Le Piton Bleu et l'ancien sentier de la Caverne Dufour par le captage du Piton Bleu

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 3h30
Distance 3.3 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1660 - 1381 m
Dénivelé positif 450 m
Dernière mise à jour 24/08/2026

Pour amateurs de beaux arbres

Nouvelle sortie originale organisée par Laurent, cette fois dans la région du Piton Bleu à Cilaos, inconnue d'une grande partie des randonneurs par manque de sentiers officiels.

On dénombre huit pitons Rouges à La Réunion pour seulement deux pitons Bleus. Si le premier est repéré par tous lors des sorties dans les prairies de la Plaine des Cafres, le second, plus discret, dépasse à peine de la magnifique forêt de la Mare à Joseph ou du Grand Matarum. Aucun sentier ne mène à son sommet mais les sous-bois aérés permettent de marcher sans difficulté. On y trouve quelques traces de passage se poursuivant vers l'amont. Son ascension est donc rapide et relativement facile à condition de viser la crête entre deux ravines. Une tuyauterie bien visible permet une autre visite en direction d'un captage sur une ravine descendant des flancs escarpés du Coteau Kerveguen. La marche y est assez facile malgré les mousses glissantes. De nombreux ouvrages ont été aménagés pour faciliter le déplacement des agents d'entretien. L'approche est donc également rapide. L'accès y est réglementé, comme souvent pour les captages. Il est interdit de se baigner, de pêcher ou d'approcher de trop près les installations. La petite cascade en fin de parcours rajoute une touche de fraîcheur dans une région assez peu fournie de ravines en eau. Munis de la carte des années 50, il est même possible de suivre le sentier reliant Bras Sec à la Caverne Dufour il y a 75 ans. Les magnifiques arbres centenaires rencontrés tout au long de ces trois circuits pourraient presque nous rendre dendrophiles mais le plaisir de ces rencontres est vite gâché par les centaines de sacs trainant à leur pied (voir ci-dessous).

La randonnée débute sur la RD241, au pont enjambant la Ravine du Piton Bleu. On aperçoit ce piton à mi-pente, assez insignifiant vu de la route.

La canalisation : Le sentier démarre discrètement près du panneau du département en longeant une canalisation difficile à distinguer (Photo 1). Les 100 premiers mètres sont totalement envahis de longoses, comme pour ne pas donner l'envie de s'y rendre (Photo 2). Sans transition, les longoses disparaissent et sont remplacés par des centaines de sacs noirs contenant leurs restes (Photo 3). Il y en a partout autour de la canalisation devenue très apparente, dans les sous-bois alentour et dans le fond de l'affluent de la ravine du Piton Bleu. On ne les quittera guère durant une bonne partie de la trace proposée sur cette fiche. La montée, faible et régulière, se fait sur un sentier encombré de roches (Photo 4). Plus on monte et plus ces roches sont nombreuses. Une première passerelle franchit les plus gros écueils et évite de chuter (Photo 5). Attention à la glissade quand il faut chercher son chemin entre blocs, trous, tuyau et végétation (Photo 6). Plus on monte et plus les petits ouvrages facilitent la progression. Les passerelles se multiplient, tout comme les marches fixées au sol pour enjamber les fissures (Photo 7). Les courbes de niveau se rapprochent et la pente s'intensifie sans pour autant devenir difficile (Photo 8). La marche le long du tuyau est assez facile, tantôt à droite, tantôt à gauche après l'avoir enjambé. Le relief évolue et la trace devient plus sportive sur escaliers, marches en bois ou petites escalades avec rambardes (Photo 9). Après 40 minutes de marche, on parvient à un impressionnant siphon puis au petit barrage servant de captage (Photo 10). Si l'eau est absente depuis le départ, on se retrouve devant une petite cascade surgissant de la falaise proche d'une autre à quelques mètres (Photo 11). L'accès étant réglementé, ne pas abuser et ne pas stationner. Prendre le chemin inverse en direction du point de départ sans lâcher le fil d'Ariane rouillé et moussu (Photo 12).

L'ancien sentier de la Caverne Dufour. Dans les années 50, les cartes n'étaient pas aussi précises que maintenant. Un sentier, repéré sur une carte de ces années-là ne peut que donner envie à un randopitonneur d'en rechercher des vestiges. La pente au début est la même que pour le captage. En revanche, à partir de 1600 m, le trait grimpe de manière exponentielle pour arriver presque à la verticale du côté de la Caverne Dufour. Le sentier de l'époque, invisible depuis la canalisation, passe exactement au puits bétonné à une dizaine de mètres d'une ventouse d'air bleue, impossible à manquer (Photo 13). Le GPS en main est donc conseillé pour cette exploration. La sortie, ludique dans sa raison d'être devient vite une aventure à chercher les emplacements possibles du sentier, non emprunté depuis plus de 60 ans. Le sol, comme dans toute la région, est constitué d'un pierrier de plusieurs hectares. S'il est difficile de repérer la trace de nos anciens, on ne peut manquer les magnifiques arbres qui les ont vu passer (Photo 14). Hélas, on retrouve trop souvent ces sacs noirs emprisonnant des pieds de longoses. On croise également de grosses roches tombées des remparts depuis des millénaires. Attention en posant les pieds de ne pas écraser orchidées et fougères de toutes formes (Photo 15). Lorsque la trace de l'écran correspond exactement avec celle de la carte, on remarque assez fréquemment des traces ne laissant aucun doute sur l'existence de ce vieux passage oublié (Photo 16). Viser le haut de la crête entre deux ravines et poursuivre en fonction de l'humeur ou du chrono. A partir de 1600 m, on devine la pente, plus importante, entre les arbres et sur les pierriers peu quittés depuis la canalisation (Photo 17). La difficulté d'orientation et, plus haut, la forte pente incitent à faire demi-tour et rejoindre la tuyauterie par le même itinéraire. Une fois la ventouse bleue atteinte, repartir de nouveau vers le point de départ.

