La remontée de la cascade La Faim depuis le pont de l'Escalier

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 3h
Distance 3.7 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 455 - 260 m
Dénivelé positif 250 m
Dernière mise à jour 10/08/2019

La Faim ou Dauphin : ça grimpe dur !!!

La carte IGN de la région indique la ravine mais ne la nomme pas. Les gens du coin l'appellent ravine Dauphin alors que les canyonistes l'ont baptisée ravine La Faim. L'étymologie n'a guère d'importance lorsqu'on s'approche de la haute chute qui doit avoisiner les 75 mètres. Le bassin est minuscule et la chute en voile agréable à l’œil. Venir jusqu'au bassin est une balade. En atteindre le sommet demande autant de force dans les bras que de puissance dans les jambes. C'est une pente à près de 90° par moments et les cordes se succèdent pour atteindre le palier intermédiaire qui permet de voir la cascade se précipiter dans le vide. Cette remontée ne s'adresse donc qu'aux randonneurs très sportifs, entraînes, motivés, ne craignant pas le vertige et prenant leurs responsabilités. Ne jamais perdre de vue qu'une pente est toujours plus facile à monter qu'à descendre. Si les jambes tremblent aux premières cordes, faire demi-tour au plus vite car c'est la paralysie qui guette au retour l'imprudent ayant surestimé ses capacités. Les canyonistes poursuivent au-delà du haut de la cascade mais on quitte alors le domaine de la randonnée et il est alors plus prudent de se munir d'un baudrier. Il va de soi qu'on ne réalise jamais seul de tels circuits, même s'ils sont aussi courts.

La randonnée débute au pont de l'Escalier qui est également le point de départ vers la Cascade Blanche ; une occasion d'effectuer les deux trajets dans la même journée. Récupérer la petite route de l'Escalier, en rive gauche de la rivière du Mât juste après le pont. La route, étroite et en légère montée domine la rivière (Photo 1). La balade est bucolique dans une verdure due à l'humidité du cirque. On marche sans difficulté jusqu'aux premières cases très fleuries. Attention aux chiens à la dernière case sur la droite ; ils sont aussi bruyants qu'imprévisibles. Quelques mètres plus loin et après 1000 mètres de goudron, on parvient à un premier lacet partant sur la droite. Une piste débute dans le virage sous la grosse touffe de bambous (Photo 3). Cette piste empierrée traverse une végétation luxuriante en direction de champs et de vergers (Photo 4). Les premiers agrumes apparaissent ainsi que des treilles de culture du chouchou (Photo 5). Plus loin, un petit ruisseau traverse la piste qui se sépare en deux. Celle de gauche mène à l'habitation de l'agriculteur propriétaire des champs traversés qui a concédé à l'ONF un étroit passage à l'intention des marcheurs et canyonistes. Poursuivre tout droit jusqu'au discret croisement proche d'un filao et d'un bananier (Photo 7). Le sentier, difficile à discerner, débute sur des cailloux et on remarque ça et là de vieilles flèches de peinture blanches. On se retrouve sur des lacets au milieu des cultures qui grimpent en direction d'un gros rocher-grotte servant de remise à outils. Il oblique un peu sur la gauche et traverse un champ de chouchous (Photo 10). Il frôle une falaise d'orgues basaltiques (Photo 11) d'où l'on commence à apercevoir la haute chute (Photo 12). Ce petit sentier se termine presque à plat au plus près de la ravine, près de touffes de bambous. Il faut remonter la ravine et trouver le bon passage en se mouillant les pieds pour atteindre le bassin (Photo 15). La fin de la randonnée est facile à deviner puisqu'elle consiste à remonter la haute cascade pour atteindre le rocher nu qu'on devine sur la gauche (Photo 14). Le sentier qui escalade la falaise quasi verticale se situe en rive droite. Il faut donc traverser le bassin et se rapprocher de la chute d'eau pour récupérer le sentier qu'on devine à peine. Très vite, une première corde attend pour faciliter le passage dans les jouvences qui cachent en partie le sol (Photo 16). Pas de danger particulier si l'on tient correctement la corde et que l'on prend garde à trouver un appui pour les pieds. Puis la pente s'accentue et dépasse les 75° avec peu de prises pour les pieds (Photo 17). A mi-pente, on longe un tuyau qui paraît inutile tant la région est arrosée (Photo 18). Il grimpe haut dans la falaise afin de récupérer l'eau au plus près de la source. S'il est amusant pour le randonneur de grimper ainsi, que dire du propriétaire de la case en bas qui a été obligé de venir là avec un tuyau de plusieurs centaines de mètres ! La D45 diminue à vue d’œil, signe qu'on monte rapidement (Photo 19). Un premier passage vertical s'effectue avec des cordes à nœuds qui assurent de meilleures prises. Il faut bien se retenir aux racines avant de la lâcher. Plus haut, c'est un rocher lisse et vertical de 5 mètres de hauteur qui attend pour tester notre vertige (Photo 21). Fort heureusement, les prises sont facilitées par des marches en acier qui rassurent par leur solidité. La montée, ludique pour les uns pourra s'avérer stressante pour d'autres (Photo 22). Encore quelques cordes sur des pentes toujours aussi fortes et l'on se retrouve au pied de l'éperon rocheux aperçu depuis le bassin. Le petit sentier part sur la droite en direction du bruit d'une chute. On parvient, en marchant parfois au-dessus du vide entre les racines, à un endroit charmant où coule la ravine. En amont, deux chutes successives jaillissent d'un étroit canyon alors que la haute cascade plonge vers les champs 75 m plus bas (Photo 25). L'endroit est sauvage et sombre en raison de l'étroitesse du canyon. On a d'ici, de belles vues sur la rivière du Mât (Photo 26). On est à la fin de la montée pour randonneur curieux, sportif dont les bras sont mis à l'épreuve autant que les jambes. Les canyonistes poursuivent encore plus haut à l'aide de nouvelles cordes franchissant la barre rocheuse, trop dangereuse sans baudrier ou assurance (Photo 27). Le retour emprunte le même itinéraire. Attention, les bras éprouvés par la montée sont encore plus indispensables à la descente sur deux portions au moins réservées aux randonneurs aguerris.

Balises


Flêches blanches dans la propriété

Profil

Plan de l'itinéraire

Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Prendre la direction de Salazie à partir de Saint-André ou Saint-Benoît - Rouler jusqu'au pont de l'Escalier et stationner à gauche près de la sculpture d'Eva et de la chapelle - Traverser le pont pour emprunter la petite route à gauche en direction de l'Escalier - Marcher jusqu'au premier lacet et prendre la piste qui débute sous une touffe de bambous - Rejoindre le bassin de la cascade La Faim puis remonter à l'aide des cordes jusqu'au sommet de la haute chute - Emprunter le même itinéraire pour revernir au pont de l'Escalier.


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Randonnée ajoutée le : 10/08/2019