De Dos d'Ane à l'Îlet à Patates le long du Bras de Sainte-Suzanne

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 11h
Distance 22.8 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 926 - 250 m
Dénivelé positif 1400 m
Dernière mise à jour 01/10/2019

Et si la vallée commençait à se repeupler ?!

Fiche réactualisée et circuit refait début septembre 2019 pour rendre une visite à Yann et Gaël qui se sont installés avant l'îlet à Patates et vivent en parfaits écolos. Le sentier, du coup, est de plus en plus facile à suivre.

Les sentiers oubliés ou peu fréquentés ont tendance à disparaître sous la végétation envahissante. Cette sortie emprunte à nouveau le sentier qui relie la Fenêtre de Grand Îlet à Deux Bras en longeant le Bras de Ste-Suzanne, de sa source jusqu'à la jonction avec la Rivière des Galets. Si la fiche concernée propose une interminable descente qui permet de découvrir une douzaine de magnifiques cascades, celle-ci décrit une remontée de la rivière en direction de l'abri de l'ONF, sans pour cela l'atteindre. Il faut dire qu'en arrivant à l'heure du repas sur les plaques basaltiques entourées de cascades, on a peu envie de remonter vers l'abri, vétuste et dans la végétation. Le trajet s'effectue en 4 parties distinctes : la descente de Dos d'Ane à Deux Bras qui ne se décrit plus ; la jonction au barrage de récupération des eaux, à la portée de tous ; la remontée de la rivière jusqu'à l'îlet de Gaël et Yann et enfin la recherche de l'îlet à Patates rendue plus difficile par le manque de passages. A partir de Deux Bras, les cannes fourragères qui semblent constamment fermer le passage peuvent irriter mais sur une courte durée. Après le barrage, le sentier dans les chocas est facile à suivre même s'il n'est pas très large. Il finit parfois sur les berges, il faut alors chercher des passages sur les rochers pour remonter le torrent ou atteindre l'autre rive. Les balises sont quasi inexistantes tout comme les cairns. La remontée s'effectue principalement en rive droiteIl est préférable, sur cet itinéraire difficile, de repréciser que la rive droite est celle qu'on voit à sa droite quand on se place dos vers la source et face vers l'aval. du Bras de Sainte-Suzanne. On ne chemine qu'une fois en rive gauche immédiatement après le Bras Détour.
Noter qu'en cas de besoin, la liaison téléphonique ne passe pas dans la vallée, on la récupère cependant sur une vingtaine de mètres au confluent du Bras Détour.

