Du refuge de Montfalco au Congost de Mont-Rebei par les passerelles

Difficulté
Moyen
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h30
Distance 15.4 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 775 - 507 m
Dénivelé positif 650 m
Dernière mise à jour 23/05/2022

Paysages époustouflants pour une randonnée vertigineuse, perchée dans les falaises !

Il suffit de découvrir un reportage sur cette randonnée exceptionnelle pour qu'elle devienne très vite un projet de randonnée qui obsède. Le plus long parfois est donc d'attendre une occasion pour franchir les 10 000 km qui séparent l'Aragon de La Réunion. Voilà qui est fait et quels magnifiques souvenirs ! Merci à mon fils Cyril pour cette belle découverte et pour m'avoir accompagné dans cette spectaculaire randonnée.
Ne pas entreprendre cette randonnée si l'on est sujet au vertige.

La rivière Noguera Ribagorçana coule au fond d'un superbe canyon digne de nos Gorges du Verdon et sert de frontière naturelle entre l'Aragon et la Catalogne. La région montagneuse, dédiée à la randonnée, accueille un circuit d'exception. Il se partage zones boisées, sentiers en corniche offrant des panoramas sur le lac de Barrage de Canelles, passages creusés dans la roche et escaliers vertigineux. Peu de difficulté pour le parcourir à condition de ne pas souffrir de vertige. En effet, deux passages ont été aménagés en escaliers pour franchir des falaises totalement verticales, dédiées autrefois à l'alpinisme. Si alpinistes et grimpeurs sont désolés par ces travaux, les randonneurs s'émerveillent à chaque pas des prodiges de la construction tout comme des paysages traversés. D'autres portions empruntent des passerelles métalliques au-dessus d'étroites parties du lac ou ont été creusées à même la roche. Ces dernières sont également vertigineuses mais heureusement de longues mains courantes rassurent. Plusieurs accès mènent aux gorges de Mont Rebei. Le circuit proposé débute au refuge de Montfalco qui accueille pour la nuit à condition de réserver longtemps à l'avance selon la période choisie. La piste forestière menant au refuge a été rénovée et la jonction entre Viacamp et l'auberge s'effectue en un peu plus d'une demi-heure. Les marcheurs désirant s'approcher des 15 km en aller-retour pousseront jusqu'à la fin de la route côté catalan pour rejoindre la boutique de la Masieta, les autres pourront faire demi-tour après les passages creusés dans la montagne. Il est pourtant conseillé de rejoindre au moins la seconde passerelle qui enjambe un bras du lac artificiel. Attention à la foule le dimanche et durant les vacances d'été, préférer la semaine ou marcher tôt le matin. De nombreux marcheurs partant de Masieta abandonnent avant de franchir la falaise en raison de la forte impression de vide et de l'aspect aérien des escaliers accrochés à la falaise et ainsi ne poursuivent pas jusqu'à la deuxième. En partant de Montfalco, on est obligé de les franchir toutes les deux si l'on veut pouvoir gagner la Catalogne en empruntant la passerelle.

