La traversée du Brûlé de Saint-Paul

Difficulté
Facile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 3h30
Distance 13.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1910 - 1702 m
Dénivelé positif 350 m
Dernière mise à jour 29/03/2020

L'autre désert

Le Brûlé de St Paul est une zone encadrée par la route des Tamarins, celle du Maïdo, le Grand Bord de Mafate et le sentier de Trois Bassins à la Glacière. Essentiellement constituée de roches basaltiques incultes, cette région sèche est pourtant boisée mais les arbres n'arrivent pas à atteindre les hauteurs habituelles. De plus les incendies ont largement déboisé certaines surfaces qui laissent apparaître de magnifiques squelettes de tamarins calcinés. C'est une région d'élevage où l'on est sûr de rencontrer de paisibles bovins ruminant dans les rares coins d'ombres tout au long de la piste.
Cette randonnée n'est pas la plus agréable de celles présentées dans la région car la chaleur, la sécheresse, la pauvreté de la végétation et les pistes ou routes la rendent peu attrayante. A réserver quand toutes les autres randonnées se retrouvent sous la pluie ! Les incendies de 2010 et 2011 ainsi que les cyclones de 2013 et 2014 ont mis à mal une partie de cette région. Mais, comme toujours à la Réunion, la végétation aura très vite repris ses droits. Hélas, dans cette course à la vie, ce sont les fougères et ajoncs qui l'emporteront certainement. Cette région est en revanche très prisée des vététistes qui y ont trouvé une grande aire d'entraînement ou de compétition.

