Le tour du Brûlé de Saint-Leu au-dessus du Tévelave

Difficulté
Moyen
Indice de confiance Excellent
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 5h30
Distance 21.5 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2575 - 1679 m
Dénivelé positif 1100 m
Dernière mise à jour 24/03/2020
Affiché depuis le 01/08/2019
Fermeture de la route du Tévelave
Attention, la RF du Tévelave et la Rf des Longoses sont fermées en raison de grands éboulis ou d'impraticabilité. Pour randonner au Sentier des Ouvriers, on peut partir du village du Tévelave. Pour toute autre sortie au nord du Tévelave, il est préférable de venir par la Route Forestière de Grande Terre ou, plus sécurisant, depuis Saint-Paul en direction du Maïdo et obliquer à droite sur la Route Forestière des Tamarins. La fermeture risque s'éterniser et il est difficile de trouver des indications quant à d'éventuelles réouvertures.

Au pays du Roi Phaonce

Cette sortie, un peu longue et sans grandes difficultés, permet d'effectuer le tour du Brûlé de Saint-Leu en partant de la Route Forestière des Tamarins et en utilisant des sentiers plus ou moins fréquentés. On prend même du plaisir en jetant un regard sur le Cirque de Cilaos et en traversant le royaume aride du très légendaire Phaonce. Le circuit est garanti 100% sans boue car il traverse une zone aride où la pluie est fréquente mais comportant tellement peu de terre que le boue aura du mal à s'y installer. Les panoramas sur Cilaos depuis le Petit Bénare sont grandioses à condition d'y arriver de bonne heure. On peut même rajouter un petit instant de culture au programme en montant au sommet du Piton Rouge pour s'interroger sur les sculptures en pierre de Gilbert Clain (Vois § ci-dessous) ou par la lecture des panneaux à la fin du sentier. Le seul inconvénient est le retour qui s'effectue sur la Route Forestière des Tamarins mais les paysages y sont agréables et la circulation très faible.

La randonnée débute le long de la Route Forestière des Tamarins et emprunte tout d'abord le Sentier du Gol en traversant des plantations de tamarins des Hauts envahis de fougères (Photo 1). On rencontre plus haut le sentier menant au Mirador qu'on peut emprunter dès maintenant. Mais pourquoi ne pas effectuer un aller-retour rapide ou simplement effectuer la boucle du sentier du Gol pour bénéficier d'un point de vue sur les Makes à partir de la Fenêtre (Photo 3). La vue porte au-delà des Makes vers Saint-Pierre ou le Tampon. C'est le matin de bonne heure que le panorama est garanti car, très vite, les nuages envahissent les lieux. Une fois la courte boucle de la Fenêtre terminée, il suffit de prendre le début du Sentier des Tamarins et marcher à travers les jeunes plantations bordées de fougères jusqu'au mirador (les pancartes de l'ONF parlent d'une tour de gué). Du mirador, il est facile de repérer et rejoindre la Route Forestière du Haut Tévelave qui part en lacets vers le rempart de Cilaos. Suivre, tantôt la piste (Photo 4), tantôt le sentier qui coupe les lacets (Photo 5). La végétation a déjà diminué depuis la jeune forêt de tamarins. C'est désormais les branles verts qui constituent l'essentiel de la verdure ponctuée ça et là des tâches grises des ambavilles ou branles gris (Photo 6). L'herbe rase ou courte tapisse les bords du sentier ou de la piste quand on la franchit. On traverse ainsi des zones presque inextricables de brandes parsemées de jeunes tamarins (Photo 7) ou, inversement, des parties désertiques couvertes de mousses (Photo 8). Difficile de manquer les sentiers de raccourcis bien indiqués par quelques poteaux et surtout par les passerelles qui enjambent le fossé (Photo 9). On marche ainsi calmement et en montée assez douce sur environ deux km pour rejoindre la Ravine de Bellevue et la Route Forestière de la Scierie et du Haut des Makes (Photo 11). Peu avant la ravine, un sentier part sur la gauche vers le Petit Bénare. La végétation ne change pas mais diminue encore de taille. Le sol est alternativement caillouteux et sableux et les traces de peinture blanche sont de plus en plus nombreuses. Le paysage devient sauvage au passage de la Ravine des Avirons qui semble à cet endroit totalement infranchissable (Photo 13). Les paysages sauvages qui la bordent raviront les photographes (Photo 14). On longe cette ravine dont la source est à moins d'un km mais qui est déjà profonde (Photo 16). Sans doute le grand effondrement à l'origine des cirques l'a raccourcie de plusieurs kilomètres ? Le sentier est toujours aussi caillouteux (Photo 17). On arrive plus loin à une belle petite caverne, plus profonde, agréable et accueillante que celle, plus loin, attribuée au Roi Phaonce. A choisir de passer sa vie dehors, on a vite fait de s'installer dans la première. Prendre à droite et flâner un peu en bordure de rempart jusqu'au Petit Bénare pour profiter des splendides panoramas sur Cilaos si la mer de nuages n'est pas installée (Photo 19). On peut s'abriter du vent derrière quelques tamarins rabougris qui mettront des décennies avant de grandir, s'ils y parviennent (Photo 20). Revenir ensuite vers le Piton Rouge et prendre le sentier caillouteux qui passe près de la Caverne du Roi Phaonce, puis d'un tas de pierres (Photo 21) qui aurait été fouillé depuis longtemps si c'était une tombe ; mais il en faut peu pour créer ou entretenir une légende. L'édifice fait plus penser à un ajoupa qu'à une tombe. Un petit coup d'œil autour de soi en dit long tout de même sur les conditions de vie de ces évadés, surtout l'hiver où les températures négatives sont fréquentes et où toute fumée aurait pu guider de très loin les chasseurs d'esclaves. Repérer au passage les traces de cascades et de bassins de la Ravine la Fontaine. On comprend également mieux pourquoi on pouvait subsister car l'eau, indispensable, est présente ici presque toute l'année. Le sentier ne diffère guère de celui de la montée, excepté qu'il est plus plat et permet de se reposer un peu. Plus loin, laisser le sentier partant à droite vers la Glacière et prendre à gauche vers le Piton Rouge qu'on aperçoit de loin avant d'y arriver (Photo 22). Au pied du piton, les emplacements de pique-nique sont ici réservés aux sportifs car le premier parking se situe à près de 5 kilomètres. Plusieurs sentiers permettent d'atteindre le sommet de ce petit volcan rougeoyant au soleil couchant (Photo 23). La montée est aisée et rapide. On profite en plus d'un bon point de vue pour étudier les panoramas alentour (Photo 24). En marchant un peu vers l'ouest, on déniche facilement les sculptures qui veillent sur le piton (Photo 25). On remarque également les petits canyons encaissés de la Ravine des Colimaçons (Photo 26). Redescendre en direction de la Ravine de la Chaloupe et chercher, 200 m après le dernier embranchement, la Caverne du Piton Rouge, à quelques mètres du sentier. Seul le poteau qui tenait la pancarte indiquant cette bouche de tunnel de lave subsiste et aide dans la recherche. Des petits tas de cailloux autour de la bouche proviennent du plafond qui s'effrite doucement avant de disparaître dans quelques siècles. C'en est fini des curiosités rencontrées sur cette boucle et le cheminement vers la Route des Tamarins se poursuit en descente sur un grand classique de la région qui alterne terre, roches et lave solidifiée. Quelques traces des incendies de 2010 et 2011 subsistent mais tendent à disparaître dans la verdure (Photo 27). On rencontre plus bas la large bande dénudée de la Ligne des Dix Huit Cents qui sonne la fin proche du sentier qui se transforme, 200 m plus loin en piste creusée récemment jusqu’à la route. Relire au passage le triptyque retraçant la vie de Phaonce et des esclaves faisant ressortir tour à tour la vie sociale de l'époque, le mystère planant autour de l'existence de Phaonce et les méthodes d'un tyran autrement plus expéditives que celles des maîtres qu'on avait fui.
Prendre à gauche sur la route et rejoindre, 5 bons km plus au sud le véhicule laissé au Sentier du Gol. Ces derniers kilomètres ne sont pas des plus agréables car effectués sur route bétonnée mais ils permettent de contempler à nouveau de beaux spécimens de tamarins et chercher dans les ravines les plus grandes barbes de Saint-Antoine (ou bardes de Jupiter), ces lichens endémiques poussant à profusion en ces lieux (photo 28).

