De Jean Lauret au Camp Marron par le tour des Sources de l'Argamasse

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Excellent
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 8h30
Distance 20 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1833 - 683 m
Dénivelé positif 1350 m
Dernière mise à jour 25/10/2022

Quatre nouveaux sentiers au programme

C'est à l'Entre-Deux que Joseph Payet arriva en 1724 pour y cultiver une concession. Un de ses fils, Jean, cultiva longtemps du café sur les flancs du Dimitile. Le café, une fois ramassé était mis à sécher sur des aires planes, les argamasses, constituées d'un mortier particulier pouvant contenir du sucre ou du blanc d’œuf en plus de la chaux et du sable. De ces surfaces, il ne reste rien que le nom laissé à une zone traversée par plusieurs sentiers plus ou moins fréquentés. Les principaux (Jument, Bœuf, Zèbre, Le Doyen ou Trophées Mondiaux) ont déjà été décrits maintes fois. Ces trois petites boucles empruntent d'autres sentiers un peu moins pratiqués mais tout aussi agréables. On y profite des mêmes panoramas, des mêmes pentes et des mêmes tronçons de pistes qui sillonnent toutes les collines afin de rallier les gîtes ou habitations. Le Camp Marron est un musée ouvert aux randonneurs. Rares sont les établissements où il faut marcher plus de deux heures et dépasser les 700 m de dénivelé pour profiter d'une exposition permanente. Le Camp Marron du Capitaine Dimitile permet de se sensibiliser à l'esclavage et au marronnage. L'espace culturel muséographique en plein air comprend de nombreux panneaux, sculptures sommaires et reconstitutions de cabanes permettant d’imaginer la vie des esclaves évadés. Vu le nombre incalculable de pistes et sentiers, il est préférable de se munir de la trace GPS ainsi qu'une bonne quantité d'eau car l'interminable montée consomme beaucoup d'énergie.