La randonnée débute à Dos d'Ane où de nombreux emplacements de stationnements sont disponibles à l'église, plus deux au départ du sentier. On ne décrit plus cette longue descente, ici effectuée de nuit, qui prend 1h30 à sauter de marche en marche ou de roche en roche ou utiliser échelles ou câbles qui facilitent les franchissement. On profite peu des panoramas sur les crêtes car le soleil se lève à peine (Photo 1). Les parties plates sont assez fréquentes et permettent de souffler un peu. On frise les 800 m de dénivelé et il faut, dès le départ, savoir qu'on devra remonter, fatigués de la sortie, à la lampe frontale si le départ a été tardif. Une fois à l'Îlet Albert, l'aventure peut commencer ! Traverser le gué sur le Bras de Sainte-Suzanne et emprunter la piste qui part sur la gauche (Photo 3) et se termine en cul de sac près d'une mer verte et jaune de hautes cannes fourragères. Elles sont si serrées qu'il devient impossible de se perdre à condition que des âmes charitables aient pris soin de tailler à chaque passage pour créer l'indispensable tunnel (Photo 4). En longeant cet itinéraire on marche dans ces hautes herbes, on traverse le bras de Ste-Suzanne sur de petits gués ou l'on marche en rive droite dans une végétation assez touffue (Photo 5). Le sentier, assez facile puisque plat, se rapproche des pitons rocheux qui forment un étroit canyon et servent de repère pour remonter le Bras des Merles (Photo 6). Ce sentier qui rejoint Aurère, malmené par la végétation, est assez difficile à repérer une fois le dernier gué franchi avant le barrage (Photo 7). On se retrouve sur l'ancienne piste ayant servi à la construction du barrage. Elle est méconnaissable, envahie d'une végétation dense mais se suit sans problème. Curieusement, l'eau rencontrée lors des passages de gués a disparu et la progression, lorsqu'elle n'emprunte pas la vieille piste, s'effectue parfois en rive droite ou dans le lit de la rivière. Lorsque le torrent a beaucoup d'eau, on rencontre de magnifiques bassins d'eau claire remplis par des résurgences. La remontée se poursuit en sautant de galet en galet. Repérer, sur un gros rocher à droite, un beau pied de lilas de Perse ou margousier (Melia azedarach) dont le parfum a indiqué sa présence 100 mètres avant d'arriver au rocher (Photo 8). Sa fleur en grappe est magnifique. Plus haut, le discret sentier remonte près des rochers et des vestiges de la piste vers une plateforme également couverte d'arbustes (Photo 9). On passe au-dessus ou près des deux tunnels bétonnés bien visibles sur la carte mais désormais cachés par le feuillage. C'est là que débutent des kilomètres de galeries creusées sous la montagne pour transporter l'eau vers l'ouest. On parvient au barrage qui récupère une grande quantité d'eau par d'ingénieux systèmes (Photo 11). Le sentier vers Grand Îlet débute de l'autre côté de la rivière. Après avoir escaladé la dizaine de mètres de roches bétonnées, il est facile à deviner dans les langues de belle-mère (Sansevaria). C'est parti pour une longue remontée du bras sur un sentier assez facile à suivre dans les chocas la plupart du temps (Photo 13). La visite de l'Îlet Natte est réservée aux amateurs de griffures, piqûres et rampés sous les lianes papillon. Le sentier s'élève plus vite que le cours d'eau que l'on domine en frôlant quelques précipices protégés par des branches puis redescend au gré du relief très chaotique du fond de la vallée. Si le chrono le permet, ne pas manquer les trois bassins alimentés par de belles chutes d'eau. Le petit sentier qui rejoint la berge se devine facilement avant la grande montée sableuse de la Photo 16. Une fois à la rivière, traverser au pied du troisième bassin (Photo 14). Poser les sacs sous l'arbre et entreprendre la grimpette qui permet de contourner deux nouveaux bassins dont le Bassin Bleu. Les cascades qui les alimentent ne sont pas excessivement hautes ; l'endroit (également dangereux), dominé par le piton qui surplombe le Bras Détour, est enchanteur et invite au repos et à la baignade (Photo 15). Il faut pourtant poursuivre en retrouvant le sentier. Après la forte pente où les feuilles de chocas servent de main courante, on se retrouve en haut du Bassin Bleu pour un dernier coup d'œil sous un autre angle (Photo 17). Le sentier est toujours aussi facile à suivre (Photo 18). Le Bras Détour surgit de la falaise sur la gauche. Il sort d'un étroit canyon dont on peut en remonter une partie après quelques acrobaties sur les rochers. Plus haut, le paysage est réservé aux canyonistes. Le confluent comporte une dent de roche sédimentaire friable très facile à repérer (Photo 20). Traverser à gué à cet endroit et remonter la rivière en rive gauche jusqu'aux filaos, 200 mètres plus haut (Photo 21). Repartir en rive droite et repérer le nouveau départ de sentier (voir § ci-dessous). Chaque replat du terrain comporte des traces de vie concrétisées par des espaces empierrés, des murettes (Photo 22), des arbres fruitiers ou des bananiers produisant encore des régimes (Photo 23). On trouve même la tombe de Joseph, mort à 32 ans et enterré à deux pas du sentier. Il faut dire qu'à des kilomètres de la civilisation, beaucoup d' habitants de ces microscopiques îlets naissaient, vivaient et mouraient sans avoir mis un jour les pieds dans le chef-lieu. Un cimetière existerait, mais la végétation trop dense enlève à l'émotion que dégagent ces lieux. La plupart du temps, le sentier conserve son aspect. Il faut parfois suivre de très courts tronçons de ravine à l'instinct mais l'on devine facilement la reprise de la trace (Photo 24). Un seul endroit peut inquiéter et mérite plus d'attention : il s'agit d'un ancien éboulis au sol incertain, étroit, sableux et glissant (Photo 25). 300 mètres plus loin, des bêlements attirent l'attention. On se retrouve à l'emplacement d'un ancien îlet ressemblant à ceux rencontrés durant la marche. Il a été nettoyé, comporte une case rudimentaire, des sanitaires et enclos pour les poules ou la biquette qui attend avec curiosité (Photo 26). On parvient chez Yann et Gaël qui ont fuit la ville et la modernité pour venir vivre en ce lieu dont ils ont fait l'acquisition (voir § ci-dessous). Le sentier se poursuit mais devient de plus en plus difficile à suivre. On franchit sans trop les voir de courtes ravines nées quelques centaines de mètres plus haut dans le rempart. Il faut compter près d'une demi-heure pour atteindre l'Îlet à Patates, aussi peu visible que les autres, fin théorique de cette fiche (Photo 27). Mais, à une autre demi-heure de marche, se trouve un des plus charmants endroits de la journée, proche du Bras de Sainte-Suzanne. Attention, il faut parfois emprunter le lit de la rivière et la recherche du sentier est moins facile que jusqu'à l'Îlet à Patates. Le bruit des cascades devient de plus en plus fort et on se retrouve, après une très haute marche, sur de larges dalles basaltiques entourées de filaos. Sur la gauche, on aperçoit la totalité de la vallée d'où coulent d'autres hautes chutes (Photo 28). Le lieu, simplement paradisiaque, incite à trouver l'ombre d'un filao, de poser le sac à dos et de se reposer, se baigner ou pique-niquer en tenant bien évidemment compte du temps nécessaire pour la remontée à Dos d'Ane. Il est également possible de rejoindre l'abri de l'ONF situé à quelques minutes de marche, assez haut pour ne pas être effleuré par les crues violentes durant les cyclones. Le mieux consiste à faire demi-tour, à reprendre le chemin inverse en utilisant exactement le même itinéraire. Si l'arrivée à Deux Bras est un soulagement, la montée vers Dos d'Ane en dira long sur la condition physique.