Balises


Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre au Tévelave au-dessus des Avirons et rejoindre la route forestière des Tamarins - Se garer en face du départ du Sentier du Gol - Monter directement à la Fenêtre sur les Makes pour profiter du panorama - Redescendre en effectuant la petite boucle du Gol puis suivre ensuite la direction du mirador - Au mirador de gué, tourner à droite et suivre le sentier qui arrive quelques mètres plus loin sur la route forestière du Haut Tévelave - Suivre tantôt le sentier, tantôt la RF jusqu'au départ du sentier du Petit Bénare - Au Petit Bénare, profiter de la vue sur Cilaos et retourner sur ses pas pour emprunter le sentier qui coupe la Ravine des Avirons, passe devant la Caverne du Roi Phaonce et rejoint le Piton Rouge en laissant à droite le sentier de la Glacière - Poursuivre sur le sentier qui rejoint le Pare Feu de la Ligne du Bras Sec et la route forestière des Tamarins - Prendre à gauche sur la route et la suivre jusqu'au véhicule.

Les sculptures du Gilbert Clain

Gilbert Clain est Né en 1941 à Saint Louis de La Réunion. A l'âge de 14 ans, Gilbert Clain travaille dans les champs de canne à Ilet à Furcy afin d'aider sa famille. En 1965, il s'initie chez son oncle à la taille des pierres destinées à la construction. De 1965 à 1971, il est tailleur de pierre pour Julot Payet à Saint-Pierre. Il part enfin à Saint-Denis, dans la capitale Réunionnaise, où il travaille dans un commerce. En 1975, il décide de se consacrer entièrement à la sculpture. Les premières commandes lui parviennent du clergé et de quelques collectivités. En 1978 il tente l'Aventure en partant tout seul à Paris. Il travaille tout d'abord sur des monuments historiques et découvre les sculptures dans les églises et les Musées. En 1978, le Musée de Saint-Maur-des-Fossés fait appel à son concours. Lors de son inauguration Gilbert Clain aura deux sculptures d'achetées au lieu d'une seule pour le lauréat. Il rentre à la Réunion où il installe son propre atelier à la Rivière Saint-Louis. En 1982, Monseigneur Aubry lui commande un Saint-Benoît en habits d'évêque, réalisé en bois ciré de tamarin. Dès les années 90, il fera partie de toutes les manifestations et les expositions présentant la Sculpture Réunionnaise. Sources : site de Gilbert Clain