La randonnée débute à l'Impasse des Prunes, la première rue rencontrée après avoir franchi la Ravine Jean Lauret. La ruelle descend en longeant quelques cases et finit dans un virage bordé de bambous. Le sentier prolonge la rue et rejoint assez rapidement le Sentier Le Doyen à travers les bois de couleurs. Il est large, très bien entretenu et fréquenté des coureurs qui ont trouvé là le moyen d'effectuer une courte boucle (Photo 1). La jonction s'effectue par une forte descente. Partir sur la gauche et poursuivre la descente jusqu'au Bras d'Antoine, à sec, qu'on franchit aisément. L'interminable montée vers le Dimitile commence à cette ravine par des lacets en se rapprochant du rempart. Le sentier est de bonne qualité. Il est bordé de fougères, de branles, de jouvences et de quelques bois de couleurs. Certaines pentes constituées de marches sont parfois très raides en bordure de ce rempart qui permet déjà d'apercevoir la vallée du Bras de La Plaine. A gauche on devine souvent le Dimitile et ses dents de scie caractéristiques. On parvient à de nombreux points de vue sur le Bras de La Plaine et sur les villages de l'autre côté (Photo 2). La vallée est profonde mais on distingue bien la rivière coulant dans le bas et le pont de l'Entre-Deux en aval (Photo 3). Repérer au passage le sentier partant sur la gauche qu'on empruntera pour les derniers hectomètres dans 8 heures. Profiter des nouvelles vues sur la campagne environnante et sur l'océan avant d'entamer la descente vers la Ravine de l'Argamasse (Photo 4). Délaisser les deux sentiers rencontrés dans la descente se dirigeant vers Bellevue et traverser la Ravine de l'Argamasse au fond très rocheux. Une nouvelle montée en lacets suivie d'une marche en ligne de crête permet de se rapprocher des maisons isolées de l'Argamasse après avoir emprunté quelques tronçons de pistes poussiéreuses. Des centaines d'acacias noirs, tombés lors du dernier cyclone, bordent le passage. On devine en face le Chemin du Dimitile très utilisé par les marcheurs se rendant au sentier de la Chapelle (Photo 5). Impossible de manquer le croisement des sentiers des Trophées Mondiaux et de la Clape qu'on délaissent pour rester sur la piste. 300 m plus loin, ne pas manquer le départ d'un nouveau sentier plus discret que les précédents (Photo 6). Il est plus étroit mais en comporte toutes les caractéristiques : il est le plus souvent en ligne de crête, bordé de jouvences ou de fougères mais également de centaines de carcasses enchevêtrées d'acacias noirs (Photo 7). La pente y est moins forte sans qu'il soit jamais plat (Photo 8). Plus loin, on parvient à une pierre gravée proche d'une piste que l'on traverse. Le sentier est parfois profondément creusé dans la terre, parfois en bordure de rempart (Photo 9). Il traverse aussi une trentaine de mètres envahis par la vigne marronne qui pourrait le boucher faute de passage (Photo 10). A 1350 m d'altitude, une nouvelle pierre gravée indique le Sentier de La Chapelle qui longe un moment la piste Jean Dubard. La pente s'intensifie sur un parcours agréable, bordé de jouvences et d'acacias (Photo 11), tellement fréquenté qu'il dépasse souvent le mètre de largeur (Photo 12). Il coupe également la piste ou la frôle par endroits près d'habitations fleuries très rarement habitées. Il est souvent creusé dans le sol ou pourvu de nombreuses marches. La pente est parfois assez forte à partir de 1600 m (Photo 13). La montée prend fin sous de beaux tamarins des hauts. On remarque une stèle fleurie entourée de grilles à la mémoire des habitants morts lors du cyclone de 1948, le plus meurtrier du siècle précédent. Plus haut c'est la chapelle qu'on rencontre sur la droite. Au premier croisement de pistes, délaisser celle de droite en direction du Piton des Neiges et s'orienter à gauche vers le Camp Marron (Photo 14). La piste en terre, bordée de haies de spirées, sillonne sur le plateau en effectuant de longs méandres (Photo 15). Prendre à gauche le sentier débutant sous les branles nommé Traces du Guetteur (Photo 16). Ce très agréable parcours sinueux et ombragé mène en quelques minutes aux abords d'un camp entouré d'une clôture en bois. Se diriger vers l'entrée muni de sa pièce de 2€ et entamer la visite par les panneaux sous l'abri avant de vaquer de sculpture en cabane pour visiter l'écomusée (Photo 17). Le Camp du Capitaine Dimitile comporte quelques cases en bois et reconstitutions d'ajoupas recouverts de feuilles de palmiers (Photo 18). Après cette visite qui peut prendre 30 minutes sans se presser, partir en direction du sommet du Dimitile en effectuant une visite aux tamarins bordant le camp (Photo 19). Certains ont atteint un âge respectable et ont bien mieux tenu le choc des cyclones que les centaines de nouveaux cadavres d'acacias noirs. La pente est raide pour mener au belvédère et sa table d'orientation mais la vue sur Cilaos vaut absolument de s'en approcher (Photo 20). Repartir par le même sentier et bifurquer à gauche sur le sentier de Bord pour marcher en direction du gîte de la Caverne Dufour. Les acacias couchés bouchent totalement la vue sur le cirque mais le parcours est très agréable (Photo 21). Tamarins et fougères procurent plus d'ombre que lors de la montée (Photo 22). Le sentier oblique sur la droite, passe devant des installations puis se termine à la piste empruntée une heure avant. Reprendre le chemin inverse en repassant devant la chapelle puis en descendant jusqu'à la pierre gravée. Poursuivre alors sur le Sentier de la Chapelle qui descend vers la Route du Dimitile entre jouvences et arums dans les bois de couleurs (Photo 23). La descente dans les sous-bois verdoyants peut comporter des passages assez pentus (Photo 24) mais on parvient assez rapidement à la piste Jean Dubard. Ne pas prendre à droite au gué vers le parking mais obliquer à gauche sur la piste. Après un long lacet, bifurquer à droite sur le Chemin Argamasse lui-même bordé de jouvences et de bois de couleurs (Photo 25). Quelques cases très fleuries sont délaissées en semaine mais habitées durant les week-ends (Photo 26). A la fin de la piste, on se retrouve sur le Sentier Le Doyen pris en montée. Reprendre ce parcours en sens inverse donne à nouveau l'occasion de se régaler des paysages en direction de la vallée du Bras de La Plaine (Photo 27). On retrouve en descente les fortes pentes prises le matin en montée. Franchir à nouveau la Ravine Argamasse et remonter jusqu'au croisement du sentier repéré 8 heures auparavant. Ce sentier très connu des sportifs débute dans les fougères, se poursuit dans les cannes fourragères puis dans les bois de couleurs, franchit deux ravines par de courtes mais fortes pentes puis finit à la Route du Dimitile (Photo 28). L'Impasse des Prunes n'est qu'à 200 m, fin de ces trois petites boucles originales.