Le Piton Bleu. En descendant vers la route, la tuyauterie se rapproche au plus près d'une ravine. On peut repérer le nombre 26 peint sur le métal. Partir de cet endroit facile à trouver et poursuivre vers le fond de la ravine (Photo 18). Descendre quelques mètres dans les rochers et repérer, en rive droite, un "sentier" taillé au coupe-coupe dans les longoses (Photo 19). Peut-être créé par les chasseurs ou par les agents pour évaluer l'ampleur du chantier d'éradication des longoses, il longe un peu la ravine avant de remonter en direction du sommet. Très vite, les longoses disparaissent du sous-bois (Photo 20). Une fois dans la direction du sommet repéré sur la carte, remonter la pente ne comporte que peu de difficultés (Photo 21). La pente est sérieuse sans être très forte. Le sol est glissant par moments en raison de la couche de feuilles (Photo 22). Les jeunes arbres sont idéalement placés pour aider lors de la grimpette (Photo 23). Tout comme la trace à la recherche du sentier de 1950, on rencontre de magnifiques arbres dont une merveille de bois de rempart tortueux (Photo 24). Compter 30 minutes pour se rapprocher du sommet plat sur une vingtaine de mètres au milieu des branles et petits bois de rempart (Photo 25). L'endroit n'est pas très dégagé mais on bénéficie cependant de beaux points de vue sur le Matarum et le Kerveguen depuis un rocher isolé (Photo 26). De l'autre côté, le Grand Bénare, bien visible, et le Gros Morne plus discret, occupent l'horizon (Photo 27). Pour apercevoir les habitations de Cilaos, il faut poursuivre en direction du prochain sommet jusqu'au col entouré de beaucoup de végétation. L'endroit est idéal pour le casse-croûte avant d'entreprendre le retour par le même chemin. La descente pourrait être trop rapide si les troncs n'aidaient pas au freinage (Photo 28). Une fois à la ravine et à la canalisation, on est très près du parking de la RD241.

Balises

Pas de balisage

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Sur la D241 entre Cilaos et Bras Sec, rouler jusqu'au pont enjambant la Ravine du Piton Bleu - Entamer la montée en suivant un sentier envahi de longoses puis défriché le long d'une canalisation - Poursuivre le long de la tuyauterie jusqu'au captage - Faire demi-tour par le même sentier.
Il est possible, pour les plus curieux ou aventureux, de rechercher les traces du sentier abandonné menant au refuge du Piton des Neiges dans les années 1950.
Il est également possible, sans danger, d'atteindre le sommet du Piton Bleu avant de revenir au parking.

Pour ou contre le défrichage des longoses

Le panneau, au début du sentier, est évocateur. On y parle entre autres de lutte contre les invasives et d'aménagements touristiques pour l'accueil du public. L'intention est louable. Pourtant, après 100 m de marche, on se pose beaucoup de questions sur l'expression "restauration écologique" en tombant nez à nez avec des centaines de sacs plastique dont on connaît l'inesthétisme et la lenteur de dégradation. En tant que randonneur, j'aurais préféré mettre les substantielles sommes allouées par l'Europe sur le nettoyage des sentiers ! Ces sacs contiennent les milliers de longoses dégagés du sol par les équipes qui ont tout laissé sur place pour des années sur des dizaines d'hectares. On a déjà assisté à cette utopie écologique au Maïdo lors des campagnes d'éradication de l'ajonc d'Europe qui ne s'est jamais si bien porté depuis qu'on a gratté le sol permettant aux millions de graines de prendre leur essor. Ici, c'est à l'identique. Les sacs seront bientôt recouverts des multiples pieds de longoses repartant à l'assaut des sous-bois. Tels des aliens dans les films de série B, les tiges sortent même déjà des sacs, comme pour narguer et souligner leur invincibilité. Deux questions : combien de crédits l'Europe devra-t-elle encore débloquer pour évacuer ces sacs et quid des dizaines de milliards de longoses restant sur l'île de la Petite France au Chemin de Ceinture ou de Basse Vallée à la Providence ?


Commentaire sur cette randonnée (1)

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Suepairpiénu, 24/08/2026 20:11

Complétée +
Ne pas oublier de lire l'encart "Pour ou contre le défrichage des longoses".

Photos 1 : SCANDALEUX !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Photos 2 : quelques passages qui mènent au captage
Photos 3 : les 3 cascades qui alimentent le captage
Photo 4 : début de l'ancien sentier qui monte à la caverne Dufour
Photos 5 : un autre repère pour trouver le début du "sentier Piton Bleu"

Attention, lors de la montée au Piton Bleu si vous y allez à plusieurs : certaines roches (plus ou moins énormes) ont tendance à se désolidariser de la terre sur laquelle elles sont "posées"... et lorsqu'elles se mettent à rouler, ceux qui sont derrière ont tout intérêt à les esquiver...

Randonnée ajoutée le : 24/08/2026