La grande arche du Bras Sud de la Grande Ravine depuis le Gîte des Tamarins

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Excellent
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 9h30
Distance 9.9 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 2543 - 1789 m
Dénivelé positif 780 m
Dernière mise à jour 24/02/2026

99% minéral pour 1% végétal

Si l'on regarde les photos satellites de la région du Maïdo, on repère très bien la Grande Ravine et ses dizaines d'affluents. Les lits sont larges et tortueux. On distingue également les nombreux bassins sans pouvoir repérer des moyens de les éviter. Une fois sur place, on se rend compte que par manque de végétation, il est toujours possible de se frayer un passage sur les basaltes. La montée vers la Glacière n'est jamais rude même si de courtes escalades sont inévitables pour contourner profonds canyons ou larges bassins. On arrête très vite de compter ces bassins, nombreux, tous différents, qui incitent à des baignades rafraîchissantes. Même en période sèche, les plus profonds ou ombragés peuvent garder l'eau jusqu'à la prochaine pluie. Les esclaves marrons, qui avaient choisi cette planèze aride pour survivre, avaient l'assurance d'avoir toujours de l'eau. Éviter cette magnifique randonnée par temps pluvieux pouvant rendre glissantes les plaques basaltiques. Outre les bassins, on peut, en cherchant bien, repérer 5 arches naturelles dont certaines sont soit immergées, soit le résultat d'un éclatement de la paroi d'une énorme marmite de géant. La dernière de toutes, énorme et imposante, est impossible à manquer tant elle est grande et judicieusement placée par la nature au milieu de la ravine. Quelques cassés dépassent les 15 m et peuvent inquiéter, mais il y a toujours un passage au plus près pour les éviter. La marche à 1 km/h impose de partir très tôt si l'on veut rester constamment dans la ravine. Nous avons effectué un écart pour se rapprocher de la Glacière, mais la progression n'est guère plus rapide que sur les fonds lisses des ravines explorées. Partis à trois, nous avons la plupart du temps marché à quelques mètres l'un de l'autre tant le lit est large et praticable. La trace GPX est donc indicative et ne doit servir qu'à se repérer toutes les 2 heures pour être certain d'avoir suivi le bon bras de ravine.

