De Brandélé à Ntsararano par le Mont Bénara

Difficulté
Difficile
Indice de confiance Bon
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 6h
Distance 15.4 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 660 - 13 m
Dénivelé positif 770 m
Dernière mise à jour 01/08/2020

Plus difficile qu'on imagine

Cette assez longue traversée qui relie deux villages côtiers de Mayotte passe par le point culminant de l'île, le Mlima Bénara, 660 m d'altitude. Même si son altitude est faible, l'effort sera important pour le passage de la crête de deux pitons par un sentier assez technique comportant des passages sécurisés par des chaînes, plus faciles à tenir que les câbles fins. On traverse de longues zones de cultures de manioc ou des bananeraies. La concentration de manguiers centenaires est impressionnante et les makis ou roussettes ne manquent pas de nourriture à la saison. On voit d'ailleurs les uns ou les autres à longueur de journée dans les branches ou dans les airs. On croise également des bovins attachés le long des pistes ou sentiers car le département compte peu de prairies. Mais ce sont surtout les forêts qui méritent à elles seules cette sortie. Les arbres sont parfois très hauts car aucun cyclone ne vient les secouer. Les épiphytes et orchidées sont omniprésentes. Très agréable traversée à réserver tout de même à des marcheurs entraînés et à éviter absolument en période pluvieuse.

La traversée débute le long de la RN2 dans le village de Bandrélé, à quelques mètres de la rive gauche de la Ravine Mro oua Dagoni et du dispensaire. Un poteau marqué de blanc et rouge confirme le départ. Le cheminement est tout d'abord très facile sur route puis sur piste dans les cultures bordées de barrières rudimentaires en bois (Photo 1). Comme toujours à Mayotte, ce sont les cocoteraies ou bananeraies qui sont les plus communes (Photo 2). Plus loin, le sentier passe sous d'énormes manguiers qui procurent une ombre agréable mais ne supprime pas la chaleur (Photo 3). Les pistes herbeuses se suivent sans effort particulier en profitant de larges points de vue si la végétation est clairsemée (Photo 4). On traverse également des étendues où paissent des bovins placides, attachés au bout de leurs longues cordes (Photo 6). Les cultures diminuent petit à petit et les grands arbres les remplacent (Photo 8). Ces arbres sont souvent habités par les makis qu'on entend parfois sans les voir. On aperçoit dans les trouées les monts Bénara couverts de forêts et, de loin, la pente ne semble pas très forte (Photo 7). On traverse plus haut des padzas, zones terreuses de latérite où des traces partent dans plusieurs directions (Photo 9). Se fier uniquement aux balises du GR même si elles ne sont pas très nombreuses et continuer dans les bois sur des tronçons qui doivent être glissants par temps de pluie (Photo 10). Le passage est soit très large dans une végétation assez courte (Photo 11) ou plus étroit et creusé par les multiples passages (Photo 12). Du haut des collines qu'on franchit sans trop d'effort, on domine l'île et le regard porte au loin vers la mer (Photo 13) ou en direction du Mont Choungui à la pointe si caractéristique (Photo 14). Les cultures ont disparu et la forêt approche sur un agréable sentier bordé de fougères (Photo 15). Les arbres sont magnifiques et les manguiers toujours aussi nombreux malgré l'éloignement des habitations. Ils sont certainement issus de semis sauvages effectués par les roussettes laissant les noyaux sur place après dégustation du fruit. Quelques makis tentent, sans y parvenir, de se faire discrets. Très vite, les grands arbres reviennent et on ne les quittera plus avant longtemps (Photo 16). La pente s'accentue doucement sur un sentier qui se rétrécit (Photo 17). Les racines se multiplient et des roches apparaissent. La pente devient de plus en plus forte mais s'effectue à l'ombre des grands arbres (Photo 18). Les racines créent de véritables marches qui facilitent un peu la montée qui coupe le souffle (Photo 19). Après une dernière forte pente on parvient au premier piton, le Mlima Bépilipili (643 m). Depuis son sommet étroit on distingue la grande baie de Bouéni et quelques villages dominés par le Mont Choungui (Photo 20). Les vues sont magnifiques mais d'autres points de vue attendent plus haut. Commence alors une descente abrupte. Les passages difficiles dans les rochers ont sécurisés et techniques (Photo 21). La forêt est magnifique avec toutes sortes de racines entremêlées. On arrive à une concentration importante de palmiers et de nouveaux rochers imposants (Photo 22). Ces passages sont déconseillés aux enfants car il faut bien se maintenir et ne pas glisser malgré les chaines ou cordes qui facilitent le passage (Photo 23). La remontée est plus difficile que pour la première ascension mais on arrive enfin au sommet du Mlima Bénara pour de nouveaux panoramas sur d'autres faces de l'île. Il est temps d'entamer la très longue descente vers la mer. La forêt de Voundzé comporte toujours de magnifiques spécimens et le sentier, très pentu, est large et de bonne qualité malgré les racines. Des marches en planches facilitent le cheminement. Les portions plates sont de plus en plus nombreuses (Photo 26) et l'on rencontre des petits farés perdus dans cette forêt qui permettent des haltes reposantes. Il faut bien profiter de cette belle forêt avant de rejoindre la civilisation (Photo 27). On arrive par une courte transition dans les bananeraies et champs qui entourent Ntsararano, fin de la traversée, sur une piste large et à plat (Photo 28). Le GR oblique sur la gauche pour franchir plus loin le Mro Wa Demberi mais il est possible de poursuivre tout droit pour économiser une centaine de mètres.

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

Se rendre à Dembeni puis à Bandrélé sur la côte est – A la fin du village, trouver à droite le départ du parcours, proche de la ravine Mro oua Dagoni – Longer pistes et sentiers jusqu'au Mlima Bépilipili puis au Mlima Bénara – Descendre longuement dans la Forêt de Voundzé et terminer par quelques pistes vers Ntsararano.


Commentaires sur cette randonnée (2)

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Constant55, 25/08/2020 11:55
Randonnée complétée le 23/08/2020 en 4h00

Randonnée faite le week-end du 23 août 2020,
Tout est très bien indiqué grâce au traces blanche et rouge sur les arbres, l'effort pour arriver au mont benara est long mais l'effort n'est pas continu (beaucoup de portion plates ou avec de faibles pentes). Je conseille vivement de faire cette randonnée la vue d'en haut est magnifique et le chemin permet de voir l'ensemble des types de terrain de mayotte ( champs, padzas,forêt). Prendre un pantalon long pour certains parties ou l'herbe est mal taillé et un baton de marche pour pourvoir enlever les nombreuses toiles d'araignées de votre route (surtout entre le sommet du mont Bépilipili et benara)

Fanch, 15/11/2018 20:44
Randonnée complétée le 13/01/2008 en 7h00

Est-il opportun de se promener seul sur les sentiers mahorais par les temps actuels?

Randonnée ajoutée le : 09/08/2016