La distance entre la Rivière des Galets et Deux Bras est importante et monotone. Celle entre Dos d'Ane et Deux Bras est technique avec un fort dénivelé qui impose un excellent entraînement. La solution consiste à prendre le taxi 4x4 dans l'un ou l'autre sens. Le temps ainsi gagné permet de marcher plus longtemps dans le cirque ou de rentrer plus tard. Téléphoner assez tôt à Loïc Kondoki au 06 93 20 57 20. Site Internet.

Balises


Traces de peinture diverses

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Se rendre à la Rivière des Galets et prendre la Direction de Dos d'Ane - Stationner près de l'église et descendre par la route jusqu'au départ du sentier vers Deux Bras - Entamer la longue descente jusqu'à l'Îlet Albert - Traverser le gué puis emprunter la piste de gauche vers le Bras des Merles – A la fin de la piste, utiliser le sentier, le fond de la ravine ou des portions de la piste encore en place vers le barrage - Au barrage, passer en rive droite et trouver le départ du sentier en haut des installations bétonnées - Longer le Bras de Sainte-Suzanne sur le sentier qui le domine en passant près d'anciens îlets oubliés – Rendre une visite aux trois bassins et cascades sur la droite – Revenir sur le sentier et rejoindre le Bras Détour - Continuer en traversant la rivière sur 200 mètres puis reprendre le sentier en rive droite - Poursuivre jusqu'à l'îlet récemment nettoyé et jusqu'à l'Îlet à Patates – Continuer sur le sentier jusqu'à la série de cascades autour de larges plaques de basalte.
On peut continuer jusqu'à l'abri ONF à une dizaine de minutes du cours d'eau.

Et si l'on effectuait cette sortie en deux jours ?

En 2019, Gaël et Yann se sont installés à 495 mètres d'altitude, en rive droite du Bras de Sainte-Suzanne et vivent en ermites avec leurs deux chiens, une chèvre et quelques poules. Ces amoureux de la nature et de la solitude vivent ici comme le faisaient les habitants de la vallée au milieu du siècle dernier. Ils cultivent l'indispensable et vont se ravitailler pour le reste à la Rivière des Galets d'où ils reviennent le dos courbé par le poids de leurs achats. Ils ne polluent pas et fabriquent sur place leur savon et dentifrice.

Le départ du sentier après le Bras Détour

Le Bras Détour est reconnaissable à sa pointe de terre et de galets mélangés. Le sentier se termine pour un temps en aval du Bras détour. Marcher jusqu'à la pointe de roches et traverser la rivière. Trouver, sur l'autre rive, le sentier des pêcheurs et marcher 200 mètres jusqu'au bois de filaos situé sur la rive droite. Traverser pour rejoindre les filaos. Repérer à 5 ou 6 mètres de la rive cet arbre caractéristique qui semble écarter les bras comme pour une invite à passer au plus près. Partir entre le grand choca et l'arbre dont une branche porte une balise orange. La balise est une sécurité mais ne restera pas des décennies. Il est donc préférable de mémoriser cet arbre tortueux aux branches écartées proche des filaos rectilignes. Le sentier est ensuite facile à retrouver et à suivre.


Commentaire sur cette randonnée (1)

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Martial, 03/08/2018 08:12
Randonnée complétée le 01/08/2018 en 12h00

Un grand moment de bonheur et de partage dans ce coin oublié de Mafate, entre passionnés de sentiers perdus.
Les paysages dans la gorge du bras sont exceptionnels et de toute beauté, cette beauté sauvage que seul quelques privilégiés peuvent savourer, à condition de s'en donner la peine.
Les conseils d'usage étant donnés sur la fiche je conseillerai aux futurs amateurs de se munir d'au moins 2 morceaux de cordes de 5 à 10 mètres qui peuvent être très utile en certaines situations.
Encore émerveillé par tous ces paysages, le genre de sortie qu'on oublie pas.

Randonnée ajoutée le : 10/09/2019