Balises

Très peu de balisage

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Se rendre à l'Entre-Deux à partir de Pierrefonds - Traverser le village et prendre la direction de la Ravine des Citrons (panneaux) - Rouler jusqu'au kiosque Jean Lauret et poursuivre jusqu'à l'Impasse des Prunes - Stationner au départ de la rue - Emprunter l'impasse et poursuivre sur le sentier vers le Sentier Le Doyen - Partir à gauche et longer ce sentier jusqu'à l'Argamasse - Poursuivre plein nord sur un nouveau sentier jusqu'à la Piste Jean Dubard puis emprunter une partie du Sentier de la Chapelle - Rejoindre la chapelle puis le Camp Marron - Profiter du point de vue du Dimitile et longer le rempart avant de reprendre la piste menant à la chapelle - Reprendre la totalité du Sentier de la Chapelle - Obliquer à gauche pour rejoindre le Chemin Argamasse - Reprendre le Sentier Le Doyen jusqu'au franchissement de la Ravine de l'Argamasse - Peu après le gué, emprunter à droite le dernier sentier de la sortie qui finit à la Rue Jean Lauret - Partir à gauche jusqu’à l'Impasse des Prunes.


Commentaires sur cette randonnée (2)

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Rone, 17/11/2022 18:07

Effectuée le 17 nov. C'est une très belle randonnée qui change des sentiers plus fréquentés. D'ailleurs nous n'avons vu personne les 3 premières heures. La première boucle bien raide au debut est très bien entretenue. Seule la partie au retour du camp marron n'est pas terrible. Il y a des travaux sur la piste en ce moment. Malheusement les nuages étaient très bas en haut dès 11h et on a juste eu le temps d'apercevoir Cilaos. Il faisait même un peu frais (prévoir une petite laine). À faire par temps sec je pense car le terrain gras peut rapidement se transformer en patinoire. Enfin, si vous souhaitez faire cette rando prochainement, attention il y a une course bientôt, la trans dimitile, et il y aura certainement beaucoup de monde.

Walking Dog 974, 25/10/2022 16:07
Randonnée complétée le 05/10/2022 en 8h30

Bonjour ! J'ai eu la chance d'étrenner cette nouvelle randonnée avec Jean -Paul le jour de sa création.
Pour moi c'est une belle entrée en matière dans la découverte des sentiers de l'Entre -Deux.
Aujourd'hui je comprends mieux l'engouement de nombreux randonneurs pour cette région. Je reviendrai (non, pas comme un célèbre culturiste autrichien !)😇😉
Les sentiers sont tous beaux, spacieux et ....nombreux ! (photo 1) : le GPS permet d'éviter les confusions et les égarements, et il ne faut pas hésiter à s'en servir.

Dans ces lieux verdoyants et éloignés de la ville, il est normal de trouver des maisons isolées, synonymes de tranquillité et de retraite (photo 2). Elles ne sont pas toutes abandonnées.

L'éloignement, c'est ce à quoi ont dû autrefois penser certains esclaves lors de leur fuite ; fuite et survie évoquées par l'original "camp maron " que nous visitâmes (photo 3) non sans avoir goûté au magnifique point de vue sur Cilaos (photo 4) , point d'orgue de la balade, mitraillé de photos par les randonneurs qui nous côtoyaient (et nous -mêmes !) .Et c'est compréhensible.

Vraiment c'est une belle randonnée, mise en valeur par un beau soleil dorant les pétales épanouis de nombreuses fleurs aux couleurs vives (dont les fameuses fleurs jaunes) , ou réchauffant ces étranges pierres sculptées (photo 5).

Alors, ces fleurs se faneront mais cette nouvelle boucle gardera son attrait.

De façon terre à terre : cette randonnée demande des efforts raisonnables mais constants (nombreuses montées).
Nous avons été surpris de constater notre grande consommation d'eau (des 3 l. embarqués par randonneur il ne restait qu'une poche vide et rabougrie !)

Donc je redis le conseil de la fiche : emportez suffisamment d'eau avec vous, sur cette boucle, d'autant plus que la saison chaude donne des signes de son arrivée...

" J'ai besoin de voyager dans le passé, non pas pour éviter certaines erreurs, mais pour embrasser quelqu'un qui n'est plus là".

Merci Jean-Paul pour cette belle introduction aux sentiers de l'Entre -Deux !

Randonnée ajoutée le : 25/10/2022