La dernière cascade du Bras Sec depuis la Route de Takamaka

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 3h30
Distance 4.2 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 617 - 150 m
Dénivelé positif 520 m
Dernière mise à jour 02/10/2017

Conseil : 15 jours de rameur avant de se lancer !!

Cet itinéraire, connu de tous les canyoneurs sous le nom de Dudu2 ne s'adresse qu'aux randonneurs motivés, entraînés et qui prendront leurs responsabilités en lisant la pancarte de l'EDF.

Voici une très courte sortie mais qui demande une bonne condition physique pour profiter d'un des plus beaux endroits de la Rivière des Marsouins, qui en compte déjà beaucoup. Elle obtient 4 étoiles principalement pour sa cascade de fin de parcours et non pour le sentier lui-même qui est très difficile. C'est le dernier saut du Bras Sec dont les eaux viennent grossir la Rivière des Marsouins. Il y a 16 Bras sec à la Réunion. Celui-ci prend ses sources au Plateau de Marseille et ses eaux gonflent, alimentées par les Ravines Casse-Gueule, Bigarades et Mathurin. Le sentier est utilisé par les canyoneurs lors de leur remontée à la civilisation après les joies des descentes en rappel le long des hautes chutes que le randonneur se contente de regarder en rêvant. Si le Dieu des Canyoneurs a placé assez correctement racines et arbustes pour se hisser ou se retenir dans les descentes, certains de ses disciples ont efficacement complété les manques de la nature par de la solide corde à nœud. Certaines rassurent en cas de mauvaise prise, d'autres sont indispensables au franchissement de parties difficiles. La descente comporte trois parties : forte descente sur deux tiers du parcours, un replat très court qui suit la courbe des 350 m et une TRÈS forte et dangereuse descente pour rejoindre la première cascade proche de la Rivière des Marsouins. Une fois la rivière atteinte, la remontée vers la grande cascade est à la portée de tous ou presque. Une personne avertie en valant deux, ne pas oublier de lire la pancarte d'EDF qui signale que le courant peut monter brusquement en cas de lâcher d'eau de l'usine située en amont, 300 m sous-terre. Qu'il y ait lâcher ou non, le courant de la rivière est toujours fort, quelle que soit la période de l'année.

La randonnée débute au kiosque situé au départ du sentier qui mène des dizaines de familles au pied de l'avant dernière cascade de la Grande Ravine Photo 1). Sans faire de bruit, s'asseoir sur un banc sous le kiosque et guetter les lézards verts qui attendent l'insecte en se cachant entre la poutre et tôle de la toiture. Les jeunes sont moins timides mais les gros sont bien plus beaux. Partir sur la route en revenant vers Saint-Benoît. On trouve un emplacement pour stationner un véhicule à 200 m de l'entrée du sentier mais cet échauffement depuis le kiosque permet d'apprécier la route verdoyante (Photo 2). Après 600 m de marche, une trouée discrète dans les sabres et goyaviers indique le départ du sentier (Photo 3). On pénètre sous le couvert des goyaviers pour une marche facile sur les racines et la terre humide. Un panneau avertit du danger potentiel de la montée rapide des eaux. La descente réelle peut débuter. Le ton est vite donné par une forte pente (Photo 4) qui ne cessera qu'à la rivière. Le sous-bois est agréable, le sentier toujours visible, les plantes souvent envahies de goyaviers et les racines omniprésentes. Ne surtout pas prendre de bâton et utiliser les centaines de troncs pour ralentir la marche lors des raidillons glissants. Des trouées dans la végétation permettent de voir l'aval de Rivière des Marsouins (Photo 7). Apprécier au passage l'énorme bois de rempart qui a poussé sur des rochers et crée par ses racines une vaste grotte. Quelques cordes de bonne qualité sont fixées aux arbres et facilitent grandement les passages glissants ou rocheux (Photo 5). Après plusieurs de ces obstacles, le terrain s'assagit mais sur une courte distance. La forêt est belle et certains spécimens de bois de couleurs ont réussi à atteindre de belles tailles (Photo 10). Après ce court repos, la pente reprend de plus belle, les cordes se multiplient, les bras travaillent autant que les jambes. Un passage rocheux vertical comporte des marches métalliques fixées par les canyoneurs. Elles reposent ainsi les bras déjà mis à rude épreuve (Photo 12). Après un dernier passage rocheux et glissant (Photo 13), on arrive dans les longoses qui entourent la dernière chute de la Grande Ravine (Photo 15). Un petit ruisseau coule vers le bassin et ce n'est pas la peine de chercher à éviter l'eau car bientôt, les pieds seront toujours dans le courant. La chute est haute et fine et représente une belle descente en rappel. Elle tombe dans un bassin qui se déverse dans la Rivière des Marsouins par une dernière cascade qu'il faudra longer pour atteindre le torrent qu'on voit très bien du promontoire (Photo 16). Les cordes sont là pour franchir les derniers mètres (Photo 17) mais il faut faire attention à la glissade qui pourrait s'avérer dangereuse. Une fois franchi ce dernier obstacle (Photo 18), on arrive sur la rive gauche de la rivière. Un grand bassin barre déjà le passage mais une trace discrète permet de le contourner en grimpant sur les rochers en rive gauche (Photo 20). La remontée reprend en alternant galets, sable, passage dans l'eau ou sur les berges boisées. Après des traces de camping sauvage sous un rocher, on poursuit vers l'amont puis, après un coude de la rivière, le spectacle commence avec la cascade en ligne de mire (Photo 23). C'est déjà très beau et impressionnant mais pour s'en approcher, il faudra traverser la rivière un peu plus loin. Le courant est fort, les roches immergées extrêmement glissantes et on en vient à regretter le bâton resté dans le véhicule. Une solution consiste à repérer les rochers sous l'eau et y mettre les mains afin d'avoir trois ou quatre points d'appui (Photo 25). C'est trempé mais heureux qu'on parvient au pied de cette curieuse cascade entourée de deux grandes grottes issues de l'effondrement des orgues basaltiques qui l'entourent (Photo 27). Le spectacle est grandiose. D'autres chutes tombent d'un peu partout. A droite du canyon, admirer les orgues mélangées par de formidables forces telluriques et creusées par des cascades. La grotte de gauche peut s'atteindre en traversant la rivière et en montant sur la rive opposée mais on court le risque de déranger les salanganes qui volent par dizaines autour des chutes. La rivière vient de la gauche derrière un coude de la falaise mais il n'y a que peu d'intérêt de s'y rendre sauf peut-être pour apprécier le canyon étroit. Il n'y a pas à réfléchir pour le retour qui empruntera le même itinéraire que pour la descente. Comme souvent sur ces terrains escarpés, la remontée sera plus rapide que la descente.
D'autres explications et images sur la page de Rémi-Paul sans oublier de visiter son magnifique site de photographies.

