La montée au Grand Piton à partir du sentier des Gaulettes

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 3h
Distance 4.2 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1320 - 834 m
Dénivelé positif 480 m
Dernière mise à jour 21/07/2019

Le Grand Piton : un gros tas de cailloux

Voici une nouvelle randonnée sportive affichant la tête de mort rouge, signe de dangerosité.

Beaucoup de gramounes de Palmiste Rouge sont un jour montés au Grand Piton pour y chercher des nids de guêpes, quelques tangues ou pour y récupérer du bois destiné à la cuisine au boucan. Depuis l'arrivée de l'électricité et la construction de routes, le gaz est souvent plus utilisé que le bois et les sentiers ont progressivement disparu. La région instable a connu d'importants éboulis aussi le sentier venant du parcours des Calumets est très difficile à retrouver. Cet itinéraire utilise des traces de braconniers qui effectuent la jonction avec l'ancien itinéraire officiel qui parcourait le fond de la dépression constituant le sommet. Si le début du trajet s'effectue sans difficulté sur le beau sentier des Gaulettes, il en va tout autrement de la grimpée en direction de la muraille que l'on aperçoit tout au long du parcours. A partir de 1000 m et jusqu'au sommet, le cheminement est rectiligne, la pente dépasse souvent les 50% sur un terrain très instable, voire dangereux. Il faut donc de l'entraînement et de la motivation pour réaliser cette montée en aller-retour obligatoire tant qu'un ancien sentier ne sera pas découvert en direction du Bonnet de Prêtre.