Cette randonnée inoubliable débute au parking du refuge de Montfalco, facilement atteint par une longue route sinueuse après avoir traversé le village abandonné d'Estall qui mérite une halte pèlerinage. Rejoindre l'auberge de Montfalco puis emprunter le sentier débutant près du panneau explicatif. Il descend à travers les pins assez faiblement pour une agréable mise en jambes (Photo 1). Le "camino natural de Montfalco" passe près d'une fontaine où une table de pique-nique pourra servir de repos au retour (Photo 2). Le sous-bois est agréable, la pente parfois forte donne une idée de l'effort à fournir au retour (Photo 3). Les arbres empêchent d'apercevoir le lac qu'on imagine dans la vallée sur la droite. Après une demi-heure de descente ombragée, on s'approche du lac aux eaux turquoise et l'on se retrouve face au premier escalier. Même quand les eaux du lac sont très basses, il est impossible de marcher sur les berges et il faut partir à l'assaut de la falaise. L'ouvrage, avant de l'avoir emprunté, semble impressionnant. Les marches en bois sont solides et les nombreux câbles de part et d'autre rassurent sur la solidité de l'escalier partant à l'assaut de cette falaise calcaire totalement verticale (Photo 4). Entamer la montée à son rythme, une marche après l'autre en prenant garde en posant le pied sur les planches. C'est en se retournant que le vertige peut survenir. Sur la droite, le lac offre de superbes paysages (Photo 5). En face, la falaise côté Catalogne est très impressionnante mais on sait qu'il n'y aura pas d'escaliers sur cette rive. Le long ouvrage en bois effectue un arc de cercle en grimpant la falaise arrondie (Photo 6). On parvient rapidement au sommet si l'on ne passe pas son temps à admirer le magnifique paysage du lac tout en longueur. Arrivé au sommet, poursuivre en longeant le sentier en corniche dominant le lac d'une centaine de mètres (Photo 7). Il descend ensuite graduellement et l'on parvient très vite aux prochains escaliers que l'on ne peut manquer (Photo 8). La falaise, mieux exposée que précédemment, laisse voir la totalité de l'escalier accroché aux flancs de cette falaise et qui grimpe en zigzags (Photo 9). Certaines portions sont constitués de planchers. Seuls les virages de l'ouvrage sont dotés de marches très courtes (Photo 10). Elles peuvent être glissantes par temps de pluie. Il faut parfois se baisser et on regrette aussitôt d'avoir prévu un bâton de marche ou un sac trop grand qui s'accroche à la paroi. Que dire lorsqu'il faut croiser des marcheurs effectuant la descente (Photo 11)! On devine en amont la passerelle franchissant la partie la plus étroite du lac pour parvenir du côté catalan. La montée permet de rejoindre rapidement le haut de la falaise d'où l'on domine les canoés et bateaux voguant sur les eaux turquoise (Photo 12). On devine également l'étroite gorge et le sentier creusé dans la falaise (Photo 13). Une fois au sommet, la vue sur cet escalier de légende est superbe et peut donner des frissons à certains randonneurs (Photo 14). Poursuivre vers la passerelle métallique en profitant des multiples panoramas sur le congost (Photo 15). La descente jusqu'aux rives ne pose guère de difficulté (Photo 16). Une bonne heure après le départ, la passerelle se présente. On est habitué au vertige et l'ouvrage métallique est solide et bien sécurisé (Photo 17). Ne pas pénétrer en Catalogne sans profiter des vues sur le lac de chaque côté de la passerelle. Le paysage est beau même si les eaux sont basses comme ce sera le plus souvent le cas en raison des modifications climatiques générales. Le sentier catalan, creusé dans les terres jaunes ou les calcaires très durs, soutenu de marches en bois ou protégé de rambardes ne pose ni souci de difficulté ou d'orientation (Photo 18). Il chemine souvent à plat entre genêts, ajoncs et garrigues. On aperçoit bientôt une saillie dans la roche sur la droite. La faille débute par une montée étroite demandant davantage d'attention. On parvient rapidement à un large chemin presque plat dominant le lac où les câbles sont le plus souvent inutiles car le passage est assez large (Photo 19). Certains passages un peu étroits nécessitent de saisir les mains courantes fixées à la paroi, surtout en croisant d'autres marcheurs. Attention aussi au sol recouvert de gravillons roulant sous la semelle. On aperçoit souvent la suite de ce demi-tunnel à flanc de falaise dominant la très étroite vallée rocheuse occupée par les kayacs (Photo 20). Un ouvrage en dur peut servir d'abri. La balade est totalement plate d'où son succès à partir de Masieta (Photo 21). A la fin de la roche creusée, on aperçoit la vallée qui s'élargit (Photo 22). Puis on parvient sans peine à une nouvelle passerelle tout aussi solide que la précédente (Photo 23). S'il en reste encore dans les jambes, il est possible de rejoindre la route et le parking de Masieta par un chemin presque plat longeant le lac (Photo 24). On passe au plus près d'anciens champs recouverts par l'eau depuis des décennies (Photo 25). Les pistes et sentiers se poursuivent vers la Masieta qui abrite un grand parking destiné aux randonneurs attaquant le Congost de Mont Rebei par le nord. Après une boisson fraîche prise à la boutique, préférer le GR1 pour revenir à la précédente passerelle. Il ondule près des falaises et grimpe un peu vers les ruines du Corral de Sant Jaumes où l'on découvre un emplacement planté d'arbres entouré d'un muret destiné à l'époque à garder le bétail (Photo 26). Prévoir autant de temps de marche pour revenir au refuge de Montfalco. La partie creusée est toujours aussi facile tout comme la passerelle. Les deux escaliers, en revanche, s'effectuent alors en descente, très impressionnants si l'on est sujet au vertige. Le plus difficile après 6 heures de marche est le retour en forêt pour une montée de 200 m. A quelques mètres de l'auberge, emprunter le petit sentier longeant quelques ruines et rejoindre en 10 minutes l'ermitage de Santa Quiteria, perché sur son éperon rocheux offrant de magnifiques paysages sur le lac.

Profil

Carte

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

En venant de France, la meilleure manière de s'approcher du Congost de Mont Rebei est de partir de Toulouse puis de rouler vers Vielha - Suivre la magnifique RN230 et ses tunnels jusqu'au village de Viacamp - A Viacamp, suivre les panneaux de l'auberge de Montfalco - Stationner sur le parking avant l'auberge puis débuter la randonnée par la descente vers la Noguera Ribagoranza à travers la forêt - Escalader les falaises par les passerelles, traverser le lac sur la passerelle métallique puis longer le sentier creusé dans la roche et poursuivre symboliquement jusqu'à la boutique de la Masieta par la seconde passerelle - Faire demi-tour par le même itinéraire.

Le barrage de Canelles

Le barrage des Canelles se situe au confluent du fleuve Noguera Ribagorçana et du Segre. Haut de 152 m c'est le plus grand barrage d'Espagne et le deuxième d'Europe. Construit entre 1953 et 1959, 2800 personnes ont ainsi travaillé durant 6 ans. D'une capacité de 680 hm3 il peut produire 108 MW. Hélas, lors de sa construction, plusieurs hameaux où les habitants vivaient de la vigne ou d'un modeste élevage furent contraints de quitter la vallée et ses abords. Certains villages sont désormais sous les eaux du lac. D'autres, dont on peut visiter les ruines, comme Estal en se rendant à Montfalco ou Finestras en allant randonner à la muraille, n'abritent plus personne depuis des décennies.


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Randonnée ajoutée le : 06/05/2022