La remontée de la Rivière de l'Est jusqu'à la 1ère cascade

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 9h
Distance 23.1 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 550 - 6 m
Dénivelé positif 600 m
Dernière mise à jour 18/03/2019

Assez de galets pour construire 10 Nouvelles Routes du Littoral

Une première randonnée en 2011 se terminait rapidement en raison d'un lac artificiel formé par l'agglomérat de sédiments poussés par un cyclone. Fakir est depuis passé par là et a tout entraîné vers la mer, rendant enfin possible la montée jusqu'au premier cassé.

Cette longue et difficile randonnée s'effectue essentiellement sur des roches et galets. Elle demande une certaine habitude de ce genre de cheminement ainsi qu'un bonne condition physique. On aimerait, lorsque la marche est aussi pénible, pouvoir atteindre le barrage des Orgues et remonter le sentier qui se termine en haut du rempart en direction des Citernes. Hélas, la marche jusqu'au barrage est impossible et bien malin qui trouvera ce vieux sentier comportant à l'époque de hautes échelles en bois. C'est donc un aller-retour de 9 heures qui s'impose si l'on veut approcher la très belle cascade située à 550 mètres d'altitude et qui bloque le passage vers l'amont. Les trois kilomètres du delta semblent interminables surtout qu'il dépasse par endroit le kilomètre de large. On a l'impression de marcher dans un reg mais ici ce n'est pas le vent mais l'eau qui est à l'origine de l'érosion des hectares de cailloux. Après avoir passé les deux ponts parallèles, toujours autant de cailloux sous les semelles mais des paysages sauvages qui font oublier les galets. Aucun conseil d'itinéraire n'est possible ici tant la rivière change de physionomie d'un cyclone à l'autre (voir § ci-dessous). Comme toujours dans les vallées, choisir à l'instinct le meilleur passage sur les cailloux, très rarement sur le sable et assez souvent à même le lit de la rivière. Quand on est habitué à ce genre de randonnée on va parfois aussi vite que sur un sentier normal car on vise toujours le caillou arrondi le plus proche de soi. Par temps de pluie les glissades peuvent être fréquentes.