La randonnée débute à la petite poste de Palmiste Rouge. Une ruelle bétonnée en pente commence à la bâtisse jaune et se termine en cul de sac à l'entrée de trois propriétés privées. Le sentier part sur la gauche et s'élève assez rapidement en direction du Chemin des Gaulettes par des centaines de marches bétonnées (Photo 1). Il longe des propriétés privées en offrant déjà de beaux panoramas sur les pitons et remparts qui entourent Palmiste Rouge (Photo 2). On peut emprunter un sentier qui part sur la droite au croisement à mi-chemin ; il mène à l'autre extrémité du Chemin des Gaulettes, créé en fer à cheval. Une fois sur le Chemin des Gaulettes, profiter à nouveau des beaux points de vue sur le Gros Morne de Gueule Rouge et le Piton Morel (Photo 3). En haut de la rue, prendre à droite et redescendre une courte portion du Chemin Morel. En face d'une maison au jardin fleuri, au numéro 295, prendre à gauche le sentier qui débute le long d'un grillage. Ce sentier sans marches bétonnées donne une idée du Chemin des Gaulettes il y a une décennie (Photo 4). Il se termine rapidement à quelques cases isolées. Longer la piste suivante jusqu'au premier virage à droite et prendre à gauche sur une nouvelle piste bordée par un champ de lentilles. Ne pas manquer sur la droite une nouvelle piste pénétrant entre les champs jusqu'à quelques ruches sur le bord (Photo 5). Ne pas quitter cette piste qui est privée sur une cinquantaine de mètres. Aux ruches, poursuivre jusqu'au grillage et laisser le sentier qui mène aux arbres fruitiers derrière une clôture grillagée. Obliquer sur la gauche à un jeune longani et longer le grillage sur une vingtaine de mètres. La balade est terminée et l'ascension peut débuter. On se retrouve sous le couvert de quelques bois de couleurs envahis de néfliers du Japon (bibassier) sur un "sentier" étroit, difficile à suivre dans les jouvences déjà envahissantes (Photo 6). La pente est parfois très forte et on s'élève rapidement malgré la lenteur de la marche (Photo 7). L'essentiel du passage s'effectue sur un immense pierrier qui recouvre les flancs du Grand Piton (Photo 8). La montée est lente en raison de la pente mais également du temps qu'il faut passer à chercher où poser les pieds sur les pierres les plus stables. La muraille du Grand Piton grandit au fur et à mesure de l'ascension et on devine qu'il faudra obliquer pour la franchir (Photo 10). Certaines roches sont si grosses qu'elles créent de très hautes marches (Photo 11). Après de bons coups de rein où il aura fallu s'agripper à tout ce qui peut aider au passage pentu, le sentier oblique sur la droite à l'approche de la muraille (Photo 14). Le passage semble impossible mais un tunnel végétal entre le rocher et un eucalyptus attire le regard (Photo 15). La vigne marronne tente de reboucher l'endroit mais quelques coup de bâton au passage remettra à plus tard cette invasion. Plus loin, le passage longe au plus près le rocher sur une pente toujours aussi importante (Photo 16). Attention de ne pas s'appuyer à la falaise car des roches, uniquement coincées par la mousse et des racines de jouvences, tombent au moindre contact, rendant très dangereuse la montée pour ceux qui suivent. Le passage plonge un peu vers le bas à partir d'un rocher en surplomb près d'un filao (Photo 17). Marcher sous ces filaos, enjamber quelques branches tombées du dernier coup de vent et retrouver la falaise qui se termine pour se transformer en rein. On se retrouve sur la trace du "sentier officiel" qui n'a sans doute jamais été utilisé depuis près de 50 ans ! (Photo 18). Malgré les inévitables jouvences, il grimpe en lacets vers le haut du rein au milieu des chocas (Photo 19). La suite de la montée va s'effectuer sur l'arête en partant sur la gauche. Sur la droite, on ne distingue pas encore l'espèce de cratère qui constitue le haut du Grand Piton. Une petite forêt d'eucalyptus semble en pleine forme, sans doute à l'abri des coups de vents durant les cyclones (Photo 20). Plus de trace de la source dont parlaient les anciens mais une profonde ravine sombre montre bien que de l'eau a coulé ici à une époque moins sèche. La remontée de la crête est ardue sur un sentier très étroit mais protégé du vide par une végétation de bois de couleurs assez dense (Photo 22). On profite enfin de magnifiques panoramas sur la vallée de la Ravine des Calumets et de Palmiste Rouge (Photo 21) et sur le Gros Morne de Gueule Rouge (Photo 23). Le sentier ne suit pas toujours la crête, ne s'en éloigne jamais vraiment mais la rejoint à un moment à un petit cul de sac qui sera la fin de cette montée sportive (Photo 24). ATTENTION, le promontoire est étroit, glissant et un vide de 100 mètres le rend très dangereux. Il ne peut accepter plus d'un randonneur avide de contempler le paysage. Depuis le beau bois de rempart qui pousse au sommet (Photo 26) on peut profiter de tout le sud du cirque en direction de Saint-Louis (Photo 25), de la forêt de bois de couleurs qui recouvre le sommet (Photo 27) et l'on devine très bien le creux du très ancien effondrement donnant au sommet un aspect de cratère (Photo 28). La descente vers Palmiste Rouge emprunte le même itinéraire mais n'est cependant pas une partie de plaisir. Si les fortes montées glissantes et moussues ont pu s'escalader à quatre pattes, la descente usera certainement le fond du pantalon. Pire, les cailloux du pierrier réagissent plus vite à un pied qui descend parfois trop vite qu'à celui qui monte lentement en cherchant la bonne position.

Balises

Pas de balise

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre à Palmiste Rouge à partir de la Rivière - Rejoindre le village par la descente en lacets puis franchir le Bras Morel - Stationner aux alentours de la poste reconnaissable à gauche de la route à sa couleur jaune - Débuter la randonnée en empruntant la piste bétonnée à gauche du bâtiment - Suivre ensuite le sentier des Gaulettes tout en marches bétonnées - Prolonger par le Chemin des Gaulettes jusqu'au Chemin Morel - Prendre à droite sur 130 mètres pour reprendre le sentier empierré partant sur la gauche - Traverser des habitations puis poursuivre sur une piste jusqu'à des ruches - Prendre à gauche en direction du sommet - Atteindre le point le plus haut et faire demi-tour par le même itinéraire.