La randonnée débute au Camp Dennemont qu'on trouve facilement en remontant la route du Maïdo. Les places de parking se trouvent facilement ainsi que des tables de pique-nique pour le retour. Marcher sur la route en direction du Maïdo et ne pas manquer le sentier de raccourci dans le virage suivant qui évite quelques lacets et virages. La pente est assez forte sous les tamarins des Hauts pour grimper la cinquantaine de mètres. Cela présente l'avantage de chauffer un peu les jambes même si la piste plus loin est quasiment plate. Prendre immédiatement à droite la piste forestière des 1800 qui est parallèle à la route sur une centaine de mètres avant de filer plein sud. La piste roulante est large, à plat le plus souvent et le restera jusqu'au bout (Photo 1). La végétation est constituée de quelques tamarins des Hauts entourés de fougères et de branles verts (Photo 2). On rencontre également d'immenses surfaces ayant été détruites par les incendies et désormais recouvertes d'ajoncs d'Europe d'où émergent les carcasses calcinées des tamarins (Photo 3). On bénéficie tout au long de ces cinq kilomètres de piste, situés à près de 1900 mètres d'altitude, de larges panoramas sur la planèze et sur la côte vers Saint-Paul (Photo 4). De l'autre côté, en direction du Grand Bénare et du Maïdo, ce sont surtout de larges plaques de lave inculte où il est possible d'effectuer des écarts sans danger (Photo 5). Des poteaux régulièrement espacés montrent que la piste est connue des vététistes qui atteignent ici des vitesses raisonnables (Photo 6). On traversera 30 ravines durant ces 5 km, ce qui explique les multiples virages de la piste pour aller au plus plat pour le franchissement. Certaines sont quasiment invisibles, surtout s'il ne pleut pas, d'autres n'ont que des radiers bétonnés pour les franchir. Certaines sont en revanche très impressionnantes car elles présentent de hautes cassures, des bassins plus ou moins remplis ou d'énormes roches dans le fond (Photo 8). Très souvent, on peut remonter ou descendre le long de ces petits canyons si on a le temps. Le spectacle sauvage est toujours assuré. Si on regarde la carte IGN, on remarque que la source de beaucoup de ces ravines se situe à quelques mètres du rempart de Mafate. Celles qui sont profondes sont tout simplement d'importantes ravines qui couraient sur le flanc du Piton des Neiges avant l'effondrement à l'origine de la création des cirques. Le fond de certaines est couvert d'arbres qui trouvent ici plus d'humidité que sur les plaques de lave (Photo 9). D'autres ravines sont plus difficiles à explorer car les roches et la végétation empêchent de les longer sereinement (Photo 10). La balade se poursuit, toujours à plat ou presque au milieu des branles verts et de rares tamarins (Photo 11). Les anciens brûlis sont couverts d'ajoncs qui seront impossibles à supprimer malgré certaines compagnes d'éradication (Photo 12). C'est assez facile de couper des ajoncs avec les outils mécaniques actuels. Mais les millions de graines sur ou dans le sol n'attendent que cela pour se multiplier. La piste est parfois bordée de clôtures alors qu'on ne voit pas de prairies (Photo 13). Mais, en scrutant le panorama pour admirer l'océan et le lagon, on aperçoit les bovins à moitié cachés par la végétation qui cherchent leur pitance à travers les brandes et les ajoncs (Photo 14). Les amateurs de natures mortes trouveront leur plaisir de photographier certaines carcasses de tamarins avant que les insectes xylophages ne les abattent (Photo 16). Avant la ravine Saint-Gilles, les aventuriers repèreront pour une autre boucle plus sportive et difficile le départ du sentier qui remonte vers le Piton de la Ravine Saint-Gilles (Photo 17). Les commentaires montrent que certains le tentent mais que beaucoup d'entre eux renoncent faute de pouvoir suivre correctement la trace. Plus loin, la piste s'élargit parfois suite à des anciens travaux pour aménager en cas de nouvel incendie (Photo 18). Le paysage change souvent pour passer de la verdure inextricable (Photo 19) au désert post-incendie (Photo 20). Certains tamarins tortueux ont réussi à vivre plusieurs décennies malgré leur chute (Photo 21). Après la trentième ravine et près de 6 kilomètres depuis le départ, la piste semble s'arrêter au coupe feu de Monvert, près de nouveaux tamarins esseulés (Photo 23). Prendre à droite et descendre ce pare-feu dégagé d'une partie de sa végétation et en pente constante. Dans la descente, repérer sur la droite le sentier VTT qui revient vers le Nord, plus tentant que la route un peu plus bas. Si on ne l'emprunte pas, on parvient à la Route Forestière des Tamarins pour entamer la partie la moins agréable mais la plus facile en suivant le béton. On retrouve les ravines coupées plus haut mais elles passent désormais sous les ponts et il est plus facile de les voir. Beaucoup sont plus difficiles à longer que 200 m plus haut, par le fond comme par les berges. A mi-chemin, on passe au plus près du sentier pédagogique de la Tamarinaie et, pour changer de la route, il est possible d'emprunter une partie de cette boucle. Continuer sur la route et marcher ainsi jusqu'au petit pont sur un affluent de la Ravine Divon pour guetter quelques mètres plus loin le départ de la Piste Bolon. Prendre à droite cette piste et la suivre jusqu'au départ du Sentier du Milieu (Photo 24) facile à repérer malgré les pistes, sentiers et coupe-feux nombreux dans ce coin. Le sentier monte un peu avant de traverser la Ravine Divon près d'une grande cascade à Sec qui doit être impressionnante par fortes pluies (Photo 25). On retrouve, après les cryptomerias, les brandes classiques, les plaques de lave et bien sûr ces ajoncs qui envahissent tout (Photo 26). Un petit coup d'œil sur la droite permet d'apprécier le trajet effectué tout en voyant un peu le Maïdo, très peu impressionnant vu d'ici (Photo 27). On rejoint rapidement la route du Maïdo à deux pas du parking du Camp Dennemont.

Particularités

Balises

Pas de balises

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Gagner Saint-Paul puis le Guillaume et se diriger vers le Maïdo - Un kilomètre après la route forestière des Tamarins, garer le véhicule au début de la route forestière des 1800 sud (ou un peu plus haut au parking de la Messe) - Suivre cette piste durant près de 6 kilomètres - La RF Oméga traverse ensuite le pare-feu Monvert - Obliquer à droite et descendre le pare-feu jusqu'à la route des Tamarins - Tourner à droite et suivre la route en direction de celle du Maïdo - Au pare-feu Bolon, prendre à droite la piste sur moins de 200 mètres - Tourner à gauche sur le sentier du Milieu et le suivre jusqu'à la route - 10 mètres avant la route du Maïdo, tourner à droite avant la petite ravine et rejoindre le véhicule garé à la fin de ce sentier.
Au Pare-feu Montvert, pour éviter la route des Tamarins, il est possible, 100 m avant de la rejoindre de tourner à droite sur la pistes VTT qui lui est parallèle. De très nombreuses pistes et sentiers traversent dans tous les sens le Brûlé de Saint Paul. Sans perdre le sens de l'orientation, suivre l'une ou l'autre pour arriver au véhicule. Tous les sentiers ne sont pas notés sur la carte IGN 4401RT. Il est également conseillé d'effectuer une partie du retour par le sentier pédagogique des Tamarins créé par l'ONF.