La randonnée débute ici au grand parking du Gîte des Tamarins. Pour raccourcir un peu, on peut stationner aux kiosques de la Grande Ravine. Franchir le pont de la Grande Ravine et la longer par une partie herbeuse avant de descendre sur les basaltes totalement nus. Contourner un premier bassin puis entamer la remontée pour plusieurs heures (Photo 1). Pas de question à se poser sur la direction à prendre. Il suffit de monter en restant sur le lit principal. Pas, ou très peu, de végétation pour contourner les nouveaux bassins (Photo 2). Durant des millénaires l'eau des rares crues a creusé un large passage sur les basaltes. Certaines pentes sont un peu plus fortes que d’autres mais rien d'insurmontable (Photo 3). Tout au long du parcours, seule une demi-douzaine de courtes escalades, le plus souvent ludiques, ne ralentissent qu'à peine la progression (Photo 4). La description de la boucle se résume à préciser qu'il faut suivre le lit sans s'en éloigner. Mais les explications suivantes peuvent apporter des informations utiles à ceux qui se lanceront dans cette belle aventure. A 1855 m, la Grande Ravine se divise en dizaines d'affluents. Comme elle se rapproche trop du Bras Sud emprunté au retour, nous avons choisi un bras intermédiaire non baptisé qui longe au plus près le sentier Vaudeville (Mais il est bien sûr possible de poursuivre sur la rivière principale). A 2150 m, le sentier Vaudeville coupe la ravine. Partir alors à droite sur ce sentier rejoignant la Glacière. Il grimpe parfois fortement sur un sol également constitué de plaques de basalte rougies par les oxydes de fer (Photo 5). On a le Piton de la Glacière en point de mire durant toute l'ascension (Photo 6). Il est ainsi possible de continuer jusqu'à la Glacière si on ne la connaît pas. Sinon, en arrivant à l'un des puits intermédiaires creusé du temps de Madame Desbasyns, reprendre le petit cours d'eau qui traverse désormais les brandes classiques de ces altitudes (Photo 7). Les bassins semblent même se multiplier. Ils offrent tous une eau limpide régulièrement remplacée par les pluies fréquentes de la région (Photo 8). Malgré la végétation, on trouve toujours un passage sur la rive, quitte à escalader un rocher (Photo 9). Un seul d'entre eux demande un contournement s'éloignant de l'eau sur 30 m. La solution la plus rapide consiste donc à mouiller les pieds (Photo 10). Ce sera le seul de la boucle. On rencontre de beaux petits canyons juste avant de parvenir au sentier de la Glacière menant au Piton Rouge (Photo 11). Ce dernier, qui traverse le cours d'eau, s'emprunte en partant vers la droite. Il est caillouteux, comme tous ceux de la région (Photo 12). On regrette à nouveau les fonds de ravines. Mais, très vite, on devine un affluent du Bras Sud de la Grande Ravine qui semble praticable et évite de poursuivre jusqu'au bras lui-même. En quelques minutes, on atteint le lit basaltique du retour en contournant de nouveaux bassins (Photo 13). C'est également un festival de marmites ou chaudrons qui datent de quelques décennies à plusieurs millions d'années avec des profondeurs de plus de 3 mètres pour certains et de gros galets dans le fond (Photo 14). Depuis des kilomètres on ne compte plus les bassins que l'on se contente d'admirer (Photo 15). En marchant moins vite on peut repérer des petites arches, dont une immergée dans un bassin. Le lit comporte quelques bribes de canyons de quelques dizaines de mètres qui se contournent aisément sans chercher de passage particulier (Photo 16). Le premier cassé d'importance se rencontre à 2450 m. Il a souffert des crues importantes des cyclones mais il reste charmant avec sa petite cascade (s'il a plu), son profond bassin, ses grottes et son bosquet de tamarins (Photo 17). Les autres, régulièrement espacés dans la descente, s'évitent en prenant garde à la chute de plus de 20 m (Photo 18). Certains tamarins ont vu le niveau d’eau monter suite aux chamboulements et n'ont pas survécu (Photo 19). D'autres, les pieds proches de l'eau se portent à merveille et donneront des idées aux photographes (Photo 20). Continuer dans le lit basaltique ou sur les hautes berges des bassins pour marcher vers l'aval (Photo 21). Plus on descend et plus le paysage se modifie. Des basaltes plus durs ont résisté à l'érosion et créent des figures qui pourraient inquiéter lors d'une marche au clair de lune (Photo 22). On ne quittera plus guère ces statues rocheuses sur les bords ou milieu du lit de la ravine (Photo 23). Rester le plus possible au milieu pour ne pas manquer la grande arche car les lits ont tendance à se multiplier. En venant de l'amont, elle est imposante. Elle domine un bassin (Photo 24). Descendre en rive gauche pour atteindre ce bassin. Rien de plus aisé que de se rendre en-dessous de cette arche basaltique (Photo 25). L'endroit est idéal pour un pique-nique avant de continuer vers l'ouest. Poursuivre la descente en choisissant le lit le plus facile à arpenter. Quelques passages pourront encore ralentir la marche déjà lente mais c'est mieux que de glisser dans un bassin (Photo 26). Certains lits, plus empruntés par les torrents que d'autres, ont été creusés plus profondément (Photo 27). Les derniers hectomètres sont toujours aussi faciles car il n'est jamais nécessaire de chercher un passage (Photo 28). On devine le bruit des véhicules et l'on aperçoit les aires de pique-nique avant de parvenir au pont. Remonter facilement en rive droite puis prendre la direction du gîte pour retrouver le véhicule.

Balises


Uniquement sur Sentier

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Saint-Gilles les Hauts puis poursuivre vers le Maïdo en traversant le Guillaume et Petite France – Bifurquer à droite sur la Route Forestière des Tamarins et rouler jusqu'au Gîte des Tamarins pour stationner - Rejoindre à pied la Grande Ravine par 150 m de route - Débuter en rive gauche et entamer une montée par le lit de la ravine - Poursuivre jusqu'au sentier de la Glacière ou, comme ici, effectuer un détour par le Sentier Vaudeville (facultatif) - A la Glacière, marcher vers le Piton Rouge jusqu'au Bras Sud de la Grande Ravine ou un de ses affluents - Rejoindre la RF des Tamarins en ne quittant plus le Bras Sud de la Grande Ravine - Au pont, rejoindre le gîte.


Commentaires sur cette randonnée (7)

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Martial, 16/02/2026 22:56

Le temps restera toujours aléatoire ; il est évident qu’à six, il en faudra davantage qu’à trois.
Une chose est sûre : ne partez pas après la messe de 10 h pour effectuer cette sortie, et surtout, n’oubliez pas vos lampes.

JP Goursaud, 16/02/2026 12:28

Heureux que cette exceptionnelle sortie vous ait plu. Je suis juste étonné du temps de parcours. Nous avons mis exactement 8h30 avec François A. et Laurent D. avec baignade (photo 8), casse- croûtes, photos, recherche de petites arches, visite de la grotte du grand cassé (photo 17), pitreries de François lors de ses sauts de canyons (photo 27). Nous sommes restés, comme indiqué dans l'accroche, 99% du temps dans le lit de la ravine. Je passe donc cette fiche en "Très difficile" et je rajoute 1 h pour coller à vos commentaires plus qu'à mes impressions ou expérience.