La randonnée débute dans les cannes à sucre à la fin du Chemin Isidore. Une piste caillouteuse part en direction de la mer et devient herbeuse au croisement du sentier partant vers Sainte-Rose. Prendre à gauche et rejoindre le delta de la Rivière de l'Est sur un sentier étroit dans les hautes herbes. On se retrouve pour neuf heures sur les galets qu'on ne quittera jamais. Se rapprocher de la rivière qui coule modestement (Photo 1). Il faut rapidement passer quelques gués sans mouiller les pieds (Photo 2). Paradoxalement, plus on remonte la rivière, plus il y a d'eau. L'eau bouillonnant en amont du pont dans une vallée étroite couverte de basalte trouve un estuaire atteignant un kilomètre de large sur plusieurs mètres d'épaisseur de galets et rochers qui absorbent une grande partie de l'eau. C'est d'ailleurs ce qui permettra de savoir si la randonnée est possible ou non : si le niveau de l'eau de la Rivière de l'Est se jetant dans l'océan est haut, cela signifie que le débit en amont des ponts sera trop fort pour envisager une randonnée sereine. Les filaos et bois de chapelet qui recouvraient la plaine alluvionnaire ont été arrachés par la puissance de Fakir en avril 2018 et seuls subsistent les vastes étendues de cailloux gris qui chauffent très vite au soleil (Photo 3). Pourtant, les berges se recouvrent lentement d'arbres qui tenteront de résister au prochain événement pluvieux (Photo 4). Il faut plus d'une heure pour effectuer les trois km séparant des deux ponts qui dominent la rivière. Certains blocs rocheux, monstrueux, donnent une bonne idée de la puissance de l'eau (Photo 5). La rivière se rétrécit à l'emplacement des deux ponts qui l'enjambent. Le vieux pont suspendu a mal vieilli mais serait en voie d'être remis en état. On passe à l'aplomb des deux ouvrages et la véritable randonnée peut débuter sans pour cela éviter les galets. La vallée est plus étroite et la rivière plus fougueuse (Photo 6). Les méandres vont se succéder, bordés de très hautes falaises infranchissables d'où coulent une multitude de petites cascades agréables (Photo 7). On longe parfois d'importants éboulis qui doivent inciter à éviter les journées pluvieuses qui favorisent la chute des pierres (Photo 8). La pente est faible mais l'exercice, surmontable, est relativement sportif car il faut constamment chercher où poser le pied (Photo 9). La remontée n'a rien de monotone, on longe à tout instant une grotte creusée par le courant (Photo 11), des petites cascades rafraîchissantes (Photo 12), une grande arche naturelle issue d'importants effondrements (Photo 13) ou des petits bassins d'eau fraîche (Photo 14). Certains bassins sont plus importants que d'autres et peuvent servir au retour pour d'agréables baignades si le courant est faible (Photo 20). Plus on monte et plus la vallée se rétrécit sans jamais toutefois constituer des canyons (Photo 22). On est parfois obligé de marcher à même la rivière pour éviter de petites falaises basaltiques (Photo 23). Après plus de deux heures de remontée sportive depuis les ponts, on franchit à nouveau quelques gorges aux parois verticales recouvertes de mousses et plantes rases qui ont du mal à s'implanter (Photo 26). Après trois heures de marche, soit cinq heures depuis l'océan, on parvient à une cassure en plein milieu du lit de la Rivière de l'Est. L'eau se précipite des blocs de basalte en une magnifique cascade formée de deux chutes (Photo 27). Pas de bassin pour la baignade finale mais des embruns garantis si on s'approche au plus près. La randonnée se termine ici et le retour prendra une bonne heure de moins car la marche s'effectue alors en légère descente.
Il faut de l'agilité, un brin d'inconscience ou une bonne corde pour escalader les rochers qui bordent la cascade (Photo 28). A partir du haut de la cascade, la rivière reprend son aspect habituel et se remonte de la même manière sur un kilomètre avant de rencontrer un nouveau cassé, plus important et infranchissable à l'altitude 650. Cette deuxième remontée s'effectue alors sous la responsabilité de celui qui s'y aventure et n'a pas été reconnue pour la création de cette fiche.

Balises

Hors sentier : pas de balise

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Se rendre au petit village de la Rivière de l'Est - En venant de Sainte-Rose, tourner à droite avant la Rivière de l'Est sur le Chemin Isidore indiqué "Route du bord de la Rivière de l'Est" - Rouler jusqu'au bout de la route marquée par un minuscule rond-point et se garer à proximité - Emprunter la piste herbeuse qui rejoint le bord de l'océan 100 m plus loin - Bifurquer à gauche et rejoindre le fond de la rivière - Suivre le cours d'eau ou marcher au hasard sur les galets pendant 3 kilomètres et passer sous les deux ponts de la Rivière de l'Est - Poursuivre dans l'étroite vallée jusqu'à la cascade qui empêche de continuer la randonnée - Faire demi-tour en empruntant le même itinéraire.
A partir des ponts, le cheminement est beaucoup plus facile car on emprunte un ancien lit de la rivière recouvert de sable plus que de galets.

De la savane au désert

En 2007, le cyclone Gamède avait dévasté une partie de l'île, emportant les fonds de ravine et tout ce qu'is abritaient. En 2011, lors d'une première remontée de la rivière on constatait que la vie avait repris ses droits. Des bois de chapelet et filaos, mêlés à des herbes et lichens avaient colonisé le lit et se développaient tranquillement. Au mois d'avril 2018, la tempête Fakir remettait, à sa manière et en quelques heures, de l'ordre le long des berges.
Lors de la montée en mars 2019, on rencontre à nouveau des petits filaos de 15 cm de hauteur et quelques bois de chapelet qui auront vite fait de transformer le désert en savane.