Commentaires sur cette randonnée (2)

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Christian Léautier, 22/07/2019 11:12
Randonnée complétée le 21/07/2019 en 3h30

Une pente exceptionnelle à 60% ou plus et cela pratiquement tout le long de l'ascension... avec quand on lève la tête des murailles qu'il va falloir soit franchir (oh non!) soit contourner. Le sol est bien humide et glissant, les pierres sous les pas sont souvent instables retenues seulement par les jouvences qui envahissent le sentier, heureusement bien toujours visible. Presque toujours des racines, des branches pour se hisser un peu plus haut, et , à la limite , les frêles jouvences qui riment alors avec méfiance, sinon on abandonne un peu le sentier en le contournant dans une végétation plus dense où l'on peut facilement s'agripper. Autres points positifs: peu de passages vertigineux même si parfois l'attention ne doit pas être du tout relâchée d'une seconde; peu de distance , l'ascension dure moins de 2 heures...et là haut, sur un minuscule promontoire l'apothéose: là oui, le vertige! mais des vues époustouflantes et évidemment inédites sur une grande partie du sud du cirque de Cilaos à 1320m au dessus de Palmiste Rouge. Mais la cerise sur le gâteau sera d'atteindre, en grignotant encore quelques mètres de hauteur, 1410m pour un point de vue encore plus époustouflant et encore plus vertigineux, pile à la verticale de l'ilet de Gueule Rouge et alors vues sur la partie nord: Cilaos, Bonnet de Prêtre, Piton des Neiges et tutti quanti. Pour cela juste avant le promontoire final décrit sur le site, prendre à droite, des entailles nettes sur des arbres montrent la direction, et plonger dans la ravine et le "cratère "tout proche puis remonter pendant 20 mn jusqu'au sommet dans une végétation dense mais pas inextricable. Là, nous avons nettoyé une plate forme de quelques m2 pour mieux dégager les points de vues. Le vrai sommet de Grand Piton est à droite 52 m plus haut et n'a pas été atteint ce jour .Voir les commentaires de Fanch, mon compagnon qui a pourtant vaillamment essayé. Quand je regarde attentivement la carte IGN, la bonne idée serait peut-être, lorsqu'on atteint l'arête , au lieu de faire un grand coude à gauche, de partir tout droit dans la ravine toute proche et de poursuivre ainsi jusqu'au bout.(Qui va y aller voir de plus près?) Autre bonne idée mise en pratique ce jour , soit rester l'un près de l'autre dans les pierriers avant que les pierres prennent de l'élan ou le contraire rester très éloignés l'un de l'autre-ou les uns des autres- et surtout pas dans l'axe de la pente où risquent de débouler les rochers. Encore une bonne idée: même si c'est tentant, ne pas s'appuyer contre les parois des falaises qui semblent prêtes à nous tomber dessus ...du moins des morceaux. Prudence redoublée à la descente ! Facile à comprendre, que Fanch et moi, nous avons adoré. Nou la fé!...et de plus en profitant d'un temps exceptionnel.

Fanch, 21/07/2019 15:21
Randonnée complétée le 21/07/2019 en 6h00

Ascension réalisée ce matin. La montée est éprouvante en raison des pierriers à grimper. Certains passages nécessitent équilibre et agilité en raison du sol glissant et/ou instable. Le sentier "officiel" permet de retrouver une sensation de sécurité avant le grand vertige du promontoire final. La vue est superbe. En redescendant de cette minuscule plateforme, on peut atteindre le fond de la dépression et en partant à gauche suivre la trace d'un ruisseau à sec qui mènera à une autre point de vue superbe pile en surplomb de l'ilet gueule rouge. Une recherche sur cette arrête nord ne permettra pas d'atteindre le vrai sommet par ce secteur. Il faudra revenir en empruntant à droite depuis le fond de la dépression, ce sera pour une prochaine fois.

Randonnée ajoutée le : 14/07/2019