Du circuit des Ravenales à la source de la Ravine Batardeau

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 9h
Distance 9 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 862 - 268 m
Dénivelé positif 650 m
Dernière mise à jour 02/09/2022

Galets moussus et cassés à contourner

Le Massif et la forêt Domaniale du Cratère englobent un espace naturel sensible (ENS) abritant des espèces protégées souvent très rares comme Calanthe candida et Graphorkis concolor, des orchidées en danger critique d'extinction. Aucun sentier officiel ne parcoure la région mais chaque crête possède pourtant sa trace due aux passages des braconniers. Les goyaviers ont depuis longtemps pris possession des pentes multiples reliant les innombrables ravines et bras du Cratère et les orchidées ne parviendront pas à résister aux futures invasions. Une manière originale pour visiter la région sans crainte de piétiner des plantes rares est d'en sillonner une partie en longeant une des ravines qui la traverse. Le Bras Madeleine, la plus longue ravine du massif, est entourée de hauts remparts et comporte de trop nombreuses cascades. La Ravine Batardeau est connue des randonneurs effectuant la boucle des Ravenales. Elle propose plusieurs petites chutes près des échelles en fin de boucle. Pour voir d'autres petites cascades, il faut remonter le lit recouvert de gros galets moussus puis contourner les obstacles en grimpant au plus facile sur un des versants de la ravine. La pente y est chaque fois abrupte. La montée est assez facile en s'aidant des mains, des racines et pieds de goyaviers. Les descentes demandent plus d'attention en raison de l’humidité constante rendant le sol glissant. C'est ainsi qu'il faudra contourner une demi-douzaine de cassés secs et autant de petites chutes pour atteindre la très insignifiante source au milieu d'une jungle de goyaviers moussus. Avec une moyenne de1 km/h, cette sortie aventure en aller-retour s'adresse donc aux habitués des galets glissants, marche dans l'eau jusqu'au genou et griffures par la végétation.