Commentaires sur cette randonnée (3)

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Christian Léautier, 29/09/2019 12:49
Randonnée complétée le 28/09/2019 en 6h30

Merci à Vlad (16/04/2019) ! Facile de rejoindre en 5 mn chrono la rivière ! Voir son commentaire pour gagner peut être 2 h a-r en évitant l'interminable et pas très intéressante remontée de l'océan jusqu'aux ponts.Pour les derniers mètres avant la rivière même pas besoin de machette car en rive droite de la toute petite ravine un sentier dégagé nous accueille.(peut être Vlad l'a manqué ou alors nettoyé depuis) Faire fi d'un panneau propriété privée à mis chemin du sentier (eh oui! parfois trop tentant de braver l'interdit) Mis un cairn et une rubalise à la jonction sentier et rivière; autre précision, c'est 15m plus en aval que la ligne haute tension. Ensuite un régal pour une rando semi aquatique qui permet de s'initier aux remontées de ravines sans difficultés: de l'eau jamais plus haut que les genoux et des galets qui se franchissent aisément; on ne cherche jamais où passer! Le stress c'est pour le gros éboulis puisque un autochtone rencontré est passé par là il y a un mois: rivière orangée , boueuse , goulet infranchissable: l'éboulis venait de se produire et la photo 8 du site me fait dire que pour constituer la fiche randopitons c'était moins accentué que maintenant (au retour vu des petites chutes de pierre!!). Sinon tout le long des pisse en l'air, des cascades, des bassins d'eaux turquoises et une belle arche que je photographie et compare à la photo 8: déjà des bouleversements en 6 mois! , comme quoi...Puis je dire amicalement à JPG et avec presque certitude que la position du sigle "arche" sur le plan de l'itinéraire est mal placée: c'est beaucoup plus en amont à 394 m d'altitude d'après mon appli, juste en amont du sigle "B" (j'attends confirmation...ce qui prouverait que, bon élève, j'étudie minutieusement la fiche avant de m'engager dans une telle belle aventure) Photo 18 également obsolète à ce jour: les bibes ont du être emportées! (ouf! ) par les dernières crues qui ont laissé par ex en travers de l'arche une belle racine. Trompé par la position de l'arche , je pensais être donc beaucoup plus loin du cassé final et ai fait demi tour un peu avant, ce qui bien sûr est dommage. (pas de gps performant) J'encourage sans réserve à faire cette rando dès maintenant (avant d'autres pluies et d'autres éboulis) qui rappelle somme toute un peu des paysages de Salazie et qui , en prenant le raccourci au croisement de la route de Cambour devient seulement difficile (et non très difficile) par rapport à la longueur et au niveau des eaux (6à 7 h) J'ai adoré!

Vlad, 16/04/2019 20:10
Randonnée complétée le 14/04/2019 en 7h00

Martial a raison, il y a bien un sentier comme signalé sur le visuel, et qui fait bien gagner 1 bonne heure depuis la mer. Se garer au niveau du réservoir près du carrefour avec la route de Cambourg, et traverser pour prendre à gauche le chemin qui serpente en descendant et qui se termine en sentier abandonné... suivre une petite ravine entre les jeunes cocotiers... une machette aurait été utile.
Sinon, rando magnifique... une chose m'a marqué : l'eau reste cristalline du début à la fin... pas une mousse, pas une algue sur les pierres (ce qui rend les traversées faciles)... et pas un seul poisson observé ! Si quelqu'un a une explication... Qu'ajouter de plus, si ce n'est ces quelques beaux cailloux et ces formations en milieu sablonneux pour le moins originales.
Merci pour cette belle rando !

Martial, 19/03/2019 10:42
Randonnée complétée le 14/03/2019

Faite le jour de la réalisation de cette fiche, une bien belle remontée de ravine; la partie entre l'embouchure et les ponts, pourrait d’après les renseignements glanés sur place être évité en rejoignant le vieux pont en rive gauche, une centaine de mètres sous le vieux pont se trouverait un sentier qui rejoint le fond de la rivière; nous l'avons repéré en bas mais pas emprunté puisque nos voitures se trouvaient au bout du chemin Isidore; ça peut valoir le coup de chercher un peu puisque cela évite 6 kilomètres de cailloux depuis l'embouchure, partie pas très intéressante.
Jusqu’à la cascade final, bassins et cascades se succèdent.
Photos Jointes

Randonnée ajoutée le : 18/03/2019