certaines situations. Encore émerveillé par tous ces paysages, le genre de sortie qu'on oublie pas.

Randonnée ajoutée le : 02/08/2018