Profil

Plan de l'itinéraire

Cliquer sur (coin supérieur droit) pour la carte logo IGN.

Itinéraire

Se rendre à Saint-Benoît et emprunter le Chemin Grand Fond en direction de l'usine de Takamaka et Abondance (panneaux) - Rouler jusqu'au kiosque situé sur la droite, au sentier vers la cascade du PK12 - Stationner à gauche de la route sous un pylône électrique  - Marcher vers Saint-Benoît environ 600 mètres et chercher dans le fossé le départ du sentier - Descendre jusqu'à la Rivière des Marsouins - Remonter le courant jusqu'à la Grande Cascade - Faire demi-tour par le même itinéraire.


Commentaires sur cette randonnée (4)

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pyk, 17/09/2017 07:07
Randonnée faite

il faut rajouter aux avertissements ci dessous un élément essentiel : la rivière des marsouins est un endroit qui comporte plusieurs passages dangereux avec des mouvements d'eau compliqués à traverser, d'autre part le débit peut se modifier brutalement en cas de pluies importantes sur le piton des neiges et la foret de bélouve.la remontée de la rivière est fortement déconseillée si vous n'avez pas le matériel, la technique nécessaire ainsi qu'une bonne approche des problématiques de la météo réunionnaise. pour finir il faut signaler la présence de fers à béton dans le lit de la rivière sur lesquels vous pouvez vous blesser.

RPG, 11/08/2017 02:56
Randonnée faite le 09/08/2017 en 4h00

Pour y etre descendu plusieurs fois je me permet de donner quelques conseils : la pente extrêmement forte peut impressionner et n'est pas à la portée de tous, il y a très difficile et très difficile et ici il vaut mieux bien réfléchir avant de se lancer car une chute peut très très mal se terminer. Je qualifierai cette descente de dangereuse comme le précise Ludovic. Si on ne se sent vraiment pas à l'aise lors des premiers mètres de descente il vaut mieux ne pas continuer et aller randonner un peu plus loin car la suite est beaucoup plus raide et comporte des passages de corde beaucoup plus impressionnants. De plus, le contournement du bassin en rive gauche sur la partie rocheuse mérite qu'on y passe un mot, la trace passe très près du bord avec un fort risque de glissade et encore quelques passages de corde, préférer l'eau si on a eu sa dose de passages délicats.

JPG, 10/08/2017 20:15

Merci Ludovic. Voilà donc les randonneurs avertis ! Je pense que si je le pratique à plus de 65 ans, beaucoup peuvent y aller. C'est vrai que j'ai peut-être aussi un peu d'entraînement. Je confirme donc les propos de Ludovic : on ne s'y aventure que si l'on est capable de grimper 10 m de cordes à la seule force des bras.

Ludovic Mourouguin, 10/08/2017 18:29

Pour l'avoir fait, je trouve que l'accent n'a pas été suffisamment mis sur la dangerosité de la descente notamment le passage de la barre rocheuse... Bref, espérons que certains ne vont pas surestimer leurs capacités car ça pourrait se payer très cher au final...

Randonnée ajoutée le : 10/08/2017