Martial, 15/02/2026 22:10

Quelle fabuleuse sortie hors sentier, même si une petite portion du parcours emprunte brièvement le sentier officiel.
Je ne referai pas l’éloge des beautés et merveilles rencontrées — elles sont déjà très bien décrites sur la fiche. Je préfère insister sur le caractère technique de cette aventure.
La première partie, dans la ravine, est plutôt agréable et ludique. Les difficultés s’enchaînent, sans jamais être réellement méchantes. De plus, le sentier officiel reste proche, ce qui permet de le rejoindre facilement en cas de besoin.
Après un court passage sur ce sentier, puis un nouveau tronçon de ravine pour rejoindre la glacière, les choses sérieuses commencent.
Le bras sud de la grande ravine est complètement déchiqueté : chaos rocheux, falaises, passages délicats — parfois très délicats — s’y succèdent sans répit. Les heures passent, et la descente de ce bras exigeant met clairement à l’épreuve la résistance des randonneurs.
J’attire toutefois l’attention sur un point essentiel : une fois engagé, il faut descendre la ravine jusqu’à la route. Il n’existe aucune échappatoire possible, la végétation étant beaucoup trop dense sur les rives.
De très nombreux passages techniques demandent concentration et précision. Quelques pas de désescalade, parfois d’escalade, sont nécessaires pour poursuivre la progression.
Nous sommes entrés dans la première ravine à 7 h 15 et sortis de l’autre à 18 h 15 : onze heures d’effort au total, pauses et photos comprises — personne n’était là pour chronométrer nos temps d’arrêt.
À mon sens, cette sortie mérite d’être classée « très difficile ». Elle est clairement réservée aux randonneurs expérimentés, prêts à s’engager pleinement.

Gazelle, 15/02/2026 20:45
Randonnée complétée le 14/02/2026 en 10h00

Sortie faite samedi 14|02|26 en 10 h qui ont compté double… rires ..

Difficile de commenter cette sortie qui ne se raconte pas tant elle se vit…
Dès les premières minutes, on est happé par la beauté brute des roches, tout autour et sous nos pas, et par tous les bassins ou petites marmites d’eau pure. Chacun d’eux mérite une photo et ravit les yeux.

La progression est lente et régulière… Les panoramas se succèdent, parfois discrets, parfois grandioses.

Dans la seconde partie de la randonnée, lors de la descente dans la ravine, le festival commence : un véritable torrent de roche, des pentes torturées de pierre basaltique, des crevasses, des statues sculptées par les siècles — ou par un artiste fou — un vrai gruyère minéral.

Et là, il faut crapahuter, s’accrocher, se hisser, sauter, contourner de petits cassés… Cela demande vigilance, souplesse, et de ne pas être sujet au vertige lorsqu’on avance sur des arêtes. On progresse à un kilomètre par heure, sans plus trop s’attarder à admirer le nombre fou de bassins, les énormes chaudrons, les puits, les petites arche.. l’heure tourne et la descente est vraiment longue ..
Autour, tout est beau. Tout est immense. C.est prodigieux.

Pour la grande arche, c’était obligé de s’arrêter pour la contempler un moment, tant elle force le respect par sa grandeur et sa beauté.

Un parcours physique, intense, brut et sauvage, réservé à des personnes qui ne rechignent pas à taper dans le dur. Mais on est « randopitonneur » ou on ne l’est pas, comme l’a dit Martial qui nous a invités à découvrir cet endroit magnifique… Merci encore pour cette découverte Martial et merci aux amis qui m’ont accompagnée.

MichelPey, 15/02/2026 16:08

Bonjour, samedi 14 février sur proposition de martial nous sommes partis effectuer cette magnifique boucle. Nous avons suivi à la lettre la fiche afin de ne rien rater. Dès le départ le terrain est technique, très chaotique,, l’eau au fil des. Années à user et polie les basaltes, créant d’impressionnant puy et cassés. Cet univers lythique est unique et magnifique..il y a de nombreux bassins, certains en eaux cristalline, d’autres à sec laissant apparaître d’impressionnants gouffres. Le graal de la randonnée est de découvrir l’arche, de descendre dessous. Il y a une gotte humide dessous empli de petits galets plats .. il faut être très prudent et vigilant tout le long du parcours. Et être patient quelques contournement se font dans les brandes mais il faut rester dans la ravine..

JP Goursaud, 17/01/2026 14:48

@Vlad : La punaise résume la position des 4 arches, donc impossible de la retrouver avec elle. Pour avoir la position exacte il faudrait que je publie 4 points d'intérêt. Et l’intérêt, justement, est de ne pas tricher ;-) !!! Si personne ne la trouve, je publierai une position GPS exacte.

Vlad, 17/01/2026 11:47
Randonnée complétée le 16/01/2026 en 8h00

Belle rando dans le paysage minéral du Maïdo... On a un peu triché en marchant plus sur le sentier et piste forestière que dans le lit de la ravine... sur la descente on a profité des 1ers bassins et gorges... Sauf qu'on n'a pas trouvé la grande arche, le point gps sur la trace semble indiquer la présence d'arches de façon générale... Il aurait fallu crapahuter dans le lit de la ravine, ce qui est du niveau sportif ++
Merci pour cette belle proposition, on reviendra !

Randonnée ajoutée le : 09/01/2026