La randonnée débute au parking de la boucle des Ravenales. Trois itinéraires sont possibles pour rejoindre la Ravine Batardeau. Vu la durée de la randonnée proposée, il est fortement conseillé de choisir l'itinéraire le plus court pour aller au gué. Au retour, il sera toujours temps de rallonger en fonction du chrono ou de la fatigue. Le sentier central qui débute en longeant l'aire de repos grimpe parfois très fortement sur de hautes marches et permet de se mettre en jambe avant la remontée de ravine (Photo 1). Les endroits plats sont rares et cette première partie s'effectue par une rude descente sous les jamrosats. Impossible de manquer le gué de la Ravine Batardeau constitué de gros galets salis par les chaussures des randonneurs effectuant la boucle des Ravenales (Photo 2). A partir du gué, il n'y a plus à réfléchir sur la direction à prendre. Remonter en direction de la source sur les premiers galets glissants (Photo 3). C'est encore le moment de faire demi-tour si l'on sent, dès les 300 premiers mètres, qu'on ne supportera pas ces 4 km de galets moussus et humides. La ravine débute par quelques méandres. Il est possible de toujours suivre le fond en sautant de galet en galet ou trouver quelques sentiers de raccourcis dans les goyaviers et jamrosats (Photo 5). Ces bribes de sentier ne ressemblent pas du tout au précédent mais on suit relativement bien le tracé. Près des rives, il est toujours visible mais devient plus aléatoire (Photo 6). Très vite, il faudra délaisser la recherche de sentier et emprunter à nouveau le lit de la ravine (Photo 7). Elle est assez large et les jamrosats créent un tunnel de verdure agréable à l'œil (Photo 8). La montée s'effectue au plus facile pour chacun ; sur les galets, entre les galets ou dans les flaques. Le niveau de l'eau est assez bas car une partie de l'eau coule sous les galets. On est rapidement renseigné sur le débit du ruisseau en parvenant à la première cascade d'une dizaine de mètres. Les arbres charriés lors des dernières crues lui ôtent beaucoup de charme (Photo 9). Le premier contournement de la journée peut débuter en rive gauche à chercher le bon passage entre les arbres. La grimpette est sportive mais très courte. Attention dans la descente de ne pas glisser et bien maintenir les troncs pour freiner (Photo 10). Attention également de ne pas piétiner les touffes d'orchidées terrestres qui jonchent le sol par endroits (Photo 11). La remontée de la ravine reprend aussitôt dans le même type de paysage mais il faut marcher plus souvent les pieds dans l'eau. Eviter de se mouiller serait possible mais retarderait beaucoup (Photo 12). On rencontre une double petite cascade mais inutile de filer par les bois puisque des marches permettent de passer l'obstacle. Une nouvelle haute cascade d'une dizaine de mètres impose un contournement en rive gauche, tout aussi court et acrobatique que le précédent (Photo 13). La suivante, moins haute, se remonte facilement par la rive droite au plus près de l'eau (Photo 14). La ravine et les alentours changent peu, même si le lit se rétrécit de plus en plus sans jamais être difficile (Photo 15). Il faudra passer encore une petite chute et une beaucoup plus haute par des habituelles escalades dans les pailles sabres devenant de plus en plus touffus (Photo 16). Il y a déjà près de trois heures que l'on a quitté le gué du sentier des Ravenales et la montée se poursuit sur un lit encore rétréci et envahi de superbes pimpins (Photo 17). La forêt est de plus en plus touffue, rendant plus compliqués les contournements avec le sac à dos qui se coince souvent entre les troncs de goyaviers. Quelques petits canyons créés par le courant ne comportent que rarement de la végétation qui ne peut s'accrocher (Photo 18). En revanche, les parties plus plates et droites sont toujours aussi caillouteuses et bordées de hautes plantes moussues où il est fréquent de trouver des orchidées (Photo 19). Après 700 m, la ravine ressemble plus à un sentier pierreux envahi par les pimpins qu'à une ravine (Photo 20). Quelques touffes de vigne marronne peuvent griffer au passage mais s'évitent encore sans user du coupe-coupe (Photo 21). C'en est fini des cascades car il n'y a plus d'eau mais les cassés demeurent et se succèdent. Certains peuvent se franchir en cherchant le meilleur passage sur les roches (Photo 22). En revanche, d'autres sont infranchissables et les habituelles grimpettes peuvent reprendre (Photo 23). A partir de 800 mètres les cassés subsistent mais le ruisseau n'est plus que l'ombre de lui-même. La végétation est très sauvage. Les mousses envahissent tout mais le cheminement est toujours possible (Photo 24). Un dernier contournement (Photo 25) et l'on parvient enfin à la source officielle de la Ravine Batardeau, impossible à deviner quand le terrain devient plus plat (Photo 26). Le but est atteint et il est possible d'envisager une redescente. Les plus courageux poursuivront une cinquantaine de mètres vers le sud pour profiter des panoramas sur les pentes de l'autre côté de la route des Plaines (Photo 27) ou vers les villes du littoral (Photo 28). Encore une cinquantaine de mètres et l'on domine Grand Etang pour des points de vue peu attrayants à cause de la végétation très fournie. Le retour, tout aussi difficile empruntera le même itinéraire en fond de ravine et sur les traces laissées pour les contournements.

Balises

Pas de balisage

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.

Itinéraire

Se rendre à la Plaine des Palmistes ou à Saint-Benoît et rouler sur la RN3 vers le Chemin de Ceinture - Quitter la route pour rejoindre le circuit des Ravenales - Stationner et entamer la randonnée par une partie du circuit des Ravenales - En arrivant au gué de la Ravine Batardeau, délaisser le sentier, remonter la ravine en eau ou à sec jusqu'à sa source - Faire demi-tour à la source puis rentrer par le même itinéraire.


Commentaire sur cette randonnée (1)

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Ousarsiph2, 25/08/2022 16:21
Randonnée complétée le 06/08/2022 en 7h00

Bonjour, Merci pour cette belle sortie aventureuse partagée lors de la création de la fiche, et cette immersion au cœur du massif du Cratère très peu arpenté par les randonneurs. C'est aussi le type d'expédition à l'issue de laquelle on se promet de ne plus mettre les pieds dans une ravine pour les six mois à venir ! Mais les bons souvenirs et le caractère sauvage des lieux traversés font rapidement oublier les cailloux glissants et et les contournements de cascades griffus, et donnent rapidement envie de recommencer et d'explorer les vallées parallèles à la découverte de nouveaux lieux tout aussi isolés.
Laurent

Randonnée ajoutée le : 25/08/2022