Commentaires sur cette randonnée (4)

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Boyer.e, 13/04/2019 12:48
Randonnée complétée le 13/04/2019 en 3h00

Parcours plat, calme et agréable!

lafleche974, 19/11/2018 09:04
Randonnée complétée le 15/11/2018 en 4h00

Heureusement les photos des paysages sont la, car, pour ma part une fois arrivé au départ de cette boucle c'était brouillard et pluie fine. Le chien à adoré la petite balade, je commence à connaitre cette route des Tamarins par coeur faudra d'ailleurs que j'y retourne pour monter au Petit Bénare

Sophie M, 04/11/2018 14:08
Randonnée complétée le 22/10/2016 en 3h40

me revoilà sur cette rando, deux ans après mon commentaire, le seul (je suis étonnée du faible succès de cette sortie, calme et dépaysement assurés, vues, fraîcheur, rien que la nature et nous !). Aucune difficulté et ceux qui ne voudraient pas marcher sur la RF des Tamarins peuvent faire l'aller-retour sur la piste des 1800 ou arranger d'autres circuits avec tout ce qu'il y a dans le coin.
Cette fois j'ai téléchargé la trace pour ne pas louper le pare-feu Montvert comme en 2016 (j'ai fait la boucle à l'envers encore). La piste des 1800 est parfaite, très roulante quelle que soit la saison (mais surtout quand les sentiers sont fermés ou boueux après des pluies !). En ce moment les mimosas péi embaument. Tout près du tamarin de la photo 14 j'ai trouvé un étroit sentier, curieuse je l'ai emprunté, les genêts commencent à l'envahir mais c'est mignon tout plein, et on retombe plus haut sur la piste VTT 6 qui descend du piton Bernica. J'ai tourné à droite pour retrouver la piste des 1800. Au pare-feu bolon, un autre sentier sans nom, c'est le Lygdamis (aussi emprunté par les VTT d'après les traces). Très beau aussi. J'y retournerai, c'est un vrai dédale là-haut !

Sophie M, 22/10/2016 16:41
Randonnée complétée le 22/10/2016 en 3h40

Très agréable pour chercher un peu de fraîcheur et surtout, beaucoup de calme (ambiance désertique, nature à 100 %) alors que tous les sentiers habituels étaient en effervescence pour cause de Grand Raid, Mascareigne et Trail de Bourbon !! J'ai commencé dans l'autre sens (par la RF des Tamarins). J'ai loupé le pare-feu Montvert car aucune indication et de nombreuses saignées ont été faites dans la forêt sûrement lors des derniers incendies. Pas grave, un peu plus loin (juste avant le gîte des Tamarins) on trouve la fin de la "piste des 1800 sud" qui permet de remonter jusqu'à la Route du Maïdo. Là-haut, une seule indication (Bolon) permet de se situer mais il vaut mieux avoir une carte ou un GPS pour suivre sa progression. Le "sentier du milieu" se trouve dans un virage après quelques dizaines de mètres de goudron, et s'appelle maintenant "route forestière Dennemont". Elle est en train de disparaître dans la végétation... elle se transforme en minipiste envahie d'herbes, de fougères, de bringeliers..., puis subsiste une trace faite par les vaches sûrement, pour déboucher sur la RF des Tamarins ; on voudrait le faire dans l'autre sens, il serait impossible de savoir où elle commence ! Même avec du brouillard, l'ambiance est agréable , dépaysante et reposante.

Randonnée ajoutée le : 25/06/2013